Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 3 – Chapitre 4 – Partie 2

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Chapitre 4 : Artisanat magique

Partie 2

« Et voilà, c’est fait. Pour qu’un mage puisse utiliser la magie, il doit d’abord être capable de sentir la présence de mana dans son corps, puis de puiser dans cette réserve de son plein gré. Même si l’on a des réserves de mana en soi, une incapacité à le sentir et à le commander empêcherait de devenir un mage. Un scénario plus courant qu’on ne le pense. Alors, Alize, sentez-vous le mana en vous en ce moment même ? » demanda Lorraine en levant les yeux vers son élève.

« Non…, » Alize secoua lentement la tête. « Je ne sens plus rien. Hum… Professeur Lorraine. Ne suis-je pas fait pour être un mage… ? »

Les traits d’Alize étaient remplis de malaise, comme si une porte qui lui avait été ouverte auparavant lui était maintenant violemment fermée au visage. L’interprétation la plus directe des paroles de Lorraine serait lugubre pour Alize, car si elle ne pouvait pas sentir le mana en elle, elle ne deviendrait pas un mage. Il était facile de comprendre les craintes d’Alize.

Mais Lorraine secoua lentement la tête en souriant de façon rassurante à sa nouvelle élève.

« Il n’y a pas besoin de se précipiter. Ce n’est pas tout à fait comme ça que ça marche, Alize. Bien que je ne puisse faire aucune promesse maintenant, il est trop tôt dans le processus pour que vous puissiez vous inquiéter. En fait, les exemples que j’ai donnés tout à l’heure, disons, d’individus qui ne pouvaient pas sentir le mana en eux, plus de la moitié d’entre eux seraient autodidactes… ou auraient au moins essayé d’apprendre la magie de leur propre gré. Bien sûr, prendre conscience de ses propres réserves de mana est un exploit difficile. Il y a cette légende, oui, du “Magicien dès le départ”… Bien qu’il ait découvert et utilisé le mana en lui sans aucune aide, peu d’individus cherchent à imiter ses actions. Je suppose qu’il pourrait y avoir quelques personnes ici et là qui réussissent… s’ils ont le sens inné pour cela. On pourrait dire ça comme ça, » déclara Lorraine.

Alize leva la main. « Professeur Lorraine, et vous ? Comment l’avez-vous appris ? »

« Ah, oui, oui. Ça ? J’ai été capable de sentir et de tisser le mana en moi en sorts. N’êtes-vous pas impressionnée ? » demanda Lorraine, sans la moindre trace d’embarras.

Même si je m’étais retourné et que je l’avais regardée droit dans les yeux pendant qu’elle faisait ses déclarations, il ne semblait pas y avoir la moindre once d’humilité dans les propos de Lorraine.

« Qu’en est-il de Rentt… ? » demanda Alize.

Je suppose que ce serait la suite logique à la question d’Alize…

« Bien sûr que non, Alize. Je ne suis qu’un individu normal, » répondis-je.

C’était vrai, dans une certaine mesure. Bien que j’avais des réserves de mana en moi, je n’avais pas les moyens de les utiliser. Alize me demanderait sûrement comment j’étais capable d’utiliser le mana à d’autres fins et, comme prévu, elle l’avait fait.

« Que fait-on s’il ne parvient pas à faire sortir son propre mana ? » demanda Alize.

« Il y a plusieurs façons, oui. La méthode la plus simple serait d’obtenir la coopération d’une personne déjà habile dans l’utilisation de son propre mana, qui canaliserait ensuite son mana dans le corps du destinataire. Cela leur donne une idée de ce qu’est le mana, pour ainsi dire. En supposant que l’individu en question n’est pas particulièrement idiot, il sera en mesure de sentir son propre mana en temps voulu. La période varie d’une personne à l’autre, bien sûr, et certains disent même que ceux qui ont de grandes réserves ont tendance à s’en rendre compte assez rapidement, » répondit Lorraine.

« Y a-t-il d’autres façons de prendre conscience de soi, professeur Lorraine ? » demanda Alize.

« Hmm. Bien que je ne le recommande pas, on pourrait se battre contre des monstres et autres. Comme vous le savez peut-être, ceux qui vainquent les monstres absorbent souvent leur force dans le processus, et ce pouvoir est souvent composé de plusieurs types d’énergies. Le mana est l’une de ces énergies. Si l’on absorbe cette puissance, on ressent une sensation similaire à celle de la méthode précédente, où un peu de mana coule dans le corps. Il s’agit cependant d’un petit fragment d’énergie, de sorte qu’il faudrait beaucoup de temps pour qu’un individu devienne capable d’utiliser ses réserves si cette voie était empruntée, » répondit Lorraine.

« Hmm… N’y a-t-il pas une méthode rapide à laquelle n’importe qui pourrait s’essayer ? » demanda Alize.

Peut-être qu’Alize trouvait cela gênant, car les deux méthodes décrites par Lorraine présentaient leurs propres défauts, d’où sa question. Dans des circonstances normales, on supposerait qu’il était impossible pour une personne d’acquérir soudainement des pouvoirs ou des capacités sans lever le petit doigt. La plupart du temps, c’était vrai et, d’un point de vue éducatif, cela devrait peut-être être renforcé. Lorraine, cependant, n’avait pas secoué la tête.

« Il y a un moyen, oui. Encaisser avec son corps l’impact d’un sort. Simple, non ? » demanda Lorraine.

« Hein ? » s’exclama Alize.

« Vous connaissez des monstres capables de jeter des sorts, n’est-ce pas ? Des sorts primitifs aux sorts complexes… La complexité de la magie en question dépendrait largement de l’espèce du monstre. Prenons l’exemple d’un mage gobelin typique, dont les pouvoirs magiques sont primitifs, n’est-ce pas ? Mais ils connaissent la magie… dans une certaine mesure, » répondit Lorraine.

« Oui, mais… pour faire face à l’impact… ? » demanda Liza.

« Littéralement, Alize. Foteia Borivaas, ou peut-être un Gie Vieros… tout va bien. Vous n’avez qu’à vous faire frapper par ça, » déclara Lorraine.

C’était déjà assez terrifiant d’entendre une telle idée, et encore moins d’essayer sérieusement de faire une telle chose. Peut-être que ce n’était pas censé être pris au sérieux.

« Mais Professeur Lorraine, même si c’était un sort faible, une personne qui ferait ça va mourir, » Alize semblait stupéfaite, alors que sa voix diminuait pendant qu’elle terminait sa phrase.

Lorraine hocha la tête en réponse.

« Eh bien, oui, ça pourrait arriver. Si l’un d’eux est malchanceux, il va mourir. Inversement, si l’on est relativement chanceux, on vit. Ce n’est pas une méthode normale, mais c’est certainement une méthode qui fonctionne. Si l’individu survit, il sera sûrement capable de sentir le mana en lui. Maintenant, vous pourriez peut-être demander pourquoi. La raison en est simple : le mana dans le corps humain normal est habituellement stagnant. Il est donc quelque peu difficile à détecter. Si l’on est incapable d’utiliser ces réserves internes de mana, alors l’alternative serait d’absorber l’énergie magique de sources externes. Si un individu devait être frappé par un sort, cela enverrait une vague, ou une ondulation, peut-être, d’énergie magique résonnant à travers lui. S’il se réveille un jour de l’épreuve, il pourrait sûrement sentir l’énergie magique qui s’agite en lui, » déclara Lorraine.

Lorraine avait décrit un certain nombre d’avantages de cette méthode, mais Alize y était farouchement opposée, et il n’était pas difficile de comprendre pourquoi.

« Mais Professeur Lorraine… il ne peut sûrement pas y avoir quelqu’un de vivant qui tenterait quelque chose d’aussi dangereux que ça… ? » demanda Alize.

Lorraine leva brusquement sa baguette de bois.

« Oh, mais bien sûr que si ! L’un est assis juste à côté de vous, » déclara Lorraine.

La baguette levée était maintenant pointée clairement et délibérément dans ma direction. Alize avait élargi ses yeux. Son choc, où sa crainte était immense. C’était comme si elle avait vu un dragon ou une autre bête mythique dans les rues de Maalt.

Bien qu’elle soit trop stupéfaite pour dire un mot, les yeux d’Alize remettaient clairement en question ma santé mentale. Mais j’étais, en fait, relativement sain d’esprit. J’avais simplement envie de boire du sang frais de temps en temps. Même moi, je savais que c’était une excuse, mais je devais dire quelque chose.

« Eh bien, même moi, j’ai essayé d’autres méthodes plus courantes. Le village dans lequel je suis né était relativement petit, donc il y avait peu de gens qui pouvaient même utiliser la magie, et encore moins la magie compliquée. Même si j’avais demandé à recevoir des cours, il n’y avait pas de telles ressources en place… Je devais faire quelque chose pour ma propre situation, vous voyez, » répondis-je.

Quand j’étais devenu un aventurier, j’étais déjà capable de tisser du mana d’eau et de projeter une ou deux étincelles occasionnelles. Ce n’était pas comme si je n’étais pas au courant des risques encourus, mais, quoi qu’il en soit, j’avais fait quelques recherches sur les moyens possibles d’activer ses réserves de mana, puis j’avais agi selon mes propres choix.

Pour le dire simplement, j’avais cherché un mage-gobelin vivant dans les environs de mon village, puis j’avais encaissé l’un de ses sorts en pleine face. Bien que j’aie fini par sentir le mana en moi, c’était une chose assez imprudente à faire. Même moi, j’étais étonné de voir que je respire encore aujourd’hui.

Mais ce n’était pas quelque chose que j’avais fait avec insouciance. J’avais entendu parler d’un mage-gobelin qui avait vieilli dans les bois. La magie du gobelin était affaiblie à cause de son âge, et je l’avais approchée avec soin. Le sort qui m’avait frappé n’était rien de plus qu’un petit Gie Vieros. De plus, j’avais été frappé à un endroit plutôt favorable, donc cela ne m’avait pas fait grand-chose d’autre que de laisser une petite cicatrice sur le ventre. Avec cela, j’avais pu m’échapper avec une relative facilité.

Après l’incident, je m’étais apparemment évanoui chez moi et, pendant quelques jours, j’avais eu de la fièvre et des évanouissements, du moins, m’a-t-on dit. Certains avaient même dit que j’étais dans un coma fébrile.

Maintenant que j’y pense, je n’avais jamais entendu parler de la chasse au Mage Gobelin pendant toutes ces années, peut-être qu’il était encore vivant. Si tel était vraiment le cas, je devrais lui rendre visite et lui adresser mes remerciements.

Telle était l’histoire que j’avais racontée à Alize. Mais Alize n’avait pas semblé impressionnée, se tournant plutôt vers Lorraine avec un mélange d’exaspération et de choc sur son visage.

« Je… Je ne veux pas apprendre la magie de cette façon, » déclara Alize.

Telle était son rejet catégorique de mes méthodes. Comme c’est terrible.

Ou, peut-être que j’étais celui terrible… ?

En repensant à mes actions, j’étais vraiment imprudent : Rentt Faina, qu’est-ce que tu faisais ?

J’étais, bien sûr, maintenant un non-mort vivant, mais je n’avais toujours aucune idée de ce que je faisais.

« Mais bien sûr, c’est ce que vous ressentiriez. Rassurez-vous, aucun mage sain d’esprit ne recommanderait une telle méthode à ses élèves. Une méthode plus normale vous va mieux, Alize. En d’autres termes, tout ce que vous avez à faire est d’avoir une connexion de mana déjà établi à travers vous. C’est une méthode simple, et nous pouvons commencer tout de suite. Êtes-vous prêtes ? »

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