Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 14 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3 : À la recherche du donjon

Partie 1

Bien sûr, Rentt et ses amis n’avaient aucun moyen de savoir ce qui se passait loin au-dessus du donjon des filles du dieu de la mer. Cependant, la situation était telle que… bon, peut-être que « bataille » n’était pas le terme approprié. La force du raz-de-marée était telle que ses répercussions atteignirent Rentt et les autres en bas, les incitant à redoubler de vigilance.

 

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Après cette accumulation de magie à peine croyable, j’avais immédiatement remarqué une perturbation si intense qu’elle ébranla le donjon lui-même, situé au fond de la mer. Je pensais que quelque chose devait se passer à la surface, et Capitan semblait avoir eu la même idée.

Mais aucun de nous deux ne pouvait deviner de quoi il s’agissait exactement. Un monstre puissant ? Une catastrophe naturelle ? Ou autre chose ?

« Quoi qu’il en soit, les secousses ont cessé maintenant… », déclara Capitan en expirant l’air qu’il retenait dans ses poumons, tandis qu’il observait les débris autour de nous se stabiliser enfin. Certaines parties des murs à proximité semblaient sur le point de s’effondrer et elles avaient fini par s’écrouler complètement pendant la secousse.

Il avait raison, cependant : au moins, les secousses avaient cessé. Et ce n’était pas tout…

« La signature de mana massive a aussi disparu », ai-je fait remarquer. « Tu sais ce que ça pouvait être ? »

Malgré sa présence oppressante et menaçante quelques instants auparavant, le mana avait disparu si complètement que je n’en percevais plus aucune trace. En fait, l’équilibre du mana dans les environs semblait bien plus stable qu’avant ce tremblement de terre étrange. En tant que monstre, j’étais sensible à ce genre de choses.

Capitan semblait aussi s’en rendre compte. « Je ne saurais dire ce que c’était, » dit-il. « Mais au moins, on dirait qu’on n’aura plus de mauvaises surprises. Je ne saurais pas t’expliquer pourquoi, mais c’est un peu comme le calme qui s’installe dans une forêt après le passage d’un gros monstre. Comme si toute la tension dans l’air s’était dissipée. »

Maintenant qu’il en parlait, je comprenais un peu mieux ce qu’il voulait dire. Bien sûr, cela ne voulait pas dire que nous étions en sécurité : un nouveau phénomène pouvait surgir et nous menacer aussi soudainement que cette vague de mana. Mais bon…

« Ça ne sert à rien de s’inquiéter, » dit Capitan d’un ton philosophe. « Si quelque chose doit arriver, ça arrivera. C’est comme ça que ça marche. »

Il avait raison. Quiconque gagnait sa vie en tant qu’aventurier était pratiquement assuré de rencontrer au moins une mauvaise surprise au cours de sa carrière. La survie de cette personne dépendait généralement d’un simple coup de chance. J’en étais le parfait exemple, et dans mon cas, je doutais qu’un peu plus de prudence aurait changé quoi que ce soit à l’issue de l’histoire.

« Alors je suppose que l’on continue les recherches, non ? » demandai-je.

Capitan acquiesça : « Oui, ça devrait aller. » Il jeta un coup d’œil au bout du couloir en pierre. « Ah, ils sont de retour. »

Quatre silhouettes apparurent au loin : il s’agissait du reste de notre groupe. Diego semblait calme, mais Niedz, Lukas et Gahedd étaient clairement inquiets. Lorsqu’ils nous remarquèrent, ils accélérèrent le pas.

« Patron Rentt ! » s’écria Lukas en se précipitant vers nous. « Qu’est-ce qui s’est passé ?! »

Ils avaient dû ressentir la même chose que Capitan et moi quelques instants plus tôt. « Comment pourrais-je le savoir ? » répondis-je. « On dirait que ça s’est calmé. Tout va probablement bien se passer. »

Ma réponse était purement honnête, venant du fond du cœur, mais Lukas l’avait apparemment prise pour de la désinvolture. « Mais comment peux-tu en être sûr ? » demanda-t-il. « On devrait partir ! Partir et, euh, aller boire un verre ! Ouais ! Je ne pense pas que je pourrai me calmer autrement. Attends… Ne me dis pas que tu comptes continuer l’exploration ! »

« Lukas, » dit Diego en lançant à l’aventurier corpulent, un regard dépourvu de toute pitié.

« Oui ? »

« Est-ce que Rentt ou Capitan ont l’air de vouloir arrêter pour aujourd’hui ? Si je devais deviner, je dirais que leurs expressions indiquent que cela ne sert à rien de s’inquiéter de ce qu’on ne peut pas contrôler. Ai-je tort, Rentt ? Capitan ? »

« Hein ?! Tu plaisantes… » Lukas tourna brusquement la tête vers nous, comme une poupée métallique qui n’avait pas été correctement huilée.

Je le regardai droit dans les yeux. « On ne part pas », dis-je clairement. « Il en faudra plus que ça pour nous faire partir. »

Si l’on me demandait ce qui pourrait vraiment nous faire partir, eh bien… Je pense qu’une rencontre avec un dragon suffirait, même si nos chances de nous en sortir vivants étaient minces.

Mais peut-être que je donnais l’impression d’être imprudent. J’avais décidé de donner une raison plus pratique. « De toute façon, Mazlak ne reviendra pas avec le bateau avant ce soir, » ai-je fait remarquer. « Mieux vaut faire quelques recherches plutôt que de perdre notre temps à ne rien faire. »

« Tu as sans doute raison… », répondit Lukas. « C’est juste que… Que ferons-nous si ça se reproduit ? »

« Laisse tomber, Lukas, » dit Niedz en souriant. « Ça peut paraître hypocrite de ma part, mais on devrait être morts de toute façon, vu ce qu’on a fait. Alors, quelle importance où l’on finira enterrés, non ? »

Lukas rit tristement. « Hé. Il n’y a rien de bon à rester avec toi, n’est-ce pas ? Mais ça pourrait être pire. Par exemple, je ne pense pas que j’aurais mis les pieds dans ce donjon sans toi. »

« Voilà. Tu comprends. »

Heureusement, il semblait que les deux hommes aient accepté leur situation sans que j’aie besoin d’intervenir. Lukas semblait aussi beaucoup plus calme.

Soudain, je fus pris d’un souvenir : j’avais une question à poser à Diego. « Au fait, » lui ai-je dit en me tournant vers lui, « Capitan m’a dit que tu avais eu une vision étrange. »

« Hum ? Eh bien, oui. Mais je pense que c’était juste mon imagination qui me jouait des tours. Vois-tu, ma famille a une histoire avec ce donjon. Aussi pathétique que cela puisse paraître, le fait d’être ici a eu un certain effet sur moi. »

On aurait dit que Diego avait déjà tiré ses propres conclusions sur ce qui s’était passé. Même si je me sentais un peu coupable de remuer le couteau dans la plaie, je ne pouvais pas en rester là. Après tout, il y avait une chance qu’on ait à nouveau des visions similaires.

 

◆◇◆◇◆

« En fait, ce n’est pas pour ça que tu as commencé à voir des choses », dis-je.

Diego pencha la tête. « Comment ça ? »

« Tu te souviens de ma disparition tout à l’heure ? Eh bien, j’ai été transporté ailleurs. »

Je lui racontai alors ma rencontre avec la mystérieuse femme. Pas tout, bien sûr : je cachais le fait que j’étais un monstre, ainsi que toute information qui aurait pu le révéler. Dans cette nouvelle version de l’histoire, la femme avait remarqué que j’avais une vision dans l’eau et m’avait sauvé de la noyade. Ce n’était pas très différent de la vérité et j’étais presque sûr de ne pas avoir introduit de contradictions dans le récit.

Mais Diego n’était pas idiot. Son expression montrait clairement qu’il savait que je cachais quelque chose, mais heureusement, il était assez tolérant pour fermer les yeux. De plus, la partie la plus importante, la vision, était la même pour nous deux, donc il savait qu’au moins cette partie n’était pas un mensonge.

Après que j’eus fini mon histoire, Diego hocha la tête. « Donc, tu dis que ce que j’ai vu s’est vraiment passé ? »

« Apparemment. Et elle m’a dit que si nous continuions nos fouilles, nous pourrions avoir d’autres visions. On devra faire gaffe. »

« Je dirais même plus. Perdre connaissance d’un coup, ce n’est pas vraiment la chose la plus sûre qui puisse t’arriver ici. »

Il pouvait le dire. En fait, si nous n’étions que Diego et moi, Capitan pourrait nous couvrir, mais la femme avait laissé entendre que nous pourrions tous avoir des visions. Si nous nous évanouissions tous en même temps, nous pourrions très bien finir en pâture pour les monstres.

« Il n’a perdu connaissance qu’un instant, » fit remarquer Capitan. « Quelques secondes, tout au plus. Je suppose que ça suffit pour faire la différence entre la vie et la mort… »

Quelques secondes, hein ? C’était en effet court par rapport à la durée de la vision que j’avais eue, mais cela semblerait une éternité au milieu d’un combat. Si tu t’évanouissais pendant quelques secondes alors qu’une épée fonçait sur toi, par exemple, ce serait fini.

Il semblait que toute cette histoire de vision pouvait être un inconvénient plus grave que prévu. Pas pour moi en particulier, puisque je me remettais assez facilement des blessures physiques. Je me disais que je pouvais rester inconscient dix secondes environ et sortir d’un combat sans trop de problèmes. Mais pour les autres…

« Si on se laisse abattre par ça, autant abandonner complètement le donjon », déclara Diego. « C’est peut-être juste une question de courage. Et je suis désolé de le dire, mais je n’ai pas l’intention d’abandonner pour l’instant. »

Je savais que Diego avait ses raisons de vouloir venir ici, mais sa détermination était encore plus forte que je ne l’avais imaginé, et je n’avais rien à redire là-dessus. Il ne restait plus que Capitan…

« Quoi qu’il en soit, j’ai besoin de ces herbes des esprits marins », expliqua Capitan. « Ce serait peut-être différent s’il y avait d’autres groupes qui exploraient ce donjon, mais pour l’instant, ils se font rares. Ça m’a demandé beaucoup d’efforts pour trouver et sécuriser le bateau de Mazlak, alors je ne vais pas abandonner si facilement. Mais on ne peut pas ignorer le danger, donc on va devoir être prudents. On va voir comment ça se passe dans les niveaux les moins profonds pendant un moment, et on ira plus loin si ça a l’air prometteur. Qu’en pensez-vous ? »

Capitan semblait lui aussi favorable à l’idée de continuer. Mais il connaissait ma vraie nature, c’est peut-être pour ça qu’il ne semblait pas particulièrement inquiet, d’autant qu’il avait probablement son propre moyen de contrer les visions si nécessaire. J’avais entendu dire que les maîtres de l’esprit pouvaient même maintenir leur canalisation pendant leur sommeil. Capitan était probablement sûr de pouvoir maintenir ses défenses pendant les quelques secondes où nous serions inconscients.

J’acquiesçai.

« Je suis avec vous deux, » dis-je. « Mais nous devrons avoir l’œil sur Niedz et les autres. Je les ai amenés ici pour qu’ils expient leur attaque contre moi, pas pour les condamner à mort. C’est ma responsabilité de les aider à traverser cette épreuve. »

Il aurait été facile d’abandonner Niedz, Lukas et Gahedd en disant qu’ils n’avaient récolté que ce qu’ils avaient semé, mais je m’étais attaché à eux. De plus, j’avais promis de les aider à s’améliorer, donc l’idée de les envoyer inutilement à la mort ne me convenait pas. Diego et Capitan semblaient partager le même avis.

« Au moins, nous devons les aider à revenir ici par leurs propres moyens », dit l’homme bête.

Capitan repris là où il s’était arrêté. « C’est une zone plus ou moins sûre, » acquiesça-t-il. « Et Mazlak les attendra là-haut à la tombée de la nuit. Tant qu’ils n’énervent pas le monstre qui nage dehors, ils devraient pouvoir gérer le retour, même si nous ne sommes pas là. Donc, en résumé, ils doivent être assez forts pour gérer les niveaux peu profonds et assez rapides pour échapper aux monstres plus puissants qui traînent dans les profondeurs. »

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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