Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 5 – Partie 4

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Chapitre 5 : Preuve d’Inhumanité

Partie 4

« R-Rentt… ! Qu’est-ce que tu as… ? Es-tu ivre ? Mais attends… les morts-vivants ne peuvent pas se soûler…, » déclara Lorraine.

D’une voix un peu plus agitée que d’habitude, Lorraine avait remis en question mes actions. D’une manière ou d’une autre, cela n’avait servi qu’à faire ressortir encore plus de son charme.

Sa peau, couverte d’une teinte rouge et légèrement étincelante de sueur, dégageait une odeur familière — une odeur qui s’échappait nettement à travers l’air poussiéreux. Me sentant de plus en plus étourdi en ce moment, je m’étais accroché à l’odeur de Lorraine — et par conséquent, Lorraine elle-même, en la serrant avec force pendant que je parlais.

« Lo… Rraine. Je…, » commençai-je.

« O-Oui. Qu’y a-t-il, Rentt ? » me demanda Lorraine.

Je voulais dire quelque chose — quelque chose d’important. Cependant, ces pensées avaient disparu, presque comme si quelqu’un les avait recouvertes d’un pinceau. De larges traits de rouge avaient taché mon champ de vision. Je ne pouvais plus penser — le chaos remplissait mon esprit. La seule chose que je sentais, c’était l’odeur de Lorraine. Son odeur semblait…

… en effet, très délicieuse.

Avec cette pensée en tête, j’avais ouvert ma bouche, déplaçant une partie de sa robe d’une main libre pour exposer son épaule.

J’avais enfoncé mes dents dans sa chair blanche.

« … ! ? »

Lorraine n’avait pas crié. À la place, elle semblait avoir dégluti avec force, repoussant son cri de surprise dans les profondeurs de sa gorge. Son corps était tendu, alors qu’elle frissonnait considérablement en raison de la douleur, et aucun son ne s’était échappé à ses lèvres. Si elle criait, quelqu’un l’entendait sûrement — et quelqu’un viendrait demander quelque chose.

Après tout, la ville de Maalt était connue pour ses normes relativement élevées en matière de sécurité publique. Si quelque chose arrivait, le passant moyen était sûr d’intervenir. C’était peut-être précisément pour cette raison que Lorraine l’avait fait ainsi — .

Elle avait enduré la douleur de tout son être.

Cependant, sa résistance ne semblait que renforcer l’odeur qui s’échappait de sa chair. J’avais mordu plus bas dans son épaule — et avec cela, le goût frais du sang avait rempli ma bouche, coulant dans ma gorge.

Ah… Quel goût divin ! pensai-je.

Il s’agissait d’un goût qui m’était étranger, car je n’avais jamais rien goûté de tel avant. Le vin de 20 ans d’âge que j’avais bu une fois dans la vie était très pâle en comparaison — de l’eau par rapport au goût délicieusement sucré du sang.

J’en voulais plus.

Encore plus, j’en veux plus, pensai-je.

Cette pensée me remplissait l’esprit alors que je suçais ce qui sortait de la plaie ouverte de Lorraine, puisant du sang doux depuis ses veines déchirées.

« … Argh… Ahh… Ren… tt… tt. Tu…, » j’avais entendu Lorraine m’appeler par mon nom, mais je n’avais pas envie de m’arrêter.

Une autre pensée s’était glissée dans mon esprit cramoisi : Si le sang a ce bon goût, quel serait le goût de la chair humaine ?

Ce serait certainement un goût divin, d’un autre monde. Cela devait l’être.

J’avais mordu en étant affamé l’épaule de Lorraine, exerçant plus de force que jamais auparavant.

*Rrrip*

« … Ahh… !? »

J’avais arraché un morceau de l’épaule de Lorraine. Il n’y en avait pas beaucoup, je n’avais arraché qu’un petit morceau, de la taille d’un petit doigt. Mais bien sûr, ce goût… c’était comme je m’y attendais.

J’avais mâché le morceau, le savourant. Je pourrais me contenter à jamais de ce goût. C’était tout ce dont j’avais besoin — telle était l’intensité de sa saveur. Mais je n’y en avais pas eu assez. Je n’aurais jamais pensé qu’un petit morceau pourrait m’apporter tant de joie…

Cependant, ma joie avait été interrompue sans cérémonie. J’avais soif une fois de plus — je n’avais pas d’autre choix que de me sentir ainsi.

Je m’étais tourné vers Lorraine une fois de plus.

« Rentt… Rentt. Es-tu… toujours… là ? » me demanda Lorraine.

Cependant, Lorraine m’avait regardé droit dans les yeux — en moi — alors même que le sang coulait de son épaule lacérée.

Ah… ?

Rentt. C’était mon nom.

Étais-je encore là ? C’était le sens de sa question.

Mais bien sûr, j’étais encore là.

Je suis ici.

Alors… donne-moi plus de ton… sang.

Pendant une seconde, je m’étais arrêté — avant d’aller une fois de plus contre Lorraine. Mais Lorraine avait acquiescé face à ma réaction.

« On dirait… que tu es toujours… là-dedans quelque part. Bien. Alors… pour l’instant, tu devrais… DORMIR ! » Soudain, Lorraine avait haussé la voix, levant la paume de sa main dans ma direction.

Bien que je sentais les vrilles de la magie se rassembler dans la main tendue de Lorraine, il était beaucoup trop tard. Une magnifique boule de feu avait jailli, me fonçant droit dessus. Sa force et sa puissance convenaient à un magicien de classe Argent, car l’impact m’avait fait voler sur une bonne distance, avant de m’envoyer dans un mur.

En glissant lentement sur le sol, j’avais senti ma conscience s’éloigner, dérivant dans les profondeurs. Je pouvais voir la silhouette de Lorraine à mesure qu’elle s’approchait, d’une manière quelque peu désordonnée et paniquée. Elle avait posé une main sur ma joue.

« … Bien, tu es vivant. Tu pourras t’excuser à ton réveil…, » déclara Lorraine.

Son ton de voix était nettement différent. Il n’était plus agité, mais strict et contrôlé. Je pouvais distinguer les incantations d’un sort de sommeil dans ses mots.

Ma conscience semblait glisser à un rythme encore plus rapide. J’avais semblé entendre les mots de Lorraine chuchoter dans mon oreille juste avant que je ne m’éloigne complètement.

« … Tu ne te souviendras probablement pas de ceci, et c’est très bien ainsi. Mais si tu veux m’attaquer… Fais-le au moins lorsque tu es en pleine possession de tes facultés. Tu peux prendre une bouchée de moi n’importe quand, alors…, » murmura Lorraine.

Peut-être que je n’entendais pas vraiment de telles choses — mais même avec ma conscience qui s’estompait rapidement, je pouvais au moins en comprendre une partie.

Un étrange pouvoir semblait se frayer un chemin à travers mon corps.

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