Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 5 – Partie 21

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Chapitre 5 : Preuve d’Inhumanité

Partie 21

« … C’est presque comme si tu étais maudit, Rentt. Pourquoi ces choses étranges n’arrêtent-elles pas de t’arriver ces derniers temps ? »

C’était apparemment ce que Lorraine avait à dire quand je lui avais décrit les détails de ma dernière aventure. Elle m’avait regardé avec une expression d’incrédulité et d’exaspération.

Ce n’est pas comme… j’aimais avoir… des choses étranges qui m’arrivent… tout le temps.

Bien que j’aurais voulu livrer une telle réprimande à Lorraine, c’est moi qui étais retourné à l’endroit où j’avais rencontré le dragon, avançant joyeusement au plus profond de l’inconnu du donjon. Même si je ne pouvais plus sentir la présence du dragon, me coller la tête dans un tel endroit n’était pas exactement intelligent —, en tant que tel, j’avais ravalé mes mots. Dans tous les cas, Lorraine avait raison.

« Eh bien… Les aventuriers sont connus pour se retrouver dans toutes sortes de situations étranges — les risques professionnels et tout ça. Je dirais qu’il est un peu trop tard pour se plaindre… C’est vrai, eh bien, cet objet magique qui est à toi… il semble que cela fonctionne relativement bien, » déclara Lorraine, regardant la Carte d’Akasha que j’avais obtenue de la femme aux cheveux blancs.

 

 

Alors que la cartographie automatique d’un donjon était vraiment pratique, j’avais déjà trouvé un objet maudit. J’avais donc pensé qu’il n’y aurait jamais trop de prudence lorsqu’il s’agissait d’évaluer des objets qui m’avaient été donnés, et donc j’avais décidé de demander à Lorraine d’effectuer une inspection pour déceler d’éventuels pièges ou appréhensions.

Alors que j’avais ma réserve de Divinité et que je pouvais facilement détecter les malédictions, des objets spéciaux qui étaient hors de ma portée existaient — mon masque, par exemple, était l’un d’eux. Le plus que je pouvais faire avec ma Divinité était d’avoir un sentiment brutal si quelque chose d’immonde m’attendait à l’intérieur de l’objet, car les examens détaillés dépassaient mes capacités.

Lorraine, cependant, avait sa part de connaissances savantes, en plus de ses compétences en magie et en alchimie. Avec son expérience, elle serait peut-être en mesure d’avoir un aperçu de la carte — d’où ma décision. Apparemment, elle possédait également les qualifications nécessaires pour évaluer officiellement les objets pour la guilde, de sorte qu’elle n’aurait aucun mal à trouver un emploi avec les qualifications qu’elle détenait. De plus, Lorraine n’effectuait l’évaluation des articles que sur une base de travaux irréguliers — je ne pouvais m’empêcher d’être jaloux de ses capacités.

« … As-tu découvert… tout ce qui concerne l’utilisation… cette carte en détail ? » demandai-je.

Alors que la femme m’avait simplement remis la carte et m’avait dit d’y insuffler ma magie, je savais peu de choses sur le fonctionnement de cette carte, ou si elle pouvait être utilisé d’une autre manière.

« J’ai essayé l’investigation, eh oui, il semble que je ne peux pas utiliser cette carte toute seule. On t’a dit que la magie qui parcourt cette carte fait qu’elle se dessine toute seule, n’est-ce pas ? Mais il semble que ta magie est spécifiquement requise, car la mienne seule ne fonctionne pas. Tiens, essaie. »

C’est ainsi que Lorraine m’avait remis la carte avec désinvolture — bien sûr, des lignes familières détaillant les passages et les étages du Reflet de la Lune avaient commencé à apparaître sur sa surface.

« Hmm… Il y a autre chose en effet. Ce… qu’est-ce que c’est que ce point ici ? » me demanda-t-elle.

En regardant de plus près, un point noir était visible à la surface de la carte, perpétuellement en mouvement. Surmonté par la curiosité, j’avais touché le point avec un doigt et, ce faisant, j’avais fait en sorte que ce qui semblait être un nom se matérialise sous le point.

« C’est… »

« Il semblerait que oui. C’est le nom d’un individu qui explore actuellement le donjon. De penser que la carte est capable de cela — est en effet vraiment terrifiant. Quelle capacité ! Il s’agit sans aucun doute d’un objet au même titre que les trésors nationaux d’un royaume, » avait déclaré Lorraine, apparemment émue par les capacités de la carte.

En vérité, je savais que j’avais fait une bonne affaire même sans connaître les fonctions supplémentaires de cette carte — mais en échange, j’avais presque perdu la vie à cause de la magie de cette femme. Compte tenu de ces facteurs, je suppose que le commerce était quelque peu égal.

Lorraine et moi avions continué à faire divers tests et expériences sur la carte, découvrant finalement que la zone illustrée par ladite carte pouvait changer tant que je le voulais — tant que j’y canalisais la magie. Par exemple, je pourrais facilement demander à la carte d’illustrer une autre zone, en changeant son affichage des salles de la Réflexion de la Lune à un autre endroit de mon choix.

De plus, la capacité de la carte à montrer les noms d’autres aventuriers n’avait fonctionné que si le manieur avait exploré le donjon en question. Bien que j’aie terminé la cartographie de la Réflexion de la Lune au cours de ma longue carrière, je n’avais guère exploré le donjon de la Nouvelle Lune.

En essayant de faire en sorte que la carte se concentre sur ce dernier donjon, je m’étais rendu compte que seules les zones que j’avais visitées auparavant étaient cartographiées. De plus, la fonction de suivi des aventuriers était inactive. Cela s’était avéré être le cas puisque Lorraine et moi avions regardé la carte ensemble pendant un temps considérable — mais aucun point n’était apparu à sa surface. Si je devais le deviner, je n’avais tout simplement pas cartographié ce donjon suffisamment pour que ladite fonction s’active.

Strictement parlant, c’était plus qu’une supposition, car la fonction de suivi avait fonctionné au premier étage de la Nouvelle Lune, que j’avais fini de cartographier il y a quelque temps. En tenant compte de ce fait, il était évident que les autres étages avaient besoin d’une quantité de travail similaire avant que la fonction de suivi en question ne commence à fonctionner.

Bien que la Carte d’Akasha soit certainement un objet pratique, elle avait encore ses propres limites.

Mais il y avait encore une chose que je devais demander à Lorraine : « Qu’en est-il… des malédictions et autres… ? »

« D’après ce que j’ai vu jusqu’ici, c’est sûr. Tu peux probablement l’utiliser sans trop de soucis. C’est tout à fait un bon artefact que tu as trouvé…, » déclara-t-elle.

« Vraiment ? »

L’évaluation de la valeur de la carte par Lorraine semblait quelque peu soudaine.

« Mais bien sûr. Elle est très résistante à la magie de toutes sortes et ne se coupe pas facilement avec des objets tranchants. Bien que je n’ai aucune idée à quel point elle résisterait à un épéiste compétent ou à une épée bien fabriquée, elle semble avoir plus de capacités défensives qu’une armure normale. Oui, ce serait une bonne analogie pour elle, » déclara-t-elle.

L’analogie de Lorraine était quelque peu étonnante, car si c’était vrai, cette carte serait tout à fait un artefact. Bien que je me sois trouvé vraiment déçu de ne plus pouvoir signaler à la Guilde des Aventuriers la découverte d’un secteur auparavant inexploré, le fait que j’avais obtenu un outil magique si pratique et un objet de défense de fortune m’avait impressionné. Peut-être que j’avais en fait gagné beaucoup plus de cette situation que ce que j’avais initialement supposé.

D’ailleurs, même si je rapportais ce secteur inexploré, le Donjon de la Réflexion de la Lune n’était qu’un donjon de niveau débutant, fréquenté par les aventuriers jusqu’au niveau de la classe Bronze. Bien que j’aurais pu m’attendre à une récompense de taille raisonnable, la reconnaissance que j’aurais obtenue d’une telle découverte ne serait pas si importante dans l’ordre des choses.

En gardant cela à l’esprit, je suppose que je pourrais appeler cette carte un atout certain. Après tout, les cristaux magiques que j’avais récoltés sur les monstres du secteur (à l’exception du cristal du squelette géant) avaient été vendus pour une somme modique par Lorraine, donc j’étais maintenant financièrement stable, sinon confortable.

Bien que j’avais remis à Clope la moitié de ma fortune en guise de dépôt pour mon arme sur mesure, je ne risquais plus d’entrer dans le rouge.

« … Eh bien. Enfin, il y a la question de la femme que tu as rencontrée à cet endroit… Je n’ai aucune information sur elle, malheureusement. Personnellement, je suis plus intéressée par la capacité et les techniques requises pour créer une sorte de demeure dans un donjon. Entre tous les endroits…, » déclara-t-elle.

Il semblerait que Lorraine et moi étions d’accord sur ce point. La femme était soudainement apparue et m’avait rapidement envoyé dans le donjon sans fournir beaucoup d’explications. En raison de notre interaction relativement courte, je n’avais aucun moyen de l’observer en détail et, par conséquent, aucun moyen de déduire qui elle aurait pu être.

Bien que j’étais certain de sa force, le fait qu’elle pouvait me réprimander et m’intimider de cette façon signifiait qu’elle était une rareté en soi.

Dans mon état actuel, je pourrais probablement affronter un aventurier de classe Argent inférieur. Même si je ne pouvais pas gagner, je pourrais au moins m’échapper. Si j’avais à faire face à un aventurier de classe Or ou plus haut, je serais sûrement vaincu en un instant. Ce serait une évaluation juste de ma force actuelle.

Mais bien sûr, je n’avais pas l’intention de stagner ici — je voulais grimper plus haut. Pour y parvenir, j’avais besoin d’un corps qui pouvait progresser, et c’était quelque chose que je possédais maintenant.

Cela dit, cependant, il y avait toujours la possibilité que, peu importe à quel point j’avais évolué, je reste toujours un monstre.

« En fait… J’étais sur le point de partir… vers ce secteur inexploré encore une fois… »

« Même si tu as été chassé la dernière fois ? Comme c’est courageux de ta part, » déclara-t-elle.

« La femme m’a dit… ne pas “rapporter” cet endroit… à la guilde. Elle n’a rien dit… à propos de “ne pas y retourner”, » répondis-je.

« … Je suppose que c’est vrai, du moins d’après ce que tu m’as dit. Il s’agit toutefois d’un détail technique, car elle ne souhaite évidemment pas que tu remettes les pieds dans ce lieu, » déclara Lorraine.

Les paroles de Lorraine sonnaient vrai, mais beaucoup de choses à propos de cette rencontre me dérangeaient encore. J’aimerais au moins lui parler encore une fois et lui poser certaines questions — tels étaient mes espoirs.

Si ce n’était pas possible, alors qu’il en est ainsi, mais je devais au moins essayer. D’après la façon dont notre dernière interaction s’était terminée, je pourrais en quelque sorte supposer qu’elle ne ferait plus immédiatement une tentative contre ma vie.

Lorraine, à son tour, avait eu quelques paroles d’avertissement pour moi : « … Tu ferais bien d’être prudent. Cette femme n’est pas du tout normale — je peux le dire en écoutant ton récit. On ne sait pas ce qui provoquerait sa colère. »

« Je sais. »

Lorraine hocha la tête. C’était peut-être évident, mais après l’avoir affrontée en personne et avoir failli mourir à la suite de cette expérience, j’avais compris ce point mieux que quiconque.

Lorraine avait raison : je devais être prudent par-dessus tout, de peur de me retrouver face à la mort sans prévenir.

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2 commentaires

  1. Mzrci pour le chapitre

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