Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 5 – Partie 17

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Chapitre 5 : Preuve d’Inhumanité

Partie 17

Une expression quelque peu triste avait été présente sur les traits de Sheila alors qu’elle lisait mon nom à haute voix. Alors que je pensais que c’était étrange, je lui en avais demandé la raison.

« … C’est quelque chose… problème ? » lui demandai-je. 

« Non… C’est juste… Il y a quelques jours, un autre aventurier nommé Rentt a disparu…, » répondit-elle.

Cela n’était personne d’autre que moi. Cependant, j’avais répondu comme si je ne savais rien de la question.

« … J’ai entendu dire… que les aventuriers doivent être préparés… pour des occasions comme ça, » déclarai-je.

C’était un risque bien connu des aventuriers, car il n’était pas vraiment rare qu’un aventurier disparaisse soudainement.

La mort, bien sûr, n’était qu’une des nombreuses possibilités — l’aventurier en question aurait pu simplement se déplacer dans un autre quartier ou une autre ville. Parmi les autres raisons, l’aventurier en question ne souhaitait plus braver les Donjons, mais plutôt exercer une autre profession, ou il se peut qu’il eût été un fugitif en fuite tout au long de la carrière.

Alors qu’il y avait d’innombrables possibilités responsables de la disparition soudaine d’un aventurier, Sheila semblait pleinement convaincue que j’avais perdu la vie dans les profondeurs du Donjon. Je ne pouvais pas lui en vouloir, car il n’y avait pas d’autres raisons logiques à ma disparition.

Sheila avait continué : « Mais oui, c’est comme vous dites. Mais quand cela se produit dans la réalité… C’est une chose triste. Il a été le premier aventurier que j’ai supervisé… J’ai été un peu surprise que vos prénoms soient… les mêmes. »

« Je vois… Eh bien, si je peux demander… Est-ce que c’est un aventurier... Rentt Faina ? » j’avais formulé ma question de manière à ne pas éveiller les soupçons de Sheila.

C’était étrange de me poser des questions sur moi-même, et Sheila elle-même semblait quelque peu surprise.

« Eh bien, oui… c’est le cas. Vous le connaissez ? » me demanda-t-elle.

J’avais délibérément voulu obtenir cette question de Sheila, il semblerait que j’ai réussi dans mon entreprise.

J’avais offert à Sheila une réponse simple : « Oui… J’ai entendu parler de lui… de la part de Lorraine. »

Les yeux de Sheila s’étaient élargis lorsque j’avais mentionné le nom de Lorraine, comme si elle avait enfin réalisé quelque chose.

« Ahh… Alors c’était ça ! Vivie… Êtes-vous de la famille de Lorraine ? » demanda Sheila, ne soupçonnant rien.

Si je m’étais présenté comme un parent de Lorraine, il serait naturel que nous partagions le même nom de famille. Après tout, ce n’était qu’une question de temps avant que la guilde n’ait vent du fait que je vivais dans la demeure de Lorraine, donc il était préférable d’effacer toutes les causes potentielles de préoccupation le plus tôt possible.

Bien que cela ne m’avait pas vraiment affecté, Lorraine était une femme célibataire. Il serait inconvenant de ma part de causer d’autres problèmes à Lorraine — et en tant que tel, j’avais déjà préparé toutes les excuses et explications pertinentes pour aller de pair avec mon scénario proposé : si je me présentais comme un parent qui avait voyagé à Maalt d’un pays lointain, il y aurait moins de questions à traiter, ce qui n’était pas une mauvaise excuse.

Il valait peut-être aussi la peine de noter que « Rentt » était le nom d’une sorte de saint des siècles passés. Il ne s’agissait pas d’un nom peu commun sur l’ensemble des terres. Peu importe le pays, un nombre important de ses habitants étaient sûrs d’avoir des noms rares et identiques, donc un autre Rentt se présentant à Maalt n’était pas un motif de panique.

« Oui, je le suis… Je vivrai dans sa demeure… quand je serai en ville, » déclarai-je.

« Je vois. J’ai entendu parler d’une personne étrange entrant et sortant de la résidence de Lorraine ces derniers temps… Bien que je suppose que Lorraine elle-même n’est pas tout à fait normale, » déclara-t-elle.

Comme prévu, les rumeurs me concernant s’étaient déjà répandues.

J’avais répondu à la déclaration de Sheila par un simple signe de tête.

« Je suppose que… c’est moi. Eh bien… Je ne me qualifierais pas d’étrange. Je ne suis qu’un parent qui… a vécu avec cette fille… Depuis que je suis entré dans le pays…, » déclarai-je.

Bien que je n’avais aucune idée du déroulement de la situation, j’avais décidé d’aller de l’avant avec ce que je pensais être un mensonge raisonnable. Plus précisément, j’avais écrit le scénario dans lequel je jouais le rôle du grand-père de Lorraine, connu pour avoir soudainement rendu visite à ses petits-enfants sur un coup de tête.

Sheila, pour sa part, semblait convaincue.

« Je vois… Ça doit être dur de voyager autant ! Donc, celui vu à la résidence de Lorraine, c’était vous… L’idée m’avait traversé l’esprit, qu’il y avait des rumeurs à propos d’un homme étrange s’impliquant avec Lorraine, mais je suppose que ce n’était pas après tout le cas… Voilà votre permis d’aventurier. Tout est terminé. Voilà pour vous, » déclara-t-elle.

Terminant la conversation par le rejet occasionnel de ce qui semblait être une rumeur grossière, Sheila avait rangé la liasse de papiers dans ses mains. Il semblait qu’elle en avait fini avec mon processus d’inscription.

Dans ses mains se trouvait maintenant une carte en métal de couleur terne. Le symbole du débutant absolu d’un aventurier : la lueur métallique terne d’un permis d’aventurier de classe Fer. Chaque individu qui s’était inscrit en tant qu’aventurier avait commencé son voyage avec ceci en main. Même moi, je ne faisais pas exception, bien que cela faisait longtemps que je n’avais pas tenu une carte de cette couleur.

C’était un sentiment de nostalgie. Je l’avais tenue face à la lumière pour une raison ou une autre, la regardant avec des sentiments mitigés. Sheila, apparemment familière avec la vue devant elle, avait souri avec douceur.

« Dois-je expliquer les règles de la Guilde des Aventuriers, et d’autres détails ? » me demanda-t-elle.

Bien que j’appréciais l’offre de Sheila, j’étais déjà un aventurier chevronné.

Même si je n’étais pas si fort dans la vie, j’avais de nombreuses années de service à mon actif. Il va sans doute sans dire que j’étais — et je suis toujours — excessivement familier avec les règles en question. Dans la vie, j’avais même utilisé ces mêmes règles pour prendre le dessus contre les aventuriers ayant de mauvaises intentions. Après tout, je n’avais pas beaucoup de force au combat. À l’époque, c’était tout ce que je pouvais faire pour rester en tête du peloton.

C’est pourquoi j’avais répondu à Sheila de cette manière. « Non… Ce ne sera pas nécessaire. Les règles et… détails… sont écrits dans cela… N’est-ce pas ? » avais-je dit, en montrant du doigt un petit livre en cuir sur le comptoir de la réceptionniste.

« Oh ! Vous êtes au courant ? » demanda Sheila, visiblement surprise.

Je ne pouvais pas lui en vouloir, peu d’aventuriers en herbe seraient intéressés par ce livret, sans parler de savoir ce qu’il contenait. Le livret en question contenait divers règlements et détails concernant ces règles, et le personnel de la guilde recommandait souvent aux aventuriers de le lire s’ils avaient des questions.

Quant à moi, j’avais depuis longtemps mémorisé le contenu du livret, l’ayant lu à de nombreuses reprises au cours de ma longue carrière.

En montrant le livret à Sheila, j’avais simplement communiqué le fait que j’utiliserais la même méthode éprouvée pour répondre à toutes les questions que je pourrais avoir sur l’aventure.

« J’en ai entendu parler… venant de Lorraine. À propos de l’essentiel… de ce qui concerne le métier d’aventurier, » déclarai-je.

« Je vois. Après tout, vous vivez ensemble. Alors je suppose que c’est très bien ainsi ! Alors, Monsieur Rentt, s’il vous plaît, travaillez dur en tant qu’aventurier. Mais valorisez votre vie par-dessus tout ! » déclara-t-elle.

J’avais hoché la tête en réponse aux paroles de Sheila et je m’étais éloigné du comptoir de la réceptionniste alors que mon inscription tirait à sa fin.

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