Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 2

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Chapitre 4 : Le Donjon de la Réflexion de la Lune et des restrictions gênantes

Partie 2

Cependant — .

« Wôw, tu m’as vraiment sauvé là ! Je n’avais aucune idée que le slime pouvait se déplacer de cette façon… Cela me fait frissonner en pensant à ce qui aurait pu m’arriver ! Arg ! » La personne à côté de moi m’avait déclaré cela, marchant à mes côtés alors qu’elle frappait à plusieurs reprises sa grande main contre mon épaule séchée, mais heureusement revêtue de tissu.

Il semblait être une sorte d’épéiste, et devait avoir une quarantaine d’années. Le mot-clé ici étant qu’il semblait être quelqu’un de cette nature. La façon dont il s’était déplacé dans la bataille précédente était au mieux problématique. Je pouvais dire qu’il n’avait pas du tout le talent pour cela, et qu’il s’entraînait à peine. Je venais de passer par hasard dans un couloir alors qu’il luttait pour vaincre un slime. Ne pouvais-je pas le laisser mourir ainsi ?

Cependant, les aventuriers avaient l’habitude de considérer que l’on était responsable de soi-même lorsqu’on explorait les Donjons. D’autres aventuriers n’étaient pas nécessairement obligés d’aider leurs compatriotes, même si cette personne se trouvait dans une situation de vie ou de mort. En vérité, si un aventurier mourait en explorant un Donjon, son destin ne serait que le résultat de sa faiblesse inhérente et de son manque de stratégie — du moins, c’était l’opinion publique sur de telles choses.

Cela dit, les aventuriers étaient, n’oublions pas, des humains. Tout comme il y avait des humains qui nourrissaient de mauvaises intentions, il y avait également des aventuriers qui voulaient faire le bien, et il n’était pas étrange pour ce dernier groupe de secourir des individus en difficulté. Mais ces décisions devaient être prises rapidement, car de nombreuses vies avaient été perdues au profit d’un sauveteur potentiel trop long à se décider s’ils devaient venir à la rescousse de la malheureuse victime… ou non.

La sagesse de l’aventurier nous avait dicté de concentrer nos efforts sur l’autodéfense et de n’aider les autres que s’ils avaient les moyens de le faire. Telle est, de manière réaliste, le bon choix — les aventuriers devraient chercher à éviter de se placer dans des positions désavantageuses. Par exemple, si l’on se plaçait héroïquement entre un monstre et sa victime, en défendant cette dernière avec sa vie, alors cela serait trop tragique, mais courant, que la victime poignarde son sauveteur dans le dos. Cette victime tuerait alors à la fois le monstre affaibli et leur sauveteur blessé avant de repartir avec le matériel et les biens de ce dernier. Il était regrettable que de tels aventuriers immoraux aient existé sur ces terres.

En outre, il était difficile de recueillir des preuves dans ces cas, principalement en raison du fait que les Donjons semblaient pour une raison inconnue s’autonettoyer. Des morceaux éparpillés de viscères et d’autres parties du corps étaient presque tous absorbés lorsque le monstre suivant réapparaissait à la place de son homologue tué, ne laissant aucune trace de l’horrible destin du monstre précédent.

En tenant compte de ça, il était possible de comprendre pourquoi les aventuriers étaient vus comme étant responsables d’eux-mêmes. Au contraire, ils devaient être constamment méfiants et sur leurs gardes, car il ne s’agissait en aucun cas d’un travail sûr. Mais j’avais fait le choix d’intervenir, tout en étant douloureusement au courant des faits susmentionnés.

Même si je n’avais pas fait face à quelque chose qui me dépassait, je ne viendrais pas non plus à l’aide d’aventuriers ayant des intentions malveillantes évidentes. Toutefois, j’interviendrais dans les cas où aucun de ces facteurs n’était vrai. C’était peut-être à cause de mon alignement relativement positif dans la vie et du fait que c’était probablement la seule façon pour moi de montrer mon humanité que j’agissais ainsi. Après tout, si j’avais laissé quelqu’un mourir de sang-froid sous la forme dans laquelle j’étais actuellement, serais-je différent d’un monstre typique ?

Ne pas offrir de l’aide à une personne qui pourrait perdre la vie, vivre pour ses propres désirs, et garder une existence inhumaine — ces formes de vie étaient ce que les humains appelaient des « monstres ». C’était exactement la raison pour laquelle je ne pouvais pas laisser cet aventurier à son sort funeste.

Mais comme je l’avais déjà mentionné, je ne voyais pas le besoin d’aider chaque aventurier. Dans des cas comme celui-ci, où je pourrais facilement offrir mon aide et ne pas être exposé à un grand danger, suivre mon alignement positif n’entraînerait pas trop de problèmes — c’est pourquoi j’avais fait ce que j’avais fait.

Cela étant dit, j’estimais maintenant qu’il aurait été acceptable pour moi de l’abandonner à son sort. C’était dû au fait qu’il avait décidé de rester à mes côtés au lieu de retourner à la surface où il serait en sécurité. Peut-être était-ce parce qu’il était face à une certaine crainte quant à ma puissance — ou était-ce pour une raison différente ? Bien que je ne pouvais pas deviner exactement ses intentions, je pouvais être sûr d’une chose : cet homme était très ennuyeux.

Je me dirigeais actuellement vers la zone inexplorée où j’avais rencontré le Dragon pour la première fois. S’il continuait à rester avec moi, il se mettrait sûrement en travers de mon chemin, et peut-être même mettrait sa propre vie en danger si le danger pointait le bout de son nez. Pour le dire franchement, je devrais dire quelque chose quant à tout cela, mais au lieu d’agir ainsi, je m’étais trouvé un peu à court de mots — telle était la situation dans laquelle j’étais actuellement.

Je n’essayais pas vraiment de me faire aimer d’autres aventuriers avec ma charité — il n’y avait après tout personne d’autre ici pour assister à un tel acte. Pour empirer les choses, si je lui avais simplement dit de partir parce qu’il m’ennuyait, il ne me prendrait probablement pas au sérieux. Bien que j’avais tenté de le congédier il y a un certain temps, même en utilisant un ton de voix plus fort, il semblait que cela n’avait eu que peu d’effet. J’avais fini par réaliser que les mots seuls ne suffiraient pas pour se débarrasser de cet homme.

« Pourquoi… êtes-vous… en train… de me suivre ? » lui demandai-je.

Décidant que j’en avais assez, j’avais regardé l’homme, posant finalement ma question directe. Après cela, cependant, le bavardage bruyant d’un homme sombre était soudainement devenu un silence atypique.

« … Parce que tu es fort, hein ? » C’était presque comme si les mots lui étaient retirés de force.

Il semblerait que j’avais frappé dans le mile. Ce n’était pas vraiment un comportement digne d’éloges. Il était indéniable qu’un tel choix était possible aux aventuriers du côté le plus faible des rangs, mais je pouvais faire preuve d’empathie dans une certaine mesure.

La plupart des aventuriers choisiraient de le laisser derrière eux. Pour commencer, ce Donjon particulier — le Donjon de la Réflexion de la Lune — avait en son sein des monstres qui étaient principalement orientés vers des aventuriers plutôt faibles. En d’autres termes, il n’avait pas besoin de me suivre pour rester en vie, car la situation était loin d’être aussi désastreuse. En vérité, la faiblesse relative de ce Donjon signifiait que le fait de s’aventurer avec quelqu’un d’autre entraînerait une diminution de ses profits globaux. C’était une chose étrange, en effet.

Comme s’il ressentait mon appréhension, l’homme m’avait donné une explication, quoique sur un ton qui suggérait que sa main était forcée : « J’ai vraiment besoin d’argent. J’ai besoin de trois pièces d’or d’ici la fin de la semaine… Sinon, ils prendront mon magasin et tout ce qu’il contient… ! »

Décidant d’en savoir plus, j’avais fait pression sur l’homme pour obtenir plus de détails. Il semblerait qu’il était propriétaire d’un petit restaurant, mais ce restaurant avait connu des temps difficiles au fil des années. En finissant par s’endetter en empruntant de l’argent à des taux agressifs, l’homme était tombé dans une pauvreté décrépie. Le restaurant serait repris s’il ne payait pas un acompte de trois pièces d’or, ou s’il payait sa dette de 50 pièces d’or avant la fin de la semaine. N’ayant aucune idée sur la façon de gagner rapidement de grandes quantités d’or, l’homme s’était plutôt tourné vers l’aventure, convaincu que cela lui permettrait de gagner ce dont il avait besoin.

Avec si peu de temps à disposition, la méthode était au mieux téméraire. Bien qu’il ne soit pas impossible de gagner ce montant en si peu de temps, ce serait très difficile en effet. Après tout, même des aventuriers beaucoup plus qualifiés prendraient environ cinq jours pour gagner 50 pièces d’or. Cependant, cet homme manquait de telles compétences — et il en était lui-même conscient.

C’est pour ça qu’il était resté avec moi pendant tout ce temps.

« … Si… vous voulez… faire ça, vous devriez… aller à la Nouvelle Lune. Non… Ici. N’est-ce pas ? » lui redemandai-je.

Il y avait un autre Donjon près de la ville de Maalt — un Donjon de très grande taille, communément appelé le Donjon de la Nouvelle Lune. Comparés à la Réflexion de la Lune, de nombreux types de monstres résidaient dans ses salles. Un aventurier qualifié avec un rang plus élevé que moi, qui était de classe Bronze, serait probablement en mesure d’y faire de tels gains. Si, par exemple, un aventurier expérimenté de la classe Argent avait fait des efforts dans la Nouvelle Lune, 50 pièces d’or n’étaient pas aussi irréalistes qu’il y paraissait.

Peu importait si je lui permettais de me suivre, ou s’il me suivait de son propre gré — les deux posaient des problèmes notables. Si nous rencontrions un monstre plus fort, il pourrait perdre la vie en une fraction de seconde, parce qu’il n’était pas très compétent.

En gardant cela à l’esprit, j’en étais venu à la conclusion que cet homme ne prenait pas exactement les meilleures décisions, car les probabilités étaient très élevées contre lui. C’était avec une certaine inquiétude que j’avais fait part de mes observations à l’homme.

« J’ai dit que je le ferais, vous savez… que je gagnerais tout cet argent. Je n’arrive pas à croire que je vais devoir rentrer les mains vides…, » déclara-t-il.

Il semblerait que toute la force et les fanfaronnades avaient disparu dans ses paroles. Il fallait peut-être s’y attendre. Après tout, un compagnon non qualifié n’était rien de plus qu’un obstacle dans un endroit aussi impitoyable qu’un Donjon. Même s’ils devaient être chargés de transporter des objets et de l’équipement, ils devraient au moins avoir la capacité de s’échapper et de remonter à la surface en cas d’urgence. En tant que tel, cet homme, qui ne pouvait même pas s’échapper d’un slime, n’était guère adapté à l’aventure.

Moi aussi, j’avais porté un tel jugement sur lui : il ne m’était d’aucune utilité.

« … Je suis… désolé, mais… je suis… occupé. Je n’… ai pas le temps… pour jouer… avec… vous, » déclarai-je.

Bien que je l’aurais gardé si j’en avais eu la capacité, j’avais actuellement déjà eu assez de problèmes de mon propre côté. Bien que je sois beaucoup plus fort que je ne l’étais dans la vie, je n’étais probablement encore que dans les régions de la classe Bronze supérieur en termes de force et de capacité. Alors, de m’attendre à gagner 50 pièces d’or dans cet état — .

C’était impossible.

Alors que les aventuriers recevaient une somme considérable pour leurs récompenses, ladite somme étant proportionnelle à leur rang. Ainsi, les aventuriers de rang inférieur ne recevaient pas vraiment des montants extravagants. À moins qu’une circonstance spéciale ou une aubaine ne se produise, les aventuriers de rang inférieur ne pouvaient même pas commencer à espérer mettre de côté ce montant de pièces d’or.

Quant aux circonstances particulières…

Maintenant que j’y pense, j’avais en fait quelque chose en tête — en vérité, c’était en premier lieu, la raison pour laquelle j’étais ici.

Je ne parlais pas du fait que j’étais devenu un mort-vivant. Peut-être qu’une personne serait prête à payer 50 pièces d’or pour me dénoncer à la guilde, mais cela me causerait toutes sortes d’ennuis. La circonstance spéciale en question n’était pas que je devenais un mort-vivant, mais le lieu où je l’étais devenu.

Oui, j’avais découvert une zone inexplorée du Donjon.

Il s’agissait d’une information précieuse, et la guilde paierait sûrement une grande somme d’argent à tous ceux qui l’auraient fournie. Mais il n’y avait aucune garantie que cette grande somme serait de 50 pièces d’or. Cependant, je suppose que le fait d’avoir une attente positive en tête n’était pas exactement une mauvaise chose. Franchement, j’aurais bien mieux fait de le signaler moi-même, mais cela s’avérerait très difficile étant donné ma forme physique actuelle.

Et disons-le franchement, j’avais dû compter sur quelqu’un d’autre pour fournir cette information — bien sûr, à l’origine, j’avais l’intention de demander de l’aide à Lorraine dans les deux cas. Il n’y aurait probablement pas de mal à demander de l’aide à cet homme.

Cependant, dans ce cas, la découverte de la section inexplorée serait attribuée à cet homme. S’il s’avérait que j’étais au courant plus tôt, mais que je n’avais pas rapporté cette information à la guilde, il y aurait sûrement beaucoup de questions auxquelles je devrais répondre. J’avais déjà assez d’ennuis comme ça, donc attirer plus d’ennuis était la dernière chose que je voulais faire. De plus, une personne d’apparence normale fournissant cette information serait probablement plus facilement crue par la guilde — après tout, j’avais l’air quelque peu suspicieux.

Peut-être que ce n’était pas une si mauvaise chose, étant donné que c’était au bénéfice des aventuriers qui tomberaient éventuellement au hasard sur ce secteur inexploré. Bien que mon incapacité à recevoir une récompense soit dommage, je gagnerais probablement 50 pièces d’or sur une période raisonnable. Bien sûr, cela m’avait été impossible quand j’étais en vie, mais dans ma forme actuelle, cela ne me semblait plus impossible.

Il s’agissait de la conclusion à laquelle j’étais arrivé.

C’est pourquoi j’avais trouvé acceptable de renoncer aux richesses se trouvant devant moi — c’était pour le mieux que je faisais ça.

Avec cette conclusion en tête, je m’étais tourné vers l’homme déprimé, l’informant de la bonne nouvelle. « J’ai… réfléchi… et vous devez… venir avec moi. Après tout, vous… pouvez… porter mon… stock. N’est-ce pas ? »

« Eh… ? » L’homme, considérablement surpris, s’était rapidement mis à me suivre.

« H-hey ! Attendez ! Êtes-vous sûr ? Puis-je vous suivre ? » me demanda-t-il.

« O... Oui, » répondis-je.

L’homme affichait une expression d’incrédulité — peut-être qu’il ne pensait pas qu’il était possible que je permette une telle chose.

Bien qu’il semble avoir été poussé à mendier par nécessité, il semblerait qu’il n’était pas une mauvaise personne au fond de son cœur. Bien sûr, il pourrait mentir et tout cela pourrait être une sorte de stratagème, mais je traverserais ce pont quand j’y arriverais. Mais cela étant dit, je ne le faisais pas exactement par bonté d’âme — c’était encore une autre action que j’entreprenais comme preuve de mon humanité.

Quant à savoir pourquoi c’était nécessaire… Depuis que je suis devenu une goule, je m’étais trouvé de temps en temps rempli d’un profond malaise. Je n’étais pas sûr de la façon de la décrire — c’était peut-être un sentiment étrange venant de temps en temps. C’est pourquoi j’avais décidé d’aider autant de personnes que possible. Peut-être qu’alors je n’oublierais pas qui j’étais vraiment.

Si je perdais mon humanité, tout s’arrêterait à ce moment-là. Je ne pouvais pas accepter cela — je ne pouvais pas du tout l’accepter.

Avec ces pensées en tête, j’étais parti pour l’endroit où j’avais rencontré le Dragon pour la dernière fois. Derrière moi suivait de près mon nouveau porte-bagages, avec un regard d’appréhension sur son visage. Dans le passé, est-ce que j’avais aussi une expression similaire sur la mienne ?

Pour une raison ou une autre, ces souvenirs me semblaient maintenant très loin — je ne pouvais pas m’en souvenir même si j’essayais de le faire. En y repensant, peu de temps s’était écoulé, et pourtant j’oubliais tant de choses.

Mais c’était un sentiment que je connaissais encore — celui d’un désastre imminent.

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