Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 2 – Section 5 – Chapitre 1 – Partie 1

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Chapitre 1 : Amie d’enfance et mes regrets

Partie 1

Au moment même où j’allais laisser échapper un soupir de soulagement en voyant Murus rejoindre mon village, je m’étais souvenu d’un truc super important.

« Merde ! J’ai du travail à midi ! »

J’avais enfilé ma salopette aussi vite que possible et je m’étais précipité en bas. Non seulement je m’étais levé plus tard que d’habitude, mais j’avais passé toute la matinée sur l’ordinateur ! Le covoiturage ne devait pas être encore arrivé, mais je n’avais pas pris de petit-déjeuner, et encore moins de déjeuner. Il fallait que je mange quelque chose maintenant, sinon je n’aurais pas d’autre occasion avant le dîner. Maman n’étant nulle part, j’avais décidé de faire frire un peu de cette viande de sanglier du village, que nous avions en abondance.

« Le fait de partager leur viande avec nous est très gentil de leurs parts, mais je ne m’attendais pas à ce qu’ils envoient un cochon entier ! »

Mon village avait tué plus de dix monstres le jour de la Corruption, ils en avaient fumé la majorité pour la garder plus tard. Avec toute cette viande, ils étaient parés pour une grande partie de l’hiver. Ils en étaient manifestement certains, car ils avaient offert un porcnabie entier à l’autel, qui était arrivé en morceaux chez moi le même jour. Le pauvre livreur qui portait cette boîte était trempé de sueur.

J’avais repensé au moment où je l’avais ouverte pour la trouver remplie de viande à ras bord.

Maman tapa alors dans ses mains avec joie.

« Oh, nous n’aurons plus à acheter de viande pendant un mois ! »

Donc je suppose que je ne peux pas me plaindre.

J’avais terminé la cuisson et ajouté un peu de sauce. C’était un repas simple, mais comme prévu, délicieux. Le porcnabie était plus moelleux que le porc, mais étonnamment tendre à la cuisson. Et bien que le goût et la texture soient excellents, c’était la délicieuse graisse qui le distinguait vraiment. Elle avait une douceur subtile et était moins grasse que ce à quoi on pourrait s’attendre. Mon critique alimentaire interne satisfait, j’avais rapidement englouti toute la viande présente dans mon assiette.

« On dirait qu’ils peuvent envoyer ce qu’ils veulent comme offrande, mais seulement un type de cadeau à la fois. »

J’avais repensé à la fois où mes villageois avaient essayé de m’envoyer tout un tas de fruits différents. Seule la variété la plus abondante avait disparu et était arrivée chez moi, le reste étant resté sur l’autel. De plus, ils ne pouvaient pas m’envoyer une quantité infinie de quoi que ce soit. Une fois, ils avaient essayé de m’envoyer trois bûches entières à la fois, mais ils n’avaient réussi à m’en envoyer qu’une seule. Je m’étais dit qu’il y avait une limite de poids, même si je n’avais aucune idée du fonctionnement du système d’offrandes. Je m’étais dit que j’allais faire des expérimentations, mais je ne pouvais pas demander à mes villageois de m’envoyer un tas de choses par simple curiosité.

« Délicieux comme toujours. Je me demande si la voiture est déjà là… »

On sonna à la porte juste au moment où j’avais dit ça. J’avais posé ma vaisselle sale dans l’évier et j’étais sorti. Le fait que je puisse faire du covoiturage pour aller travailler me rendait particulièrement reconnaissant. Je savais que la plupart des gens détestaient faire la navette, et j’étais content de ne pas avoir à le faire.

« Désolé, je n’étais pas tout à fait prêt. »

« Ce n’est pas un problème du tout ! Pas vrai, Yama ? »

Mon collègue senior était assis à l’arrière du mini-van. Son nom était Yamamoto-san, et comme d’habitude, il jouait à un jeu sur son téléphone.

« Bonjour », avais-je dit.

« Salut. »

Il était habituellement souriant, mais aujourd’hui il semblait un peu déprimé. Enfin, je suppose qu’il était plus déprimé que grincheux.

Je l’avais laissé faire, portant mon attention sur la vue à travers la fenêtre, pour le surprendre en train de me fixer dans le reflet. Voulait-il que je demande ?

« Euh, quelque chose ne va pas ? », dis-je.

« Ça te dérange si j’ouvre la fenêtre ? »

« P-Pas du tout. »

J’avais été surpris par sa franchise. J’avais seulement fait la demande par politesse. Je ne m’attendais pas à ce qu’il veuille juste se décharger comme ça.

Je suppose que même les gens comme Yamamoto-san ne peuvent pas être heureux tout le temps.

« Tu te souviens du moment où je t’ai parlé de ce jeu auquel j’étais accro ? »

« Oui, je m’en souviens. Tu as dit qu’il était assez unique, non ? »

« Oui, celui-là. Le jeu où tu es censé envahir et prendre le territoire de l’ennemi. Enfin, c’est plus complexe que ça en fait, mais… bref, il y a eu un événement il y a peu de temps auquel j’ai consacré toute ma journée, et j’ai réussi à capturer une énorme partie du territoire. Mais hier, j’en ai perdu un paquet, comme ça, sans raison. »

Oh, c’est un jeu qui l’avait tant perturbé. Dieu merci. J’avais peur de ne pas pouvoir m’identifier à ses malheurs, mais je comprends parfaitement la douleur des joueurs. Et même si je ne pouvais pas lui donner de conseils, il avait toute ma sympathie.

« J’ai dépensé beaucoup d’argent pour améliorer mes monstres, mais ça n’a servi à rien. Je suppose que je devrais être content qu’il me reste des terres, mais j’ai utilisé la moitié de mon salaire du mois dernier pour ce jeu stupide. »

OK, maintenant je savais exactement comment il se sentait. Une assez grosse partie de mon salaire était aussi allé dans des microtransactions. On aurait dit qu’il jouait à une sorte de jeu de conquête en ligne. J’avais joué à des trucs similaires quand j’étais un NEET, mais j’avais vite abandonné quand j’avais réalisé que la plupart d’entre eux payaient pour gagner. Je passais une semaine à construire mon territoire, pour me faire dépasser par un type qui avait fait la même progression en un jour, juste parce qu’il avait dépensé une tonne d’argent. C’était moins drôle pour nous, les paysans du free-to-play.

« Je… sais exactement ce que tu ressens. Je joue aussi à un jeu avec des microtransactions en ce moment, et j’ai perdu des dizaines de milliers de yens dans un événement l’autre jour. »

J’avais gardé la voix basse durant cet échange. Je ne voulais pas que notre patron sache que c’était là où allait mon salaire.

« Vraiment ? ! Mec, je suis content de te l’avoir dit ! N’abandonnons pas, mais… essayons de ne pas y dépenser trop d’argent. »

« D’accord ! »

J’avais fermement serré sa main tendue.

Une amitié construite sur la souffrance partagée en raison des microtransactions. Ce n’était peut-être pas une base saine, mais c’était agréable d’avoir quelqu’un à qui s’identifier. Je voulais en savoir plus sur le jeu auquel il jouait, mais je n’avais pas insisté. Je ne voulais pas risquer de me lancer dans autre chose et d’être tenté d’abandonner mes villageois. Pour l’instant, la seule chose sur laquelle je voulais me concentrer était le Village du Destin.

Aujourd’hui, j’étais à nouveau responsable de l’aspiration. Je m’habituais de plus en plus à ce travail, mais ma fierté me gênait encore. J’avais du mal à trouver le courage de demander de l’aide à mes collègues ou à mon patron. J’avais lu des tonnes de messages en ligne se plaignant de patrons qui demandaient à leurs employés « d’utiliser leur cerveau » lorsqu’ils osaient poser une question. Mais mon lieu de travail n’était pas comme ça. Mes collègues étaient toujours prêts à laisser tomber ce qu’ils faisaient pour m’aider.

« Je suis content que Yamamoto-san ait retrouvé le moral. »

J’étais inquiet quand j’étais monté dans le mini-van, mais il semblerait être revenu à la normale maintenant. Il était aussi travailleur que d’habitude, sa morosité avait disparu. C’était une personne apathique, mais son travail était parfait. Même ces quelques jours d’absences inopinés n’avaient pas entamé la confiance du patron à son égard.

Le travail s’était déroulé sans problème. Notre patron m’avait ensuite déposé devant la supérette. Il était tard, mais pas aussi tard que lorsque je travaillais de nuit. Deux autres bus allaient passer avant le dernier. Je m’étais donc précipité dans le magasin pour échapper au froid de l’hiver.

« Rien de tel qu’un petit pain de viande quand il fait sombre et froid dehors… »

En parcourant le magasin, j’avais repéré des choses que j’avais envie d’acheter, mais comme maman avait préparé le dîner pour moi à la maison, j’avais juste pris un dessert. J’avais pris quatre puddings, ma famille les aimait tous.

Je m’étais souvenu d’avoir rencontré Sayuki ici, quand elle traînait autour de l’arrêt de bus. J’étais encore frustré du fait qu’elle m’ait arrêté et l’ait laissé s’enfuir. Depuis lors, si ma sœur rentrait tard, je venais la retrouver. Certains jours, elle avait toujours l’impression que quelqu’un l’observait. Si le coupable n’était pas attrapé, qui savait quand elle se sentirait à nouveau en sécurité ? Puddings en main, j’avais regardé par la façade vitrée du magasin, mais il n’y avait personne dehors.

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2 commentaires :

  1. 9 chances sur 10 que le collègue joue du côté des monstres 😈

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