Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 2 – Chapitre 7

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Chapitre 7 : Homme suspect et muscles endoloris

Quand je m’étais réveillé, il était déjà midi. Je ne m’étais pas réveillé aussi tard depuis longtemps et j’avais dormi comme un loir, sans faire de rêve. Lorsque je m’étirais, mes bras et mes cuisses se contractaient douloureusement en signe de protestation.

Tout mon corps me faisait mal, mais mes cuisses étaient particulièrement douloureuses. Quand je faisais de la musculation, je travaillais rarement les jambes, et j’en payais le prix maintenant. J’avais essayé de me lever, mais je m’étais effondré instantanément comme un bébé cerf. Abandonnant, je m’étais mis à ramper maladroitement. J’avais réussi à atteindre mon ordinateur pour prendre des nouvelles de mes villageois.

« Je me demande si quelque chose est arrivé pendant mon absence… »

J’avais fait défiler l’historique. Au début, tout semblait normal, mais j’avais trouvé ensuite quelque chose d’inhabituel. Quelqu’un avait parlé aux premières heures du matin, alors que personne d’autre n’était réveillé.

« Je n’ai rien vu de suspect jusqu’à présent. Je suis sûr que ce ne sont que des réfugiés. Oui. Je vais jeter un coup d’œil et je reviens. »

Ça ressemblait à une conversation, pas à quelque chose que quelqu’un se murmurerait à lui-même. J’aurais aimé voir ce qui s’était passé, mais tout ce que j’avais était le texte retranscrit.

« Je suis sûr que le Jour de la Corruption les éliminera tous sans notre aide, tout comme la dernière bande d’humains et ces nains répugnants qui se sont installés ici. »

Je ne savais pas qu’il y avait des nains dans ce monde, mais c’était une race de base dans la fantasy…

« Je suis légèrement inquiet au sujet des bénédictions qu’ils reçoivent du Dieu du Destin. Si nous nous en mêlons, nous pouvons invoquer sa colère. C’est pourquoi je pense que nous devrions nous en tenir à l’observation… Oui. Je comprends. Ceux qui empiètent sur notre terre sainte doivent faire face au jugement du Dieu des Plantes. »

Ça devait être Murus. C’était la seule personne qui connaissait la forêt et qui était assez proche de mes villageois pour les observer. Il n’était donc pas le médecin serviable qu’il semblait être. D’après ce que j’avais entendu, il appartenait à un groupe qui vivait déjà à proximité et qui se méfiait de mes villageois. Était-ce pour cela que je ne pouvais pas voir sa biographie comme les autres personnages ? Après avoir passé si longtemps à apprendre à le connaître, sa trahison me fit mal.

« Au moins, je suis content qu’ils m’aient. »

Heureusement, il semblerait qu’il ne prévoyait pas d’agir contre mon village. Si ce n’était pas à cause de moi, le Dieu du Destin, peut-être que Murus n’aurait pas si peur de leur faire quelque chose. Ce qui m’inquiétait, c’était que j’avais compté sur lui pour protéger mes villageois durant le Jour de la Corruption. Si je ne pouvais pas compter sur lui, alors Gams était le seul villageois apte au combat.

Je voulais trouver une solution tout de suite, mais je m’étais réveillé affamé. Il valait mieux manger quelque chose d’abord afin que mon cerveau puisse travailler à plein régime.

Et quand j’étais descendu, j’avais trouvé maman en train de faire la vaisselle.

« Oh, tu es réveillé ! Je vais te réchauffer ton déjeuner. »

« Ne t’inquiète pas. Je vais le faire moi-même. »

Le déjeuner était constitué des restes du dîner d’hier soir et d’une soupe. Maman avait fini de faire la vaisselle et s’était assise en face de moi pendant que je mangeais.

« Comment était le travail ? »

« Tout le monde est très gentil. Je dois aussi travailler ce soir. À la même heure. »

« Oh, vraiment ? C’est bien. »

Maman m’avait souri.

Cela faisait des années qu’elle n’avait pas semblé aussi heureuse. Pourtant, le fait qu’elle me félicite pour quelque chose que la plupart des gens faisaient quotidiennement et sans arrière-pensée me mettait mal à l’aise.

« Comment était la nourriture que je t’ai laissée ? », avait-elle demandé.

« Oh, hum… c’était super. Er… Um… Merci », avais-je réussi à dire.

Non seulement mes villageois s’entraidaient, mais ils étaient aussi très reconnaissants, ce qui contribuait au bon fonctionnement de leurs relations. Je voulais suivre leur exemple.

« Il n’y a pas de quoi. Tous ces changements sont vraiment bien, Yoshio. »

« Oui… »

Je m’étais levé et je m’étais précipité dans ma chambre, incapable de supporter davantage cette gêne.

J’allais retourner au lit et reposer mes muscles avant de travailler, mais je m’étais assis devant mon ordinateur sans réfléchir.

« Huh. Je suppose que je suis en mode pilote automatique. »

De toute façon, il était temps de prendre les choses au sérieux avec mon village. Je ne pouvais pas rester assis à les regarder comme je le faisais habituellement. Je devais garder un œil sur Murus. J’avais envisagé de lui faire savoir que j’étais après lui dans la prophétie quotidienne, mais je devais faire attention à dire quelque chose que lui seul pourrait comprendre, pour ne pas alarmer mes villageois. J’avais brièvement pensé à leur dire directement que Murus n’était pas de leur côté, mais j’avais décidé de ne pas le faire. Ils avaient déjà assez de soucis. De plus, je ne voulais pas non plus qu’il s’enfuie. Il était encore précieux lorsqu’il s’agissait de garder mon peuple en sécurité et de le nourrir.

*****

J’avais enfin fini d’écrire ma prophétie. Les villageois étaient tous réunis et venaient de déjeuner, il n’y avait donc pas de meilleur moment pour l’envoyer.

Chem avait rapidement avalé sa dernière bouchée de nourriture.

« Regardez, tout le monde ! La prophétie du jour est arrivée ! »

Oups. Je n’avais pas réalisé qu’elle était encore en train de manger.

« Je sais que vous êtes tous inquiets à propos du Jour de la Corruption, mais s’il vous plaît, restez forts. J’ai encore assez de pouvoir pour accomplir quelques miracles. N’oubliez pas que vous êtes sous ma protection. Et si quelqu’un ose vous faire du mal, il subira ma colère. N’oubliez pas ça. »

Chem avait lu mon message. Et pendant qu’elle le faisait, j’avais gardé un œil sur Murus, et je n’avais pas manqué le changement d’expression de son visage : ses yeux allaient et venaient, paniqués. Il avait peur ! Il ne tenterait plus rien maintenant.

« Nous allons nous en sortir. Le Seigneur veille sur nous. Mais cela ne veut pas dire que nous pouvons nous relâcher ! Le Seigneur ne récompense pas les paresseux ! Nous devons encore faire de notre mieux. », dit Gams.

Allez, Gams, ne vas-tu pas un peu trop loin là…

Je savais déjà que je ne méritais pas d’être le Dieu de quoi que ce soit, sauf peut-être de la Paresse.

Quoi qu’il en soit, maintenant que j’avais réglé la situation de Murus, il était temps de se concentrer sur le plan de survie pour le Jour de la Corruption. Tout d’abord, je devais continuer à travailler pour pouvoir m’offrir plus de PdD. J’étais payé à l’heure, je ne savais donc pas combien je pouvais espérer gagner, mais j’estimais que je rapporterais environ 30 000 yens.

Mes yeux étaient alors tombés sur un paquet dans le coin de ma chambre. Il était arrivé pendant que je dormais. Je l’avais ouvert pour trouver un petit caillou très rond.

« Je parie que tu as passé des heures à le choisir pour moi, hein, Carol ? »

Je savais que ce n’était qu’un caillou, mais je n’avais pas pu m’empêcher de sourire en le tenant dans ma paume.

Mes villageois pensaient qu’ils ne pouvaient m’envoyer qu’une offrande par jour, mais en réalité, ils pouvaient en envoyer jusqu’à deux. Carol utilisait l’un de ces « créneaux » en copiant les adultes et en déposant sa propre offrande sur l’autel. Ses cadeaux étaient généralement des cailloux dont elle aimait la forme ou de petites fleurs blanches. Parfois, j’avais même droit à une motte de terre. Dernièrement, elle avait commencé à m’envoyer de petites sculptures en bois, un talent qu’elle avait acquis en regardant Chem et Gams fabriquer ma statue. Je pensais que c’était censé être des poupées, mais ce n’était pas très clair. Elles étaient de mieux en mieux, et j’avais toujours hâte de voir quel genre de création elle m’enverrait ensuite. Cela ne m’empêchait cependant pas de m’inquiéter chaque fois qu’elle prenait le couteau à découper.

J’avais posé le galet sur l’étagère où je rangeais mes mangas et mes LN. Ses objets en bois étaient aussi là. N’importe qui d’autre aurait probablement pensé que j’étais fou de garder ces choses, mais pour moi et Carol, c’était des trésors rares.

Je savais que ce n’était probablement pas de vrais cadeaux. Même si un enfant les avait faits, c’était probablement un des enfants des développeurs. Mais je voulais croire qu’ils étaient réels, aussi pathétique que cela puisse être.

« Je sais qu’elle n’est pas réelle… »

Avec mon nouveau caillou sur l’étagère, j’avais étiré mes membres et laissé échapper un bâillement. Bon sang, j’étais endolori.

« Je crois que c’est l’heure de la sieste. J’espère juste que mes membres iront mieux quand je me réveillerai. »

Rien que le fait de me lever de ma chaise provoqua une douleur lancinante dans mes muscles. Je n’étais pas aussi nerveux à l’idée de travailler qu’hier soir, probablement parce que je savais à quoi m’attendre. Jusqu’à présent, l’idée même de travailler m’avait donné la nausée. Pourtant, j’étais là, presque impatient de le faire. Je pourrais aider quelqu’un et gagner de l’argent en le faisant. Mais surtout, je pourrais faire sourire maman.

*****

Ce soir-là, je travaillais avec les deux mêmes collègues que la veille. Pendant la pause, notre patron nous avait raconté qu’il travaillait pour une grande entreprise de nettoyage, mais qu’elle payait mal et traitait ses employés comme de la merde. Alors, il y a dix ans, il avait pris tout ce qu’il avait appris et créa sa propre entreprise. Quand il y avait beaucoup de travail, il demandait à d’autres petites entreprises de nettoyage de prêter certains de leurs employés ou d’engager des travailleurs temporaires comme moi.

« Et tu deviens déjà très bon dans ce domaine », m’avait dit mon patron costaud.

Je n’utilisais l’aspirateur que pour aspirer l’eau sale, mais j’avais apprécié les compliments.

« D-D’accord », avais-je dit.

« Pas besoin d’être si nerveux ! Je sais que c’est seulement ton deuxième jour, mais tu te débrouilles bien… »

« Merci ! »

J’avais affiché un sourire, en espérant qu’il ne penserait pas que je me moque de lui.

Avec mes compétences sociales limitées, je ne savais pas trop comment agir. J’avais essayé de me rappeler comment j’étais à l’université, mais ces souvenirs s’étaient estompés au cours des dix dernières années. Cela faisait longtemps que je n’avais pas interagi avec des gens en dehors de ma famille.

« Ces jours-ci, mes employés sont vraiment très gentils. Et même s’ils ont l’air d’une bande de bons à rien, ce sont tous d’excellents travailleurs. »

J’avais suivi le regard du patron pour voir un de mes nouveaux collègues, en plein travail. Il s’était teint les cheveux en brun clair et n’avait pas l’air d’un type qui prenait le travail au sérieux. Mais quand je l’avais regardé travailler, j’avais pu voir avec quelle efficacité il s’attaquait à la tâche à accomplir.

« La meilleure chose que tu puisses faire est de prendre le travail au sérieux. Fais ça, et personne ne pourra t’en demander plus. »

« Merci ! »

Ses mots m’avaient vraiment touché, et ma réponse était sortie un peu plus fortement que je ne le voulais.

« Eh bien, je suis content que tu t’amuses ! »

« Hé, patron ! Arrêtez de tuer le temps avec le nouveau et venez nous aider ! Et Yoshio-kun, ne sois pas trop enthousiaste ! Tu ne veux pas t’épuiser ! »

« Si vous vous relâchez, patron, nous allons nous donner une augmentation et la retirer de votre salaire ! »

« D-Désolé les gars… Hé, attend ! Tu n’es pas le comptable ! Et je suis ton patron ! »

Le patron s’était précipité dans un spectacle de rage assez comique.

L’atmosphère détendue m’avait permis de me décontracter facilement. Je n’avais rien à quoi comparer, mais je savais que c’était amusant d’être ici. Je savais que ce n’était pas tout n’était pas toujours rose, mais j’avais l’impression que c’était un travail auquel je pouvais me donner à fond, quoi qu’il arrive.

« Je dois le faire… pour eux. »

Il restait moins d’une semaine avant le Jour de la Corruption.

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