Monster no Goshujin-sama (LN) – Tome 4 – Chapitre 7 – Partie 3

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Chapitre 7 : L’ombre qui relie le vaste monde

Partie 3

J’avais planté mon épée dans sa jambe indemne. Nous n’avions pas le temps de prendre les choses à la légère maintenant que nous l’avions rattrapé. Nous étions tout aussi acculés que lui, après tout.

« Shiran va mourir si tu ne fais pas ce que nous disons ! Tout le monde dans cette forteresse mourra ! »

« J’ai compris ! J’ai bien compris, ok ! Alors, arrête ça ! »

« Alors, débarrasse-toi des monstres ! Tout de suite ! »

« C’est… » Sakagami hésitait alors qu’il se tortillait. Sa bouche s’ouvrait et se fermait. J’étais sur le point de lui donner un autre coup de couteau quand il avait senti que les choses empiraient pour lui. « Attends ! Je ne peux pas le faire tout de suite ! »

« Espèce de fils de… essaies-tu encore de gagner du temps !? » Je lui avais crié dessus.

« Je ne mens pas ! Je jure que je ne mens pas ! » Sakagami m’avait supplié désespérément. « Je n’ai pas dit que je ne pouvais pas ! Je ne peux juste pas le faire tout de suite ! » Les larmes coulaient sur son visage alors qu’il criait, sa voix était pitoyable. « Je veux dire… Je veux dire… Tout ce que je peux faire, c’est attirer les monstres vers moi ! »

« Quoi… ? » J’étais resté abasourdi. C’était une piètre excuse, même pour quelque chose qu’il avait dû trouver sur place. « Arrête de dire des conneries ! »

« Je suis sérieux ! Je jure que je ne mens pas ! »

« Alors, quoi ? Tu ne vas pas me dire que tu n’as pas donné d’instructions à ces monstres, n’est-ce pas ? Cette armée ne s’est pas contentée de pousser sans réfléchir ! »

J’avais retiré mon épée de la cuisse de Sakagami et j’avais enfoncé la lame sanglante juste devant ses yeux.

« Ce n’est pas ça ! Tu t’es trompé ! » Sakagami sentit sa mort approcher, il se pissa dessus. Puis, la peur toujours dans les yeux, il expliqua. « Il y a un monstre qui commande les autres monstres ! Je n’ai fait que lui dire quoi faire ! Donc à moins de passer par là, je ne peux pas donner d’ordres aux monstres que j’ai rassemblés ! »

« C’est quoi ce bordel ? »

« Tu ne me croiras peut-être pas, mais c’est vrai. Il y a ce monstre qui peut parler comme un humain. C’est lui qui donne les ordres. »

J’avais échangé un regard avec Lily. Un monstre qui parle. Ce n’était pas totalement impossible au vu de mes propres expériences. Le fait qu’il connaisse un monstre que les gens de ce monde ne considèrent que comme un conte de fées donnait à son histoire une étrange crédibilité. J’avais moi-même la capacité inhérente d’apprivoiser les monstres, mais cela ne signifiait pas que je pouvais les manipuler à ma guise. Je n’en savais pas assez pour nier que la capacité de Sakagami à apprivoiser les monstres fonctionnait comme il l’expliquait. Je pouvais accepter qu’il ne soit pas capable de donner directement des ordres aux monstres. Après tout, nous pouvions tester l’authenticité de ses dires tout de suite.

« Où est ce monstre maintenant ? »

« Il devrait se montrer tout de suite si je l’appelle. Il est toujours quelque part près de moi. Oh, mais… après avoir quitté la hutte, il a gardé une certaine distance parce que les sens de cette fille Shiran étaient trop aiguisés ou quelque chose comme ça… »

« Donc il apparaîtra si tu l’appelles ? Alors, appelle-le. Tout de suite. »

« D’accord, calme-toi. » Sakagami ne possédait plus la volonté de me défier. C’était probablement la première fois qu’il était secoué de la sorte. Son cœur était complètement brisé. « Berta ! Berta ! » Sakagami avait crié. « Sors de là ! Ordonne aux monstres de se retirer ! Je vais me faire tuer à ce rythme ! »

Sa supplique avait résonné dans le couloir. Lily et moi surveillions de près notre environnement, prêts à tout. Une, puis deux secondes, et rien… Après dix secondes, le couloir entier était devenu silencieux.

« Hein… ? Tu te moques de moi. »

La voix abasourdie de Sakagami s’était répercutée dans l’air, mais en vain. Donc, il était vraiment juste en train de raconter des bobards. Ou bien quelque chose a mal tourné… ?

Au moment où je commençais à y réfléchir, quelque chose s’était manifesté à l’autre bout du couloir. Ça avait couru vers nous à une vitesse littéralement égale à celle du vent.

« N’est-ce pas… ? »

Il avait de longs cheveux blancs qui traînaient derrière lui, des vêtements blancs et des yeux rouges sang. Ses pas singuliers étaient ceux d’une créature à huit pattes. Son visage était celui d’une jeune fille si belle qu’elle en était envoûtante, et il s’épanouissait dans un sourire énergique et brillant.

« Oh ! Mon Seigneur ! Je t’ai enfin trouvé ! »

« Gerbera… ? »

J’avais regardé fixement, émerveillé. Je ne pensais pas voir un jour l’araignée blanche dans la forteresse, mais elle était là, sous mes yeux.

 ◆ ◆

Penser que Gerbera était derrière toute cette attaque… Eh bien, c’était plutôt hors de question. Elle ne s’appelait pas Berta, et Sakagami avait l’air complètement abasourdi. Pour commencer, elle était ma servante.

« Mon Dieu ! Dieu merci, tu es sain et sauf ! »

Gerbera avait remué ses jambes en courant et m’avait enlacé avec vigueur. Ses cheveux blancs tombaient sur mon visage, me bloquant la vue, et elle m’avait attiré avec une telle force que je n’avais aucun moyen de résister à sa force. Ses bras s’étaient enroulés autour de moi. Par réflexe, je l’avais serrée dans mes bras et j’avais admiré ses magnifiques traits à bout portant.

 

 

« Gerbera ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Où sont Rose et Katou ? »

« Que dis-tu ? La forteresse où tu as séjourné grouille de monstres, n’est-ce pas ? Bien sûr, je suis venue pour te sauver. Oh, Ayame. Est-ce que tu vas bien ? As-tu bien protégé notre seigneur ? »

« Kuuu ! »

Gerbera avait gardé sa prise sur moi tout en caressant Ayame, qui était toujours assise sur mon épaule. Elle était apparemment venue pour me sauver. Je lui en étais reconnaissant, mais d’une certaine manière, elle était toujours aussi malchanceuse. En pensant qu’elle me ressemblait peut-être à cet égard, je m’étais demandé si elle n’avait pas hérité ce trait de caractère de moi.

« Bien qu’il m’ait fallu un certain temps pour arriver ici. Je ne peux rien faire d’autre que m’excuser pour cela. Rose a été gravement endommagée, vois-tu. Oh, mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter. J’ai simplement dû la laisser dans la grotte qui nous sert d’abri. »

« Rose ? Hé, ralenti. Elle va vraiment bien, n’est-ce pas ? »

« En effet. Elle est actuellement en train de réparer son corps tout en surveillant Katou. Je ne pouvais pas les amener toutes les deux jusqu’ici, vu le danger potentiel. Quoi qu’il en soit, après avoir vu qu’elle avait terminé ses réparations critiques nécessaires pour fonctionner au combat, je suis partie pour venir te sauver. Mais, eh bien, cela m’a pris pas mal de temps pour t’atteindre. Cela aurait pu me prendre encore plus de temps si je n’avais pas entendu ta voix, et celle de ce petit homme qui hurle. »

« Hm… ? Ne pouvais-tu pas dire où j’étais à partir du cheminement mental ? »

« Il semble être étrangement entravé en ce moment, » dit Gerbera, mettant son doigt sur ses lèvres et fronçant son beau visage. « Je ne comprends pas vraiment, mais le cheminement mental est peut-être un peu instable en ce moment. »

« Instable ? »

« Cependant, il semble bien à cette distance. »

« Qu’est-ce qui se passe ? Y a-t-il quelque chose qui affecte notre connexion ? Est-ce que ça pourrait être… ? »

J’avais tourné mon regard vers Sakagami. Il avait commencé à secouer vigoureusement la tête.

« Arrête avec les fausses accusations ! Je n’ai rien fait ! »

En un sens, le pouvoir de Sakagami était similaire au mien. Je l’avais soupçonné d’avoir utilisé une sorte de brouillage, mais il avait nié mon accusation. Ce type n’avait pas le cran de mentir malgré sa douleur. C’était un petit rat mesquin. Mais on ne peut pas deviner ce qu’une personne mesquine ferait si elle en avait l’occasion.

« Je suppose que tout va bien maintenant que j’ai réussi à te retrouver comme ça, » dit Gerbera en me serrant très fort dans ses bras.

« Je n’étais pas sûr que tu sois encore en vie, surtout quand une partie de la forteresse s’est effondrée. La simple pensée que tu aies été pris dans la chute… »

« Gerbera… »

« En fait, j’ai failli mourir en venant ici, » murmura Gerbera d’un air absent. « Au moment où j’atteignais la forteresse, toujours incapable de te trouver et ne sachant pas quoi faire, j’ai été prise dans une magie de grande envergure tout à coup. Je me demande ce que c’était ? Ce n’est pas grave, puisque j’ai réussi à m’échapper, mais si j’avais réagi juste un peu tard, j’aurais probablement été emportée dans les cieux lointains. »

« … »

Gerbera avait apparemment été prise dans la magie du vent de Watanabe. Son timing était vraiment le pire. Ou peut-être pas. À la fin, elle avait en fait réussi à me rejoindre.

« Alors, Maître, » dit Lily, maintenant que nous avions une idée de la situation de chacun. « Gerbera nous a rejoint, c’est bien et tout, mais le monstre de Sakagami qui contrôle les monstres ne se montre pas. Que devons-nous faire ? »

« Voyons voir… »

J’avais demandé à Gerbera de me laisser partir, puis je m’étais tourné vers Sakagami une fois de plus.

« Je ne mens pas, bon sang ! »

« Ouais, ouais. C’est déjà assez. » Je secouais la tête, puis me tournais vers mes compagnons. « Sakagami est plutôt inutile à ce stade. Retournons tout de suite auprès de Shiran. Avec Gerbera ici, nous devrions être en mesure de faire quelque chose pour Juumonji maintenant. »

« Hm ? Qui est ce Juumonji ? »

« Gerbera. Juumonji est un autre étudiant de mon monde, l’un des membres de l’équipe d’exploration dont je t’ai déjà parlé. C’est aussi l’un des humains qui ont attaqué cette forteresse. »

« Hmm. »

« Une fille nommée Shiran le retient en ce moment pour que nous puissions nous échapper. Juumonji pourrait être un peu difficile à gérer pour toi, mais si tu travailles avec Shiran… »

En fait, nous pourrions nous échapper de la forteresse maintenant que Gerbera est avec nous. Elle pourrait facilement éliminer les monstres qui assiégeaient l’extérieur à elle seule. Il serait facile de faire sortir la commandante et sa vingtaine de chevaliers avec nous. Si nous voulions seulement survivre, alors c’était la voie à suivre. Cependant, dans ce cas, les soldats restants dans la forteresse seraient anéantis. Et nous finirions par abandonner Shiran, qui nous attendait pour éliminer les monstres. Je ne pouvais pas trahir la confiance qu’elle avait placée en moi.

« Hmm. Je ne comprends pas vraiment la situation, mais cette Shiran dont tu parles risque sa vie pour te sauver, n’est-ce pas ? Alors nous devons aller l’aider. »

« Hm. » Lily acquiesça. « Je ne veux pas non plus l’abandonner. Elle a cru en notre maître. »

Gerbera et Lily étaient d’accord. Il ne restait plus qu’à courir. Nous devions y arriver le plus vite possible.

« Oh… avant ça, on ferait mieux d’en finir avec lui, » avais-je dit.

Sakagami, qui essayait de ramper vers la liberté, avait tressailli. « E-Eeek ! Ne me tue pas ! » Il s’était retourné sur le dos et avait crié tout en s’éloignant de nous.

Combien de personnes exactement étaient mortes à cause de lui ? Je n’avais aucune raison de le laisser vivre. De plus, c’était effrayant de penser à ce qu’il ferait s’il était laissé en liberté.

« E-En vérité ! J’ai été menacé ! Alors ce n’est pas ma faute, bon sang ! »

« Désolé, je n’ai pas le temps d’écouter tes supplications inutiles, » avais-je dit en levant mon épée. « Nous devons nous mettre en route et sauver Shiran. »

« Dans ce cas, tu es en retard, » dit une voix d’homme.

« — !? »

Au moment où j’avais compris de qui venait cette voix, je m’étais tourné vers lui. Lily et Gerbera regardaient déjà dans cette direction, prêtes à se battre. Au bout du couloir se trouvait un garçon à la carrure imposante, qui marchait dans notre direction avec une certaine désinvolture. Il avait souri et avait jeté vers nous ce qu’il traînait derrière lui, le faisant tomber sur le sol.

C’était Shiran, complètement imbibée de sang.

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