Maou No Hajimekata – Tome 1 – Chapitre 6 – Partie 2

***

Chapitre 6 : Entraînons le pitoyable prisonnier

Partie 2

La première fois que Yunis s’était réveillée depuis le châtiment, elle était comme prévu, dans la même chambre sombre entourée de pierre, et elle était toujours allongée sur le lit. Cependant, les draps de lit qui étaient censés être collants avec la sueur et les autres fluides corporels étaient actuellement lisses et soyeux. Pendant un moment, elle avait même pensé que tout ce qui se passait n’avait été qu’un rêve.

Cependant, elle se souvenait vaguement du fait que son lieu secret avait été percé et qu’elle avait même lâché un fort gémissement de plaisir et de satisfaction. Et après tout, il y avait toujours une petite sensation chaude et palpitante qui lui indiquait que tout cela n’avait pas été un rêve. En constatant ça, Yunis était troublée par des regrets et de la honte.

Elle s’était rendu compte qu’elle était proche de perdre le contrôle d’elle en ce moment.

Comme prévu, il n’y avait pas d’armes ou d’armure dans son champ de vision, et bien qu’elle semblait incapable de lancer de la magie, son corps n’était actuellement pas retenu par la moindre chaîne ou entrave. La porte de la pièce était grande ouverte et le couloir était clairement le chemin d’où elle était venue auparavant.

Dans une telle situation, puis-je m’enfuir... ?

Comme si les pensées de Yunis étaient lues, la silhouette d’Aur était apparue de l’intérieur du couloir. Yunis s’était placée instinctivement sur ses gardes et elle avait rapidement quitté le dessus du lit.

« Tu n’as pas à avoir si peur. Je ne vais nullement te causer de nouvelles blessures, » déclara Aur.

Aur avait alors fait claquer ses doigts, le sol au centre de la pièce s’était mis à déformer comme s’il avait une volonté propre. Cela avait commencé à prendre la forme d’une table et de deux chaises. Après ça, cette masse était vite redevenue une pierre à mesure qu’elle durcissait en place.

« Tu as dormi toute la journée. Tu devrais vraiment avoir faim maintenant, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Après avoir dit cela, Aur avait placé les assiettes qu’il tenait dans sa main sur la table.

« ... As-tu mis du poison dedans ? » demanda-t-elle.

« Si je voulais te faire quelque chose du genre alors que tu es déjà réveillée, j’aurais aussi bien pu te tuer quand tu dormais, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Yunis l’avait alors regardé d’un œil dubitatif, Aur avait rapidement pris place sur son siège devant son assiette. Il semblerait qu’Aur voulait aussi manger un repas, car il y avait deux assiettes sur lesquelles il y avait de la nourriture.

« Je suppose que c’est vrai, » déclara-t-elle finalement.

Yunis avait ainsi été convaincue alors qu’elle s’approchait d’Aur et elle s’était assise face à lui. Le plat qui était servi sur l’assiette était constitué de farine de blé malaxée qui ressemblait à des nouilles longues et minces qui étaient bouillies, et il y avait en plus de la viande hachée avec de la sauce qui recouvrait le tout.

« Est-ce des pâtes ? Comme c’est inhabituel, » déclara-t-elle.

« Connais-tu ce plat ? » demanda-t-il

Yunis acquiesça. Dans les provinces voisines, la farine était habituellement transformée en pain et elle avait donc mangé beaucoup de choses du genre, mais il était assez inhabituel qu’elle soit transformée en quelque chose comme des nouilles. Bien que cela soit également lié au fait qu’il n’était pas très populaire au sein de la culture de la région, c’était aussi un fait que le blé cultivé ici n’était pas vraiment approprié pour être mis en forme de nouilles. Si vous le faisiez selon les méthodes habituelles, la farine ne se formerait pas correctement et s’effriterait.

« Hmm, mais c’est vraiment délicieux, » déclara Yunis. « Est-ce que c’est peut-être une recette de Deingurado ? C’est aussi la première fois que je vois une sauce comme celle-ci, elle convient parfaitement au plat. Le blé est-il également commandé chez Deingurado ? »

« Non, le blé est moulu par ici, » répondit-il. « C’est juste que j’ai inventé un dispositif pour le transformer avec cette forme. La sauce fait également partie de ma recette originale. »

« Hmm... Quoi, Ehhhh !? » s’écria-t-elle.

« Ne hurle pas si soudainement. Tu m’as surpris, » Aur s’était plaint d’un visage qui ne semblait pas du tout surpris.

« Hein ? Ça, tu l’as fait toi-même !? » demanda-t-elle.

« C’est vrai, est-ce une mauvaise chose ? » Aur avait grogné comme s’il était déçu.

« Hein ? Eh bien ! Je veux dire qu’un magicien maléfique qui est capable de cuisiner est..., » commença-t-elle.

« Que quelqu’un soit maléfique ou mage, nous devons tous remplir notre estomac, » déclara Aur. « Parce que Lilu est une démone, elle n’a pas besoin de manger de la nourriture humaine. Et comme elle ne mange pas, elle ne sait pas vraiment comment cuisiner. En ce moment, nous manquons de personnes et il n’y a personne d’autre pour cuisiner, donc il n’y a pas d’autre choix que de le faire moi-même, n’est-ce pas... De plus, faire de la nourriture est un peu comme une expérience de magicien. Tu ne trouves pas que ça a bon goût ? »

Il fronça les sourcils comme s’il était malheureux de cette situation, puis il avait continué à manger.

« ... Oui, c’est bon, » répondit-elle.

Yunis se servait de sa fourchette pour enrouler les pâtes autour de celles-ci pendant qu’elle les portait dans sa bouche et appréciait sincèrement le plat. Tout au moins, lorsqu’elle le comparait aux rations de voyage qu’elle devait manger, ou aux animaux sauvages qu’elle devait chasser puis assécher au feu, ce repas était beaucoup plus appétissant.

« ... Eh bien ! alors, » commença Aur.

Aur avait fini son repas et s’était levé après ça. Yunis avait repris sa position indiquant qu’elle était sur ses gardes. La voyant sur la défensive, Aur avait soupiré d’étonnement.

« Tu n’as pas besoin d’être aux aguets, » déclara Aur. « Ne t’ai-je pas dit que je ne te ferai plus de mal ? La chose d’hier était une “punition” pour le fait que tu as essayé de me tuer. Je n’ai pas l’intention d’infliger d’autres punitions. »

« Ah... Est-ce que c’est le cas ? » demanda Yunis.

L’esprit de Yunis était rempli de perplexité. En entendant les paroles d’Aur, elle avait ressenti un énorme soulagement. Cependant, dans la plupart de ses pensées intérieures, elle se sentait un peu déçue qu’il ne fasse rien de plus. Yunis était toujours en conflit alors qu’Aur continuait à parler.

« Cependant, si tu essaies encore de pointer ta lame contre moi, ce sera une autre affaire, » déclara Aur.

Aur avait regardé fixement Yunis et Yunis n’avait pas été en mesure de répondre, car elle s’était contentée de garder le silence.

« Si tu me promets que tu n’essaieras plus d’obstruer mon chemin, alors je peux même te laisser sortir tout droit de ce donjon, » déclara Aur. « Je te rendrai même ton armure, et je retirerais le sceau pour que tu puisses à nouveau lancer de la magie. Néanmoins, si tu veux toujours m’opposer jusqu’à une fin amère, alors je n’aurais aucune pitié envers toi. »

« ... Pourquoi fais-tu ça ? » Le regard de Yunis vacillait en regardant vers Aur. « Tu es... supposé être un magicien maléfique, et pourtant je n’ai pas l’impression que tu es une mauvaise personne... Tu m’as fait une très mauvaise chose, mais après tout, c’est moi qui suis allée pour te couper la tête, alors c’est inévitable que tu veuilles me punir pour une telle chose... Mais alors, pourquoi menacer d’un côté les villageois innocents qui n’ont rien fait de mal ? »

Yunis avait posé cette question à Aur, et Aur posait sa main sur son menton puis il avait pris une pose indiquant qu’il réfléchissait avant de répondre. « Il semble que tu te trompes sur quelque chose ici ».

« Un malentendu... ? » demanda-t-elle.

L’esprit de Yunis était lentement influencé par les paroles d’Aur et commençait à croire en lui plus facilement. Il était malheureux qu’elle ne pouvait pas voir le sourire qu’il cachait derrière les mains qui couvraient sa bouche.

 

☆☆☆

 

« Seigneur Aur ! Je suis désolé, la préparation de l’offrande n’est pas encore terminée... Nous ne manquerons pas de vous le fournir d’ici demain soir, alors pardonnez-nous ! » Déclara le chef du village.

« C’est bon, ne vous inquiétez pas pour ça. En premier lieu, la date pour l’offrande ne devait être que le premier de chaque mois. Tant que vous restez fidèle à votre promesse, tout ira bien, » répondit Aur.

Le villageois devant lui se prosternait déjà sur leurs genoux, et Aur avait répondu d’une manière magnanime. Yunis l’accompagnait aussi, debout à côté de lui. Bien que son armure ne lui ait pas encore été rendue, il n’y avait pas non plus de liens qui entravaient son corps.

« Dans ce cas, avez-vous besoin de quelque chose aujourd’hui... ? » demanda le villageois.

« Hmm. Je suis venu voir l’état des champs. Et j’ai aussi quelque chose qui m’intrigue, » répondit Aur.

« Le champ ? » murmura Yunis.

En entendant une conversation aussi inattendue, Yunis avait cligné des yeux avec incrédulité.

« Est-ce que c’est vrai !? Dans ce cas, s’il vous plaît, venez par ici. Bien que nous ne soyons qu’un humble village, nous espérons que ce n’est pas trop grossier à votre goût, parce que le Seigneur Aur a béni les champs avec ses pouvoirs, les récoltes ont bien poussé, et même si l’hiver approche, c’est la première fois que notre récolte a été si abondante ! »

Le villageois le guidait vers les champs et ils passaient à travers diverses cultures qui étaient riches et abondantes de fruits. Les cultures étaient beaucoup plus grandes et plus vigoureuses que celles qui entouraient la population en général de ce pays.

« Si c’est comme ça, nous pourrons passer la saison d’hiver avec facilité, » continua le villageois. « Non seulement ça, mais grâce à la gargouille placée à l’entrée du village, les gobelins et autres n’osent pas s’approcher. Alors nous aimerions vraiment remercier Seigneur Aur du fond du cœur ».

« Hmm. C’est bon à savoir, » déclara Aur. « Plantez des navets pendant l’hiver. Si vous plantez des navets, ils devraient prospérer même pendant l’hiver, ils ont une bonne valeur nutritive, et ils peuvent aussi être utilisés pour nourrir les animaux domestiques. Parce que la nourriture peut être obtenue assez facilement même pendant l’hiver, il n’est pas nécessaire d’abattre les porcs pour le jambon et la viande. »

« Je comprends ! Je vais immédiatement en parler aux autres habitants du village ! » déclara le villageois.

« Hmm. Et une dernière chose, depuis un certain temps, j’ai remarqué que votre teint n’est pas si bon. Vous sentez-vous bien ? » demanda Aur.

« Ehh... ? Récemment, un rhume a circulé. Mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter, je devrais être complètement rétabli d’ici deux ou trois jours, » répondit le villageois.

Le villageois essayait d’afficher un front fort devant Aur. Aur avait étendu ses mains et une lumière dorée avait jailli de la paume de ses mains et cela avait fait briller le villageois.

« ... Hmm. Il s’agit d’une maladie vicieuse qui s’est répandue récemment, » déclara Aur. « Il y a eu une ombre de mort qui plane sur toute cette zone. Je pense que c’est ça qui devait en être la cause. »

Aur avait sorti une bouteille de sa robe et il l’avait remis au villageois.

« Pour l’instant, je vais vous remettre ceci, » déclara Aur. « Il s’agit d’un médicament qui augmentera votre résilience physique. Si votre état s’aggrave, prenez une cuillerée de ce liquide et mélangez-le avec de l’eau avant de le boire. Bien que cela ne suffira pas à vous guérir de la maladie, ce sera suffisant pour vous sauver de la mort. Dans un avenir proche, je concocterai le remède à cette maladie et je vous l’apporterai à tous les villageois. »

Les yeux du villageois s’ouvrirent en grand et le flacon de médicaments fut reçu avec des mains tremblantes, le villageois s’était ensuite mis à genoux et il se prosterna devant Aur.

« Mer-Merci beaucoup ! Le Seigneur Aur est le bienfaiteur de ce village ! » s’écria-t-il.

« Vous n’avez pas de tant de cérémonial, alors tout va bien. Tant que vous continuerez à me le rembourser avec vos offrandes, je continuerai aussi à vous protéger, » déclara Aur.

Après avoir entendu Aur dire une telle chose, le villageois ne pouvait que baisser la tête encore plus bas, après quoi Aur et Yunis retournèrent tous les deux au donjon.

« Je suis désolée, Aur, je me suis trompée sur toi ! » déclara Yunis.

De retour au donjon, Yunis avait incliné la tête vers Aur.

« Je pensais que tu abusais de ton pouvoir et menaçais les villageois en exploitant les innocents..., » continua Yunis. « Mais le regard que les villageois portaient sur toi était un regard de respect... Non. La plupart des seigneurs féodaux, aussi impartiaux soient-ils, prendraient quand même des impôts, et aucun d’entre eux ne protégerait un petit village comme celui-là. Et en aucun cas, ils n’aideraient à l’agriculture et à l’augmentation du nombre de cultures. Après avoir vu tout cela, je crois que je me suis trompée, Aur, tu n’es pas nullement maléfique ou malveillant. »

« ... Si tu m’évalues si bien, même moi, je commencerai à penser qu’il sera difficile de répondre à tes normes, » répondit Aur. « Je ne tuerais jamais des innocents sans raison. Cependant, si quelqu’un me résistait et essayait de me faire du mal, je les effacerais sans pitié, et cela ne change pas le fait que cela me place dans la catégorie des personnes maléfiques. »

Ce n’était que la moitié de mes vrais sentiments. Néanmoins, Yunis avait secoué la tête en rejetant sa déclaration.

« C’est-à-dire... S’ils essaient de faire quelque chose de mal, alors il est naturel de leur infliger une sorte de punition, » déclara Yunis. « En plus, le fait est que tu ne m’as pas tuée à la fin, n’est-ce pas ? »

« Si quelqu’un fait quelque chose de mal, il est naturel de donner une punition » les mots et les pensées qui sortaient de sa bouche avaient été implantés profondément dans sa conscience par le biais de mon hypnose. Tout d’abord, elle avait un sens aigu de la justice, alors il n’était pas difficile de faire accepter une telle idée par Yunis.

« C’est vrai aussi... Mais est-ce vraiment toi qui es responsable ? » demanda Aur.

« C’est... Bien sûr... Je te l’ai dit hier, n’est-ce pas ? » répondit Yunis.

« Mais tu ne savais pas que je m’occupais pacifiquement des villages, » déclara Aur. « Si tu pouvais me tuer, les villageois pourraient encore obtenir les bénéfices des champs bénis par ma magie et la protection contre les démons sans me donner d’offrandes. N’est-ce pas pour ça que les villageois t’ont envoyé me tuer ? »

« C’est probablement parce que j’ai sauté dans la mêlée qu’ils n’ont pas eu le temps de m’expliquer en détail…, » répondit Yunis.

Yunis essayait encore de défendre les villageois, mais son intention était loin d’être aussi forte qu’hier.

« ... Dans ce cas, confirmons ce fait, d’accord ? » demanda Aur.

La vraie affaire commence à partir d’ici. Aur marmonnait cela en secret.

Après cela, environ trois jours s’écoulèrent. Yunis tenait une épée dans sa main et Aur avait été amené au village qui avait demandé son assujettissement.

Au début, Yunis avait refusé de révéler quel village avait effectivement envoyé la demande, mais il lui avait promis qu’il ne ferait pas de mal aux villageois sans son approbation. De plus, s’il devait rompre sa promesse qu’elle pourrait faire ce qu’elle voulait avec lui. Après avoir dit ça, il lui avait donné son épée et elle avait accepté à contrecœur son plan.

« Eh bien. Je vais attendre ici, » déclara Aur. « Tu devrais y aller et confirmer avec tes propres yeux et oreilles. »

Ils étaient à la périphérie et Aur poussa un peu le dos de Yunis en l’encourageant à entrer dans le village.

Yunis avait réfréné son anxiété alors qu’elle se dirigeait vers la maison du chef du village. Elle ne voulait pas croire que les villageois l’avaient trompée et avaient seulement essayé de l’utiliser pour leur propre bénéfice. Cependant, en même temps, elle voulait aussi croire aux paroles d’Aur. Elle espérait que ce n’était qu’un malentendu...

Croyant dans son cœur que c’était vrai, elle s’était dirigée vers le village et ce qu’elle avait rencontré, c’était un nombre incalculable de personnes qui la regardent d’une manière menaçante.

« Cette salope... Comment ose-t-elle retourner dans notre village ! »

« Eh... ? » s’interrogea Yunis.

« Es-tu au moins au courant du mal que tu as fait !? »

Les villageois avaient commencé à la huer et à la railler et bientôt d’autres villageois s’étaient rassemblés autour d’elle.

« Parce que tu as essayé de tuer le Seigneur Aur, les champs se sont desséchés et les animaux domestiques ont été tués par les monstres ! »

« Le village est couvert d’une sorte de maladie, et même les enfants sont morts ! »

« C’est à cause de toi ! Parce que tu as fait semblant en prenant des airs de héros, tu as causé ce désordre inutile ! »

Les habitants du village s’étaient rassemblés autour de Yunis et lui avaient lancé leurs insultes et leurs railleries.

« Qu’est-ce que vous dites... ? »

Yunis pensait à l’origine que c’était juste un malentendu entre les villageois et Aur... Mais c’était vraiment comme Aur l’avait dit. Les villageois avaient seulement essayé d’utiliser Yunis. Rencontrant une telle situation inattendue, elle avait été choquée et avait instinctivement fait plusieurs pas en arrière.

« Essayes-tu de t’enfuir ? Ne te moque pas de nous ! »

L’un des villageois avait ramassé la pierre à ses pieds et l’avait jetée directement sur Yunis. Bien que cette pierre ne l’ait pas touchée, c’était comme si elle avait déclenché une réaction en chaîne, car tous les villageois avaient commencé à ramasser des pierres et à les jeter vers Yunis.

« Rends-nous nos champs ! Rends-moi ma vache ! »

« Ramène-moi mon pauvre enfant ! »

« Ramène-nous le Seigneur ! Espèce de vile meurtrière ! »

« Aur n’est pas encore mort, il était avec moi il y a un instant..., » Yunis essayait désespérément de s’expliquer, mais pour la foule des villageois en colère, ses mots ne leur étaient pas du tout parvenus.

« Prends... ça ! »

L’homme qui avait commencé à lui lancer des pierres, avait ramassé une pierre aussi grosse qu’un poing et l’avait lancée sur Yunis. Il serait facile pour elle d’éviter une telle chose, mais elle pensait que si elle l’évitait, cela ne ferait que les mettre en colère et aggraverait la situation. En pensant à une telle chose, Yunis avait grincé des dents et se préparait à l’arrivée de la douleur.

« Qu’est-ce que tu fais ? » Cependant, au lieu de ressentir une énorme vague de douleur, elle avait entendu la voix d’Aur.

« Seigneur Aur ! Vous étiez en vie et en bonne santé !? »

Voyant qu’Aur se tenait devant Yunis pour la protéger des pierres, les habitants du village avaient immédiatement cessé de jeter les pierres.

« Aur... Pourquoi ? » Yunis ne pouvait pas comprendre ce qui se passait en ce moment, alors elle avait posé des questions à Aur.

« Je n’ai même pas besoin de te demander pour voir que ces villageois sont déterminés à te faire du mal, » répondit Aur. « Bien que la gargouille que j’ai placée à l’entrée du village soit utilisée comme méthode pour protéger le village, c’est aussi l’un des moyens par lesquels je surveille leurs actions, c’est donner et prendre... Cependant, je parie que ces villageois ne t’ont même pas dit une telle chose... »

Yunis avait regardé avec surprise quand elle avait vu une ligne rouge de sang couler du bras d’Aur. Il s’agissait du bras qu’il avait utilisé pour protéger Yunis de la pierre jetée sur elle.

« Ils essayaient de te faire porter le chapeau pour qu’ils puissent sauver leurs propres peaux, » continua Aur. « Mais pour cela, je leur ai fait payer, j’ai cessé de fournir ma bénédiction magique aux champs et la gargouille pour les protéger a aussi été emportée. La médecine que j’ai concoctée pour lutter contre la maladie montante que j’ai donnée aux autres villageois n’a pas été donnée à ce village en particulier... Tout ceci est le châtiment qu’ils ont reçu pour avoir essayé de t’envoyer pour me tuer. »

« Sei… Seigneur Aur ! Nous n’avons jamais eu l’intention de vous faire du mal ! »

« Tout cela n’était que la décision arbitraire de cette femme ! »

« Seigneur Aur, s’il vous plaît, montrez-nous votre compassion ! Même après que nous l’ayons suppliée d’arrêter, cette femme est quand même partie toute seule pour vous tuer ! »

Les villageois avaient commencé à crier les uns après les autres. Quand elle était utile, les villageois l’utilisaient, quand elle n’était plus utile, elle était jetée comme une sorte d’ordure, et pas seulement cela, ils essayaient d’effacer tout le crime et le péché et de poser le blâme sur elle.

« ... Yunis. C’est le genre de personnes que tu as désespérément essayé de protéger, allant même jusqu’à parier ta pureté pour couvrir leurs péchés, » déclara Aur.

« Hahahaha... Hahahaha ! »

C’était insupportablement ridicule qu’elle ne pût s’en empêcher. Elle avait libéré un rire de dégoût sans aucune hésitation et avait dégainé son épée.

« Je suis désolée, et merci, Aur... c’est moi qui me suis trompée. Pour ce “Crime”, il est nécessaire pour moi de donner une “Punition” ! » déclara Yunis.

Yunis avait fait face aux villageois et avait couru vers eux comme un tourbillon. Si jamais elle en avait envie avec ses capacités, le nombre d’ennemis ou même les pierres qu’ils jetaient n’étaient rien pour elle. Pour des villageois comme eux qui n’avaient absolument aucune formation au combat, il ne lui faudrait que très peu de temps pour en finir.

... Cependant.

Avant que son épée tirée ne parvienne à « punir » les villageois, les villageois étaient déjà enveloppés d’une flamme intense et avec un cri de mort, tous avaient été annihilés en un instant.

« Eh... ? » s’exclama Yunis.

Voyant un tel spectacle devant ses yeux, alors que les flammes se dissipaient lentement, Yunis ne pouvait que se retourner pour faire face à Aur.

« Même si l’autre partie peut être coupable, les tuer comme ça, c’est quelque chose que seul quelqu’un de “maléfique” ferait, » expliqua Aur. « Yunis, tu devrais rester comme tu es. Si quelqu’un essaie de te faire du mal, je serai celui qui les éliminera tous. Par conséquent, tu devrais rester du côté de la droiture. »

« Aurr... »

Yunis avait alors versé une grande quantité de larmes alors qu’elle avait couru vers Aur puis elle l’avait étreint avec force.

« Et aussi, je serai celui qui ne te fera jamais de mal. Par conséquent, penses-tu que tu peux jurer de ton côté de ne jamais me faire de mal ? » demanda Aur.

En entendant les paroles d’Aur, Yunis avait continué à pleurer à profusion tandis qu’elle hochait la tête.

« ... Dans ce cas, par mon nom Ain Sof Aur, je jure de ne jamais te faire de mal ou de ne jamais te nuire, » déclara Aur.

« Par mon nom de Yunisfinia Meredith Ruera Grandera, je jure de ne jamais faire de mal à Aur, et de continuer à l’aimer aussi longtemps que je vivrai ! » répliqua Yunis.

« Qu’est-ce que tu as dit ? » demanda Aur.

La voix stupide d’Aur avait été émise instinctivement après qu’une lumière dorée avait déjà commencé à entourer les deux personnes, signifiant la formation de leur serment de lien l’un envers l’autre.

 

☆☆☆

 

« Merci pour le dur labeur. Avec cela, nous pouvons dire que la première étape est terminée, n’est-ce pas ? » demanda Lilu.

À l’intérieur du donjon. « La prochaine fois, je veux que tu me fasses l’amour comme preuve de notre serment, et non comme une punition, » répondit Yunis.

Après avoir dit une telle chose envers lui, Yunis avait dû recevoir son « énergie » trois fois de suite à l’intérieur d’elle, et elle agissait déjà comme si elle était sa femme et elle dormait vraiment paisiblement à côté de lui. C’est à ce moment que Lilu s’était approchée d’Aur.

« ... Ahh, bien pour l’instant... L’étoile de Yunis, l’“Étoile du Héros” a dégénéré en “Étoile du Héros Déchu”. Bien que son esprit n’ait pas été complètement corrompu, elle est devenue un héros qui préfère l’obscurité. Avec ce développement, il est peu probable qu’elle se lève un jour pour me frapper, n’est-ce pas ? » déclara Aur.

Il avait créé une condition avec le serment pour que l’héroïne qui avait une grande force et qui était gouvernée par « l’Étoile du Héros » ne puisse pas lui faire du mal. Non seulement cela, mais il avait été capable de faire d’elle son alliée et d’obtenir ainsi sa puissance. Néanmoins, l’expression faciale d’Aur n’était pas joyeuse.

« Le nombre de choses gênantes a considérablement augmenté, n’est-ce pas... ? » déclara-t-il.

Le fait que les Yunis lui promettent son amour était complètement hors de ses attentes. Bien que son but était de lui faire confiance dans une certaine mesure, Aur ne pensait pas que cela créerait une connexion aussi profonde au point où elle dépend si profondément de lui. Cependant, si c’était seulement cela s’arrêtait là, ce serait encore gérable.

« Comment aurais-je pu savoir qu’elle faisait également partie des membres de la royauté ? » demanda-t-il.

Le nom que Yunis avait prononcé était, sans aucun doute, un nom qui signifiait qu’elle était une membre de la royauté en ligne directe avec le pays de Grandera. Eh bien, le fait qu’elle errait en tant qu’aventurière signifiait probablement qu’elle n’avait pas vraiment de droit au trône, mais cela soulevait une cause légitime pour que le pays s’attaque à un moment donné à lui. Après tout, son donjon avait pu être nettoyé par Yunis seule. Si le peuple de son royaume envoyait une armée pour envahir son donjon, il lui était actuellement impossible de se défendre contre une telle attaque.

Pour toutes ces raisons, il voulait vraiment rompre sa connexion avec elle et se débarrasser de toutes ces questions gênantes, mais ce n’est plus possible. Yunis elle-même n’aimerait pas l’idée, et cela obligerait Aur à faire quelque chose que Yunis n’aimait pas par la force. Donc cela lui causerait techniquement un « mal » qui était empêché par leur serment.

« Pensons à tout cela un peu plus tard... Pour l’instant, ne penses-tu pas que j’ai fait du très bon travail ? » Lilu souriait alors qu’elle le demandait. Mais ses yeux ne souriaient pas.

Si Lilu n’avait pas accompagné Aur cette fois-ci, c’était parce qu’elle avait dû agir dans les coulisses. La succube était une existence différente des mages, elles avaient certaines capacités spéciales au moment de leur naissance.

Par exemple, le premier village dans lequel Aur était allé avec Yunis. La raison pour laquelle les villageois étaient si amicaux envers Aur était que Lilu s’était transformée en utilisant sa magie pour ressembler à Aur, puis leur rendait visite régulièrement et construisait une relation amicale avec les villageois.

Et la raison pour laquelle les habitants du village qui avaient demandé à Yunis de tuer Aur étaient si agressifs avec elle au point de lui jeter des pierres était due à la capacité de Lilu de manipuler leurs émotions et de réveiller leur mentalité de foule en colère. Il était impossible pour Lilu de manipuler quelqu’un qui était né sous l’Étoile du Héros, mais manipuler des villageois sans défense était pour Lilu comme prendre un bonbon à un bébé.

En fin de compte, si Yunis elle-même était d’accord avec la façon de penser d’Aur, il était possible de jeter une malédiction de « contrainte » pour lier ses actions. Si elle désirait elle-même l’issue de la malédiction, la malédiction en elle-même était considérée comme une bénédiction. Ce « serment » qu’Aur avait fait avec Yunis était exactement comme la façon dont un homme et une femme vont se jurer l’un à l’autre par un serment avant de se marier l’un à l’autre.

« Alors, je veux une récompense Maître, » déclara Lilu.

« Je sais, j’ai compris... Viens, » déclara Aur.

Yunis avait détruit un nombre incalculable de démons et de golems qu’il avait invoqués. En plus de cela, le processus de lavage de cerveau Yunis avait pris une énorme quantité de mana. Même la malédiction de contrainte qu’il avait lancée sur elle était quelque chose dans laquelle il avait mis autant de puissance magique que possible, de sorte que la consommation de magie requise était une quantité énorme.

Tout en regardant le noyau du donjon, dont la magie était très appauvrie par rapport à son ancienne gloire, Aur avait étreint Lilu. Pour l’instant, il n’y avait même plus de magie pour utiliser la récupération de la force physique. Donc, pour cette fois, il ne pouvait rien faire d’autre que de faire tout ça avec sa propre endurance physique.

« On doit le faire au moins quatre fois, d’accord ? Sinon, je me fâche , » déclara Lilu.

« Pourquoi essaies-tu de rivaliser avec elle...  ? », demanda Aur.

Pour une raison inconnue, Aur commença à avoir le sentiment que ses problèmes ne feraient qu’augmenter à partir de maintenant, et il avait poussé un soupir.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

Laisser un commentaire