Le manuel du prince génial pour sortir une nation de l’endettement – Tome 2 – Chapitre 1 – Partie 4

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Chapitre 1 : Hé, que diriez-vous d’un mariage politique ?

Partie 4

Wein regarda Teord partir par la fenêtre.

Ninym s’était mise à côté de lui. « … Et ? Est-ce bon de laisser ça comme ça ? »

« Hein ? »

« L’ambassadeur Talum. Ne l’as-tu pas remarqué ? » Ninym avait parlé avec un léger dégoût. « Il… prévoit de te trouver une épouse dans l’Empire. »

« On dirait bien, » déclara Wein.

C’était le plan de dernière minute de Teord. Du point de vue d’un étranger, Wein était un jeune prince héritier aux manières douces, débordant de sagesse — et surtout, il était célibataire. Pour les filles et les femmes du monde entier, il était une trouvaille rare. Si Teord lui présentait la femme qui deviendrait sa princesse, l’ambassadeur aurait eu une réussite aux yeux de ses supérieurs.

« C’était peut-être un ultime effort, mais c’était assez courageux. » Wein avait fait un sourire ironique.

Il n’y avait pas plus terrifiant que Wein et Ninym. Le duo avait, non seulement vu à travers les plans de Teord, mais avait déjà pris en compte ses prochains mouvements.

« Eh bien, ce ne sera pas vraiment facile pour lui de s’en sortir. Pas vrai, Ninym ? » déclara Wein.

« … Oui. S’il doit présenter une fille à une royauté étrangère, les roturiers sont hors de question. La fille d’un baron ou d’un vicomte ne serait pas non plus convenable. Il voudrait au moins la fille d’un comte, mais je ne pense pas que l’ambassadeur ait des relations appropriées pour cela, » déclara Ninym.

« De plus, même si les lois de l’Empire autorisent les mariages à l’extérieur, la noblesse aurait besoin de l’approbation de l’Empereur pour rejoindre une famille royale dans un autre pays. Avec le trône de leur pays vide, ils ne peuvent pas faire grand-chose, » déclara Wein.

Il n’était pas rare que les mariages entre familles nobles soient assortis de restrictions, surtout lorsqu’il s’agissait d’unions avec des étrangers influents. Ces mariages avaient le potentiel de rompre l’équilibre des pouvoirs internes ou d’inviter d’autres nations à se mêler de leurs affaires, ce qui signifiait que la plupart des nations restaient vigilantes à l’égard de ces mariages. Cependant, l’Empire était indulgent en ce qui concerne les liens. Il y avait en Occident des royaumes avec des hiérarchies sociales strictes qui interdisaient totalement le mariage avec des étrangers et entre personnes de rang social inégal, comme celles entre roturiers et nobles. Seules les unions égales à la lignée étaient acceptables.

« C’est très peu probable, mais c’est quand même possible. L’ambassadeur connaît peut-être des gens qui ont assez d’influence politique pour le faire malgré le trône vide, » déclara Ninym.

« Oui, mais quelqu’un avec autant de pouvoir ferait-il tout pour embêter la famille royale ? Surtout quand l’Empire est en ruine. S’ils ont une fille en âge de se marier, je suppose que la famille voudra d’abord donner la priorité aux relations intérieures, » répondit Wein.

« Hmm… Peut-être qu’ils sont prêts à abandonner l’Empire, » déclara Ninym.

« Aucune chance. Ce serait une possibilité s’ils étaient sur le point de se dissoudre. L’Empire pourrait se diviser, mais il est loin de s’effondrer complètement. Il est trop tôt pour dire qu’ils vont fermer boutique. » Wein s’arrêta et sourit. « En d’autres termes, je ne vais pas me marier avec quelqu’un de l’Empire. Alors, courage. »

« … Je ne suis pas contrariée, » répondit Ninym.

« Menteuse ! Tu es totalement en colère contre moi ! Ah, Ninym, tu es si mignonne quand tu rougis OWOWOWOWOW !? » s’écria Wein.

« Je pense depuis un moment maintenant que je pourrais probablement ajouter quelques articulations à ton bras…, » déclara Ninym.

« Non ! Je t’en prie ! Je n’en ai besoin que d’un au niveau du coude ! » déclara Wein.

Ninym lâcha le bras de Wein avec indignation. « Je ne rougissais pas. »

« Je sais. Pardonne-moi. Tu ne rougissais pas et tu n’étais pas d’humeur aigre. Tu es la même mignonne et super belle fille que d’habitude. Est-ce bon maintenant ? » demanda Wein.

« Oui, » répondit Ninym.

« Vraiment… ? » demanda Wein.

Après avoir tremblé légèrement lorsque Ninym avait fait un signe de tête satisfait, Wein s’était ressaisi.

« De toute façon, il sera impossible pour l’ambassadeur de trouver quelqu’un digne de mon statut, et même s’il le faisait, je n’ai pas l’intention d’accepter de propositions. Et c’est pareil avec les nobles de Natra, » déclara Wein.

Les yeux de Ninym s’étaient légèrement élargis face à la remarque. Il serait logique d’éviter de s’empêtrer dans l’état tumultueux actuel de l’Empire. Mais qu’est-ce qui pourrait le motiver à refuser de se fiancer à l’un des siens ?

Cela avait durement frappé Ninym.

« Wein, est-ce que ça pourrait être…, »… elle avait demandé d’une voix tremblante. « … que tu t’intéresses aux hommes ? »

« Je vais te presser les seins, » déclara Wein.

« Chaque pression coûtera un doigt, » répondit Ninym.

« Miss Mignonne et Distinguée, ne penses-tu pas que c’est un prix élevé à payer ? » demanda Wein.

« Donne-moi ta raison, et je te ferai une réduction, » déclara Ninym.

Quelle mauvaise pratique commerciale. Wein avait répondu. « Ce n’est vraiment pas si compliqué, tu sais ? Je veux dire, en gros — de toute façon, je vais vendre le pays dès que j’en aurai l’occasion. »

« … » Ninym avait mis sa main sur ses yeux.

« Dans la perspective d’une mariée pleine d’espoir, elles viendront ici dans l’espoir de devenir la reine d’un futur roi. Mais ces rêves seraient anéantis. Je me sentirais mal, » déclara Wein.

« … Si tu étais capable d’avoir un peu de sympathie, je dirais que tu devrais mettre un terme à ta trahison, » déclara Ninym.

« Non, c’est vraiment en train d’arriver. Mon cœur me dit que je dois me débarrasser du devoir et de la responsabilité afin de profiter d’une vie de loisirs ! » déclara Wein.

« … Je vois, » répondit Ninym.

« J’ai répondu à ta question. Et ? Combien coûtent tes seins maintenant ? » demanda Wein.

« Deux doigts, » répondit Ninym.

« Vas-tu sérieusement augmenter le prix ? » demanda Wein.

Ninym avait poussé un soupir exagéré. « Honnêtement… Je pense que je préfère prier pour que l’ambassadeur amène quelqu’un que tu ne peux pas refuser. »

« Bonne chance pour la trouver. Veux-tu parier ? » demanda Wein.

« Très bien. Si je gagne, je te fourrerai une pomme de terre bouillie dans le nez, » déclara Ninym.

« Oh, maintenant on parle, tu n’as aucune chance, » déclara Wein.

Avec ce défi, Wein avait laissé échapper un rire.

***

« Je l’ai fait. »

« Hein ? »

Quelques semaines s’étaient écoulées depuis leur première rencontre. Au tout début de leur deuxième interaction, c’était la première chose qui sortait de la bouche de Teord.

« Fait quoi… ? » demanda Wein nerveusement.

Teord répondit avec une certaine hésitation. « C’était peut-être présomptueux de ma part. En apprenant que vous étiez célibataire, j’ai cherché dans tout l’Empire une perspective appropriée pour renforcer le lien entre nos nations. »

« Je vois, oui, que… J’aurais apprécié un avertissement, » déclara Wein.

« Mes excuses. Je ne pouvais pas dire avec certitude si je trouverais une fille convenable, vous voyez…, » déclara l’ambassadeur.

Teord avait raison. S’il n’avait pas réussi à en trouver une, il aurait perdu la face. Et il n’aurait vraiment pas pu prendre ce risque lors de leur dernière rencontre. Parce que Wein l’avait compris, il n’avait pas insisté sur la question. En plus, il avait d’autres problèmes.

« Je comprends. Passons à autre chose… Vous dites que vous l’avez trouvée ? » demanda Wein.

« Je l’ai fait, » répondit Teord.

« … »

Wein regarda indirectement Ninym, qui le soutenait en tant qu’assistante. Elle avait un sourire éclatant. C’était un sourire de quelqu’un totalement prêt à lui mettre une patate dans le nez.

Je vais arrêter ce truc si c’est la dernière chose que je fais, pensait-il.

« Tout d’abord, ambassadeur Talum, permettez-moi de vous remercier. Après tout, vous vous êtes donné beaucoup de mal pour moi. Mais je suis un membre de la famille royale. Je ne sais pas qui vous avez trouvé, mais les critères de sélection de la future reine sont stricts, » avait prévenu Wein.

Teord fit un signe de tête sans hésitation. « Je suis bien sûr conscient de cela. Et il n’y a… aucun problème à cet égard. »

« Hmph… »

Wein avait examiné le comportement de Teord. L’ambassadeur devait être convaincu que Wein et cette fille qu’il avait trouvée auraient le coup de foudre s’il insistait sur le fait qu’il n’y aurait pas de problèmes. Mais quelque chose n’allait pas. Si Teord avait agi comme il l’avait fait lors de la dernière réunion, il n’aurait pas semblé étrange qu’il soit énervé. Mais pourquoi était-il si agité cette fois-ci ?

Je suppose qu’elle valide toutes les cases… mais ça vient avec une complication. Peut-être ? il avait spéculé en parlant.

« Ambassadeur Talum, vous semblez agité. Se pourrait-il qu’il y ait quelque chose au sujet de cette candidate dont je devrais m’inquiéter ? » demanda Wein.

« N-Non ! Absolument rien de la sorte ! » La voix de Teord s’était élevée dans la panique. « Ses traits sont parfaitement élégants, et on ne pourrait pas demander une disposition plus digne d’une dame. Elle est assez intelligente, même moi je peux le dire. Je crois qu’elle va toucher une corde sensible chez vous, Votre Altesse. Mais… »

Il avait diminué l’intensité de sa voix à la fin.

Belle, douce et intelligente. Face à tout cela, la réaction de Teord ne pouvait que signifier — .

« Et sa lignée ? » demanda Wein.

« — . » Les épaules de Teord avaient légèrement tremblé.

En plein dans le mille, pensait Wein.

Comme Ninym le supposait, l’ambassadeur n’avait aucun lien avec des nobles influents. Ce qui signifiait qu’il avait dû flairer un aristocrate de bas étage au bord de la ruine.

Dans ce cas, il serait facile de la refuser. Wein avait adopté un ton cool.

« Je sais que je me répète, mais je suis un membre de la famille royale. Je ne connais pas cette fille, mais je ne peux pas accepter quelqu’un dont la famille n’a pas le même statut, » déclara Wein.

Wein avait exposé un motif de refus justifiable — les barrières sociales. À ce rythme, son adversaire n’aurait pas d’autre choix que de se retirer. Il était confiant dans sa victoire, mais Teord s’était exprimé au moment où Wein regardait la patate mentale s’éloigner de son esprit.

« Hum, il n’y a pas de problème avec ça non plus, » déclara Teord.

« Hein ? » Wein avait cligné des yeux.

« Eh bien, je dois dire qu’il y a quelque chose à propos de son statut que vous devriez garder à l’esprit…, » déclara Teord.

« … Hmm ? Quoi ? Si vous dites qu’il n’y a pas de problème, il est peu probable qu’elle soit la fille d’un baron ou d’un vicomte. Avez-vous trouvé une femme de la maison célèbre de comte ? » demanda Wein.

« … » Teord était resté silencieux.

Mais Wein pouvait dire que ce n’était pas parce qu’il avait touché le mile. Pourquoi ne parle-t-il pas ?

Wein avait finalement réalisé quelque chose : Teord n’était pas gêné par l’anxiété ou l’impatience, mais par le fait de ne pas remplir les paramètres qui lui avaient été assignés.

C’était la panique d’un homme humble qui avait ramassé une récolte bien plus importante que ce qu’il pouvait supporter.

« Ambassadeur Talum. Pourrait-elle avoir un rang… plus élevé que la fille d’un comte ? » demanda Wein.

« … Oui, » répondit Teord.

« … Un marquis ? » demanda Wein.

« … Plus haut, » répondit Teord.

« … Un duc ? » demanda Wein.

« … Un de plus, » répondit Teord.

« … Attendez, cela nous laisse avec…, » déclara Wein.

La joue de Wein s’était tordue, et Teord avait hoché la tête. Sa voix était un mélange de nervosité et d’inquiétude.

« Votre Altesse, celle qui souhaite devenir votre fiancée est la deuxième princesse impériale de notre Empire d’Earthworld… Son Altesse Impériale Lowellmina Earthworld —, » déclara Teord.

***

De cette soudaine demande en mariage qui était apparue de nulle part, un nouveau vent étouffant se leva à Natra, où les froides journées d’hiver se profilaient à l’horizon. Avec le temps, cette époque sera connue comme la Grande Guerre des Rois.

Les rideaux pour le deuxième acte étaient sur le point de se lever sur un joueur clé : Wein Salema Arbalest.

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3 commentaires

  1. Ce mariage politique qui va d'abord lui valoir une patate bouillie sur la gueule puis d'autres problèmes...
    Merci pour le chapitre

  2. Je sent une crise de jalousie a venir de la part de Nynim 🙂

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