Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 7 – Prologue

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Prologue

 

 

 

 

« Je pense que c’était censé commencer aujourd’hui. Je me demande s’il est en train de se battre en ce moment ? » Mitsuki avait tapoté l’écran de son smartphone, affichant une image en plein écran de son ami d’enfance, Yuuto.

C’était une photo qu’il avait prise de lui en hiver, il y a quelques mois.

Comparé au Yuuto d’il y a trois ans présent dans les souvenirs de Mitsuki, le jeune homme sur la photo avait la peau légèrement plus foncée et un visage plus intense et masculin. Il lui semblait beaucoup plus mature, mais peut-être était-ce dû aux épreuves qu’il avait endurées.

Yuuto envoyait régulièrement à Mitsuki des photos comme celle-ci. Cela lui donnait un aperçu du Yuuto d’aujourd’hui, et elle en était reconnaissante.

Malgré tout, les photos n’étaient rien de plus que des photos.

Elle ne pouvait pas dire, par exemple, à quel point Yuuto avait grandi, juste en les regardant. Il avait toujours la même expression faciale sur chaque photo, elle aurait aimé en voir plus que ça.

Plus que tout, il y avait le sourire en coin que Yuuto faisait quand Mitsuki se comportait de manière un peu égoïste et gâtée avec lui, comme pour dire : « Je suppose que je n’ai pas le choix. » Elle aimait ce sourire plus que tout.

Et maintenant, son ami d’enfance bien-aimé partait pour la guerre. Cela faisait environ dix jours qu’il était parti sur le champ de bataille.

Chacun de ces jours lui avait paru interminablement long.

Elle avait fait semblant d’être joyeuse au téléphone avec lui, afin de pouvoir l’envoyer sans l’accabler davantage, mais en réalité, elle ne voulait pas du tout qu’il parte au combat.

Elle savait, bien sûr, que l’armée du Clan du Loup de Yuuto était invaincue, gagnant bataille après bataille grâce à l’utilisation par Yuuto de connaissances issues de l’ère moderne. Mais quelques recherches sur Internet lui avaient également montré que même les plus grands généraux de l’histoire n’avaient jamais gagné 100 % de leurs batailles.

Même Takeda Shingen, le célèbre seigneur de guerre du Japon de la période Sengoku, avait gagné moins de 70 % du temps. En fait, sur un total de soixante-douze batailles dans sa vie, trois s’étaient terminées par une défaite catastrophique.

Et ce qui est arrivé à Imagawa Yoshimoto, l’allié de Takeda, lors de la bataille d’Okehazama, avait rappelé que toute défaite pouvait sonner le glas. Il n’y avait aucune garantie de survie.

Si, par hasard, Mitsuki n’avait plus jamais de nouvelles de Yuuto, alors… De telles pensées terribles avaient jailli de son imagination, et l’avaient laissée si effrayée qu’elle pouvait à peine le supporter.

« Reviens vite, Yuu-kun, » chuchota Mitsuki, et elle tapa du doigt la surface du miroir divin sur son bureau.

Le miroir était baigné par la lumière de la pleine lune qui entrait par la fenêtre, et dégageait une lueur phosphorescente qui lui était propre. C’était vraiment un objet étrange.

Selon Yuuto, il était probablement fait d’un matériau connu dans le monde d’Yggdrasil sous le nom d’Álfkipfer, ou « cuivre elfique ». Le mystère était de savoir pourquoi un tel objet se trouvait au Japon, et pourquoi il avait été transmis par la famille de Mitsuki. Les mystères entourant son origine étaient aussi profonds que jamais.

« … Hein ? »

Mitsuki avait soudainement remarqué quelque chose de différent sur la surface nuageuse du miroir — il y avait quelque chose de noir au milieu, comme une minuscule tache.

« Était-ce là avant ? »

Ce miroir était le terrible objet qui avait envoyé Yuuto à travers les mondes jusqu’à Yggdrasil et loin d’elle, mais il était aussi le moyen par lequel les deux individus pouvaient encore communiquer, ce qui le rendait précieux pour elle.

Elle essaya d’utiliser un mouchoir en papier humide pour essuyer la surface du miroir.

« Il… s’agrandit ? » Mitsuki s’interrogeait sur ce qu’elle voyait.

Alors qu’elle était là à cligner des yeux de surprise, la tache sombre s’était agrandie de plus en plus, et elle avait finalement commencé à prendre la forme d’un être humain.

« Attends, ça… ça ne peut pas être… ! »

Tout s’était passé en un instant, avant qu’elle ne puisse en dire plus.

Il y avait eu un bruit sourd derrière elle, comme si quelque chose de lourd était tombé.

La seule chose qui devait être derrière Mitsuki en ce moment était son lit. Il n’y avait rien d’accroché au mur, donc il n’y avait rien qui pouvait tomber, à part le toit lui-même. Mais elle avait certainement entendu ce bruit juste derrière elle.

Mitsuki avait paniqué et s’était retournée, se demandant ce qui se passait.

« Hein !? Y-Yuu-kun !? » avait-elle crié.

L’ami d’enfance qui avait envahi ses pensées il y a un instant se tenait maintenant juste là.

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