Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 3 – Chapitre 6 – Partie 7

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Acte 6

Partie 7

« L-L’ennemi va attaquer où tu es !? » La voix choquée de Mitsuki s’était adressée à lui, tremblante, venant par le haut-parleur du téléphone.

C’était tout à fait naturel.

Il lui avait déjà dit qu’il allait y avoir une guerre, mais qu’elle devait avoir lieu loin d’Iárnviðr.

Le fait d’entendre tout d’un coup que l’ennemi allait attaquer la ville où se trouvait Yuuto avait dû être un véritable bouleversement soudain pour elle.

« Oui, mais tu n’as pas à t’inquiéter, » lui assura Yuuto. « J’ai déjà un plan pour une victoire certaine ! »

« M-Même si tu dis ça... est-ce que ça va vraiment aller !? » demanda Mitsuki.

« Fais-moi confiance. Je suis l’Enfant de la Victoire, Gleipsieg. Je suis le héros qui est destiné à nous sortir de cette crise... non ? » Yuuto se vantait devant elle, empli de confiance en lui.

Bien sûr, il avait lui-même également peur, mais il voulait faire ce qu’il pouvait pour éviter à Mitsuki de s’inquiéter.

« Yuu-kun... Tu ne peux pas mourir, d’accord ? » s’exclama Mitsuki. « Ne fais rien de dangereux ! »

« Ne t’inquiète pas, je ne vais pas mourir. Je vais gagner cette bataille et terminer ma mission, puis je reviendrai vraiment au Japon, et je reviendrai vers toi ! » répondit Yuuto.

« Ok... ok... Je t’attends avec impatience, » déclara Mitsuki.

« Et quand je l’aurais fait, je veux que tu... Non, ce n’est pas grave, » déclara Yuuto.

« Quoi — Quand tu dis des choses comme ça, ça me donne encore plus envie de l’entendre, tu sais ! » s’écria Mitsuki.

« Je le dirai quand je rentrerai. » Yuuto avait ri tout en haussant les épaules.

Il aimait Mitsuki depuis avant même de venir à Yggdrasil.

Et, une fois qu’il serait arrivé dans ce monde sans l’avoir à ses côtés, il avait réalisé encore plus à quel point elle était importante pour lui.

Cependant, il s’était juré qu’il ne lui dirait ses sentiments qu’une fois qu’il serait rentré chez lui en toute sécurité.

Et un homme n’était jamais censé revenir sur quelque chose une fois qu’il l’avait décidé dans son cœur.

 

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« Forces ennemies en vue, droit devant ! L’ennemi a commencé son assaut !! » La voix perçante du guetteur retentit alors qu’il criait à pleins poumons.

Après ça, les cors de guerre rugissants, dont les notes retentissantes résonnaient sans cesse à partir de plusieurs endroits annonçant le déclenchement de l’alarme.

« Alors, ils sont enfin là..., » Yuuto chuchota à lui-même, le visage serré, et il se leva.

Deux jours seulement s’étaient écoulés depuis la réunion du conseil de guerre où ils avaient décidé de se battre jusqu’au bout. Une défense de siège comme celle-ci était une bataille contre le temps.

Franchement, il aurait aimé que l’ennemi mette un peu plus de temps à arriver. Bien sûr, cela aurait aussi été un problème s’ils étaient arrivés trop tard.

« E-Euh ? » Alors qu’il allait faire un pas en avant, ses jambes se mirent à trembler.

Il pouvait entendre son propre cœur battre dans ses oreilles avec une telle force qu’il se demandait s’il pouvait éclater.

Ses dents avaient commencé à claquer.

Loptr haussa les épaules et le taquina. « Hahaha, qu’est-ce qui ne va pas ? As-tu eu peur maintenant que la bataille est juste devant toi ? »

Le jeune homme aux cheveux d’or se tenait tout près dans sa tenue de combat, majestueuse et imposante.

J’aimerais que tu puisses partager un peu de cette quiétude avec moi, même un peu, pensa Yuuto d’un air grincheux.

« C’est méchant de ta part, Frère, » Félicia fronça les sourcils et réprimanda son frère aîné. « Après tout, on n’y peut rien si c’est sa première bataille. »

Puis elle se tourna vers Yuuto, et soudain elle lui plaqua la tête sur sa poitrine dans une étreinte serrée.

La tenue de Félicia était légère quant à la quantité de tissu et elle laissait beaucoup de peau exposée. Avant que Yuuto n’ait eu l’occasion de protester, son nez et ses lèvres se pressaient contre la douce peau de la jeune femme. En plus, il était en plein sur les symboles de sa féminité, entre tous les endroits possibles !

« Q-Quoi !? Félicia !? » s’exclama-t-il.

Les douces paroles de Félicia tombèrent sur ses oreilles alors qu’elle lui caressait doucement le dos. « Tout va bien se passer. Grand Frère, tu peux le faire. Tu peux certainement guider le Clan du Loup vers la victoire. »

Curieusement, il sentit l’anxiété dans son cœur commencer à disparaître. Il semblait que le contact avec la peau humaine avait vraiment un effet calmant.

« Comme toujours, tu me donnes trop de valeur, Félicia, » murmura-t-il. « J’ai été faible et honteux devant toi tellement de fois maintenant. Même dans un moment aussi important, je suis une véritable honte. Je n’arrive pas à croire que tu ne m’aies pas abandonné depuis tout ce temps. »

« Tee hee, même les plus grands guerriers deviennent nerveux dans leur première bataille, » répliqua Félicia.

« ... E-Est-ce que c’est vraiment le cas ? » demanda-t-il.

Il était vrai qu’il avait entendu des histoires similaires chez lui, comme celle d’un champion de boxe de classe mondiale qui avait dit que son match le plus angoissant de tous les temps n’avait pas été son match pour le titre, mais plutôt son premier match.

Si même le type de personne qui devenait le plus grand au monde trouve que sa première bataille est effrayante, alors un homme ordinaire comme lui qui aurait peur était tout naturel.

« Et on dit aussi qu’un grand général doit être prudent et avisé, » ajouta Félicia. « Un peu de lâcheté est tout à fait appropriée. En fait, je dirais que c’est la preuve de ton potentiel en tant que commandant, Grand Frère. »

« Hahaha, OK. Et maintenant, c’est aller beaucoup trop loin dans le favoritisme, » Yuuto avait fait un petit rire ironique.

Cependant, bien que Yuuto n’ait pas encore fait de telles recherches, même Cao Cao, le grand héros de la période tumultueuse des Trois Royaumes en Chine, avait déjà été cité comme disant, « Celui qui serait le commandant, doit parfois être un lâche. Il ne doit pas compter uniquement sur la bravoure. »

La déclaration de Félicia n’était ni un mensonge ni une fausseté.

Pourtant, d’une manière ou d’une autre, indépendamment de sa véracité, cela avait fait du bien à Yuuto. Il avait fait disparaître une bonne partie de sa tension antérieure.

« Je vais bien maintenant, » déclara doucement Yuuto, et il se libéra délicatement des bras de Félicia.

Son corps avait cessé de trembler.

Il sentit les yeux de quelqu’un et se tourna vers Sigrun qui le regardait de la même façon qu’elle l’avait fait l’autre jour. Elle portait son visage typique, sérieux et sans expression, mais pour Yuuto, elle semblait un peu mécontente.

Elle vient probablement de voir son image de moi brisée après m’avoir vu agir de façon si pitoyable, pensa-t-il.

Alors qu’il pensait à ça, elle s’était précipitée vers lui et avait fait une déclaration à haute voix. « Grand Frère, je te jure que je te protégerai de ma vie. Tu n’as absolument rien à craindre ! »

« Euh, d’accord, merci. Je compte sur toi, » Yuuto s’était un peu replié sur lui-même alors qu’il répondait, vaincu par son comportement féroce, presque désespéré.

Mais il semblait que ce n’était pas le genre de réponse que Sigrun avait espéré, et son énergie s’était visiblement épuisée, la laissant dans un état morose.

Pour une raison ou une autre, Félicia souriait et riait d’elle avec un regard de triomphe... qui attira un éclat de pure colère venant de la part de Sigrun.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre!

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