Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d’Einherjar – Tome 19 – Histoire courte en prime

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Histoire courte en prime

« Mère Rún ! Mère Rún ! Répondez, s’il vous plaît, si vous m’entendez ! » hurla Hildegarde à pleins poumons en immobilisant son cheval. Sa gorge lui faisait mal à force de crier aussi longtemps. Elle attendit longtemps, mais il n’y eut pas de réponse. Le nez d’Hildegarde frémit en humant l’air, mais il n’y avait aucune trace de l’odeur de Sigrún.

« Pas ici non plus… » murmura Hildegarde, la voix tremblante, alors qu’elle s’efforçait de contenir sa panique. Cela faisait près d’une heure que Sigrún, sa mentore, avait été emportée par la rivière Körmt en crue. Toute l’unité Múspell était actuellement à sa recherche, mais Hildegard n’avait toujours pas reçu de nouvelles de l’un d’entre eux.

« Serait-elle déjà… » Hildegard sentit un frisson lui parcourir l’échine alors que son esprit envisageait la possibilité que Sigrún ait été entièrement engloutie par les eaux en crue et qu’elle soit morte.

« Non, elle est vivante ! Mère Rún est forcément vivante ! » Hildegard secoua violemment la tête d’un côté à l’autre pour chasser cette possibilité de son esprit, et cria comme pour s’en convaincre. « Je ne lui pardonnerai jamais si elle part pour le Valhalla avant que je puisse la battre ! » Si Hildegard avait déjà battu Sigrún lors de combats où elle se retenait ou utilisait sa main gauche, elle ne l’avait pas encore vaincue lors d’un affrontement direct. Sigrún était encore capable de la battre facilement quand elle le voulait. Cela dit, Hildegard n’avait pas l’intention de se laisser faire. Elle avait juré qu’un jour, elle battrait Sigrún de façon si décisive que le résultat ne pourrait être contesté.

Même si elle en avait l’air, Hildegard n’en voulait pas vraiment à Sigrún. Il y avait peut-être un peu de ressentiment, mais ce n’était pas ce qui la motivait à atteindre son but. Pour être tout à fait honnête, il y avait une partie d’elle qui voulait rendre la monnaie de leur pièce à Sigrún pour tous les coups qu’elle avait reçus lors de leurs précédents affrontements. En fait, une grande partie d’elle voulait faire exactement cela, mais ce n’était pas la raison pour laquelle elle voulait vaincre son mentor. C’était tout au plus une petite partie de sa motivation.

Au contraire, Hildegard voulait battre Sigrún en guise de remerciement. En effet, Sigrún lui avait dit un jour que la plus grande joie d’un maître était d’être surpassé par son élève. Hildegard était probablement la seule personne parmi tous les élèves de Sigrún capable d’accomplir cet exploit.

« Tu as vraiment grandi, Hilda. » Si Hildegard avait entendu Sigrún prononcer ces mots en tant que supérieure, elle voulait qu’ils lui soient adressés en tant qu’égale, et c’est pourquoi elle ne pouvait absolument pas la laisser mourir ici.

« Mère Rún ! Où êtes-vous ? » Hildegard éperonna son cheval tout en continuant à crier, se jurant de retrouver Sigrún quoi qu’il arrive.

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