Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 8 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Ceux qui se perdent semblent toujours se retrouver dans une ruelle

Partie 3

« L’Archidémon est un type bien, hein ? » « Mais j’ai pitié de lui. » « Hmm. » « Partageons notre nourriture avec lui la prochaine fois. » « Idiots. L’Archidémon est un homme important, non ? Il a au moins de la nourriture, tu sais ? » « Ça aurait été bien de l’inclure dans Alshiere Imera. » « Hmm… »

Les enfants dans la ruelle bavardaient en étant de bonne humeur. Et juste un peu plus loin d’eux, une fille, Lisette, les observait simplement. C’est la fille qui avait été la première à se méfier de Zagan. Lisette brossa ses cheveux blond sale et enfouit son visage dans ses genoux.

L’Archidémon était-il ainsi parce qu’il était l’un des nôtres ?

C’était un adulte, mais il n’en avait frappé aucun. Il avait aussi fait des pieds et des mains pour leur enseigner ce qu’il appelait les arts martiaux en échange de quelques questions. Il se peut même que les questions qu’il se posait ne soient qu’une simple excuse, et son intention initiale était d’enseigner aux enfants un moyen de se défendre. C’est du moins ce que pensaient les enfants qui étaient entrés en contact avec lui. Même Lisette avait le sentiment qu’elle voulait le croire.

Mais je ne sais pas si je peux.

Les seuls qui lui avaient donné une place, c’était ces enfants ici, mais Lisette était encore une nouvelle venue et n’avait pas encore pris le sens de la distance qui les séparait.

Je me demande ce que cette personne dirait ici… ?

Elle ne connaissait pas leur nom et ne se souvenait même pas de leur visage. Mais, cette personne était le seul et unique pilier émotionnel du soutien de Lisette. Et alors qu’elle s’asseyait toute seule, la tête basse, l’un des enfants lui fit signe de passer.

« Lisette, viens par ici. C’est plus chaud si on est tous réunis, tu sais ? »

Les enfants qui riaient avaient les épaules serrées l’une contre l’autre, et cela avait l’air chaud.

« … Hmm ! »

Et juste au moment où elle avait rejoint le groupe…

« Hmm, Hm, Hm, Hmm ♪. Je suis un pirate, un pirate égoïste ♪. Aujourd’hui, je vais tuer et voler dans l’ouest ♪. Demain, je serai volé et tué dans l’est ♪. Je suis dans une masse de vols et de meurtres ♪. Qui vais-je voler aujourd’hui ♪ ? Qui va me voler demain ♪ ? »

Une chanson troublante avait soudain retenti dans la ruelle. Elle venait du chemin que Zagan avait pris à gauche, et une seule ombre s’approchait d’eux. La silhouette sombre portait une robe à capuchon et faisait des pas légers comme ceux d’un renard en pleine chasse tout en fredonnant une chanson troublante. Il avait un collier couvert de pierres précieuses accroché à son cou. Il était facile à voir que c’était un sorcier.

Son chant désaccordé était étrange, ce qui rendait l’étrangeté de ce sorcier remarquablement. Il était impossible de sentir dans cette chanson la gentillesse qu’ils avaient reçue de l’Archidémon Zagan auquel ils parlaient tout à l’heure.

« Ce type a l’air dangereux ! »

« Courez ! »

Les enfants s’étaient dispersés dans toutes les directions. Cependant, pour une raison ou une autre, Lisette avait l’impression de reconnaître ce visage sous la capuche, et elle ne pouvait pas courir. Peu de temps après, la silhouette à capuchon s’était arrêtée en plein milieu de l’allée et avait senti l’air piquant comme s’il était agréable.

« Hmm, cet air pourri est tellement nostalgique. »

Lisette pouvait voir un sourire tordu sous la capuche.

« Et il n’est… pas là, hein ? Eh bien, ça fait quelques années depuis, donc on ne peut rien y faire. Je voulais aussi avoir un autre match avec lui… Dommage… »

Le sorcier ne semblait pas déçu du tout, et ses marmonnements semblaient inversement être de la bonne humeur. Le sorcier s’était alors soudain retourné sur place.

« Au fait… as-tu des affaires à voir avec moi ? » demanda le sorcier.

« Eek… »

Lisette se trouvant dans le champ de vision du sorcier.

« Hm ? As-tu un problème d’audition ? Ce n’est pas une bonne attitude à avoir, personne ne t’a appris ça ? Hé, as-tu maudit ton propre malheur de n’avoir jamais appris ça ? » demanda le sorcier.

« Vous avez tort… Je… »

Les genoux de Lisette tremblèrent d’un cliquetis, et elle se retrouva sur ses fesses. C’est certainement ce que signifiait l’expression « perdre la force de ses genoux ». Elle savait qu’elle devait s’enfuir, mais elle ne pouvait pas mettre de force dans ses jambes. Le sorcier au sourire tordu avait ensuite donné un coup de pied par terre vers Lisette.

« Eek ! »

Lisette se couvrit la tête et ferma les yeux. Elle allait sûrement mourir ici. Et contrairement à cette peur dans son cœur, quelque chose de chaud s’enroulait autour du corps de Lisette. Au même moment, le bruit d’un objet écrasé avait retenti dans l’air et quelque chose dégoulinait d’en haut sur elle.

« Hé, je te parle là. Qu’essaies-tu de faire à ma petite sœur ? »

Lisette tourna timidement la tête, et vit la forme grotesque regardant « quelque chose » derrière elle. Il portait aussi une robe comme le sorcier, mais il avait quatre bras recouverts de fourrure qui sortaient de la robe. Elle ne pouvait pas voir son visage parce que le poing du sorcier était planté juste là, mais au moins, elle n’avait jamais vu cette race auparavant.

« Un Brahma… ? Qu’est-ce que tu fous là ? » Le sorcier murmura d’un ton empli de surprise.

« OOOOOOOOOOOOOH ! »

Même avec le visage creusé par le poing du sorcier, ces quatre bras avaient foncé vers lui… non, vers Lisette.

« Bon sang… ne te mord pas la langue, d’accord ? »

Sur ce, le sorcier avait saisi Lisette d’un bras et sauta en arrière. Les quatre bras les poursuivirent de près, et en les regardant maintenant, elle pouvait voir qu’ils étaient plus longs que le sorcier d’environ deux têtes. Si Lisette se tenait debout à côté d’eux, ils auraient vraiment deux fois sa taille. Le coup de poing précédent du sorcier semblait complètement inefficace, et les quatre bras descendirent vers eux dans un barrage.

« Quel mauvais goût ! Tu vas faire en sorte que les filles te détestent comme ça, tu sais ? »

Le sorcier murmura en soupirant, et posa Lisette par terre. Le sorcier avait alors donné un coup de pied qui avait tracé un arc de cercle en l’air. Et au moment où on avait eu l’impression que cette jambe allait entrer en contact avec l’un de ces bras…

« Guh ? »

Les quatre corps armés s’envolent en l’air avec un bruit sourd.

S’agit-il des mêmes arts martiaux que l’Archidémon nous enseignait… ?

Il ne s’agissait pas seulement d’attraper quelqu’un et de le jeter à terre, mais d’un coup de pied à fond. Même en tant qu’une enfant ignorante, elle voyait que le niveau d’habileté et de technique se situait dans une tout autre dimension.

Elle ne comprenait même pas ce qui s’était réellement passé, mais les quatre bras étaient dans le sol. Et l’art du sorcier ne s’arrêta pas là. Les bras tournoyèrent avant de se frapper l’un sur l’autre. Une onde de choc sourde s’était propagée dans l’air à partir de cette frappe. Cependant, la frappe n’avait réussi qu’à se connecter avec le sol après ça.

« … Hmm ? »

Le ton railleur du sorcier s’était évanoui. Les quatre bras posèrent leurs mains sur le sol. Il les utilisa pour se propulser en arrière. Il était maintenant en position, toutes les mains sur le sol, et les deux individus se regardaient fixement l’un et l’autre. Cependant, ils ne s’étaient pas affrontés.

« Grrrrrr. »

Avant même que le sorcier n’ait pu agir, la créature à quatre bras avait sauté en arrière sur une grande distance et avait disparu.

« … On dirait qu’il s’est enfui. »

Le sorcier se tourna finalement vers Lisette.

« Vas-tu bien ? Tu peux te lever ? »

Lisette venait juste de remarquer qu’elle était tombée par terre. Elle avait saisi la main que le sorcier lui tendait et se releva d’une manière ou d’une autre.

« M’avez-vous… sauvée ? »

« On dirait que oui, » répondit l’autre.

« Pourquoi… ? Je ne peux rien… vous donner en retour, » déclara Lisette.

Les adultes n’avaient jamais fait preuve de gentillesse sans rien attendre en retour. Ceux qui l’avaient fait étaient tous des menteurs.

Protégez-vous.

C’était la seule et unique vérité dans le cœur de Lisette. Après qu’elle eut timidement esquissé sa question, le sorcier se mit à rire et se frotta la tête.

« Je viens aussi de cette région. Dans un sens, tu es l’une de mes petites sœurs. Les frères et sœurs des rues ont-ils besoin d’une raison pour se sauver mutuellement ? » demanda le sorcier.

C’était une sorte de devise des habitants de la ville. Les enfants qui vivaient dans la rue et ne faisaient pas confiance aux adultes s’appelaient frères et sœurs de la rue.

Le sorcier enleva alors sa capuche.

« Bon sang de bonsoir. Je suis venu ici pour voir le visage de Zagan, mais je ne peux pas ignorer un frère en crise, non ? » déclara l’homme.

En voyant leur visage, Lisette avait dégluti.

Cette personne… est celle dessinée sur le tableau de l’Archidémon…

Ses vêtements et la couleur de ses yeux étaient différents, mais son profil était certainement similaire. Ses traits étaient exactement ce que l’on pourrait imaginer si dix ans s’étaient écoulés. Mais un de ses yeux était de la même couleur que celui de Zagan, argent.

Et ainsi, le sorcier à l’œil d’argent murmura. « Bref, c’est la première fois que je vois un Brahma. J’ai entendu dire qu’ils ont disparu il y a longtemps. »

L’un d’eux errait en ce moment. C’était à l’origine quelque chose d’impossible, mais aujourd’hui… avec Alshiere Imera, on pouvait dire que c’était inévitable.

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