Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 6 – Chapitre 3 – Partie 10

Bannière de Le Dilemme d'un Archidémon ***

Chapitre 3 : Ceux qui vivent au fond de la mer ne sont vraiment pas honnêtes avec eux-mêmes

Partie 10

« Zagan dort-il ? »

Les sirènes avaient préparé des chambres à coucher pour leurs invités, alors après que Zagan se soit endormi, Néphy l’avait couché dans un lit. Et quand elle était sortie de la chambre, elle avait trouvé Foll qui l’attendait.

« Oui. Il était probablement fatigué par le long voyage. Je dois dire que son visage endormi était si adorable…, » déclara Néphy.

« … Néphy, tu as l’air heureuse, » déclara Foll.

« Ce n’est pas vrai ! » Néphy secoua la tête quand sa fille la taquina. Puis elle l’avait admis. « Non, je suis peut-être heureuse. »

« Néphy ? » Foll inclina la tête sur le côté, clairement confuse.

« Avec le Maître Zagan tel qu’il est maintenant, nous pouvons faire beaucoup pour lui. Il compte enfin sur moi, et sur toi aussi, Foll… » Néphy déclara cela avec un sourire tendu avant de dire. « … Non. Ce n’est pas bon. Même si le Maître Zagan est troublé par cette transformation, je dis que je suis heureuse de ses problèmes. »

« Non… J’ai compris…, » déclara Foll en s’accroupissant tranquillement devant la porte et en se serrant les genoux.

« Zagan m’a dit qu’il voulait que je reste un enfant. J’ai l’impression de le comprendre un peu maintenant. Si Zagan était un adulte, il ne se fâcherait pas et ne serait pas gâté comme ça. »

La personne en question n’avait pas l’intention d’être gâtée, mais à des moments comme lorsque Néphy et Foll lui donnaient trop de nourriture, il leur disait ce qu’il voulait ensuite. C’était en partie parce que Néphy et les autres le poussaient à adopter un comportement enfantin, mais elles étaient heureuses qu’il l’ait accepté et ait agi en conséquence.

« Zagan et Néphy… Vous ne vous êtes pas amusés comme ça, mais vous ne pouvez pas revenir en arrière. Pour l’instant, Zagan ne ressemble qu’à un enfant, » déclara Foll d’une voix triste, puis elle poussa un soupir et poursuivit. « C’est pourquoi il m’a donné ce que je voulais, car il savait que j’allais apprendre une leçon. »

« En vérité, tu le savais déjà et tu n’aimais pas ça, n’est-ce pas ? » demanda Néphy en s’asseyant à côté de sa fille.

« Ouais…, » répliqua Foll alors qu’elle enterrait son visage dans ses genoux. Puis elle ajouta. « Mais moi aussi, j’étais heureuse. Vraiment heureuse. »

« Ce n’est pas grave. Les gens doivent passer par ce genre de choses pour devenir de bons adultes, » expliqua Néphy lorsqu’elle avait commencé à caresser la tête de sa fille. Ce fut également le cas pour Néphy. Penser à ses expériences passées et aux leçons qu’elle avait apprises grâce à elles était douloureux, alors elle avait vécu sans rien ressentir du tout. Cependant, en rencontrant Zagan, elle avait vécu plus de choses qui avaient mis sa vie en perspective, avait acquis une fille comme Foll, et avait fait venir de nombreux résidents au château. Et pourtant, malgré tout cela, elle se sentait encore dépourvue quant à ce qui concernait l’expérience de la vie.

En fin de compte, Néphy ne se croyait pas vraiment adulte, mais elle avait l’impression d’être sur le point de le devenir grâce aux nombreuses leçons qu’elle avait apprises.

« Même si j’ai grandi, je suis encore une enfant…, » murmura Foll d’un ton peu convaincant.

« Oui. Et j’en suis aussi une, » déclara Néphy.

« Tu l’es ? » demanda Foll en regardant Néphy avec émerveillement.

« Oui. Pendant longtemps, tout ce que j’ai fait, c’est me recroqueviller sans essayer d’apprendre quoi que ce soit… Mais maintenant, je ne peux pas rester une enfant…, » expliqua Néphy. Dans le passé, elle avait laissé les elfes de son village qui l’opprimaient se faire massacrer, et pour une raison inconnue, elle était la seule survivante.

Il aurait peut-être été préférable de les sauver… Cependant, si elle l’avait fait, sa vie serait restée la même, et elle n’aurait jamais rencontré Zagan. C’est pourquoi elle n’avait jamais pensé une seule fois à vouloir revenir sur sa décision. Même si elle était confrontée à cet instant une fois de plus, elle permettrait simplement qu’ils soient à nouveau massacrés. Il aurait été possible de les sauver, mais le village ne serait pas resté si elle l’avait fait. Et sans le village, ils auraient finalement été découverts par les humains, ce qui aurait eu exactement le même résultat.

Néphy avait décidé de vivre en portant ce fardeau du passé. Sans s’enfuir, elle l’avait accepté, l’avait porté, avait correctement regardé vers l’avant et avait continué sa marche. C’était la réponse qu’elle avait trouvée en regardant son village détruit. Et, par conséquent, elle ne pouvait pas rester une enfant plus longtemps. C’était tout ce qu’il y avait à faire.

« Alors, Zagan a-t-il aussi été forcé à devenir un adulte ? » Foll pencha la tête sur le côté quand elle posa cette question.

« Oui. Je suis sûre que c’est le cas… Cependant, la situation du Maître Zagan était encore plus urgente… »

Ce que Néphy et Zagan avaient en commun, c’est qu’ils n’avaient personne pour les sauver. Ils étaient tous les deux complètement seuls. Bien sûr, il y avait ceux qui aimaient la solitude. Par exemple, les gens qui désiraient la solitude lorsqu’ils étaient épuisés par la foule. Cependant, c’était différent de ce que Néphy et Zagan avaient vécu. Ce qu’ils ressentaient était une douleur appelée « solitude ». Et face à cela, Néphy avait décidé de fermer complètement son cœur, tandis que Zagan avait choisi de devenir plus fort. S’il n’avait pas pris cette décision, il serait mort. Mais malheureusement, il était devenu assez fort pour repousser toute détresse sans effort, comme une épée assez forte pour couper droit à travers son propre fourreau. Néphy croyait que c’était une force vraiment triste, c’est pourquoi elle voulait devenir son fourreau. Elle voulait devenir forte pour aider Zagan à garder sa force sous contrôle afin qu’il puisse mener une vie plus normale.

En ce sens, je peux vraiment comprendre les sentiments de Foll…

« Je me demande… ce que je suis… en ce moment… » murmura Foll en se serrant la poitrine.

« Foll…, » Néphy avait essayé de lui parler quand des pas avaient soudain commencé à s’approcher d’elle depuis le couloir. Elle se tourna vers eux et dit. « Mlle Lilith ? »

C’était le succube. Et, comme Néphy l’appelait, elle avait approché.

Maintenant que j’y pense, j’ai fini par la menacer plus tôt… La jeune fille semblait plutôt arrogante, mais cela n’excusait pas le fait qu’elle la traitait plutôt mal.

« Oh, euh, vous êtes… l’amoureuse de Zagan ? Et sa fille… n’est-ce pas ? » Lilith leur parla alors qu’elle commençait à reculer timidement. Néphy devint timide lorsqu’on l’appela son amoureuse, et elle se couvrit involontairement le visage, Lilith continua. « E-Euh, j’ai fait appel… pour qu’il y ait une enquête sur la malédiction… Les anciens ont promis de mettre leur cœur en coopération, donc je pense qu’une réponse devrait venir… bientôt… »

« Merci beaucoup. Désolée pour tout à l’heure, » déclara Néphy.

« Faites-vous semblant d’être des bébés ? » Foll les appela avec découragement alors qu’elle prenait connaissance de leurs bégaiements constants.

« Je m’excuserai si j’ai tort, mais vous êtes sa fille… non ? » demanda Lilith en regardant Foll avec un sentiment clair de confusion dans les yeux.

« Hmm. Zagan est mon papa. »

« Ne voulez-vous pas dire ça d’une façon indécente, n’est-ce pas ? » demanda Lilith.

« Comment ça pourrait être indécent ? » demanda Foll.

« Pouvez-vous utiliser le mot “papa” d’une manière indécente ? » demanda Néphy.

Foll fixa Lilith d’un regard vide, et même Néphy ne comprenait pas non plus ce qu’elle disait, alors elle pencha la tête sur le côté.

« Je-je-je ne sais rien ! » s’exclama Lilith en scellant sa bouche d’un air agité.

« Si vous le dites… On a parlé de la malédiction tout à l’heure, n’est-ce pas ? Foll avait à l’origine à peu près le même âge que le Maître Zagan semble avoir maintenant, » Néphy avait répondu à cette question que Lilith n’avait même pas posée.

« J’ai entendu ça, mais vous n’êtes pas humain, n’est-ce pas ? Si vous êtes sa fille alors que vous êtes d’une race différente, cela signifie-t-il que vous avez été adoptée ? » demanda Lilith.

« Oui… J’ai été laissée toute seule après la mort de mon père, alors Zagan est devenu mon père, » expliqua Foll avec un signe de tête en réponse à la perplexité de Lilith.

« Vous devez être d’une espèce assez rare si un Archidémon vous a adoptée…, » déclara Lilith.

« Oui, je suis un dragon, » déclara Foll.

« Hein… ? » Lilith s’était figée quelques instants, puis avait continué : « Hein, un dragon ? Ceux qui pensent que tous les êtres vivants sont des proies et se tiennent au sommet de tous les prédateurs ? Les terreurs du ciel qui font même fuir des démons ? Ces monstres à égalité avec les dieux qui peuvent facilement massacrer tout et n’importe quoi ? Voulez-vous dire ce dragon ? »

Cette description était ridicule. Qu’est-ce que c’était que les dragons dans l’esprit de cette fille ? Foll se leva et leva les deux mains.

« Grrrrr, je vais vous manger ! » rugit Foll en se levant et en levant les deux mains.

« EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! » Lilith cria, trembla violemment, et tomba derrière Néphy en réponse. Et, après avoir vu cette réaction, Néphy regarda Foll avec émerveillement.

« Allons, Foll. N’es-tu pas désolée de la taquiner ? » demanda Néphy.

« Je ne pensais pas qu’elle aurait si peur…, » marmonna Foll. Lilith frissonnait encore intensément derrière Néphy.

« Ce n’est pas grave. Pour l’instant, je n’ai pas faim. Je ne mangerai personne, » déclara Foll.

« Il y a quelque chose qui ne va pas avec la façon dont vous le dites ! » Lilith cria encore une fois, mais elle ne pensait pas sérieusement que Foll était son ennemie, alors elle se jeta nerveusement dans le dos de Néphy.

« Quel genre de légendes sur les dragons sont transmises à Liucaon ? » demanda Néphy.

« Voyons voir… Pour nous, c’est surtout la bataille entre le Dragon Sage Orobas et le Dragon Noir Marbas. C’est l’une des histoires écrites dans les aventures du Roi aux yeux d’argent, mais la grandeur et la terreur des dragons ont été transmises avec cette légende, » expliqua Lilith en baissant sa garde.

« Je veux entendre cette histoire ! » demanda Foll en bougeant en raison de l’excitation en entendant le nom de son père. Lilith avait gonflé sa poitrine avec fierté et avait sorti une petite lyre de nulle part.

« Je suppose que je n’ai pas le choix ! Considérez cela comme un honneur ! Ma chanson est généralement réservée aux membres de la royauté ! » proclama Lilith. Son attitude ne permettait pas de savoir si elle le faisait à contrecœur ou par pure joie.

« Quelque temps après que le Roi aux Yeux d’Argent eut vaincu le Dieu Grotesque, le Dragon Noir Marbas foula les terres de Liucaon. Ainsi, notre roi aux yeux d’argent se mit à subjuguer la bête. Au cours de son voyage, il survola dix montagnes et parcourut une centaine de rivières, pourchassant le Dragon noir sur des milliers de kilomètres. Finalement, il finit par rattraper son retard, mais à ce moment-là, son voyage avait duré plus d’un an. »

La chanson de Lilith n’était pas tant une chanson qu’un conte accompagné de la mélodie de sa lyre. C’était une forme d’art qui commençait à s’estomper, tout comme la mystique céleste de Néphy et le chant de Selphy.

Est-ce la raison pour laquelle Mlle Alshiera nous a dit de demander à Mlle Lilith à ce sujet ? Peu importe la raison, Foll l’écoutait attentivement avec des étincelles dans les yeux, ce qui était suffisant.

« Et ayant atteint le Dragon Noir Marbas, notre roi s’affligea, “Oooh, pourquoi Marbas !? Pourquoi toi, qui t’es vaillamment battu à mes côtés pendant de nombreuses batailles, massacrerais-tu des innocents ?” Car vous voyez, le Roi aux yeux d’argent et le Dragon noir Marbas étaient des amis jurés qui avaient combattu le Dieu Grotesque ensemble. »

Le Dragon Noir n’avait pas répondu, alors ils s’étaient battus. Selon sa chanson, le Roi aux Yeux d’Argent avait essayé de l’arrêter, mais Marbas était incroyablement puissant, et le Roi aux Yeux d’Argent ne pouvait se résoudre à blesser son ancien allié. La bataille fit rage pendant trois jours et trois nuits, se terminant par la défaite du roi aux yeux d’argent. Mais la chanson de Lilith ne s’arrêta pas là.

« Et ainsi, le Dragon noir déclara : “Oh, Yeux d’argent. Ta silhouette est devenue celle d’une bête inesthétique. Tu ferais bien de continuer à vivre, piégé dans ta pitoyable silhouette. Pauvre, pauvre, pauvre, Yeux d’Argent !” Le Dragon noir jeta une malédiction sur le roi, et le roi fut transformé en monstre. »

Une malédiction qui transforme sa silhouette… Néphy fut surprise d’entendre le mot malédiction, mais assez tôt, les engrenages se mirent à tourner dans sa tête. Ça aurait pu être un indice sur la façon de résoudre le problème de Zagan et Foll ?

« C’est ainsi que le roi se tourna vers le Dragon Sage Orobas. Avec l’apparence d’une bête, le roi était incapable de descendre vers les habitats humains, et son voyage dura encore trois ans. »

Il semblait qu’il était enfin temps pour Orobas d’apparaître. Cette connaissance avait permis à Foll de se redresser et de hocher la tête à plusieurs reprises.

« Alors le Sage Dragon dit. “Ô yeux d’argent, la seule chose qui peut dissiper ta malédiction est le baiser d’une jeune fille qui ne connaît rien de l’impureté.” Hélas, la silhouette du roi était celle d’une bête inesthétique ! Qui l’aimerait tel qu’il était ? »

Après cela, le Roi aux Yeux d’Argent se déplaça selon les conseils d’Orobas, et demanda un baiser à une fille aveugle qu’il avait sauvée et nourrie. Cependant, quand ils s’étaient approchés, elle avait découvert qu’il était une bête. Heureusement, la jeune fille croyait au Roi aux yeux d’argent et ils avaient échangé un baiser, ramenant le roi à sa forme humaine. Par la suite, il avait une fois de plus défié le Dragon Noir Marbas aux côtés du Dragon Sage Orobas.

« Chevauchant le dos du Dragon Sage, le roi poursuivit sa lutte pendant sept jours et sept nuits. Les deux nouveaux alliés s’étaient retrouvés lourdement blessés, et au moment où leur volonté s’estompa, les crocs d’Orobas ont finalement percé le cou de Marbas ! »

Alors même que la bataille touchait à sa fin, le Dragon Noir Marbas est resté en vie. Le Roi aux Yeux d’Argent essaya de lui sauver la vie, mais Marbas utilisa le dernier de ses pouvoirs pour lancer une attaque, et le roi fut forcé de porter le coup final avec son épée. On disait que Marbas ne ressentait plus de joie lorsqu’il passait d’une bataille à l’autre, alors il se tourna vers des atrocités pour trouver de nouvelles formes de plaisir. Et quand le Roi aux Yeux d’Argent mit fin à son règne de terreur, le Dragon Marbas le remercia au moment où il fit sortir son dernier souffle. Le roi aux yeux d’argent avait alors compris qu’une main ferme était nécessaire pour guider son peuple, et l’histoire se termina par l’ambition du roi d’être un chef à la fois bon et strict.

C’est une histoire plutôt triste… Même si le roi aux yeux d’argent et le dragon noir Marbas étaient les amis les plus proches, il avait dû le tuer.

« Ouf… Comment était-ce ? » Lilith essuya la sueur de son front et sourit d’oreille à l’autre pendant qu’elle terminait sa chanson.

« Wôw… Père était cool, » déclara Foll.

« Hein ? Père ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda Lilith en penchant la tête sur le côté.

« Le père de Foll était l’estimé Dragon Sage Orobas qui était dans cette chanson, » répondit Néphy avec un sourire tendu.

« QUOI !? » Lilith sauta de surprise, mais Néphy ne s’en rendit pas compte lorsqu’elle commença à détourner les yeux vers l’horizon.

« Un baiser… peut-il vraiment dissiper une malédiction ? » demanda Néphy.

« Eh bien, c’est assez courant dans les histoires… Il y en a une sur un prince qui s’est transformé en grenouille redevenue normale grâce à un baiser, et une sur une belle endormie qui s’est réveillée par un baiser… »

« Zagan a dit que les baisers sont très spéciaux dans la sorcellerie, » ajouta Foll d’un signe de tête.

« Je vois… Malheureusement, je ne suis pas très familière avec de telles histoires, » déclara Néphy.

« Quel gâchis ! Mais je suis aussi jalouse ! » s’exclama Lilith en secouant vigoureusement la tête avec chagrin.

« Êtes-vous jalouse de moi ? » demanda Néphy.

« Ouais ! Vous pouvez profiter des histoires sans aucune connaissance préalable. Les histoires sont plus amusantes quand on ne connaît pas la fin. Il n’y a rien de mieux que ça, » déclara Lilith.

Je vois. Mais c’est intéressant. Ce n’en est pas quelque chose que j’aurais pu voir de mon point de vue… Néphy avait juré de penser à tout sous un jour optimiste, mais elle avait l’impression d’être confrontée à son inexpérience.

Si par hasard, un baiser peut dissiper une malédiction… Néphy avait essayé de toucher ses propres lèvres pendant qu’elle avait cette pensée. Puis, elle avait imaginé les lèvres de Zagan se refermant sur les siennes.

Comme c’est audacieux ! Est-ce que le Maître Zagan… permettrait un tel acte… ? Le cœur de Néphy battait la chamade. Et voyant cela, Lilith pencha la tête sur le côté.

« Est-ce que ça va ? Vos oreilles sont rouge vif, » déclara Lilith.

« Je… Je vais bien ! »

Logiquement, il n’y avait aucune chance qu’une malédiction que deux Archidémons avaient renoncé à dissiper puisse être résolue avec un seul baiser. Si c’était si facile, Zagan l’aurait testé tout de suite. Ainsi, Néphy avait chassé ses folles illusions de sa tête dans un état d’agitation.

« Vous êtes bien informée, Mlle Lilith. La plupart des succubes sont-elles très familières avec de telles chansons ? » Néphy interrogea la jeune fille pour essayer de changer de sujet, mais Lilith la regarda avec une expression un peu amère.

« Les chants des succubes ne sont pas si spéciaux. Le chant de Selphy est bien meilleur, mais… »

« Hmm ! Si c’est quelque chose dans laquelle je ne devrais pas fouiner, alors s’il vous plaît oubliez que j’ai même demandé, » Néphy avait bougé pour retirer sa question quand elle avait senti la tension dans l’air, mais Lilith avait secoué sa tête.

« Non. Ce n’est pas grave. Comment le dire… ? C’est parce que c’est quelque chose que Lady Alshiera m’a appris…, » déclara Lilith.

Foll et Néphy la regardèrent avec surprise en entendant cela.

« Par Lady Alshiera, vous voulez dire celle de tout à l’heure ? » demanda Néphy.

« Ouais. Quand Selphy et Kuroka ont disparu, elle m’a réconfortée en m’apprenant à chanter. C’est la seule fois où elle a fait quelque chose pour moi sans demander de compensation, » déclara Lilith.

Si c’était le cas, alors qui était exactement cette fille qu’ils viennent de rencontrer ?

Elle… semblait un peu seule…

Elle était comme Zagan quand Néphy l’avait rencontré pour la première fois, tout comme Néphy elle-même quand elle avait décidé de tuer ses émotions. Plusieurs jours s’écoulèrent sans qu’ils n’aient jamais l’occasion de la revoir.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire

Laisser un commentaire