Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 5 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : Étonnamment, il y a beaucoup d’individus gentils dans le monde, mais il y en a aussi beaucoup qui ne le sont pas

Partie 3

Je vois. Je suppose qu’elle s’inquiète encore pour Nephteros…, la veille, elle avait émis des doutes sur le fait qu’elle puisse être la seule à être heureuse, alors il devait l’aider à se mettre à l’aise.

« Maintenant que j’y pense, je suis allé à Kianoides aujourd’hui et j’ai rencontré Chastille, » déclara Zagan. Les préparatifs pour leur rendez-vous étaient naturellement restés secrets, mais à première vue, son but principal était de faire que Chastille enquête sur le Treizième. Il avait d’ailleurs également réussi à se procurer un livre d’images pour Foll. En entendant le nom de son amie, l’expression de Néphy s’était un peu illuminée.

« Je vois. Avait-elle l’air d’aller bien ? » demanda Néphy.

« Au moins, elle était comme d’habitude. Mais elle avait l’air occupée avec toutes sortes de choses. Bref, j’ai trouvé quelque chose d’amusant, » déclara Zagan.

« Quelque chose… d’amusant ? » Néphy pencha la tête sur le côté dans la confusion quand elle posa cette question, et Zagan la regarda avec un sourire aussi doux qu’il le pouvait.

« On dirait que Chastille s’occupe de Nephteros, » déclara doucement Zagan.

« Nephteros est avec Chastille ? » Néphy cligna des yeux quand elle répondit, ayant trouvé cette idée extrêmement surprenante.

« La personne en question semble vouloir garder le secret, mais oui, » répondit Zagan.

« Si c’est un secret, alors comment le savez-vous ? » demanda Néphy.

« Malgré tous ses efforts, elle n’a pas vraiment réussi à le cacher. Je l’ai su tout de suite sans qu’elle en parle, » déclara Zagan.

« Dieu merci…, » murmura Néphy en levant la main vers sa poitrine alors qu’elle se sentait soulagée.

« Hmm. Tu fais beaucoup confiance à Chastille, hein ? » s’enquit Zagan. Il savait que les filles étaient de bonnes amies, mais que c’était quand même surprenant.

« Chastille est la première personne, à part moi, à vous avoir vraiment compris, Maître Zagan. Je suis sûre qu’elle peut aussi sauver Nephteros, » Néphy acquiesça d’un signe de tête confiante en disant cela.

Chastille me comprend… ? Zagan avait fait une tête un peu bizarre en entendant ça. Eh bien, quand ils s’étaient rencontrés pour la première fois, il avait pensé qu’elle était un peu gênante, mais aussi une bonne personne. Pourtant, la proportion à vouloir taquiner la jeune femme était beaucoup plus prononcée qu’autre chose. Et grâce à ça, il la taquinait tout le temps de façon réfléchie. Il n’était pas vraiment sûr qu’elle le comprenait en tant que personne.

« Si l’on parle de confiance, il semble que vous fassiez aussi confiance à Chastille, Maître Zagan, » murmura Néphy d’un ton surpris.

« Hmm… vraiment ? » Zagan avait remis en question cette idée, bien qu’il se soit vite rendu compte qu’il n’avait jamais vraiment douté de Chastille. Il déclara alors. « Tu as raison. C’est peut-être le cas. Quand il s’agit de protéger quelque chose, Chastille est tout à fait capable. Au moins au point où je peux lui confier mon dos. »

« Oui, » répondit Néphy, hochant la tête joyeusement avant de gonfler ses joues.

« … Mais, Maître Zagan, vous parlez beaucoup de Chastille en ce moment, » déclara Néphy.

« Ne fais-tu pas la même chose, Néphy ? » demanda Zagan.

« C’est… vrai… mais… mais…, » la voix de Néphy s’était atténuée. Plutôt que d’être de mauvaise humeur, elle semblait plutôt triste. Zagan ne savait pas pourquoi elle boudait tout d’un coup. Et après avoir penché la tête sur le côté et réfléchi pendant un moment, il avait été soudainement surpris.

Hein ? Est-ce que ça pourrait être cette chose qu’ils appellent « jalousie » ? Après avoir regardé le visage et les oreilles de Néphy, il avait pu voir qu’elle pensait. « Je suis contente que vous louange mon amie, mais c’est déprimant de vous entendre parler d’une autre fille quand on est enfin seuls ensemble. » Bien sûr, il voulait dire à Néphy qu’elle était la fille la plus importante pour lui, mais…

Hmm. C’est un spectacle rafraîchissant… Et ainsi, il la regarda fixement. Peu de temps après, Néphy avait sûrement pensé qu’il y avait quelque chose d’étrange dans la façon dont Zagan n’avait rien dit pendant un moment, et l’avait regardé en faisant la moue. Leurs yeux s’étaient croisés, et bien qu’elle l’ait regardé ainsi, elle s’était immédiatement rendu compte qu’il la regardait tout le temps, ce qui avait rendu ses joues complètement rouges.

« … Maître Zagan, je doute que me regarder le visage soit si intéressant…, » déclara Néphy.

« Je ne suis pas d’accord, » déclara Zagan.

« Hein !? »

La réponse de Zagan fut instantanée, ce qui rendit les yeux de Néphy perplexes. Il en avait ensuite parlé avec une expression sérieuse.

« Tu m’entends, Néphy ? Je, euh… je t’aime… Je crois que je te l’ai déjà dit, » déclara Zagan.

« … Vous l’avez fait, » déclara Néphy.

« C’est pourquoi, euh, comment dire ça ? C’est naturel pour moi de regarder ton visage, Néphy, » déclara Zagan.

« … Je vois, » murmura Néphy.

Même Zagan pensait qu’il était un peu bête, mais Néphy acquiesça simplement d’un signe de tête tendre. Elle était assise avec une posture parfaite, mais ce n’était peut-être pas vrai parce qu’elle était assise sur ses genoux. Pourtant, la sueur coulait sur ses joues et ses lèvres tremblaient comme si elle était extrêmement secouée. Ses yeux azur se précipitaient dans tous les sens, apparemment incapables de décider ce qu’elle devait regarder.

Si tu l’acceptais de tout ton cœur, alors c’est moi qui en serai le plus embarrassé… !

Zagan s’était raclé la gorge avec une toux pour essayer de cacher sa gêne.

« Tu ne l’as peut-être pas remarqué, mais ton expression s’est un peu adoucie, Néphy. Profiter de ce changement est un plaisir précieux pour moi. Ne m’enlève pas ça, » déclara Zagan.

« … C-Comme vous le souhaitez ! » déclara Néphy.

Incapable de le supporter plus longtemps, Néphy se couvrit le visage de ses deux mains. Elle avait ensuite jeté un coup d’œil à Zagan à travers les trous entre ses doigts.

« Maître Zagan. Je me demande… si j’ai commencé à… sourire normalement ? » demanda Néphy.

Néphy s’en inquiétait-elle aussi ? Zagan n’avait jamais pensé qu’une telle question allait traverser les lèvres de Néphy, alors il avait été envoyé dans la confusion.

« Hm… Alors, qu’en penses-tu ? » demanda Zagan.

« Je m’entraîne, mais je ne suis pas vraiment sûr de pouvoir bien le faire…, » Néphy commença à tirer sur ses joues blanches rougissantes en parlant. Puis, elle s’était servie de ses deux index pour soulever les coins de sa bouche afin de tenter de modeler un sourire. Ses lèvres étaient certainement dans la forme d’un sourire, mais son regard était perplexe, et son comportement était maladroit, tuant l’illusion. Pourtant, elle était si sérieuse à ce sujet que Zagan avait ressenti un choc dans son cœur plus grand que tout ce qu’il n’avait jamais connu auparavant.

Arrête ! Si tu fais quelque chose d’aussi mignon sur mes genoux, alors mon cœur ne pourra pas le supporter ! Alors même qu’il tremblait violemment, Zagan contempla ça. À l’époque où Néphy était devenue une petite fille, elle souriait toujours avec une certaine réserve. Il ne l’avait donc jamais vue sourire de tout son cœur.

Pour être honnête, j’ai envie de voir Néphy s’entraîner avec ses sourires…

« Je m’interroge à ce sujet. Je l’ai déjà dit, mais tes expressions ont progressivement changé, Néphy. La façon dont tu souris de tout ton cœur n’est pas nécessairement la même que ce à quoi je pense, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« Alors, que dois-je faire… ? » demanda Néphy.

« Pour l’instant, essaye de me montrer ton entraînement, » répondit Zagan en souriant.

« Hein… ? » marmonna Néphy, paralysée sur place.

« Maître Zagan, c’est juste un peu trop embarrassant, » Néphy lui répondit correctement, bien que sa voix soit de plus en plus faible à mesure qu’elle avançait dans sa phrase. Cependant, en voyant une réaction aussi mignonne, Zagan avait perdu le contrôle de ses actions.

« … Hmm. Je vois. C’est une honte. Désolé. C’était déraisonnable de ma part, » déclara Zagan en baissant ses épaules et en faisant une grimace comme s’il était désespéré. Cela avait amené Néphy à se mettre à bégayer dans une agitation totale.

« A-A-A-A-A-Attendez… Compris. Compris. Même si je suis incapable de bien le faire… pourriez-vous ne pas rire ? » demanda Néphy.

« Crois-tu que je me moquerais de toi, Néphy ? » demanda Zagan.

« … Vous riez souvent quand vous me voyez troublé par quelque chose…, » déclara Néphy.

Oh, franchement ! Je jure que ce n’est que mon visage qui se détend quand je vois quelque chose de mignon ! Zagan était à court de mots, car le fait que Néphy avait vu à travers lui l’avait frappé. Il avait l’impression que c’était une demande complètement déraisonnable, mais quand il y avait vraiment pensé, c’était Zagan qui lui avait toujours imposé des exigences déraisonnables. Chaque fois qu’il se demandait pourquoi il faisait ça à la fille qu’il aimait, il finissait toujours par se rappeler à quel point elle était mignonne quand elle faisait de son mieux pour satisfaire ses attentes. Et la voyant faire de son mieux une fois de plus, Zagan acquiesça d’un signe de tête résolu.

« Compris. Je promets de ne pas rire cette fois, » déclara Zagan.

« … D’accord, » déclara Néphy.

Son chemin de retraite étant coupé, Néphy baissa ses épaules. Ensuite, elle avait respiré à fond plusieurs fois, puis elle avait ouvert les yeux.

« Et voilà, j’y vais ! » proclama Néphy avant d’utiliser toutes ses forces pour former un sourire. Elle tenait ses mains sur le côté de ses lèvres, inclinait légèrement sa tête sur le côté, rétrécissait ses yeux et ouvrait doucement la bouche. Le sourire rappelait la petite Néphy du village elfique caché.

« Qu-Quoi !? » s’exclama Néphy.

Avant même qu’il ne s’en rende compte, Zagan enlaça Néphy. Les yeux de Néphy se mirent à bouger partout comme si elle n’avait aucune idée de ce qui se passait.

« E-Euh, Hmm… »

« … Oh, Euh… C’était… vraiment, vraiment, vraiment mignon, » déclara Zagan.

« Euh, quoi ? »

Après avoir entendu son opinion honnête, Néphy commença à se tortiller sauvagement dans ses bras. Ses oreilles tremblaient aussi violemment de haut en bas, exposant son agitation intérieure. Et puis, après avoir apparemment épuisé toutes ses forces, elle avait abandonné.

« C’est… la première fois… que vous dites quelque chose comme ça, Maître Zagan…, » murmura Néphy en se blottissant dans ses bas.

« Hein, vraiment ? » demanda Zagan.

Il était certainement vrai qu’il se plaignait toujours à quel point elle était mignonne dans son esprit, mais il ne se souvenait pas l’avoir jamais dit à haute voix.

Suis-je capable de le dire correctement maintenant que nous sommes dans une vraie relation ? Si tel était le cas, il devait lui dire correctement tout ce qu’il ne pouvait pas lui dire avant. Ainsi, Zagan caressa doucement la tête de Néphy pendant qu’il parlait.

« Tu seras peut-être plus à l’aise. J’ai cette pensée en tête depuis que je t’ai vue, » déclara Zagan.

Les oreilles pointues de Néphy s’élevaient tout droit avec assez de vigueur pour donner l’impression qu’elles faisaient un bruit de claquement, et son visage rougissement d’un rouge profond jusqu’au bout de ses oreilles. Peu de temps après, elle leva les yeux vers Zagan, les larmes aux yeux. Leurs cœurs battaient furieusement. Et à ce moment-là, ses lèvres roses avaient capturé son attention. Leurs visages se rapprochèrent complètement à chaque seconde qui passait. Et puis, au moment où leurs lèvres allaient se rencontrer…

« Yowch ! »

Quelqu’un s’était effondré dans la salle du trône avec un bruit sourd. Zagan et Néphy avaient sursauté et avaient essayé de se séparer l’un de l’autre, mais ce n’était pas possible à cause de l’écharpe attachée autour de leur cou. Tous les deux avaient titubé, puis s’étaient retrouvés dans un état où ils s’enlaçaient.

« Eh, eheh, eheheh…, » celle qui avait fait entendre sa voix avait de la sueur qui s’écoulait de son visage… ce n’était nul autre que la servante sirène, Selphy.

Merde ! Comment oses-tu t’immiscer alors que ça devenait bon !?

En y regardant de plus près, Zagan remarqua que Gremory, Kimaris, Raphaël, et même Foll, qui avait les yeux couverts par Raphaël, étaient tous là derrière elle.

« Salauds… Qu’est-ce que vous foutez là ? » demanda Zagan.

Zagan se leva avec Néphy encore dans ses bras, ce qui les fit tous se disperser pour tenter d’échapper à sa colère. Cependant, il n’était pas question qu’il se contente de rire et qu’il les laisse partir. Et ainsi, il se précipita dans tout le château avec Néphy fermement pressée contre son corps alors qu’elle cachait son visage dans l’embarras.

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2 commentaires

  1. Un peu de tendresse dans un monde de brutes 💏

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