Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 4 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Aimez la demoiselle très sincèrement, et elle vous aimera en retour !

Partie 3

« Qu’est-ce que vous foutez ici ? » Zagan fut stupéfait par la vue qu’il avait devant lui.

Il y avait trois personnes autour d’un feu de camp dans la ville natale de Néphy. Le groupe de Zagan ne pouvait pas dire qu’il était là à cause de la lumière du soleil qui déclinait, car il y avait même de la soupe qui bouillait dessus.

Cependant, le seul de bonne humeur était Barbatos. Les deux autres semblaient au bord des larmes. C’était une atmosphère terrible.

Zagan avait jeté un coup d’œil au village. Contrairement à Kianoides, il n’y avait que quelques douzaines de maisons qui semblaient être construites dans des formations rocheuses naturelles. Les toits étaient tous faits de paille. Au centre du village, il y avait une place dégagée et un puits délabré.

Zagan avait entendu dire que Bifrons avait fait attaquer cet endroit, mais contrairement a ses attentes, les bâtiments avaient été laissés dans un état correct. Il y en avait quelques-uns qui avaient été brûlés, mais l’endroit ne semblait pas avoir été touché.

Il pensait que l’atmosphère serait plus sacrée, mais en fait, c’était comme dans un village normal.

Je me demande où vivait Néphy. Zagan savait que c’était probablement quelque chose dont Néphy ne voulait pas se souvenir, mais il continuait à regarder autour de lui avec impatience.

« Eh bien, tu sais, tu m’as encore abandonné, alors j’ai pensé que je pourrais peut-être t’offrir une bonne surprise. Heeheeheeheehee ! » Barbatos avait pris une gorgée de son verre et avait ri, clairement de bonne humeur.

« ... Comment êtes-vous arrivé avant nous ? » demanda Zagan.

« Franchement, as-tu oublié mon surnom ? Le purgatoire peut atteindre n’importe où, donc tout ce que j’avais à faire était de plonger un tout petit peu et de regarder autour de moi. Gahahahahahaha ! » répondit Barbatos.

J’ai vraiment envie de cogner ce satané ivrogne..., Zagan s’était préparé à se battre contre un autre Archidémon, mais Barbatos ne faisait que s’amuser sans se soucier de rien.

Incapable de résister à la tentation, Zagan avait commencé à le frapper avec son poing. Cependant, Néphy s’était précipitée pour l’arrêter dans la panique.

« Reprenez-vous, Maître Zagan ! Si vous n’arrêtez pas, Sire Barbatos va mourir ! » déclara Néphy.

« ... Ah, désolé, je l’ai frappé par pur réflexe, » répondit Zagan.

L’expression « mon corps a bougé avant même que je m’en rende compte » faisait certainement référence à de telles situations. Zagan avait saisi Barbatos par le col et lui avait enfoncé son poing dans le visage inconsciemment. D’après les blessures qu’il pouvait voir, il semblait avoir frappé Barbatos une bonne dizaine de fois. Les yeux de Barbatos étaient complètement rabattus alors que sa tête tournait en rond.

 

 

Zagan avait mis de côté son ami stupide comme un sac d’ordures quand une fille était arrivée en courant vers eux.

« Néphy, ça va ? J’ai entendu dire que tu traversais quelque chose de terrible dans ta ville natale, euh... Hein ? Attends, tu viens d’arriver ? » demanda la fille.

La fille portait une Armure Sacrée. Elle avait ses beaux cheveux roux, qui ressemblaient à du cuivre poli, attaché sur le côté, et ses yeux écarlates étaient remplis de larmes. Son corps galbé et tonique était agréable à l’œil et son apparence était en ordre, mais tout était ruiné par la façon dont elle se décomposait rapidement en larmes chaque fois qu’ils se rencontraient.

C’était la seule femme parmi les archanges qui portait une Épée Sacrée, la chevalière Bébé Lala Chastille.

Ce n’est pas une mauvaise personne, mais..., en tout cas, c’était une fille dont les traits décevants avaient toujours été les plus remarquables.

« Je vais bien, Chastille, » déclara Néphy.

« Impossible... Ai-je encore mal compris la situation ? » Chastille avait placé sa main sur sa poitrine bombée en vérifiant la sécurité de Néphy, mais avait immédiatement formé une expression de gène sur son visage.

« Ce n’est pas le cas. Te rencontrer ici me soulage un peu, » déclara Néphy.

C’est logique. Voir quelqu’un de plus secoué que vous ne peut que vous aider à vous sentir mieux..., Néphy ne regardait sûrement pas Chastille de la même manière que Zagan, mais il y avait quelque chose qui suintait d’elle et qui stimulait les tendances sadiques de chacun.

« Hmm... ? » Foll avait ouvert les yeux quand elle avait fait ce bruit. Son regard errant s’arrêta sur Néphy et Chastille se tenant la main, ce qui la fit parler d’une voix emplie d’étonnement.

« Je vois Tête de Poneys... Est-ce que... je suis morte ? » demanda Foll.

« Pourquoi serais-tu morte parce que je suis là !? Juste pour que tu le saches, je suis toujours en vie ! » s’écria Chastille.

« Quoi... ? Alors tout ça n’est qu’un rêve ? » Foll s’était endormie une fois de plus, apparemment soulagée par la révélation.

Zagan pencha la tête sur le côté en voyant Chastille au bord des larmes à cause de son humiliation, puis l’interrogea. « Dis-moi, pourquoi es-tu venue ici ? »

« C’est, euh... Cet homme faisait des histoires, disant que Néphy était en détresse, et que cette fille était avec lui, alors j’ai supposé que c’était quelque chose d’important..., » Chastille marmonna en réponse.

Les mots « cette fille » avaient fait que Zagan avait porté son attention sur la fille qui se serrait les genoux contre elle alors qu’elle se réchauffait près du feu.

« Eh bien, c’est un comportement assez standard pour Chastille, mais —, » murmura Zagan.

« Attends ! Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire !? Ah ! Mais ça fait un moment que tu ne m’as pas appelée par mon nom..., » Chastille avait eu la larme à l’œil en disant cela, mais Zagan avait fait semblant de ne pas le remarquer et avait continué à l’interroger.

« Je comprends pourquoi tu es là, mais qu’en est-il de la subordonnée de Bifrons ? » demanda Zagan.

« S’il vous plaît, laissez-moi tranquille. Cette fois-ci, je n’avais vraiment pas l’intention de me frotter à vous tous, » déclara Nephteros d’une voix pleine de haine de soi.

Où était passée l’attitude autoritaire qu’elle avait la dernière fois qu’ils s’étaient rencontrés ? En ce moment, elle berçait ses genoux comme une orpheline affamée et ses yeux semblaient vacants. Elle n’avait pas l’air d’avoir peur, mais Zagan pouvait dire qu’elle était déprimée.

« Elle est comme ça depuis qu’ils sont venus chez moi. Il semble qu’elle ait traversé quelque chose de douloureux... Au moins, elle n’a pas l’air hostile, alors pouvez-vous essayer de lui remonter le moral ? » Chastille chuchota à Zagan et Néphy.

« Que veux-tu que je fasse exactement ? » Zagan était incompétent quand il fallait parler aux gens, et Néphy était dans le même cas. Il n’y avait aucune chance que l’un d’eux puisse lui remonter le moral.

« Mlle Nephteros..., » Néphy avait essayé de l’appeler en premier, mais Gremory l’avait arrêtée.

« Attendez un peu. Je vais vous montrer l’essence du pouvoir de l’amour, ici et maintenant, » proclama Gremory en s’asseyant à côté de Nephteros.

« Keeheeheehee, avez-vous eu une expérience désagréable récemment... ? Je suppose que c’est bien si vous ne voulez pas en parler. Plus important, que diriez-vous d’essayer des sucreries ? Si vous mangez quelque chose de sucré, vous vous sentirez mieux ! » déclara Gremory alors qu’elle avait sorti un sac de bonbons de nulle part. Il y avait beaucoup de boules de chocolat emballées ensemble à l’intérieur.

Il s’agissait très probablement de restes des bonbons qu’elle avait faits la veille.

« Maintenant que j’y pense, n’y avait-il pas une histoire à propos d’une vieille femme qui a poussé une fille à manger une pomme empoisonnée ? » demanda Chastille, alors qu’un sentiment de malaise l’emplissait.

« Je crois que ce dont tu parles est “Blanche-Neige et les sept nains”. Il y a longtemps, je l’ai vu dans un livre d’images que quelqu’un a laissé dans le coin. Mais on m’a pris pour un voleur peu de temps après, » déclara Zagan en se remémorant de ça.

« Je vois. Nous sommes enfin de retour dans ton village natal, Néphy. Il peut être amusant de ressusciter les idiots qui ont osé faire de telles choses et de les forcer à expier, tu ne trouves pas ? » Zagan acquiesça de la tête à son idée.

« Faire venir quelqu’un hors de sa tombe pour quelque chose d’aussi insignifiant, c’est un peu trop... Mis à part cela, Maître Zagan, je suis surprise que vous soyez au courant d’une telle histoire, » déclara Néphy, alors ses oreilles frémissaient pour souligner son point de vue.

« Bien sûr, la pomme était empoisonnée, mais l’histoire d’une fille qui se remplissait le ventre, puis qui s’enrichissait en dormant était quelque chose que j’enviais à l’époque, » déclara Zagan.

« C’est vrai. Même si cela a été empoisonné, il est naturel de manger tout ce qu’on vous donne à manger, » déclara Néphy.

« Arrêtez d’être si bruyants ! Toutes ces histoires tristes me font mal au cœur ! » Gremory leur avait crié dessus d’un ton qui était un mélange de colère et de sympathie.

Malgré la conversation plutôt étrange, Nephteros était leur véritable centre d’intérêt, et ils pouvaient clairement voir le bout de ses longues oreilles frémir quand elle regardait le chocolat. Elle regardait encore le feu d’un regard creux, mais il était évident qu’elle était intéressée par les sucreries.

Est-ce que les oreilles de tous les elfes bougent en fonction de leurs émotions ? Si c’était vraiment le cas, alors Zagan était content qu’ils soient si faciles à comprendre.

Gremory avait avancé son sac de chocolat avec le sourire aux lèvres. Nephteros avait sûrement entendu ce dont Zagan et les autres parlaient il y a quelques instants, mais elle tendait encore sa main pour prendre un morceau de chocolat. Peut-être que son état mental était sur le point de s’effondrer.

C’est exactement comme une fille qui se fait piéger par une vieille femme louche..., Gremory elle-même était très certainement une sorcière suspecte, donc il n’y avait pas d’autre façon d’interpréter la situation.

« ... N’ai-je pas dit de me laisser tranquille ? » Nephteros ne regarda même pas la vieille femme en murmurant ces mots.

« Keeheeheehee, je ne peux pas faire une telle chose quand une jeune femme fait une expression si peinée devant moi. Qu’en dis-tu ? Il n’y a pas de poison ici, je le jure ! » Gremory s’était donnée en spectacle en lui jetant un chocolat dans la bouche.

Voyant que la vieille femme ne bougeait pas d’un pouce, Nephteros leva la tête pour parler.

« ... Après avoir mangé ça, tu me laisseras tranquille, hein ? » déclara Nephteros en mettant à contrecœur une boule de chocolat dans sa bouche.

« C’est doux..., » déclara Nephteros, ses yeux dorés clignotants de surprise.

« Bien sûr que si ! Que dirais-tu d’un autre ? » demanda Gremory.

« Hmm..., » Nephteros avait enfoncé le chocolat dans sa joue avec un visage complètement découragé.

... Elle va vraiment bien ? Le fait de voir son état dépressif avait même stimulé l’instinct protecteur de Zagan. De plus, Néphy et Chastille avaient toutes deux revêtu des expressions tendues.

« A-Attends ! Ne t’ai-je pas dit de me laisser tranquille !? » cria Nephteros. Elle semblait enfin revenue à la raison après avoir avalé des chocolats de Gremory.

« On dirait bien que tu es pleine d’énergie maintenant, » déclara Gremory en acquiesçant d’un signe de tête satisfait quand elle tendit à Nephteros tout le sachet de chocolats.

« Bon sang... ! » Nephteros avait gémi d’irritation, mais elle ne jeta pas le paquet.

Ça ne veut-il pas dire qu’elle s’est rétablie à sa façon ?

L’elfe sombre continua à grommeler ses plaintes alors qu’elle corrigeait sa posture devant le feu de camp. Le fait qu’elle voulait être laissée seule n’avait pas changé, et elle ne regardait toujours pas dans la direction du groupe de Zagan, mais contrairement à avant, elle n’était pas blottie avec des yeux vides.

« Alors, qu’en pensez-vous ? » demanda Gremory alors qu’elle retournait aux côtés de Zagan.

« Comment veux-tu que je réponde à cette question ? » Oui, elle avait réussi à remonter le moral de Nephteros, mais Zagan n’avait aucune idée de l’influence de l’amour sur ses actions.

« Zagan m’a aussi... appâté avec de la nourriture une fois. La soupe de Néphy... était vraiment délicieuse, » murmura Foll, puis commença à se tortiller sur le dos de Zagan.

Es-tu vraiment obligé d’en parler ? Lorsque Foll entra pour la première fois dans son château, Zagan lui donna de la soupe, ce qui la poussa à rester avec lui. Dire qu’elle avait été appâtée avec de la nourriture était tout à fait exact, mais il ne voulait pas vraiment l’admettre.

Zagan regarda avec désinvolture Nephteros pour tenter de se distraire, puis remarqua que les oreilles de la fille commençaient à trembler.

Je suppose qu’elle est irritée qu’on pense qu’elle a été tentée par la nourriture. Elle ne peut pas vraiment se fâcher, puisque ce serait la même chose que de l’admettre..., Zagan avait découvert qu’elle avait un côté charmant et inattendu en elle alors qu’il continuait à la regarder.

« Keeheeheehee, comme je m’y attendais de l’Archidémon en qui j’ai placé mes espoirs ! Je vois que des techniques de ce calibre sont tout simplement naturelles pour vous, » déclara Gremory avec un rire satisfait.

« Qu’est-ce que le fait d’appâter les gens avec de la nourriture a à voir avec le fait de les aimer ? » demanda Zagan.

Les oreilles de Nephteros avaient recommencé à trembler, mais Zagan n’y avait pas prêté attention. Il savait qu’il pourrait lui offrir de la soupe de Néphy plus tard pour se racheter.

« N’ai-je pas dit que je vous montrerais l’essence du pouvoir de l’amour ? » déclara Gremory. Puis elle montra du doigt Nephteros et continua, « Si quelqu’un mange à satiété, alors il pourra mettre son cœur en paix. C’est ce que j’ai fait, mais même sans le pouvoir de l’amour, n’importe qui pourrait accomplir cela. »

« Eh bien, c’est vrai..., » Zagan avait après tout fait la même chose pour Foll. Finalement, il avait fait un signe de tête, ce qui avait fait que Gremory avait poussé son doigt vers lui à plusieurs reprises.

« Alors, répondez à ceci. Quand vous avez vu une petite fille si grincheuse me prendre des sucreries, qu’est-ce que vous avez ressenti ? » demanda Gremory, puis se glissa lentement à côté de Zagan et lui murmura à l’oreille comme une diablesse, « Vous vous sentiez charmés, n’est-ce pas ? »

« Argh..., » le corps de Zagan s’était raffermi quand il avait réalisé que Gremory avait vu à travers lui.

« Qu’avez-vous pensé quand ses yeux se sont ouverts à cause de la douceur du chocolat ? Et quand elle murmura timidement : “C’est doux...” Et puis, à la fin, qu’en est-il de la façon dont elle a essayé de cacher son embarras avec un “Bon sang... ?”, » demanda Gremory.

Elle avait accentué sa voix sur chaque mot comme si elle essayait de poignarder Zagan. Et le feu qui s’en échappait s’abattit sur Nephteros, l’amenant à se mordre les lèvres et à pousser des gémissements amers. En la voyant réagir comme ça, les lèvres de Gremory s’étaient courbées en un grand sourire.

« “Elle a un côté inattendu et mignon...” Je suis sûre que cette pensée vous est venue à l’esprit, » déclara Gremory.

« Argh, je n’ai pas vraiment ressenti —, » commença Zagan.

« C’est bon, » dit Gremory, en le coupant et en continuant, « C’est justement ça, mon Archidémon. Quand vous voyez quelque chose d’adorable, vous vous sentez détendu, n’est-ce pas ? Quelqu’un serait-il offensé d’aimer la vision d’un lapin qui se gratte la tête ? Est-il étrange d’être fasciné par la vue d’une belle fleur ? Cependant, vouloir aimer de telles choses pour toute sa vie est une tout autre histoire. »

Après quelques secondes, Gremory se remit à parler.

« Écoutez-moi, Archidémon, aimez toute la création. Si vous le faites, le monde lui-même deviendra le vôtre ! » Gremory étendit les bras et cria.

Il y avait quelque chose dans ses paroles que Zagan ne pouvait pas rire comme une idiotie.

« Écoutez-moi, Archidémon. Si vous ressentez de l’amour, une fleur sur le bord de la route deviendra un trésor qui surpassera même une montagne d’or. La capacité d’accumuler de tels trésors... c’est le pouvoir de l’amour ! » proclama Gremory avec un sourire suspect bien visible sur son visage.

Zagan ne comprenait pas une seule chose qu’elle disait, mais elle parlait avec une telle ferveur qu’elle avait l’impression de démêler une vérité fondamentale du monde.

« Alors, Mademoiselle Gremory, par hasard... Est-ce la même chose que les palpitations que je ressens dans ma poitrine quand je vois Maître Zagan se faire tant de soucis pour dire une seule phrase correctement ? » demanda Néphy, clairement déconcertée par l’explication de Gremory.

C’est beaucoup trop précis ! Comment me connaît-elle si bien ? Zagan s’était couvert le visage, réussissant à peine à ne pas s’évanouir.

D’un autre côté, Gremory l’avait regardée avec émerveillement avant de répondre.

« Incroyable ! Dire que l’Archidémon est aimé... Non, bien sûr qu’il l’est ! Vous êtes apte à être à ses côtés parce que vous l’aimez. Alors j’ose dire... Voilà le joli pouvoir de l’amour ! » déclara Gremory.

Ensuite, alors qu’elle se tortillait sur le dos de Zagan, Foll leva la main.

« Dans ce cas, la sensation apaisante que j’éprouve quand je vois Zagan mettre Néphy sur ses genoux et la serrer avec force est la même ou non ? » demanda Foll.

« En effet ! C’est comme la façon, dont ce majordome refuse de vous le montrer et vous couvre le visage, qui est aussi un splendide pouvoir de l’amour, » déclara Gremory.

Néphy s’était couvert le visage et s’était accroupie après avoir été frappée par une contre-attaque inattendue.

« Le comprenez-vous maintenant ? L’acte de réconforter une jeune fille pitoyable n’est pas le pouvoir de l’amour, mais le fait de puiser son charme et de percevoir le fait qu’elle soit adorable l’est. Vous avez à la fois le talent et le pouvoir pour cela. Un jour, vous grimperez sûrement vers les hauteurs, même au-delà de moi, » chuchota Gremory à Zagan avec un regard satisfait sur son visage.

Zagan ne pouvait que gémir en se voyant félicité pour quelque chose dont il ne voulait rien avoir à faire.

Si elle était devenue Archidémon à ma place, le monde n’aurait-il pas été dans le chaos ? 

Il avait commencé à regretter qu’un tel sorcier soit sous ses ordres, mais en même temps, il savait que cela aurait été pire si elle avait été laissée en liberté.

À ce moment-là, Nephteros semblait finalement manquer de patience lorsqu’elle s’était levée.

« Vous, la fomorienne là-bas, j’écoute tranquillement depuis un moment, mais vous avez du culot. Arrêtez ça déjà — Eeek ? » Nephteros essayait de faire pression pour qu’elle arrête, mais elle avait soudain poussé un cri à la place. Zagan leva les yeux pour voir ce qui se passait, et avant qu’il ne s’en rende compte, Gremory était passée d’une vieille femme à une jeune et belle femme. Puis, sous cette forme, elle avait commencé à caresser doucement Nephteros.

Elles avaient l’air bizarres ensemble. Nephteros semblait être tombée en arrière, et Gremory l’enlaçait par-derrière et avait fait parcourir son doigt le long du menton de Nephteros.

« Keehee, votre visage en colère est aussi très beau, n’est-ce pas ? Ne me faites pas plaisir de cette façon. Je vais perdre mon calme ! » déclara Gremory.

« Eeek, que faites-vous... ? » s’écria Nephteros.

« Oh, mon Dieu, votre peau est magnifique. Vos yeux dorés et vos cheveux blancs sont aussi splendides. Keehee, allez, est-ce vraiment suffisant pour vous faire rougir ? » demanda Gremory.

« A-Arrêtez-ça... Laissez-moi... Oh..., » supplia Nephteros.

Lorsqu’il s’agissait de la simple puissance d’un sorcier, Nephteros aurait dû être de loin supérieure, mais le fait d’avoir reçu de telles paroles de louanges de sa part l’avait rendue sans force. Sa peau sombre était teintée d’un rouge vif, et la façon dont sa main tremblait d’anxiété sur sa poitrine lui donnait l’air d’une petite fille nerveuse.

« Laissez-moi partir... Je... vous dis... de... me laisser... partir..., » supplia Nephteros.

« Keeheeheehee, vous êtes vraiment innocente, n’est-ce pas ? Si vous voulez me taquiner, je vous guiderai. Allez-y, appelez-moi “ma sœur chérie”, » déclara Gremory.

 

 

À ce moment-là, Zagan se souvient que Gremory détenait le surnom de l’Enchanteresse.

Nephteros se plaignait de l’humiliation de tout cela, mais son attitude de déplaisir s’était finalement transformée en tremblements de défaite. Et puis, juste au moment où elle ouvrait la bouche pour signaler qu’elle avait succombé...

« Aïe ! » Kimaris frappa impitoyablement la tête de Gremory.

« Mademoiselle Gremory, retiens-toi, s’il te plaît, » déclara Kimaris.

« Espèce de... Ne te mets pas sur mon chemin, Kimaris ! Juste un peu plus et cette fille n’aurait pas pu vivre sans moi ! » déclara Gremory.

Pourquoi ai-je encore amené quelqu’un comme elle... ? Oh, c’est vrai, elle s’est invitée d’elle-même.

Après avoir vu une telle conduite trompeuse, Zagan s’était vu rappeler une fois de plus à quel point Raphaël était loyal et capable.

L’attention de Gremory étant détournée, Nephteros fut libérée de ses bras. Cependant, comme elle avait complètement perdu toute force dans ses jambes, il ne semblait pas qu’elle pouvait se tenir debout.

« Je dois m’excuser auprès de vous aussi, Mademoiselle Nephteros. Une fois qu’elle devient comme ça, c’est difficile de la contrôler..., » Kimaris s’était excusé au nom de Gremory quand il l’avait attrapée avec son bras duveteux. Après l’avoir stabilisée, Kimaris avait fait s’asseoir Nephteros. Puis il avait saisi Gremory par la nuque et la souleva.

Nephteros avait utilisé cette ouverture pour s’éloigner de Gremory et se cacher derrière Zagan. Elle avait même traversé le sol à quatre pattes pour s’enfuir le plus vite possible. Franchement, le spectacle était pitoyable. Se sentant mal à ce sujet, Zagan avait ouvert la bouche pour lui parler.

« Ah... Désolé que la vieille sorcière t’ait embêté, » déclara Zagan.

« Non... Il semble que vous ayez aussi traversé beaucoup de choses, Archidémon Zagan, » répondit Nephteros.

« Ce n’est pas comme ça d’habitude, je le jure..., » Néphy répondit à Nephteros d’une voix lasse. C’est à ce moment-là qu’un étrange sens de camaraderie était né entre eux trois.

D’un autre côté, Gremory et Kimaris s’engueulaient toujours.

« Lâche-moi ! Laisse-moi partir ! » cria Gremory.

« Je le ferai, alors aide-moi à préparer le dîner. Le soleil est déjà couché, et il fera nuit noire d’ici peu, » déclara Kimaris.

Le soleil s’était couché pendant que Gremory déconnait. En entendant ses mots, tout le monde en arriva à la conclusion qu’il était temps de commencer à placer des tentes et à préparer le dîner, mais Chastille fit entendre une voix agitée pour les arrêter.

« Attendez, Barbatos ne bouge plus du tout ! » déclara Chastille.

Zagan pensait qu’ils étaient tous les deux étrangement silencieux, donc c’était logique. Chastille s’occupait de Barbatos, qui ne s’était toujours pas réveillé. La vue fit soudain rappeler à Zagan un certain doute qu’il avait en tête.

« Je me fiche de Barbatos, mais est-ce bien de ne pas lui montrer de l’amour ? » demanda Zagan à Gremory.

« Où est le plaisir de montrer de l’amour à une pleurnicharde qui est favorisé par tout le monde avec peu d’efforts ? En plus, croyez-vous vraiment que j’aimerais un jour une Chevalière Angélique ? » demanda Gremory.

Chastille était restée sans voix à cause de ces mots durs.

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