Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 11 – Chapitre 1 – Partie 8

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Chapitre 1 : Parfois, les individus de l’intérieur et de l’extérieur sont désespérément incapables de se regarder dans les yeux

Partie 8

« Même après avoir appris la sorcellerie, je n’ai pas oublié ma vengeance. Au contraire, j’ai appris la sorcellerie pour pouvoir vaincre mon ami et Mlle Gremory. Mais elle m’a entraîné sans pitié malgré mon désir… C’était irritant, mais je ne la détestais pas. »

En écoutant cette partie, Zagan se sentait mal à l’aise. Mais l’expression de Kimaris était rapidement redevenue sombre.

« Après une dizaine d’années, Mlle Gremory s’est effondrée. »

Hein ? Était-ce son habituelle surcharge de pouvoir amoureux ou quoi que ce soit d’autre ? Zagan avait à peine réussi à garder ces mots pour lui.

« … Que s’est-il passé ? »

« Mlle Gremory est celle qui a arrêté mon déchaînement de violence. Mais en vérité, elle a été gravement blessée lors de la rencontre. À ce moment-là, la situation s’était aggravée au point que même son professeur n’a pas pu la guérir, et je ne connaissais que la sorcellerie utilisée pour le combat…, » Kimaris s’était arrêté et s’était couvert le visage. « … Et c’est là qu’il s’est montré une fois de plus. Mon ami. »

Il parlait comme si la relation complexe entre eux n’était pas encore claire.

« Mon ami me l’a dit. Il m’a dit qu’il pouvait sauver Mlle Gremory. Mais en échange, il voulait que je me sépare du pouvoir que j’avais acquis pour m’aider à accomplir ma vengeance. Je devais choisir. La vengeance… ou Mlle Gremory. »

Zagan se demandait quel genre de pouvoir il avait, mais il était clair qu’il l’avait choisie. Gremory était après tout toujours aux côtés de Kimaris.

« J’ai pris ma décision à ce moment précis. Je devais remercier Mlle Gremory pour ma vie, alors j’ai décidé de devenir assez fort pour la protéger. C’est pour ça que je me bats. »

« … Je vois. C’est donc pour ça que tu es si fort. »

C’est ainsi qu’il avait réussi à devenir un candidat Archidémon.

Zagan s’était ensuite moqué de lui en disant. « Et Gremory n’a aucune idée de tout ça ? »

« Je ne le lui ai pas dit, mais je pense qu’elle l’a déjà remarqué. »

Eh bien, cette mamie était toujours une ancienne candidate Archidémon. C’était une sorcière exceptionnelle qui rivalisait avec Barbatos. En fait, on ne savait même pas lequel des deux était le plus doué. Elle avait dû comprendre qu’il s’était passé quelque chose après qu’une blessure mortelle qu’elle avait subie ait soudainement guéri.

Je vois. C’est pourquoi Gremory agit ainsi seulement quand il s’agit de Kimaris… Zagan supposait qu’elle se sentait redevable envers lui parce qu’il avait dû renoncer à sa vengeance pour elle. Bien que, de son point de vue, ce n’était, rien de plus qu’une excuse. En tout cas, elle n’avait pas fait le tri dans ses sentiments depuis plus d’un demi-siècle, ce qui le laissait plutôt perplexe.

Attends… ? Attends. Un demi-siècle, ce n’est pas si long, n’est-ce pas… ? pensa Zagan. Il était totalement incapable de s’imaginer dans une relation intime avec Néphy dans 50 ans. Au contraire, il pouvait facilement s’imaginer rougir et se tordre pour la moindre chose, même après 100 ans.

« Hum, je ne pense pas qu’il y ait lieu de s’inquiéter, n’est-ce pas? » demanda Kimaris en penchant la tête.

« Oh, eh bien… comment dire ? Je réfléchissais simplement sur moi-même. Ne t’inquiète pas pour ça. »

« Oh… Vraiment. »

La façon dont Kimaris avait l’air convaincu de ce qu’il venait de dire avait rendu Zagan un peu déprimé. Et c’est à ce moment qu’il avait eu une soudaine prise de conscience.

Ça veut dire que son ami est toujours en vie ?

Et vu qu’il n’avait pas révélé son nom…

« Ça ne me dérange pas si tu refuses de répondre, mais laisse-moi te demander encore une chose, » déclara Zagan.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Cet ami que tu avais… S’appelait-il Shere Khan ? »

Kimaris se tut, ce qui était une réponse en soi. Ainsi, Zagan se leva en silence.

« Nous avons passé un peu trop de temps à bavarder. Nous allons être en retard pour le dîner si nous ne rentrons pas bientôt. »

« … Oui, » répondit Kimaris d’une voix sombre.

Zagan avait donné une bonne claque à la poitrine du lion.

« J’ai pour principe de répondre du mieux que je peux aux espoirs de mes subordonnés. Si tu le désires, je te servirai la tête de Shere Khan sur un plateau. Et si tu le souhaites, je n’hésiterai pas non plus à lui laisser la vie sauve. »

Il avait apparemment cédé toute décision sur la vie de Shere Khan à Kimaris.

Kimaris cligna des yeux de surprise, puis il fit un petit sourire et il déclara. « Je suis vraiment heureux d’être à votre service, mon roi. »

« Bienvenue à la maison, Maître Zagan. »

Zagan avait été accueilli par Néphy à son retour dans son château.

Hm ? Foll n’est pas là aujourd’hui ?

D’habitude, la fille de Zagan se trouvait juste à côté de Néphy pour l’accueillir, mais il semblait qu’elle avait beaucoup à faire. Une bonne partie du temps s’était involontairement écoulée à cause de sa discussion avec Kimaris. Il ne lui restait qu’un temps insignifiant pour s’entraîner, il avait donc mis fin à ses activités plus tôt, mais il n’était toujours pas rentré à temps pour voir sa fille.

Ce n’était pas de chance qu’il ne puisse pas voir le visage de Foll, mais le beau sourire de Néphy était plus que suffisant pour dissiper immédiatement la fatigue de toute la journée. Il vivait pour cette vision.

Non ! Ce n’est pas bon ! Je dois aller plus loin !

Il venait de vivre un moment de bonheur, mais si cela durait 50 ans sans changer, il ne pourrait jamais s’excuser suffisamment auprès de Néphy ou d’Orias. Et surtout, Zagan lui-même ne pourrait pas le supporter. Mais dans ce cas, que devait-il faire ?

Ma seule option est de l’inviter à un rendez-vous…

Cela faisait environ un mois depuis leur dernier rendez-vous. D’ailleurs, c’est Néphy qui l’avait invité la dernière fois. Et pourtant, parce qu’il avait pleinement pris conscience de ses lacunes dans la lutte contre Azazel, sa vie privée était morte pendant le mois qu’il avait passé à réfléchir à des contre-mesures et à s’entraîner.

Il avait, bien sûr, toujours du temps pour sa famille, comme Néphy et Orias. Mais les moments paisibles et tranquilles passés avec Néphy étaient le point de départ de Zagan. Cela n’avait pas changé même après qu’il ait gagné de nouveaux membres de famille avec Foll et les suivants. Au contraire, c’était précisément parce que sa famille s’était agrandie qu’il devait chérir le temps passé avec Néphy par-dessus tout. Il ne pouvait pas qualifier de famille une relation où son propre bonheur devait être mis en attente.

Azazel, Shere Khan et Bifrons n’étaient pas seulement des menaces pour sa vie. Zagan voulait vivre en paix avec Néphy, alors il combattait simplement ceux qui se mettaient en travers de son chemin. Mais cela signifiait que ses priorités étaient à l’envers, puisque se préparer pour eux l’avait tenu éloigné d’elle pendant si longtemps.

« Écoute-moi, Néphy ! »

« Oui, Maître Zagan ? »

Cependant, alors qu’il était sur le point de l’inviter à un rendez-vous, il réalisa soudainement quelque chose.

« Hm… ? Tu as l’air plutôt pâle. T’es-tu reposé correctement ? »

« Hwah ? Hein… ? » Néphy s’était touché le visage en s’agitant. « Mes excuses. Je ne pensais pas que c’était assez grave pour se voir sur mon visage… »

« Il n’y a pas besoin de s’excuser. Plus important, s’est-il passé quelque chose ? »

Néphy s’étonna, secoua la tête et déclara. « Non, ce n’est pas ça… Hum, mes cours avec ma mère sont si instructifs que je finis par me coucher tard pour étudier sans même m’en rendre compte. »

« Vraiment ? »

Le développement d’une relation avec Orias était favorable, donc ce n’était pas quelque chose sur lequel Zagan devait la mettre en garde.

« J’ai essayé d’utiliser la sorcellerie pour maintenir ma santé, mais quand je perds ma concentration, c’est juste…, » Néphy s’interrompit et se couvrit le visage de ses deux mains, timide.

« Ne t’inquiète pas pour ça. De toute façon, repose-toi un peu demain. Nous avons suffisamment renforcé notre personnel pour que tu puisses prendre un peu de temps libre sans problème, n’est-ce pas ? »

Elle ne s’était pas beaucoup montrée au château ces derniers temps, mais Alshiera était aussi capable de faire le ménage. Malheureusement, Néphy avait baissé les épaules de honte en entendant ces mots.

« Bien… Nous avons… J’ai échoué en te faisant t’inquiéter pour moi, alors je vais me reposer. »

Néphy comprenait sa position et celle de ceux qui l’entouraient. Elle savait qu’essayer de s’encombrer de tout n’aidait pas les autres, mais les troublait au contraire. C’est pourquoi elle s’était pliée à cette règle.

« Oh, » dit Néphy, réalisant soudain quelque chose. « Je vais me reposer, mais qu’allais-tu dire, Maître Zagan ? »

Néphy était une femme vive, alors elle n’avait pas laissé passer ça.

« Euhhh… En fait, j’ai vraiment faim à force de bouger autant. J’aimerais avoir quelque chose de copieux à manger ce soir. »

Même Zagan savait qu’il ne fallait pas l’inviter soudainement à un rendez-vous demain dans une telle situation.

« Bien sûr ! Je m’assurerai que ta portion soit un peu plus grande. »

Il était inhabituel pour Zagan de faire des demandes particulières concernant sa nourriture, puisqu’il trouvait tout délicieux, aussi Néphy répondit-elle d’un ton joyeux en partant en courant.

Le visage heureux de Néphy est vraiment mignon… pensa Zagan en agitant sa main jusqu’à ce que sa bien-aimée ne puisse plus être vue, puis il tomba soudainement à genoux.

« S-Sire Zagan ? Y a-t-il un problème ? » demanda Kimaris d’une voix tremblante.

Ce n’est pas bon ! Je n’ai pas pu faire avec Néphy ce que font les couples normaux ces derniers temps !

Sa déficience envers Néphy l’avait rendu essoufflé. C’était la seule chose qu’il ne pouvait pas satisfaire avec la sorcellerie. Il était possible d’atténuer temporairement les symptômes en utilisant Mémorandum pour voir une image d’elle, mais sans la serrer dans ses bras, puis l’asseoir sur ses genoux, lui frotter les joues et jouer avec ses oreilles, il ne pouvait fondamentalement pas résoudre le problème.

Aaah… Ça fait combien de temps qu’on a parlé d’aller en ville et de trouver des vêtements pour l’autre ? Deux mois ? Pourquoi vis-tu, Zagan !? Il avait l’impression qu’il allait devenir fou à cause de sa propre inutilité et de son désir ardent pour Néphy. Pourquoi devait-il subir une telle souffrance ?

« … Désolé, Kimaris. Je pourrais bien tuer Shere Khan. »

« Qu-Quoi... ! ? A-t-il fait quelque chose ? »

Le sorcier connu sous le nom de Shere Khan respirait encore, donc Zagan et Néphy ne pouvaient pas profiter de leur temps ensemble en tant qu’amoureux. Tout était de sa faute. Le seul choix qui restait était de le tuer. Et pendant que Zagan y était, il s’était dit qu’il allait tuer Bifrons, vu que cet Archidémon était aussi susceptible de faire quelque chose de gênant. Il y avait déjà commis l’infraction précédente, celle de se mettre en travers de sa (fausse) lune de miel à Raziel. Bifrons allait très probablement se mettre en travers du chemin au milieu d’un autre rendez-vous, donc Zagan devait s’en occuper de manière définitive.

Et tandis que l’Archidémon se tortillait, il ne remarqua pas quelque chose d’assez important. Lilith se tenait dans l’ombre de la cuisine où Néphy venait d’entrer, et le regardait fixement.

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