Kuma Kuma Kuma Bear – Tome 2 – Chapitre 33

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Chapitre 33 : L’ours mange sur le pouce

Tiermina était en bonne santé. On pouvait même dire qu’elle s’était complètement rétablie. Elle et Gentz avaient fini par donner suite à leur engagement. Ils cherchaient une maison où ils pourraient vivre tous les quatre ensemble. Celle de Tiermina était trop petite, et apparemment Gentz vivait dans une petite garçonnière sordide.

Pour une raison inconnue, Fina et Shuri avaient décidé de s’installer dans la maison d’ours.

« Uhh, alors, pourquoi êtes-vous toutes les deux ici ? »

« Monsieur Gentz, je veux dire que notre père et notre mère ont besoin de temps seuls, c’est ce que nous pensons. »

Était-ce vraiment les pensées d’une fille de dix ans ?

« Est-ce qu’on dérange ? »

« Pas du tout, mais c’est important que vous soyez tous les quatre ensemble. »

« On vivra ensemble quand on aura trouvé une maison, ne t’en fais pas. »

« Mais pourquoi étudies-tu ? » avais-je demandé. Shuri pratiquait son alphabet dans mon salon.

« Ma mère m’a appris à lire, mais elle ne pouvait pas enseigner à Shuri quand elle était malade, et j’avais besoin de faire le ménage et de gagner de l’argent. »

Elles appelaient ça étudier, mais ça se résumait à regarder des caractères écrits sur du papier sale. Elles n’avaient rien pour écrire, et encore moins de papier pour s’entraîner. Tout ce qu’elles faisaient, c’était mémoriser les lettres à vue.

« Dans ce cas, si on allait vous chercher du matériel d’étude approprié ? »

« Hein ? »

« Si vous étudiez comme ça, ça vous prendra du temps pour apprendre quoi que ce soit. »

« Mais… »

Je savais exactement ce que Fina pensait.

« Ne t’inquiète pas pour l’argent. Ce sera un cadeau pour célébrer le mariage. »

« Mais c’est maman qui va se marier. »

« Ne t’inquiète pas des détails. »

J’étais partie avec les deux fillettes derrière moi. Elles se tenaient la main, en restant proches l’une de l’autre. C’était vraiment de gentilles sœurs.

On était d’abord allé à la librairie.

« Excusez-moi ! »

J’avais appelé la vieille dame qui dirigeait l’endroit.

« Qu’est-ce que c’est ? Je vous entends très bien, pas besoin de crier. »

« Excusez-moi, mais avez-vous des livres d’images pour les enfants ? Nous aimerions étudier l’alphabet. »

« Voyons voir, j’ai ça, ça et ça. »

Elle avait sorti trois livres d’images et quelque chose qui ressemblait à un tableau. J’avais décidé de tout acheter.

Ensuite, nous étions allés au magasin général pour prendre quelques outils d’écriture de base. Nous avions eu un petit creux, j’avais donc décidé d’acheter quelque chose aux stands sur la place. Quand nous étions arrivés, de délicieuses odeurs nous étaient parvenues des différents stands. Le stand le plus proche de l’entrée vendait des kebabs, ou quelque chose d’approchant. Ils sentaient très bon.

« Trois pour moi, monsieur. »

« Oh, si ce n’est pas la fille ourse ! Trois, c’est ça ? Et voilà ! Merci pour tout. »

Il me tendit trois brochettes. J’en avais mis une dans ma bouche et j’avais donné les deux autres à Fina et Shuri.

« Merci beaucoup. »

« Merci. »

J’avais examiné les stands à la recherche de nourritures plus succulentes.

« Fille ourse ! Veux-tu de la soupe de légumes ? »

J’avais entendu quelqu’un crier depuis un étal voisin. De la vapeur élevait d’un pot géant. Encore une fois, l’odeur avait réveillé quelque chose d’animal en moi.

« Bien sûr. Je crois que je vais en prendre trois. »

« Voici ! »

Il avait servi de la soupe de légumes chaude dans des récipients en bois qu’on devait rapporter. J’avais pris la soupe et l’avais donnée aux filles.

« Fille ourse, comment trouves-tu le pain avec ta soupe ? »

« Ce n’est pas juste. Fille ourse, et notre barbecue ? »

Tout autour de nous, les propriétaires des stands avaient pris leurs habitudes de vente.

« Et notre jus fraîchement pressé ? »

Une femme vendant une sélection déconcertante de jus de fruits s’était jointe à la mêlée.

« J’ai envie de pain aujourd’hui, alors je vais en prendre trois petits. »

« Bien, merci. »

L’homme du premier stand m’avait remis ma commande, me remerciant abondamment de mon patronage, je m’étais excusée auprès des autres.

« Je viendrai vous acheter des trucs la prochaine fois. »

« C’est bon. »

« Tu as intérêt ! »

J’avais accepté le pain et j’avais salué les stands autour de moi, puis je m’étais assise sur un banc vide à proximité.

C’était peut-être parce que je mangeais souvent sur le pouce ces derniers temps, mais j’avais appris à connaître les gens des stands. J’étais sûre que la tenue d’ours y était pour quelque chose, mais le nombre de personnes qui m’appelaient pendant que je me promenais sur la place augmentait de jour en jour.

Bien que j’appréciais toute cette attention, mes visites sur la place devenaient une habitude suffisante pour me faire craindre pour mon poids. J’avais essayé de me pincer le ventre à travers le costume d’ours. Ce serait bien si j’avais eu une technique qui m’empêchait de grossir.

« Le déjeuner est servi. »

« Merci, Yuna. »

« Merci. »

Shuri avait imité sa sœur et m’avait remerciée. Elles étaient toutes les deux si mignonnes ! Nous avions pris notre temps pour manger notre soupe et notre pain ensemble.

C’était une soupe consistante, plus végétarienne que le bouillon. Les ingrédients de ce monde étaient assez semblables à ceux du Japon. Il y avait des carottes, des daikons, des choux, des concombres et d’autres légumes que je n’avais qu’aperçus, mais dont le goût m’était assez familier, mais les choses qui étaient importantes pour moi en tant que personne japonaise — le riz, la sauce soja et le miso — ne se trouvaient nulle part. J’avais envie de ramen et de nouilles. On aurait dit qu’ils avaient de la farine. Peut-être, me disais-je, qu’ils ont au moins des udon quelque part ?

En tout cas, c’était assez délicieux. Après avoir mangé, nous avions décidé de retourner à la maison d’ours pour étudier. Plus tard, Tiermina et Gentz allaient découvrir que je les avais emmenés manger dehors. J’avais eu des ennuis pour avoir fait manquer aux enfants le dîner qu’ils avaient préparé.

Attention à ne pas trop manger quand on dîne sur le pouce.

Ils m’avaient quand même remerciée pour les fournitures scolaires.

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