***Épilogue 2 : Le plus avide du monde
Il entendit le vent siffler à ses oreilles, ses vêtements claquèrent et ses cheveux se dressèrent sur sa tête tandis qu’il plongeait dans l’énergie astrale tourbillonnante. Il tomba, tomba, tomba encore et encore.
Avant même qu’il ne s’en rende compte, Iska et tous ceux qui l’accompagnaient se retrouvèrent en chute libre au cœur du vortex baigné de lumière.
« Quoi ?! » s’écria Nene en reprenant ses esprits.
L’Unité 907 tombait dans un trou gigantesque. Elle venait enfin de comprendre ce qui leur était arrivé.
« Où sommes-nous ?! Où est la caverne ? »
« Que se passe-t-il ? Où sont passés les autres ?! Il y a une seconde à peine, nous étions encore à l’endroit où nous avons combattu le zombie », hurla Jhin à son tour.
Ils venaient tout juste de retrouver le Seigneur.
Mais à présent, seule l’Unité 907 tombait dans ce vortex inconnu.
« Où est Son Excellence ? Et Mlle Risya ?! »
« Le groupe de Nebulis a disparu lui aussi. Que s’est-il passé ?! »
Ils n’arrivaient toujours pas à comprendre ce qui s’était passé. Il y a un instant à peine, le Seigneur, Risya, Mei et le groupe d’Alice étaient encore avec eux. Où étaient-ils maintenant ?
… Avons-nous été téléportés hors de la caverne ?! Juste nous ?!
… Comment cela a-t-il pu se produire ? Ou bien avons-nous tous été envoyés dans des directions différentes ?
Peu importait la cause de cette téléportation. L’instinct d’Iska lui disait qu’il devait comprendre ce qui s’était passé juste avant. Mais d’abord…
« Nene ! »
Il tendit la main vers Nene, qui était la plus proche. Ils se saisirent fermement la main gauche, puis Nene s’agrippa à Jhin, qui s’agrippa à son tour à la commandante Mismis. Ils se tenaient tous ensemble pour ne pas être séparés pendant la chute.
« Hé, tout le monde ! On s’est encore téléportés ?! »
« Ça n’aurait aucun sens. » Jhin plissa les yeux en répondant à la question de la commandante Mismis. « Si on a été téléportés la première fois, c’est uniquement parce que le pouvoir astral du vortex était justement de type spatio-temporel. Comme nous l’avons tous dit précédemment, le dernier endroit où nous nous trouvions était cette caverne géante. Il n’y avait aucun pouvoir astral spatio-temporel là-bas. »
« Alors, c’est le pouvoir du Seigneur ?! » Alors que Nene tombait la tête la première, elle acquiesça soudainement. « Tu t’en souviens, n’est-ce pas, Jhin ? Le Seigneur avait un pouvoir comme ça. Tu te souviens comment ils ont emmené Mlle Rin à la capitale impériale ? »
« Mais même si c’était le Seigneur… » Au milieu des sifflements aigus du vent, le tireur d’élite aux cheveux argentés fronça encore plus les sourcils. « Je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi le Seigneur se serait-il contenté de nous téléporter ? Et si j’ai bien entendu, n’y avait-il pas une voix étrange ? »
« … ! Je l’ai entendue moi aussi ! »
« Moi aussi ! » s’exclama Nene.
Ils n’avaient pas simplement eu des hallucinations. Jhin, Mismis et Nene se firent un signe de tête.
« Et toi, grand frère Iska ? Tu l’as entendue, pas vrai ? »
« Oui… »
Il y avait une raison pour laquelle il n’était pas tout à fait d’accord. Il ne voulait pas y croire. Ça aurait été tellement mieux si la voix qu’il avait entendue n’avait été qu’une hallucination…
… C’est vrai. Je suis le seul à savoir.
… Je suis le seul de l’unité à avoir entendu toutes leurs voix.
Il sentit un frisson lui parcourir l’échine. Il avait pensé qu’il n’entendrait plus jamais aucune de leurs voix. Mais si c’était bien la personne à laquelle il pensait…
« Commandante… »
Le vent lui transperça les tympans.
Il vit une énergie astrale rouge, semblable à des flammes, jaillir d’en bas. Alors qu’elle les enveloppait complètement, Iska serra les dents.
« Nous ferions mieux de faire preuve d’une extrême prudence. Il se pourrait bien que la Calamité et Elletear ne soient pas les seules à nous attendre au cœur de la structure. »
+++
… Où est-ce que ça se trouve ?
À quelle profondeur sous la surface de la planète se trouvait-il ?
Après avoir plongé dans le vortex et s’être laissés emporter par la gravité, il avait été enveloppé et téléporté par les pouvoirs astraux.
Il s’était retrouvé dans une cavité souterraine. Puis, après avoir marché quelque temps, il avait croisé les forces impériales. Jusqu’à ce que la caverne soit frappée par une explosion d’origine inconnue. Le seigneur Yunmelngen avait alors décidé de téléporter les personnes présentes vers différents endroits.
C’était le seul moyen d’échapper à l’explosion.
« Suis-je tombé encore plus bas que la caverne ? »
Il leva les yeux vers le plafond scintillant.
Yunmelngen se tenait debout dans une autre caverne dont le plafond était recouvert de cristaux bleus étincelants. C’était un décor tout droit sorti d’un conte fantastique. L’énergie astrale s’accrochait sans doute à la surface des cristaux, créant ainsi ce monde souterrain mystique.
« C’est très joli. Si vous ne m’aviez pas arrêté et si je n’avais pas eu cette Calamité à vaincre, j’aurais pu passer trois jours à admirer cet endroit. »
Il esquissa un sourire. Mais au lieu d’afficher son charmant sourire habituel, le Seigneur montra les dents, prêt à se battre.
« Je me doutais bien que c’était vous. »
Il s’adressa à voix haute aux spectres qui avaient pris forme humaine et qu’il regardait de haut.
« C’est vous, n’est-ce pas ? C’est vous qui avez coupé ma corde pendant la chute et isolé la reine de la Souveraineté. Je savais que quelqu’un devait s’en mêler, mais la façon dont cela s’est passé ne semblait pas correspondre au mode opératoire d’Elletear… Non, en fait, j’ai senti que quelque chose clochait bien plus tôt. »
Le Seigneur se couvrit le visage de ses mains velues.
« C’était dans les ruines de l’Assemblée impériale. Mon nez me l’a dit. J’ai cru percevoir des traces d’une odeur nauséabonde. Elle a dû être transportée par le courant ascendant provenant du Nombril de la Planète. Oui, les gens les plus cupides du monde ne disparaîtraient pas comme ça. »
Tout en se couvrant toujours le visage, le Seigneur leur fit signe de la main.
« Montrez-vous, fantômes. »
Fwoom.
Au son d’une bougie qui s’allumait en vacillant, d’autres silhouettes vacillantes apparurent, se dressant au-dessus du Seigneur.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six… En comptant la première, qui était visible depuis le début, elles étaient sept au total. Elles entourèrent le seigneur Yunmelngen qui déclara avec le plus grand sérieux : « Voici mon dernier ordre en tant que votre seigneur : emmenez-moi au cœur, voulez-vous ? »
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