Joou Heika no Isekai Senryaku – Tome 1 – Chapitre 3 – Partie 2

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Chapitre 3 : Au nom de la revanche

Partie 2

J’étais à nouveau dans la ville de Leen. Comme auparavant, j’avais laissé le chef des esclavagistes tenir les rênes tandis que Sérignan, un Essaim Éventreur, et moi étions assis dans le chariot. Nous étions revenus pour faire du commerce, mais il y avait une autre tâche importante à accomplir.

« Ooh! Vous êtes venus pour vendre plus de vêtements ? Dieu merci ! Ceux que vous m’avez vendus la dernière fois étaient si populaires parmi les nobles qu’ils meurent d’envie de savoir quand j’en aurai plus. »

Le commerçant du magasin de vêtements avait accepté avec joie les robes des Essaims Travailleurs. Apparemment, il avait déjà vendu tout son stock précédent à des nobles et à de riches marchands, et les nobles qui ne les avaient pas obtenues à temps réclamaient un réapprovisionnement. Bien qu’un peu gênante, leur demande avait naturellement plu au commerçant.

« Alors, comme la dernière fois ? Trente mille floria ? », demanda le commerçant, avec l’intention de payer le prix fort.

« Non. Vingt-cinaq mille… ça ira. J’ai quelque chose à demander… à la place. »

Il sortit un morceau de tissu portant un symbole, le même que celui que j’avais pris à un des voyous qui l’avaient attaqué et tué l’Éventreur.

« Connaissez-vous… ce symbole ? », demanda-t-il.

« C’est… Désolé, je ne sais pas. Allez demander ailleurs, s’il vous plaît. »

Il semblait le reconnaître, mais il était évasif, ce qui montrait clairement qu’il cachait quelque chose. Je ne doutais pas qu’il connaissait le groupe auquel le symbole appartenait, mais, quels qu’ils soient, ce commerçant timoré ne voulait pas s’impliquer avec eux.

« Dois-je aller lui arracher l’information, Votre Majesté ? » demanda Sérignan.

« Non, n’y va pas. »

J’avais refusé son offre.

« Nous n’avons pas besoin de nous résoudre à lui arracher l’information. Il est toujours une source de revenus importante pour nous. »

Cet homme nous avait été utile, puisqu’il avait converti en argent les vêtements que les Essaims Travailleurs fabriquaient, et nous ne pouvions donc pas le traiter avec insouciance. Comme il avait des préjugés envers les elfes, nous avions besoin de lui en ce moment. C’était pourquoi nous nous servions de lui sans créer de vagues inutiles. Si nous devions interroger quelqu’un, il faudrait que ce soit un individu sans rapport avec nos besoins.

« Nous utiliserons notre argent pour dénicher une ou deux informateurs. Je suis sûre que nous trouverons notre source bien assez tôt », avais-je déclaré, attendant patiemment à l’intérieur du chariot au moment de notre départ.

« Hé, toi. Gare-toi. »

Comme je m’y attendais, nous avions été pris au piège par une bande suspecte après quelques tours de chariots dans les ruelles les plus sombres.

« Qui… êtes-vous ? »

« Hein ? Nous oublier si vite est une petite insulte, tu ne trouves pas ? Ne me dis pas que tu as aussi oublié ta dette envers la Familia Lisitsa », a dit l’un des hommes.

Le symbole du groupe armé qui nous avait pris en embuscade l’autre jour était fièrement affiché sur sa poitrine.

Il n’y avait pas de doute, ces hommes appartenaient au même groupe qui nous avait attaqués. Je ne m’attendais pas à les trouver aussi facilement.

« Sérignan, prépare-toi. Nous allons nous battre. »

« Comme vous le souhaitez, Votre Majesté. »

Elle se prépara à sauter du chariot, l’Essaim Éventreur se prépara aussi.

« J’ai entendu dire que tu as fait vivre l’enfer à notre patron l’autre jour. Prêt à payer le prix fort maintenant ? Ne crois pas qu’on va te donner une mort facile. On va t’arracher jusqu’à la dernière pièce et te battre si fort que tu nous supplieras de te faire sortir de là… »

Les paroles du frère du ruffian, membre de la Familia Lisitsa, avaient été coupées par la vue de Sérignan et de l’Essaim Éventreur qui bondissaient du chariot et se préparaient au combat.

« Haaah ! »

Sérignan défit sa Mimesis, exposant la moitié de son Essaim.

Elle déplaça son épée longue, qui trancha la gorge d’un des membres de la Familia. Il s’était effondré sur le sol, crachant du sang. Aux côtés de Sérignan, l’Essaim Éventreur continua à se battre avec vigueur. Avec Sérignan dans son dos, celui-ci était protégé, coupant librement six ou sept ennemis avec ses faux et ses crocs.

« Hein !? Qu’est-ce que c’est que ça ? D’où viennent ces monstres ? »

Le commandant apparent de la Familia Lisitsa s’était figé lorsque Sérignan fixa sa lame contre sa gorge.

« Bouge et tu meurs », dit Sérignan en le regardant froidement.

« Notre reine a quelque chose à te demander, bâtard. Tu serais bien avisé de répondre. Si tu ne le fais pas, ta vie sera perdue. »

Elle tourna les yeux vers moi.

« Salut. »

Je m’étais approchée de lui avec un faux sourire.

« Alors tu es de la Familia Lisitsa, n’est-ce pas ? Vous avez attaqué cette voiture il y a un moment, tu t’en souviens ? »

« Qui diable êtes-vous ? On n’a rien contre vous, on veut juste cet esclavagiste. Ne vous mêlez pas de nos affaires. »

Il semblait ne pas bien comprendre sa position.

« Oh, c’est notre affaire, d’accord. Sérignan ? »

« Oui, Votre Majesté. »

Sérignan lui planta son épée dans le corps. Il n’y avait pas besoin d’indices verbaux, la conscience collective lui transmettait directement mes ordres.

« Ah, aaah, aaaah ! »

L’homme de la Familia Lisitsa poussa une série de cris pathétiques.

« Je vais demander à nouveau. Votre Familia a-t-elle attaqué une voiture qui est passée par ici il n’y a pas longtemps ? »

« Oui, oui, c’était nous ! »

Finalement, le voyou avoua.

« Le patron a mené certains de nos hommes, et ils ont essayé de mettre la chose à sac ! Mais ils ont été touchés, alors ils se sont enfuis ! Le patron voulait se venger, c’est pour ça qu’on est venus chercher le deuxième round ! »

Il nous avait dit beaucoup de choses. Apparemment, leur patron avait renforcé la sécurité de leur manoir et avait rassemblé des forces pour nous attaquer. Il avait aussi mis à prix la tête de mon animal de compagnie. Il avait continué à bavarder, me disant des choses que je n’avais même pas demandées. Apparemment, sa loyauté envers son patron n’avait pas duré longtemps.

« Est-ce tout ce que tu sais ? »

« C’est… c’est tout. Alors, allez, s’il vous plaît. Je ne dirai à personne que je vous ai rencontré ici, alors laissez-moi juste… »

En une fraction de seconde, Sérignan lui trancha la tête.

« Bon travail, Sérignan. »

« Je suis honorée, Votre Majesté. »

Il était inutile de le garder en vie une fois qu’il avait rempli son but. Si nous l’avions laissé en vie, j’étais sûre qu’il serait allé ailleurs et aurait agité sa langue, tout comme il l’avait fait pour nous.

« Chargeons leur manoir. Je doute que le fait d’écraser une organisation criminelle me pèse terriblement sur la conscience. Je crois qu’il est temps de procéder à un bon vieux massacre à l’ancienne. »

Cela étant décidé, j’étais retournée au chariot avec Sérignan et l’Éventreur. J’étais sur le point de commettre un massacre, mais je n’avais pas ressenti la moindre culpabilité. Ces salauds avaient tué l’un des nôtres, et je ne pouvais pas leur pardonner, même si la conscience de l’Essaim tombé s’attardait au sein du collectif.

« Sérignan, Éventreur. Vous allez massacrer tout le monde dans ce manoir. Il n’y a personne qui vaille la peine d’être laissé en vie là-dedans. Arrachez leur tête. Peignez les murs en rouge avec leur sang. Cela s’applique même si certains d’entre eux ont du sang vert. »

« Compris. Tout se passera comme vous l’avez ordonné, Votre Majesté. »

Comme je l’ordonne, hein ?

Avant que je ne fasse partie de la conscience collective, ces ordres auraient certainement été les miens. À l’époque, je craignais aussi de commettre un meurtre, car la culpabilité m’aurait probablement écrasée. Maintenant, cependant, je faisais partie de l’essaim, et le feu de leur volonté avait été allumé en moi. Je ne ressentais plus de culpabilité, je ne ressentais plus de peur.

La seule chose qu’il me restait à craindre était l’absence de ces émotions très humaines.

Nous avions continué notre route jusqu’à ce que nous atteignions un grand domaine. Le manoir de la Familia Lisitsa était un lieu sordide qui sentait l’ostentation et la prospérité vulgaire.

Il était temps de commencer notre raid.

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