Je déteste être marié dans un monde imaginaire ! – Tome 4 – Chapitre 3 – Partie 2

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Chapitre 3 : Gros plan !

Partie 2

Quelque chose ne va pas avec Ken. Bien sûr, il a toujours l’air d’irriter tout le monde, mais il y a quelque chose de plus… urgent.

Je crois que ça a commencé quand on a quitté Aroahenn. J’étais un peu occupée après l’attaque des scarabées, mais maintenant c’est clair comme de l’eau de roche. Il voulait augmenter les gains en PMA et la façon dont il regardait les traces de pas me disaient qu’il s’attendait à ce que quelque chose de mauvais se produise et qu’il ne voulait pas me dire quoi.

Mais peut-être qu’il l’a dit à quelqu’un d’autre.

Il est hors de question que cela soit Rine-chan puisqu’elle est trop ouverte, alors il ne reste qu’Arako, qui vient de me rejoindre à l’arrière. Demandons-lui d’une voix douce. « Arako, que cache Ken ? » Pas besoin d’être subtil, je ne peux pas bien lire le visage d’Arako et, même si je connais la plupart de ses mouvements d’oreilles, il est toujours difficile d’appliquer cette connaissance dans une conversation réelle.

Ses oreilles se redressèrent, et cela voulait dire qu’elle est alerte. « De quoi parles-tu, Momo ? »

J’avais regardé Ken, dont le dos s’était aussi redressé. Il avait de bonnes oreilles grâce à sa classe de Ranger. Je ne suis peut-être pas capable de bien lire Arako, mais je peux le lire comme un livre, même par-derrière. C’est comme ça que j’ai appris à le connaître.

Donc il l’avait dit à Arako.

« Arako, Ken est peut-être un idiot, un voyou et une ordure, mais il sait si quelque chose ne va pas. Et il est nul pour le cacher, » je veux savoir ce qu’il sait.

Arako se tortilla l’oreille, mais je crois que son autre oreille tremblait un peu. « Momo, je ne suis pas sûre, si c’est le moment d’en parler. »

Tant que Ken ne comprendra pas que je sais qu’il nous écoute, il attendra probablement le dernier moment avant de nous interrompre. Je n’avais donc qu’à interroger Arako indirectement. « Quelqu’un nous suit-il ? »

J’observais la réaction de Ken : il s’était légèrement crispé l’épaule. Rine-chan lui cogna la tête en se demandant pourquoi il avait fait ça.

Donc j’avais raison.

« Comment en es-tu arrivée à cette conclusion ? » Arako essayait de le cacher, mais même moi, je voyais à quel point elle était mauvaise à ça. Ses aptitudes sociales étaient aussi sous-développées que celles de Ken, sa voix tremblait légèrement et elle refusait de me regarder dans les yeux. Au moins, elle gardait le volume bas.

« Chaque fois que Ken s’inquiète de quoi que ce soit, c’est à cause de sa paranoïa, mais parfois, il a peut-être raison, » déclarai-je.

Ah, il se sent irrité et est sur le point de couper dans la conversation, mais il se retient de peu.

Je sentais les coins de mes lèvres se lever. C’est bon que Ken soit sur les nerfs, quand il m’écoute. « Alors, de quoi parlons-nous ? Ss’rak ? D’autres héros ? Quelqu’un de la famille Feuerberg essayant de récupérer Rine ? Alfar ? Il avait l’air inquiet pour eux. Des démons ? » Pour quelqu’un qui n’était dans ce monde que depuis quatre mois, c’était déjà une sacrée liste. « L’Oni ? Les écureuils ? »

Sérieusement ? Arako s’était juste écrasée, pendant que Ken était en train de « phew ». J’avais touché dans le mile avec les écureuils en forme de panda. Si je considérais la bagarre avec l’Oni, ça ne devrait pas me surprendre.

Mais il y a deux questions importantes : pourquoi ne peuvent-ils pas laisser tomber ? Et pourquoi avons-nous une vraie raison de nous inquiéter pour les écureuils ?

Ahh, ce monde est fou.

« Alors Arako, qu’y a-t-il ? » demandai-je.

« Je…, » Arako était certainement inquiète de ce qu’elle devrait me dire. Je devais me rappeler qu’elle essaie d’être amie avec Ken, donc elle ne veut rien faire qui pourrait tout gâcher. Mais ça ne veut pas dire que je ne compte pas pour elle.

C’est pour ça que j’avais laissé une porte de derrière s’ouvrir. « Si tu ne peux pas me le dire, Arako, ne le dis pas. Je le lui demanderai plus tard. »

Les oreilles d’Arako se détendirent. Je ne savais même pas avant de le voir que c’était possible. « Merci, Momo. »

« Il n’y a pas de quoi, » Ken était encore tendu. Non, en fait, il était encore plus tendu, car Rine rapprochait sa main de son estomac, voulant autant de contact corporel que possible humainement.

Qu’est-ce qu’elle lui trouve ? Il ne l’aime même pas. Rine-chan est vraiment trop bien pour lui. Elle est gentille, peut-être un peu égoïste parfois, mais autrement désintéressée. Elle a du talent, du style et de la royauté, à propos de tout ce qui la place bien au-delà de n’importe quelle fille que Ken devrait être capable d’avoir.

Mais pour une raison quelconque, elle croit qu’elle l’aime.

Quel genre de fille serait au niveau de Ken ?

Peut-être l’une des vilaines, qui n’a aucune qualité rédemptrice ?

Ou peut-être une grosse, c’est plus du genre « à la maison » ?

Non pas qu’il commencerait à sortir avec l’un d’elles par lui-même, mais ce sera plus, que ses parents lui demanderont de faire plusieurs entretiens de mariage, afin qu’ils puissent se débarrasser de lui.

C’était ainsi puisque je ne peux pas imaginer Ken devenir autre chose qu’une personne, qui vit de ses parents.

Quelque chose comme la honte de la famille… Ken est fils unique, non ?

Je ne sais pas. Il sait que j’ai un frère cadet, mais je ne sais même pas s’il a des frères et sœurs. Ça ne m’intéressait pas tant que ça, mais je devrais peut-être lui parler de sa situation familiale. Comment est sa mère ? Comment peut-elle supporter un fils comme ça ?

Si l’on regarde à quel point il est incapable de gérer les contacts physiques, il se peut qu’il ne soit pas seulement un enfant unique, mais qu’il n’ait plus qu’un seul parent, très probablement son père.

Ce n’est toujours pas une raison pour devenir un crétin.

Je dois vraiment savoir quelle est sa situation familiale, mais ce n’est peut-être pas la meilleure façon de le lui demander. Bien que nous nous soyons un peu rapprochés, ce n’est pas comme si nous étions amis.

Je devrais peut-être profiter de l’occasion pour demander à Arako quand il n’est pas là. Elle sait peut-être ce genre de choses, Ken et elle se sont souvent parlé. Cela concernait surtout le système des héros, mais je suis sûre qu’il y avait aussi eu des conversations sur d’autres sujets.

Oui, demander à Arako pour Ken semble être une bonne idée.

Franchement Rine-chan ! Je ne sais pas si ton armure bloque la sensation, mais il semble que tu essaies de mettre son bras entre tes seins. Te sens-tu bien avec lui ?

Parfois, je ne sais pas jusqu’où Rine-chan a mûri.

Elle semble connaître le sexe, mais je n’ai pas le sentiment qu’elle a vraiment des désirs sexuels. La façon dont elle s’accroche à lui a l’air si… indécente.

Je ne vois pas le visage de Ken, mais son corps me dit qu’il est un peu excité.

Rine-chan est une belle fille, même moi je dois le dire, et je pouvais à peine distinguer les gens de ce monde au début, et encore moins déterminer à quel point ils sont beaux.

Je suis toujours une beauté japonaise, donc je n’ai pas à avoir honte.

Mais chaque fois que Ken la regarde, il semble irrité, mais aussi un peu content.

Quand il me regarde, d’habitude, il est juste énervé.

Ah, mon apparence souffre d’être dans ce monde. Je n’ai pas de produits de beauté, alors mes cheveux ont commencé à devenir un peu traînants, mes lèvres sont sèches, tout comme ma peau.

Même si je n’aimais pas les cosmétiques et l’apparence tape-à-l’œil dans notre monde, je n’ai pas les besoins de base en ce moment, alors je devrais peut-être y mettre plus d’efforts.

Shampooing. Je veux du shampooing au lieu du savon local. J’ai fait quelques expériences quand j’apprenais l’herboristerie, mais jusqu’à présent, je n’ai pas confiance en mes résultats.

Maintenant que j’ai fait mes classes, je devrais réessayer. Une crème hydratante… Comment je fais ça ? Peut-être que je devrais demander à Ken, pour une raison ou une autre, il sait ce genre de choses.

Non. Je ne ferais pas mieux.

―○●○―

« Phew. » Nous faisions actuellement une pause. Je voulais enlever mes bottes parce que mes pieds étaient bizarres, ou sortir de mon armure, car je transpirais comme un fou, mais ce n’était qu’une courte pause. J’avais alors bu dans une gourde, Kyou-san et Ara-san étaient en ce moment absentes, très probablement pour aller pisser.

Non pas qu’il serait difficile de les voir, si je regarde autour de moi, la zone ne couvrait toujours pas bien, même si ce n’est pas exactement une plaine. C’est juste une prairie étrange, qui n’a rien d’autre.

« Puis-je en prendre une gorgée ? » j’étais assis sur un tabouret et Rine était sur mes genoux. Elle me demanda ça en se tournant vers moi, faisant bouger les fesses sur mes cuisses, ce qui était un peu excitant. Mais je pense que je m’y suis habitué, je l’avais déjà laissée s’asseoir sur mes genoux une fois par jour pendant plusieurs semaines.

« Bien sûr, » je lui avais donné la gourde et elle avait bu dedans.

 

Vous gagnez 1 PMA.

Un baiser indirect peut être aussi romantique qu’un baiser normal, surtout s’il est involontaire. Cela montre à quel point il est naturel de tout partager.

 

« *Toux, toux* » Rine s’étouffa avec l’eau. Je l’avais frappée plusieurs fois. « Merci. » Ses yeux étaient un peu larmoyants. « C’était une surprise. Je lus baiser et puis… »

« C’est un baiser indirect, » déclarai-je.

« Qu’est-ce que c’est ? » Les gens de ce monde ne connaissent-ils pas les baisers indirects ?

C’est un monde imaginaire, alors pourquoi auraient-ils du bon sens japonais ? « C’est l’échange de salive indirectement. Comme lorsqu’on boit dans le même contenant ou avec la même fourchette. Quelque chose comme ça. »

« Mais ce n’est pas un baiser, » déclara Rine.

« Je sais, » répondis-je.

Rine s’était mis ses doigts sur ses lèvres. Puis elle me regarda en face.

Non, pour être précis… « Je sais ce que tu penses, et ça n’arrivera pas ! »

« Mais chéri —, » déclara Rine.

« Et ne me “chéri” pas ! Sérieusement… arrête. Arrête de chercher. Arrête de mettre ton bras autour de moi, arrête —, » déclarai-je.

 

Vous gagnez 1 PMA.

L’endroit préféré de votre femme pour s’asseoir est toujours vos genoux.

 

Voyant le signal que la séance était terminé, j’avais repoussé Rine. Elle avait atterri sur ses pieds et semblait insatisfaite, tout en caressant ses lèvres.

J’avais un peu froid. Le système PMA avait mis une idée horrible dans la tête de Rine, et c’est moi qui devais payer pour ça.

Il n’y avait qu’une seule chose que je pouvais faire, et je l’avais déjà fait plusieurs fois sans résultat : « Rine, nous sommes maudits, non ? »

« Oui ? »

« Donc on n’est pas mariés. Parce que si nous sommes mariés, nous serions de méchants pécheurs, violant la loi divine, et des criminels, méritant la peine de mort, non ? » demandai-je.

« … oui ? »

« Fondamentalement, il n’y a pas de romance dans la relation entre nous deux, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Il y en a un, » répliqua Rine.

« Non, il n’y en a pas ! »

« Il y a, il y a, il y a, il y a ! Kenta, je —, » commença Rine.

« NE FAIS PAS ÇA ! » J’avais mis ma main plate sur sa bouche. « Ne le dis pas, » dès qu’elle disait ces mots à voix haute, c'était plus compliqué.

Rine avait pris ma main et l’avait placé sur sa joue en se blottissant contre elle. Ses lèvres se séparèrent, sur le point de dire quelque chose, mais elle ne l’avait pas fait. Au lieu de cela, elle soupirait béatement.

C’est mal à bien des égards. Ça fait mal, d’une façon ou d’une autre. « Rine, c’est juste…, » j’avais capté quelque chose avec mes oreilles, c’était Kyou-san et Ara-san, qui revenaient vers nous. J’avais retiré rapidement ma main, Rine la regarda avec nostalgie, mais je me détournai. « Je vais pisser un coup. »

J’étais passé proche Ara-san et Kyou-san, qui parlaient de quelque chose, mais je ne les écoutais pas.

Mes pensées étaient occupées par Rine.

Je ne l’aime pas, elle est stupidement pure et elle m’attire des ennuis, comme aider les gens et tout ça. La façon dont elle m’admire, c’est gênant.

Pourquoi une fille comme ça pense-t-elle qu’elle est amoureuse de quelqu’un comme moi ?

Elle m’avait dit que j’étais son homme idéal, mais je savais qu’elle et moi ne sommes pas faits l’un pour l’autre et qu’elle devrait le savoir aussi. Qu’est-ce que cette fille, ou n’importe quelle fille pourraient voir en moi ?

Quelques mots flottaient dans ma tête. Des mots que Kyou-san avait dits quand on venait de rencontrer Rine. Rine-chan, c’est l’inverse : puisque tu ne peux pas décider qui épouser, tu veux avoir des fantasmes romantiques, non ?

C’est vrai. Rine projetait égoïstement ses illusions sur moi.

Je devais la garder dans les parages, sinon la malédiction frappera, mais cela lui faisait penser, qu’elle était dans une histoire romantique.

Elle était comme dans le livre qu’elle m’avait prêté. J’avais commencé à le lire, mais j’en étais encore au début, ce qui n’était pas très intéressant.

Mais en fait, lire quelque chose était une bonne façon d’apprendre les lettres, c’est pourquoi j’avais commencé à le lire.

Je devrais peut-être passer plus de temps avec ce livre, car il pourrait m’aider à comprendre Rine.

Mais pas maintenant, quand on était poursuivis par ces écureuils. Je ne me détendrai pas et je ne lirai pas un livre tant qu’on ne sera pas partis.

Il faudra que ça attende.

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