J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 7 – Chapitre 164 – Partie 2

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Chapitre 164 : La fin de la rage fantomatique

Partie 2

« Pfff! Pfff! Pff! » Il n’avait pas répondu, mais il avait regardé Illsy, qui avait pris le temps de se construire un beau trône d’où il pouvait le regarder comme le roi le ferait pour les champions dans son Colisée.

« Vous vous en rendez compte maintenant ? » lui avais-je demandé et tous mes clones avaient levé les yeux.

En voyant ce mouvement soudain, son regard avait suivi le leur et avait vu mon corps d’origine alors que je descendais du bord et flottais vers mon mari. Mon armure était la puissante qu’il avait fabriquée, et sur ma taille, je portais les poignards qu’il avait faits pour moi. D’un simple regard, on pouvait dire que leur qualité était plus qu’exceptionnelle. Ils étaient puissants, remplis de mana, et pouvaient facilement surpasser ceux des forgerons les plus renommés de ce monde. Ils étaient, littéralement, au-delà de ce qui pouvait être fait avec le niveau actuel de technologie.

Illsy les avait appelés Armure de Puissance et Lames Plasmatiques, et ce n’était certainement pas quelque chose qu’il fallait sous-estimer.

« Vous n’avez jamais eu de chance depuis le moment où j’ai mis les pieds sur cette île. Si vous ne pouvez même pas vaincre mes clones, comment comptez-vous vaincre mon corps d’origine ? » lui demandai-je en le regardant fixement.

Celle qui parlait maintenant était celle qui entourait Illsy de ses bras et regardait cette arène comme une impératrice.

« C’est ridicule… RIDICULE ! » cria-t-il.

« Vous ne méritez pas que mon véritable moi lève son épée contre vous, » lui avais-je dit.

« Je suis indigne de me battre contre toi de toutes mes forces ! ? Ma puissance est suffisante pour paralyser un groupe de Suprêmes ! Je peux tuer n’importe qui ! Alors pourquoi devrais-je avoir peur de toi ? » il m’avait crié dessus.

« Vous avez peur de moi ? Quand ai-je mentionné une telle chose ? » J’avais répondu avec un sourire moqueur, mais ces mots étaient sortis de la bouche de tous les clones qui l’entouraient.

L’elfe avait été surpris par moi et avait regardé autour de nous, mais au moment où son regard était tombé sur nous, il avait fait un pas en arrière et avait regardé sa main tremblante.

« Comprenez-vous maintenant ? » lui avais-je demandé à nouveau.

Il m’avait regardée d’un air fâché. Les doigts qui saisissaient l’épée d’obsidienne s’étaient resserrés autour de sa poignée, et les miasmes noirs qui l’entouraient avaient commencé à se développer. Il commençait à peine à comprendre dans quel genre de situation dangereuse il se trouvait.

« Est-ce que ce… jeu te tiendra occupé encore longtemps ? » demanda Illsy.

En tournant mon regard vers lui, j’avais posé un baiser sur sa joue et j’avais répondu. « Non, c’est le grand final. »

L’elfe sursauta quand il m’entendit et commença à regarder avec inquiétude mes clones.

« [Boost] ! » déclara le premier clone.

« [Boost] ! » déclara le second.

« [Boost] ! [Boost] ! [Boost] ! [Boost] !... » Les clones l’avaient dit l’un après l’autre, leur force et leur vitesse augmentant considérablement même si leur réserve de mana était faible, mais ils n’avaient pas encore fini.

« [Furtivité] ! » elles crièrent toutes en même temps et disparurent de sa vue.

« Qu’est-ce que… ça… ça ne peut pas arriver ! » avait-il dit.

« [Lame de vent] ! » criaient-elles toutes en même temps.

« Hein ? »

Il ne savait même plus comment réagir, car mes sorts lui étaient jetés de toutes parts. La première lame lui avait coupé l’épaule gauche en deux, la seconde lui avait entaillé la joue droite. Puis elles avaient toutes commencé à l’atteindre une par une, le maintenant en place alors qu’ils coupaient profondément dans sa chair. Avec son Armure magique affaiblie, même ce simple sort de base pourrait le tuer s’il était suffisamment renforcé.

Quand la dernière [Lame de Vent] avait été libérée, il ne pouvait même pas tenir son épée dans sa main et encore moins se lever. L’elfe saignait terriblement, et dans cet état, je doutais fort qu’il puisse être sauvé sans l’aide de mon mari.

« C-Cela… Je… t’aurais… pour ça… Je te ferai… payer…, » il avait réussi à cracher ça à travers le sang et les larmes.

« Payer ? Vous vous trompez. Celui qui doit payer maintenant n’est autre que vous, Monsieur Personne. Vous m’avez pris ma vie à l’âge de dix ans et m’avez craché au visage alors que je luttais pour survivre. Vous allez payer pour tout cela… pour toutes ces années. » Je lui avais dit cela d’en haut, comme une déesse qui regardait en bas le mortel pathétique qui était en dessous d’elle.

« Keh... Essaies-donc ! » cria-t-il.

« Très bien. » J’avais fait un signe de tête.

C’est à ce moment que tous mes clones lui avaient sauté dessus, perçant son corps avec leurs poignards et leurs épées. Il avait regardé, impuissant, pendant que je l’embrochais. Il y avait eu un sursaut un moment avant que les lames ne le transpercent. Il avait probablement essayé de sauter hors du chemin, mais je m’étais assurée avant de lui couper les muscles et les tendons. Il ne pouvait pas bouger, même s’il le voulait.

« Kuh ! Kah ! » il cracha une bouchée de sang en me regardant avec ressentiment.

« Comme je l’ai dit… vous n’êtes pas digne que mon humble personne se batte contre vous. Mourrez en sachant que vous n’avez même pas pu me faire une seule égratignure malgré la vantardises de dieu que vous aviez, » lui avais-je dit avec un rictus froid.

« T-Tu…, » dit-il, mais alors, deux de mes clones l’avaient frappé en plein dans les tempes, lui écrasant la tête et le tuant pour de bon.

J’avais laissé son corps tomber sur le sol, sans vie et sans tête. J’avais alors lancé une boule de feu dessus et je m’étais retournée pour regarder Illsy.

« C’est fini maintenant… »

« Bien… Maintenant, que veux-tu faire de cet endroit ? » me demanda-t-il.

En sautant sur le sol en dessous, je m’étais approchée d’une des bibliothèques et j’avais commencé à absorber les livres dans mon Cristal de Stockage.

« Absorbe cette île, Illsy. Il n’est pas nécessaire qu’elle devienne le nouveau quartier général d’une civilisation criminelle quelconque. Avec ça… la Guilde de la Rage fantomatique n’est plus, et avec la mort du Maître de la Guilde, tous ceux qui sont sous sa malédiction vont lentement mourir, » lui avais-je dit, et un petit sourire était apparu sur mes lèvres. « Tu sais, quand j’ai activé ma malédiction parce que je suis allée à l’encontre de mes ordres, je pensais que je pouvais me précipiter vers le Maître de la Guilde pour qu’il annule ma mort imminente, mais tout bien considéré, je doute sincèrement que je puisse réussir à temps. Trouver cet endroit n’a pas été facile, après tout… » J’avais regardé le ciel nuageux.

Une tempête se préparait à l’horizon, comme en témoignent les nuages qui s’assombrissaient de plus en plus à chaque seconde qui passait.

« La malédiction d’Ayuseya était similaire, mais la sienne a été lancée avec l’aide de la magie noire. Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion d’étudier ta malédiction, Shanteya, mais je me demande si c’était le cas. Il aurait pu faire en sorte qu’il y ait des personnes qui puissent le représenter et annuler l’exécution provoquée par la malédiction, » m’avait-il dit.

« Il est trop tard pour lui demander maintenant de toute façon…, » avais-je dit et j’avais jeté un coup d’œil à ses restes. « Illsy… comment va Ayuseya ? » lui avais-je demandé.

« Elle est… en train de se remettre, » répondit-il en fermant les yeux un instant.

Son silence en disait long. Le voyage à Teslov n’était certainement pas un voyage de loisirs, et voir le vrai visage de son pays d’origine pour la première fois de sa vie lui avait fait un choc. Lorsque nous étions à Illsyorea, j’écoutais souvent les rumeurs sur Teslov, mais lorsque je l’abordais à ce sujet, elle trouvait souvent autre chose à faire juste au bon moment. Ayuseya avait évité tout lien avec cet endroit, c’est pourquoi je ne pouvais que deviner combien il devait être difficile pour elle d’intervenir et de faire face à la vérité qui lui avait été cachée toutes ces années.

« Bachus et Anette me manquent…, » avais-je dit à Illsy.

« Tu les verras bientôt, » m’avait-il dit, alors qu’il m’embrassait.

Une fois notre petit moment passé, j’avais annulé tous mes clones, et ma réserve de mana était revenue à sa taille initiale. La première chose que j’avais faite a été d’absorber dans mon Cristal de Stockage tous les livres du bureau du Maître de Guilde, puis ceux de sa chambre personnelle. Cette pièce était située de l’autre côté de ce bureau, en suivant un couloir caché derrière une fausse bibliothèque. Elle était plus grande et beaucoup plus spacieuse, avec de grandes portes en marbre menant aux pièces adjacentes sur les côtés gauche et droit de celle-ci. L’une menait à son armurerie personnelle, une autre à sa collection de vêtements provenant de diverses parties des trois continents, il y en avait une pour sa trésorerie personnelle, qui n’était en aucun cas modeste. Il y en avait une autre qui menait à son laboratoire d’alchimie personnel, où il concoctait ses nombreux poisons et antidotes. Il y avait aussi une salle des esclaves, où j’avais trouvé sept femmes qui ne portaient que des haillons.

Elles avaient l’air blessées, alors j’avais demandé à Illsy de les soigner, mais ce qu’il m’avait dit ensuite était plutôt choquant.

« Regarde les marques de trou sur les côtés gauche et droit des tempes. Elles ont été lobotomisées… Maintenant, elles ne sont plus que des légumes humains, » il parlait d’un ton triste, mais d’après son regard, ce n’était pas la première fois qu’il voyait quelque chose d’aussi terrible que ça.

« N’y a-t-il pas moyen de les soigner ? » avais-je demandé, en éprouvant un peu de pitié pour ces pauvres femmes.

« Non. J’ai beaucoup appris sur le corps humain au fil des ans, mais la façon de restaurer quelqu’un de cet état n’en fait pas partie. Eh bien, ce n’est pas impossible, mais…, » dit-il en s’agenouillant à côté de l’une d’elles et en levant le menton. Il n’y avait derrière lui qu’un regard vide qui manquait de l’étincelle d’une âme. « Je ne sais pas si elles seront les mêmes qu’avant ou un tout nouvel individu… que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, » il me regarda.

« Qu’en est-il de leurs souvenirs ? » avais-je demandé.

Illsy avait secoué la tête. « Cette lobotomie, d’après ce que je peux voir, a été faite d’une manière qui aurait stupéfié même les neurochirurgiens de la Terre. Le cortex préfrontal, qui est responsable du processus cognitif de haut niveau, a été plus ou moins extrait. Bien que vous n’en mourriez pas, votre capacité à inhiber certaines impulsions et la capacité globale de penser deviendrait presque impossible. Si elles passaient également par d’autres processus de modification mentale, alors quoique je fasse, je ne pourrais pas les ramener à la normale. Il serait plus simple de leur retirer leur cerveau et de le remplacer par un nouveau, » avait-il expliqué.

Si c’était quelque chose que même Illsy ne pouvait pas guérir pour le moment, alors plutôt que de les laisser vivre comme des légumes pour que d’autres puissent en faire ce qu’ils veulent, il serait bien mieux de mettre simplement fin à leurs souffrances.

« Veux-tu bien t’écarter ? » lui avais-je dit.

Quand il m’avait regardée dans les yeux, il avait compris ce que j’avais l’intention de faire, alors il n’avait pas essayé de m’arrêter.

J’avais sorti une dague de mon cristal de stockage et je l’avais utilisée pour détruire complètement leur cerveau en un seul coup. Elles avaient été tuées sans souffrance, et leurs âmes avaient été libérées pour être soignées par les dieux d’en haut. C’était le mieux que nous pouvions faire pour elles. C’était notre façon de leur montrer de la pitié.

Puis, quand tout avait été terminé, j’avais pris tous les documents et les livres que l’ancien maître de guilde avait dans ses quartiers privés et j’étais ensuite remontée à la surface. Illsy m’y attendait, assis sur un rocher et regardant vers les rochers déchiquetés qui protégeaient cette île. Il était plutôt beau comme ça, et je ne pouvais pas m’empêcher de fixer ses yeux concentrés, mais mon regard s’était alors porté sur la crête de son nez, ses joues lisses et son menton viril. J’avais senti mon cœur battre plus vite alors que mon regard suivait la courbe de sa nuque, de ses vêtements puis de ses bras forts.

Après tant de semaines passées sans être tenues par lui, ne serait-ce qu’une seule fois, j’avais réalisé que c’était la plus longue période de séparation que nous ayons passée depuis ce jour propice où mon groupe d’assassins avait été envoyé à Fellyore.

Il n’était pas faux d’admettre son étreinte me manquait. Il en était de même de ce sentiment de protection et de désir dont il m’avait comblée. Si je pouvais encadrer cette image de lui et la vendre ensuite sur le marché, je pense que toutes mes sœurs-épouses finiraient par se battre dans une vente aux enchères pour l’obtenir, tandis que les nobles dames de tous les pays baveraient en la regardant.

Mais je ne serais pas surprise que cet effet hypnotique ne touche que les rares d’entre nous qui portons le titre de son épouse. Franchement, maintenant, est-il possible que la façon dont nous regardons notre beau mari soit la même que celle dont il nous regarde ? Je m’étais posé la question et, avec un doux sourire sur les lèvres, je m’étais approchée de lui.

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