J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 6 – Chapitre 112 – Partie 1

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Chapitre 112 : Shanteya et Keltaru

Partie 1

[Point de vue de Shanteya]

Je ne pensais pas qu’Illsy suggérerait de se séparer de cette façon. Cela n’avait aucun sens pour moi parce que nous aurions tout aussi bien pu nous rendre à Nasat et acheter les marchandises que Tamara cherchait, puis aller à Argos pour libérer Keltaru, Soleya et Neya. Nous aurions aussi pu continuer jusqu’à Ilia et les libérer là-bas…

Cette séparation n’avait aucun sens, même du point de vue du gain de temps. Nous n’étions pas pressés et ce n’était pas comme si quelqu’un ou quelque chose nous pourchassait. Si Illsy en avait envie, au port Ilia, il pouvait tourner à gauche et se diriger vers le Port Dravis. C’était la même chose pour nous.

Non, la raison pour laquelle nous nous étions séparés comme ça devait être Keltaru et moi…

Bien que je l’aie remarquée, je n’avais jamais pensé à demander si nous étions vraiment de la famille. J’avais depuis longtemps perdu tout espoir de revoir mes parents. En plus, qu’est-ce que j’allais leur dire ?

Avant de rencontrer Illsy, j’avais été formée comme assassin et utilisée par des hommes de toutes formes et de toutes tailles. Je n’étais pas une pute parce qu’ils ne me payaient pas. C’était la règle à l’intérieur de la Guilde de la Rage fantomatique : les femmes devaient permettre à n’importe quel homme de les utiliser. Cela faisait partie de notre formation… Après tout, la plupart des femmes allaient tuer leur cible au lit.

Lorsqu’il s’était agi d’être enlacé par ces hommes ou par mes cibles, aucun d’entre eux ne pouvait me faire prendre plaisir à l’acte que nous avions fait. Tout le monde se comportait comme un animal sauvage. La plupart d’entre eux avaient fini trop vite et étaient terriblement peu qualifiés.

Ayuseya, Nanya, Tamara et Zoreya avaient eu la chance de ne jamais avoir la chance de voir comment d’autres hommes faisaient l’amour à une femme. C’est quelque chose que je leur avais aussi dit et que je leur avais décrit en n’omettant pas les détails douloureux à quel point mes anciens partenaires n’étaient pas compétents, peu importe s’il s’agissait d’assassins ou de nobles qui tombaient follement amoureux de moi juste pour être tués le jour suivant.

Illsy… Illsy n’était pas comme eux. Quand il m’avait prise dans ses bras, je me sentais comme une fleur caressée par la brise de l’été. Quand il m’avait embrassée, il m’avait laissée savourer le goût et la sensation de simplement fondre dans ses bras. Quand il me regardait dans les yeux, je voyais mon reflet en eux, pas celui d’une autre femme, pas un désir de simple luxure, ou un sentiment de domination, je voyais l’amour et le désir ardent de me chérir. Quand il me murmurait à l’oreille, je l’avais senti toucher mon cœur et mon âme.

Chaque moment passé avec lui avait été passionnant, chaud, émotionnel et enrichissant. Il ne s’agissait pas de lui apporter du plaisir, mais de se faire plaisir.

Dans ses bras, je me sentais précieuse, aimée et appréciée… Je sentais comme je croyais que chaque femme devait se sentir dans les bras de son amant, et mon opinion était aussi partagée avec mes sœurs-épouses.

C’est pourquoi, si je rencontrais mes parents maintenant, je leur dirais simplement que j’avais été sauvée par Illsy et je ne ferais que partager avec eux mes aventures avec lui et ma nouvelle famille plutôt que de me souvenir du passé de la Poupée cassée.

« Maîtresse Ayuseya, je ne comprends tout simplement pas… Quel est le niveau de force de cet homme, Illsyore ? Est-il vrai que c’est votre mari ? Je m’excuse, mais… Je ne comprends tout simplement pas. » Keltaru secoua la tête en disant ces mots.

Le garçon doit être très confus. On ne lui a pas déjà dit qu’il était notre mari ? pensais-je qu’en gardant les yeux sur la route.

Conduire le MCV n’était pas si dur. J’avais juste besoin de faire attention aux trous et aux bosses sur la route. Celle qui était à côté de moi était bien sûr Ayuseya, et les trois autres étaient assis à l’arrière.

En la regardant, la draconienne m’avait regardée en réponse, et nous avions toutes les deux cligné des yeux, surprises.

Ayuseya avait gloussé et avait répondu. « Oui. C’est le seul homme que j’aime et que je chéris. Le seul mari pour qui je n’hésiterais pas à faire tomber même la totalité de Paramanium et Teslov, » elle se retourna et lui montra un doux sourire, mais ses derniers mots étaient froids comme de la glace.

Il y avait de la confiance dans ses yeux, mais ce n’était pas celui d’une femme folle amoureuse, mais d’une Super Suprême qui était consciente de ses propres limites et de la pleine puissance de son ennemi.

« Trahiriez-vous Teslov pour lui ? » demanda Keltaru en déglutissant.

« Il ne s’agit pas de trahison parce que je n’ai jamais été vu par ce Royaume comme autre chose qu’un outil jetable dans le but de faire des bébés. Sans Illsyore, je serais morte il y a longtemps et je n’aurais jamais su ce qu’est le bonheur. Teslov m’a offert la chance d’être un sacrifice pour une famille qui ne m’a jamais aimée, et Illsy m’a offerte la liberté, le bonheur, le pouvoir et une famille qui m’aime, » dit-elle en souriant et me toucha doucement la main.

J’avais répondu avec un doux sourire.

Keltaru ne savait pas trop quoi dire, mais c’est Neya qui avait demandé. « Comment pouvez-vous être sûre qu’il ne vous a pas piégé ? »

Ayuseya la regarda et lui répondit. « Pourquoi le ferait-il ? »

« Vous êtes princesse, n’est-ce pas ? Cela lui apporterait beaucoup de richesses et de terres… et d’influence… et de puissance militaire ? » elle avait essayé de trouver une raison valable, mais cette femme n’était pas une idiote, elle avait compris la position fragile dans laquelle se trouvait Ayuseya.

« Il n’y a rien que Teslov ne puisse lui donner qu’il n’ait déjà. D’ailleurs, j’ai vécu avec cet homme depuis la dernière fois que nous nous sommes vus à l’Académie Fellyore. Je peux vous dire avec certitude qu’il ne s’est jamais intéressé à moi pour mon statut ou ma richesse, seulement pour moi en tant que femme, » lui dit-elle d’un ton calme.

En effet, dire que le Seigneur du Donjon divin Illsyore qui pouvait « manger » des îles entières avait besoin de quelques caisses d’or était un peu ridicule, mais cela m’avait donné une idée.

« Vous connaissez Savannah ? » leur avais-je demandé.

« Oui, bien sûr, » répondit Keltaru.

« C’est une femme humaine très intelligente, et j’ai vu à quel point elle chérit l’enseignement aux autres, » Neya hocha la tête.

« Et bien qu’elle soit née à Paramanium, elle ne fait pas de distinction entre les espèces, » dit Soleya.

« C’était une esclave qu’Illsy a achetée à Kantor, » leur avais-je dit.

« C’était une esclave !? » Keltaru était le plus surpris.

« Mais pas seulement une esclave ordinaire. Son collier a été enchanté différemment du vôtre, et elle a même été marquée d’un tatouage qui l’a rendue incapable d’utiliser ses connaissances ou son pouvoir. C’était une esclave plus adaptée aux bordels qu’en tant qu’institutrice, » expliqua Ayuseya.

« Mais je n’ai pas vu de collier ou de tatouage sur elle ? » avait souligné Soleya.

« C’est parce que mon mari les a enlevés avant qu’on arrive à Polis. Si elle veut quitter notre groupe, elle est libre de le faire à tout moment. Savez-vous combien elle a été achetée ? » demanda-t-elle.

« Non… Euh… probablement quelques milliers de pièces d’or, » répondit Keltaru.

« Au moins 20 000. » dit Neya.

« Je dirais 15 000 ? » dit Soleya.

« Elle a été vendue aux enchères à Illsy au prix de trois millions de pièces d’or, » avais-je dit.

« … »

Ils n’avaient pas dit un mot, mais on pouvait lire le choc sur leur visage. Contrairement à mon stupide mari qui ne voyait pas la différence entre une pièce d’or et 10 000, ils ne le savaient que trop bien. Leurs propres prix en tant qu’esclaves n’avaient même pas atteint ce niveau, et le fait qu’ils aient eux aussi passé entre les mains de nombreux maîtres avant d’être achetés par Ayuseya leur avait laissé un sens profond de l’argent.

Entendre qu’Illsy avait dépensé trois millions de pièces d’or pour un seul esclave et l’avait ensuite libérée avait suffi à briser leur bon sens et même la croyance qu’il était un mauvais individu.

« Trois millions… une telle somme d’argent pourrait lui acheter une ville et il… il l’a juste utilisée pour une étrangère ? » dit Neya qui ne comprenait pas comment quelqu’un pouvait faire une chose pareille.

« C’est pourquoi j’ai dit que Teslov ne peut rien donner à Illsy qu’il ait déjà. S’ils lui donnent de l’argent, il en a assez pour acheter un royaume. S’ils lui donnent des terres, il fera simplement sa propre île. S’ils le protègent, il est beaucoup plus puissant que toutes les forces des trois continents réunis, mais nous nous joindrions aussi à lui dans les combats, ce qui finirait par un massacre total pour nos ennemis, » dit Ayuseya en riant à la fin de ses mots.

« N’est-ce pas un peu exagéré ? Et qu’est-ce qui s’est passé avec la prof Nanya ? Pourquoi ressemblait-elle à ça ? » demanda Soleya en posant les mains sur sa tête, essayant de comprendre tout cela.

Je suppose qu’il ne s’agit pas de comprendre comment cela est possible, mais plutôt de l’accepter comme une possibilité. Quand ils vivaient parmi les gens qui leur disaient que les Suprêmes étaient le sommet absolu, il leur est presque impossible d’accepter que quelque chose puisse être encore plus puissant. Ces trois-là ont tout simplement du mal à accepter la réalité de l’Illsy… C’est tout ce qu’il y a à faire…, avais-je réfléchi et j’avais poussé un petit soupir en gardant un œil sur eux et un autre sur la route.

Étant donné mon état de grossesse actuel, j’aurais pu demander à Ayuseya de conduire le MCV, mais je voulais aussi le conduire. Le bébé n’était pas en danger tant que je ne restais pas trop longtemps au volant ou que je ne roulais pas à grande vitesse sur un terrain très accidenté. Dans une heure ou deux, j’allais changer avec Ayuseya.

« C’est la vraie forme de Nanya. Celle que vous avez vue à l’Académie de Magie de Fellyore n’était rien de plus qu’une forme scellée, » leur avais-je expliqué.

Mais n’en avons-nous pas déjà parlé ? me demandais-je.

« Alors qu’est-ce qu’elle est exactement ? » demanda Soleya.

« Un demi-donjon et un demi-démon, » avais-je répondu.

« A q-qu-qu-quoi… Un quoi !? » Soleya cligna rapidement des yeux et baissa sa tête.

« Fufufufu ! C’est naturel d’être un peu choqué quand on entend ça, » déclara Ayuseya.

« Alors… Alors quand vous avez dit qu’Illsyore était un Seigneur du Donjon, vous disiez la vérité ? Je veux dire, je l’ai vu faire des choses étranges, alors je peux croire qu’il en est un, mais… comment ? » demanda Keltaru.

« Eh bien, il a simplement transformé son corps de cristal, qui était à l’Académie Fellyore, en celui que vous avez vu vous-mêmes. Il a ce genre de pouvoir. De plus, il n’est pas seulement un simple Seigneur du Donjon, c’est un Seigneur du Donjon Divin qui a été nommé par le Dieu de Guerre Melkuth lui-même, » j’avais l’impression qu’elle appréciait le fait qu’elle n’arrêtait pas de briser leur bon sens en morceaux.

« … »

Ils ne s’étaient pas évanouis comme les autres quand ils l’avaient découvert, mais tous les trois n’avaient pas dit un mot de plus. Ils avaient gardé le silence tout en essayant de comprendre ce que nous venions de leur révéler. Pour nous, il s’agissait d’informations sans importance. On ne révélait pas un secret ou une sorte d’information cachée. Une fois qu’Illsy aurait fait son académie, ce genre de chose deviendrait de notoriété publique là-bas.

Puis, une heure plus tard, j’avais arrêté la voiture et laissé Ayuseya conduire. Elle avait dû tirer son siège vers l’arrière pour s’adapter, mais elle avait réussi à le faire à la fin. Au lieu de m’asseoir à l’avant, j’étais allée à l’arrière et m’étais assise dans le fauteuil en face de Keltaru.

Il y avait quelque chose dont je voulais lui parler et si je ne le faisais pas maintenant, je craignais de ne plus jamais avoir l’occasion de le faire.

Environ quinze minutes après qu’Ayuseya ait pris le volant, j’avais décidé d’aller de l’avant et de demander.

« Keltaru. Ton nom de famille est Dowesyl, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé.

« Hein ? Oui, » il hocha la tête et me regarda avec une expression perplexe sur son visage.

« Peux-tu m’en parler ? » lui demandai-je.

« Je peux, mais pourquoi est-ce important pour vous ? » il inclina la tête vers la gauche, confus.

« Connais-tu mon nom complet ? » lui avais-je demandé.

« Non, » il secoua la tête.

J’avais pris une grande respiration et en le regardant dans les yeux, puis j’avais dit. « Shanteya Dowesyl Deus. Mais avant d’épouser Illsyore, je n’étais connue que sous le nom de Shanteya Dowesyl. »

« Quoi ? » Il avait fait de grands yeux quand il m’avait entendue.

« Le peu que je me rappelle de ma famille date de mes dix ans. Je sais que c’était une famille de vicomte dans le royaume de Mondravia sur Sorone, et que mon père s’appelait Nofram et ma mère était…, » avant que je puisse dire, Keltaru avait parlé.

« Elle'machere… Ils sont l’actuel vicomte et vicomtesse, mais j’ai entendu dire que leur fille, ma tante, a été tuée quand elle avait dix ans, » dit-il, surpris.

« C’est comme ça qu’on t’a raconté l’histoire ? » avais-je demandé et j’avais regardé par terre.

Les questions politiques étaient toutes compliquées, mais il était certainement vrai que les assassins auraient pu faire croire que j’avais été tuée par eux afin d’éviter que ma famille n’envoie des équipes de sauvetage à mes trousses.

« Mes parents sont Lorelay Dowesyl, qui est la petite sœur de Shanteya, et Zevrad Dowesyl, qui vient d’une longue lignée de Marquis. Ils sont les héritiers actuels de la famille Dowesyl, » explique-t-il.

« Quand je t’avais rencontré pour la première fois, j’ai soupçonné que tu étais mon petit frère, mais je vois que… ma mère a réussi à donner naissance à ma petite sœur. Lorelay… c’est le nom de la fleur que j’adorais faire des bouquets de fleurs et les offrir à ma mère pour son anniversaire, » avais-je dit avec un doux sourire en me souvenant de ces moments innocents.

« Mère a dit que son nom a été donné parce que sa sœur maintenant décédée aimait ces fleurs… Grand-mère en a même planté un jardin entier en sa mémoire, mais… si vous êtes vraiment ma tante… si c’est vrai alors…, » avait dit Keltaru alors qu’il était submergé d’émotions et qu’il s’efforçait de ne pas le laisser paraître.

« Alors ? » avais-je demandé avec un petit sourire.

« Où étiez-vous passée toutes ces années ? Pourquoi n’avez-vous pas contacté votre famille... Pourquoi ? » demanda-t-il en serrant les poings et en me regardant fixement.

En poussant un soupir, j’avais fermé les yeux, puis j’avais secoué la tête.

« Je n’ai pas pu, » lui avais-je dit.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.
    Shanteya enfant devait être adorable !

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