J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 5 – Chapitre 80 – Partie 2

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Chapitre 80 : Les larmes

Partie 2

« Espèce de petite garce persévérante ! » il avait craché ses mots et avait donné un coup de pied à mon bouclier.

J’avais résisté au coup, et il avait sauté vers l’arrière.

« Peut-être que ça fera quelque chose, » Les Ténèbres dirent ça de loin.

Quand je l’avais regardé, je l’avais vu ramasser un rocher aussi gros qu’une maison. En souriant, il me l’avait jeté sur moi. J’avais immédiatement sauté hors du chemin, mais à ce moment, il avait pointé sa paume vers moi et avait tiré sur son rayon de lumière.

Incapable de lever mon bouclier à temps, j’avais reçu le coup sur l’épaule droite. L’armure avait un peu fondu, mais le laser n’avait pas traversé. C’était suffisant pour causer une terrible brûlure dans cette région, et même pas un instant plus tard, une poussée de douleur s’était précipitée dans mon corps. Ma prise dans ma main droite s’était affaiblie, et à ce moment, Les Ténèbres se précipitèrent vers moi.

Il m’avait percutée à toute vitesse, ce qui m’avait fait perdre l’équilibre et m’avait fait reculer de plusieurs mètres, glissant le dos contre le sol avant que je m’arrête. Avec ma main droite affaiblie par l’attaque précédente, je n’avais pas été capable de tenir correctement mon épée, et elle m’avait échappé.

Luttant pour me relever, j’avais remarqué qu’il me manquait mon arme.

« C’est ça que tu cherches ? » Les Ténèbres souriaient alors qu’il me frappait avec mon épée.

Je l’avais de peu esquivé.

« Normalement, je n’aurais jamais utilisé ce déchet, mais vu les circonstances… Je trouve ça… nécessaire, » il exprima son mécontentement et prit position devant moi.

La posture était celle d’un escrimeur utilisant un sabre. Normalement, je n’aurais pas trouvé étrange si ledit adversaire était un noble d’une maison prestigieuse, mais celui auquel j’étais confrontée était un Seigneur du Donjon qui utilisait une longue épée au lieu d’un sabre.

« En garde ! » cria-t-il, et je levai mon bouclier par réflexe.

Immédiatement, j’avais entendu l’écho du métal frapper le métal.

Une telle vitesse…, avais-je pensé.

« Tch ! » il avait fait claquer sa langue et avait essayé d’attaquer à nouveau, mais une fois de plus, j’avais bloqué son attaque.

Je m’étais retrouvée dans une position défensive complète, sans aucun moyen de riposte. Mon épaule droite était blessée et mon bras droit était engourdi à cause de la douleur. Je transpirais aussi, et mon souffle était rude. Pour ajouter à tout cela… J’étais à court de mana, ce qui me rendait aussi excessivement lente.

Malgré tout, je ne pouvais pas me permettre d’abandonner. En utilisant l’énergie divine de mon dieu Melkuth, je m’étais fortifiée ainsi que mon bouclier, puis je m’étais précipitée vers le Seigneur du Donjon. L’épée avait été bloquée, poussée sur le côté, puis je l’avais frappée au visage.

Une croisé et apôtre comme moi frappant quelqu’un était un spectacle inhabituel, mais qui devait dire que je n’y étais pas autorisée ?

« Guh ! » Les ténèbres gémirent alors que je les envoyais sur le côté.

Si j’étais une femme normale, mon coup de poing ne l’aurait même pas effleurée, mais avec la force d’un Suprême, ce n’était pas drôle.

S’empêchant de tomber, les Ténèbres prirent à nouveau position contre moi. Je m’étais précipitée vers lui avant qu’il n’ait eu la chance de se rétablir et je lui avais foncé dessus avec mon bouclier.

« Espèce d’idiote, » il avait souri alors qu’une goutte de sang sortait de sa bouche.

Je ne comprenais pas pourquoi il disait cela, mais une fois que j’avais baissé les yeux, j’avais réalisé qu’il avait utilisé son faisceau lumineux pour m’attaquer autour du bouclier. Mon côté gauche brûlait et me faisait mal, mais le degré n’était pas différent de la blessure à l’épaule. Pourtant, avec les plaques de métal fusionnant à cette position, j’avais soudainement trouvé ma liberté de mouvement soudainement restreinte.

Avec un sourire sur le visage, Les Ténèbres se levèrent et essuyèrent le sang sur ses lèvres. Il m’avait regardée dans les yeux et s’était préparé à attaquer avec son épée. J’avais levé mon bouclier pour le bloquer, mais il avait visé mes pieds avec son faisceau de lumière. Ma cheville droite avait été touchée.

« Agh !, » j’avais gémi en raison de la douleur.

« Alors tu sais crier ! Charmant ! » dit-il en riant.

C’était une erreur de laisser sortir ma voix, mais ça faisait mal…

Comment puis-je me battre contre lui quand il a ce rayon de lumière et mon épée ? avais-je pensé en luttant contre la douleur.

Une fois de plus, il avait attaqué, mais cette fois, il avait laissé l’épée au sol et m’avait attaquée avec ses coups de poing. J’avais été forcée de compter sur mon bouclier une fois de plus pour empêcher ses attaques de m’atteindre. Sans mon armure magique, j’étais une proie facile.

C’était dommage, mais la capacité défensive que j’avais utilisée lorsque j’avais rencontré Illsyore pour la première fois ne pouvait pas être pleinement utilisée ici. Cette compétence avait imprégné mes défenses existantes d’énergie divine, et je l’avais déjà fait à la fois à mon armure et à mon bouclier. Grâce à elle, le faisceau de lumière n’avait pas pu me traverser directement, mais par rapport à l’époque où j’utilisais le mana également, il était terriblement faible.

L’énergie divine de Melkuth s’était lentement épuisée en moi, certaines avaient été utilisées pour guérir mes blessures, mais la plus grande partie avait été dépensée pour garder le bouclier intact. Sans être apôtre, il n’y avait aucun moyen pour moi de le reconstituer. Une seule prière m’aurait donné un petit coup de pouce, mais comme je l’étais en ce moment… c’était impossible. En plus, c’était dur de se concentrer sur quelque chose comme ça. Il avait fallu beaucoup plus de concentration qu’il n’en avait fallu pour chanter un sort.

Malgré tout cela, c’était une situation où n’importe quel autre Suprême aurait déjà rencontré sa perte, Les Ténèbres se débrouillaient étonnamment bien, mais je pouvais dire qu’elle luttait aussi pour m’atteindre malgré son attitude moqueuse.

Sachant qu’il s’en prenait à moi, je m’étais sentie soulagée d’une certaine façon. Si je pouvais le vaincre maintenant, ce serait ma victoire.

Après son barrage de coups de poing, il avait sauté en arrière et avait repris l’épée.

« Tu sais, tu commences à m’ennuyer. Illsyore n’existe plus, alors pourquoi essayes-tu de te battre contre moi ? » demanda-t-il en me regardant.

« Plus maintenant ? » demandai-je en réfléchissant.

« Oui, tu ne vois pas ? L’assimilation est presque terminée. Bientôt, il ne restera plus un seul morceau de lui ! » dit-il en riant.

Quand je l’avais regardé, j’avais vu que l’œil vert de jade commençait lentement à s’estomper. Illsyore s’en allait…

Cela signifie-t-il qu’il a été vaincu ? m’étais-je demandé.

En fait, cela semblait être le cas. Dans son Esprit Intérieur, Illsyore perdait la bataille contre Les Ténèbres, mais contrairement à avant, j’avais l’impression que cette fois-ci, ça allait vraiment s’arrêter là.

Était-ce la volonté du ciel que je perde ici ?

Avais-je eu tort d’avoir hésité et de ne pas avoir tué Illsyore quand j’en avais eu l’occasion ?

Cette défaite était-elle le résultat de mon manque de foi ?

Question après question, ma concentration s’en trouva perturbée et, profitant de cette situation, les Ténèbres m’attaquèrent une fois de plus, projetant tout son corps dans mon bouclier.

La force était si terrible qu’elle m’avait fait voler vers la barrière. Je m’y étais cognée et j’avais été jetée au sol à cause du recul. Mon bouclier avait failli m’échapper de la main, mais les sangles qui me l’attachaient m’avaient empêchée de le perdre.

Quand j’avais atterri par terre, j’avais entendu un craquement sanglant. J’avais du mal à respirer et j’avais des vertiges. Malgré tout, je ne pouvais pas me permettre d’abandonner maintenant. Je ne pouvais pas me permettre d’être vaincue.

En priant Melkuth, je m’étais poussée à me relever… ou j’avais plutôt essayé. Une vague de douleur m’avait traversée de la main gauche. J’avais l’impression que mon poignet était cassé.

Quelle chance… ! pensais-je, mais j’avais réessayé, mais cette fois, j’avais utilisé ma main droite un peu plus.

Malgré toute ma douleur, je m’étais levée et j’avais levé mon bouclier, prenant une fois de plus ma position contre mon ennemi écrasant.

Ces deux attaques… et moi perdant la maîtrise de ma propre épée… C’est ce qui m’a amenée dans cet état, m’étais-je dit en me souvenant où tout s’était mal passé.

Je ne m’attendais pas à ce qu’il lance son attaque par faisceau lumineux dans des zones autour de mon bouclier, tout comme je ne m’attendais pas à ce qu’il prenne mon épée. Si ce n’était que de la malchance ou du destin, je n’en avais aucune idée, mais pendant que j’y pensais, pendant que je me battais jusqu’à mon dernier souffle avec Les Ténèbres, Illsyore s’estompait lentement.

Que puis-je faire d’autre pour l’aider ? Quoi ? J’avais du mal à trouver une solution, une issue, mais toutes mes cartes étaient entre ses mains.

S’il n’y avait pas de volonté chez Illsyore, il n’y avait aucun moyen de le récupérer.

Bizarrement, c’était peut-être la clé tant recherchée pour résoudre ce désordre. C’est ce dont j’avais besoin pour sortir Illsy de sa dépression… un moyen d’enflammer à nouveau sa volonté.

Comment puis-je le faire ? C’est un humain à l’intérieur, mais pas un humain de ce monde. Je ne connais pas son ancienne vie. Je ne le connais pas si bien que ça… Alors, que puis-je faire ? J’avais réfléchi en voyant Les Ténèbres s’approcher lentement de moi.

Il prenait son temps parce qu’à l’intérieur, il luttait pour détruire Illsyore. Cela m’avait donné quelques secondes pour trouver quelque chose.

Ainsi, j’avais commencé à me souvenir des nombreux champs de bataille sur lesquels j’avais été, peut-être dans ces guerriers qui avaient combattu contre moi ou à côté de moi, j’avais pu trouver quelque chose pour faire étinceler la volonté mourante d’Illsyore.

En premier lieu, pourquoi n’a-t-il pas la volonté de lutter contre les Ténèbres ? Est-ce qu’il nous déteste ? Non… Est-ce qu’il déteste notre monde ? Non… lui est-il arrivé quelque chose ? Non, ou je ne pense pas… C’est peut-être quelque chose qu’on lui a dit ? Mais par qui ? Nanya ? Non, elle est toujours heureuse et impatiente d’être à ses côtés. Est-ce Shanteya ? Non, cette femme l’aime probablement plus que nous toutes ensemble. Est-ce Ayuseya ? Non, elle lui doit sa vie, donc elle ne lui doit jamais rien pour le mettre en danger. Est-ce la petite Tamara ? Même si c’est une nekatare, son intelligence n’est pas une raison pour se vanter. Elle ne devrait avoir aucune raison de faire du mal à l’homme qui a tant fait pour elle… Alors, est-ce que c’est quelque chose que j’ai dit ? Hm… pas que je sache. Alors peut-être… était-ce Les Ténèbres ? Mais pourquoi Illsy le croirait-il ? J’avais pensé à cela et serré les dents, grinçant quand que je n’avais pas trouvé de réponse.

« Crois-tu vraiment que tu as encore une chance de me battre ? » Les Ténèbres demandèrent.

« Qui sait ? » avais-je répondu et j’avais plissé mon front.

Allez, Zoreya, réfléchis… réfléchis… réfléchis… J’avais essayé de faire de mon mieux.

Lâchant un soupir, Les Ténèbres levèrent les yeux. « Tu ne fais pas partie de ses femmes ou de ses esclaves, alors autant que je te dise que je te tuerai. En tant que femme, je ne vois littéralement aucune raison de te garder en vie, tu sais ? » il m’avait regardée dans les yeux et avait souri.

Oui, je ne suis ni sa femme ni son esclave… Que suis-je alors ? Une amie ? Non… Ça… Je suis plus que ça… ou je veux l’être… Ce que je veux être ? J’avais pensé à cela en le regardant, mais ensuite… comme si tous les points étaient reliés, j’avais souri.

« Hm ? » Les Ténèbres me regardèrent et inclinèrent sa tête dans la confusion.

Une issue… mais pas… un moyen de le sauver, mais… ma propre peur a bloqué la vérité… Je soupirai en me souvenant encore une fois qu’en tant qu’apôtre de Melkuth, ancienne ou non, j’étais censée être prête à donner ma vie pour mon dieu à tout moment.

Cela ne voulait pas dire que je n’avais pas peur…

En même temps, tout cela avait un sens quant à ce que je voulais être pour Illsy. Je comprenais que je lui avais dit, ou plutôt, ce que je ne lui avais pas dit, ainsi que ce que je pouvais faire pour le vaincre, mais plus important encore, ce que cela signifiait de vaincre Les Ténèbres dans l’âme d’un homme.

Ni le feu ni l’épée ne peuvent guérir une âme brisée… seul l’amour peut… Je m’étais dit cela en me souvenant de la seule chose qui rendait habituellement un guerrier à la fois faible et incroyablement puissant.

C’était la même raison pour laquelle certains ennemis sur le champ de bataille continuaient à se battre quoiqu’il arrive, faisant d’eux les adversaires les plus redoutables de tous. C’était simple, mais complexe en même temps.

Ainsi, j’avais levé mon bouclier et j’avais dit. « Puissantes ténèbres, mais si faibles qu’elles ne peuvent même pas vaincre une femme blessée. Les légendes qu’on raconte sur toi sont vraies… Fufufufu ! » J’avais essayé de rire malgré le sang dans ma bouche et la douleur dans ma poitrine.

« Tu oses te moquer de moi !? » Les Ténèbres s’étonnèrent de ma réaction.

« Vaux-tu quelque chose d’autre ? » J’avais souri.

« Espèce de maudite femme ! » il s’était mis à rire et s’était précipité vers moi.

Oui… c’est maintenant…, avais-je pensé.

C’était l’heure de mon pari… un moment de stupidité ou un moment de génie. Si je pouvais survivre, alors j’allais découvrir… Après tout, la seule chose à laquelle chaque être humain sans exception avait réagi avec le plus de force avait été le choc de perdre quelqu’un qui lui était cher. Si j’étais l’une de ces personnes… mon pari stupide marcherait, et l’homme que j’aimais allait être sauvé. C’était suffisant en soi pour ce stupide vieux moi…

Ainsi, j’avais lâché mon bouclier et j’avais écarté les bras. La pointe de l’épée avait traversé mon estomac et était sortie par l’autre côté. J’avais craché du sang et en utilisant les derniers fragments de force, j’avais enlacé Les Ténèbres, le tenant contre moi.

« Qu’est-ce que… pourquoi ? » demanda-t-il, confus.

« Illsy… » J’avais souri et regardé dans cet œil vert qui présentait les derniers fragments de la présence d’Illsy.

Ma voix était douce, mais j’avais un peu peur de mourir et de ne pas pouvoir le sauver, de tout perdre… alors sans le savoir, j’avais pleuré.

« Illsy… Je t’aime… Alors, ne perds jamais espoir… Bats-toi ! … Tu peux gagner… Toi seul peux… parce que, Illsy, celui que nous aimons n’est que toi… l’humain qui se cache dans le corps de ce Donjon », déclarai-je.

En prononçant ces mots, j’avais senti mes forces me quitter, et ma vision devenir noire… C’était tout pour moi… J’avais fait tout ce que j’avais pu… J’avais dit les mots que je n’aurais jamais pensé prononcer de toute ma vie…

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

  2. J'indique un mot en double :

    j’avais soudainement trouvé ma liberté de mouvement soudainement restreinte.

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