J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 5 – Chapitre 64 – Partie 1

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Chapitre 64 : Le harceleur

Partie 1

[Point de vue de Reginald]

De toutes les choses que je détestais dans ce monde, mon propre frère de chair et de sang devait être parmi les dix premiers sur ma liste. Il était toujours à s’arrêter à mi-chemin de ce qu’il devait faire, toujours prêt à punir les innocents, toujours à agir et à penser comme un idiot sans même tenir compte de ce qui se passerait s’il donnait un certain ordre déraisonnable. Toutes ces choses représentaient et identifiaient mon seul et unique frère Reynolds.

Il y a un moment, j’étais allé à la périphérie de notre royaume pour voir comment nos troupes se portaient. Bien qu’ils aient survécu dans des conditions terribles, je n’avais pas demandé leur part de nourriture ni les couvertures avec lesquelles ils se tenaient au chaud. J’avais vécu comme eux pour voir comment c’était, et à la fin de cette expérience, j’avais compris une chose… Un humain ne peut pas vivre trop longtemps sous un règne oppressant. Ils deviendraient fous ou se révolteraient même si cela leur coûtait la vie. En même temps, j’avais gagné leur confiance, et maintenant, la plupart des militaires m’écoutaient plutôt que mon idiot de frère.

Alors que je marchais vers Elora, la capitale du royaume d’Aunnar, je m’étais retrouvé à comploter pour former un coup d’État et arracher tout le pouvoir politique à mon frère. Je le laisserais vivre comme un simple noble, ni plus ni moins.

Je m’étais souvenu de cette ville comme d’une cité à l’aura très oppressante et triste. Tout le monde baissait les yeux, et personne n’osait parler contre la famille royale. Si Reynolds vous entendait dire du mal de lui, il vous jetterait à la potence ou ferait de vous un esclave. Ce n’était pas une ville très animée à cause de cela, mais les individus avaient quand même réussi à garder la tête haute et peut-être à sourire de temps en temps. C’était la preuve de la force indomptable de mon peuple.

« Qu’est-ce qui se passe ? » avait été ma première question au moment où j’avais franchi les portes.

La première chose que j’avais remarquée, c’était les enfants qui couraient dans les rues, et à ma gauche, un marchand d’esclaves forcé par les gardes de la ville à libérer ses esclaves. J’avais été à la fois surpris et stupéfait. Personne d’autre que mon frère n’avait l’autorité pour donner de tels ordres !

« Toi, jeune homme ! » J’avais appelé un des enfants, un garçon Nekatar.

« Moiauh ? » il m’avait regardé et avait incliné la tête vers la droite.

« Tu étais autrefois esclave, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé, en pointant du doigt la marque du collier se trouvant autour de son cou.

« Oui, Sire…, » il hocha la tête et baissa les oreilles.

« Ne t’inquiète pas, je ne te veux pas de mal. Je suis juste curieux de savoir pourquoi il y a tant d’esclaves libres ici, » lui avais-je demandé.

« Je ne sais pas pour les autres, mais j’ai été acheté par un homme riche nommé Illsyore. Il a fait que Deroak, le maître des esclaves nous libère, et qu’il prenne soin de nous jusqu’à ce que nous soyons assez grands pour prendre soin de nous-mêmes, » répondit-il, puis il lâcha un autre miaulement.

« Non, Tullos ! Ce n’est pas juste ce que tu dis ! Il nous a gagnés à la loyale au Colisée ! Comme le vieux Deroak n’avait pas assez de goldiettes pour le payer, Illsyore lui a fait promettre de prendre soin de nous au lieu de lui donner l’argent, » un jeune garçon humain était venu corriger les propos du nekatar.

Tous deux étaient esclaves, mais le fait d’entendre parler d’une telle générosité dans cette ville était incroyable. Je n’en croyais pas mes oreilles. Cet homme méritait une médaille !

« Et les autres, les adultes ? » lui avais-je alors demandé.

« Oh, Illsyore a détruit le palais et forcé le prince Reynolds à libérer tous les esclaves. Comme il ne pouvait pas le faire dans tout le royaume, le prince a décidé d’abord de les libérer dans la capitale et d’interdire la traite des esclaves ici, » répliqua Tullos avec un grand sourire tout en agitant sa queue poilue à gauche et à droite.

« Quoi ? » J’avais plissé mon front quand je l’avais entendu et j’avais regardé vers le palais.

Même d’ici, j’étais censé voir les tours blanches scintillantes, mais cela n’existait plus. Je commençais à reconsidérer toute cette histoire de médaille.

« Merci, les gars ! Vous pouvez retourner jouer, » leur avais-je dit. Puis j’étais retourné à pied à mon groupe.

« Maître, que pensez-vous de cela ? » demanda Zoreya, une Croisée très puissante et bien entraînée de l’Ordre de Melkuth.

Il s’agissait d’une belle et grande femme aux yeux bleus et aux cheveux blonds. Beaucoup de personnes l’auraient qualifiée de joyau inestimable d’une qualité indiscutable. À la fois courageuse et intelligente, cette femme était un ajout incroyable à la puissance d’attaque de n’importe quelle escouade. Pour couronner le tout, son rang d’aventurière était celui de Suprême Médium-Supérieur. Certains avaient testé sa force vers l’an 2000. Et la manière exacte dont elle était devenue si forte était un mystère, mais elle n’avait pas utilisé d’amplificateur ou d’équipement pour améliorer son statut. Malgré tout, elle avait tendance à être un peu maladroite par moments, comme marcher accidentellement sur un piège très évident et facile à repérer au milieu d’un donjon.

Zoreya était aussi ma conseillère et mon garde la plus digne de confiance. Elle était à mes côtés depuis que je l’avais rencontrée quand elle avait été envoyée dans notre royaume par l’Ordre des Croisés de Melkuth.

« Je trouve les mouvements de mon frère assez étranges, mais en même temps, je suis curieux au sujet de cet Illsyore. Hm…, » j’avais regardé les dix chevaliers qui se tenaient derrière elle.

Il y en avait deux qui étaient plutôt agiles et versés dans l’art de recueillir des informations. Je leur avais fait signe de s’approcher de moi.

« Votre Altesse ? » avaient-ils demandé après avoir salué.

« Allez voir ce que vous pouvez trouver sur cet Illsyore. D’où il vient, à qui il a parlé, ce qu’il a mangé, n’importe quoi ! » leur avais-je ordonné.

« Compris ! » ils m’avaient à nouveau salué, puis ils s’étaient éloignés dans des directions différentes.

« Maintenant, allons-y ! Allons rencontrer mon frère ! J’ai l’impression que notre séparation a apporté des changements significatifs en nous deux ! » j’avais souri et regardé après ça la route menant au palais.

Ça devrait être intéressant ! avais-je pensé.

Moins d’une heure plus tard, nous étions arrivés aux portes du palais royal. Ils étaient encore debout, et le mur à ma gauche était encore en réparation. Si Zedor, le Donjon Demi-Dieu n’avait pas déjà fini de tout restaurer, cela signifiait que le palais avait subi des dégâts considérables. En supposant bien sûr qu’il soit encore en vie.

« Son Altesse Royale, Reginald D. Lagrange, est arrivée ! » avaient annoncé les gardes.

Suivi par Zoreya et mes autres chevaliers, j’avais franchi les portes et étais entré dans la cour. Cet endroit était dans un tel chaos, mais je ne comprenais pas comment il avait été endommagé. J’avais vu beaucoup de sorts et de façons de détruire un bâtiment, mais la façon dont les tours et les murs étaient coupés était irréelle. C’était presque comme si une sorte de lame chaude était passée à travers la pierre solide et avait tout fondu.

Fascinant ! avais-je pensé en regardant ma statue, qui était coupée en deux à la taille.

« WÔW ! Reynolds a réussi à énerver quelqu’un de très puissant ! » avait commenté l’un de mes chevaliers.

« En effet, » avais-je répondu. Puis je m’étais ensuite dirigé vers ce qui restait du palais.

Les soldats et les serviteurs qui m’avaient vu s’étaient immédiatement inclinés pour me montrer leur respect. Je ne m’étais arrêté qu’une seule fois, et c’était pour demander à l’un d’eux où se trouvait mon frère. Apparemment, il pleurait dans la bibliothèque au deuxième étage.

J’étais monté là-haut, et j’étais entré dans la pièce.

Contrairement à la bibliothèque de la ville, la Bibliothèque royale possédait une quantité importante de livres pour l’usage personnel de la famille royale. Les rangées de livres étaient gardées sur les étagères dorées qui s’étendaient jusqu’au plafond. Étonnamment, ce n’était que l’un des rares endroits qui n’avaient pas été touchés par les attaques impitoyables d’Illsyore, et ce, uniquement parce qu’il était situé de l’autre côté du palais.

Je me souvenais encore de la façon dont j’étais venu ici quand j’étais enfant, à la recherche d’un livre à rapporter à mon père pour qu’il le lise pour moi. Sur cette même chaise, j’avais trouvé mon frère Reynolds qui regardait le plafond. Ses yeux étaient injectés de sang et entourés de poches sombres, un signe qu’il avait manqué quelques heures de sommeil. Sur la table devant lui et tout autour de lui se trouvaient d’innombrables livres ouverts et marqués à différentes pages. Des parchemins de gribouillis et des encriers vides pouvaient être vus sur le sol.

Je vois qu’il s’est tenu occupé ? Depuis quand mon idiot de frère s’intéresse-t-il à la lecture et à l’écriture ? Aussi… a-t-il perdu du poids ou mes yeux me trompent-ils ? m’étais-je demandé en m’approchant de ce désordre.

« Frère, je suis de retour, » m’étais-je annoncé.

« Haa ? C’est bien… très bien… Je suis condamné ! » dit-il. Puis il se mit à pleurer.

Cette réaction m’avait surpris. Je n’avais jamais vu mon frère dans un état aussi déplorable.

« Les nobles me sautent sur le dos, les maîtres d’esclaves me maudissent, le monde me déteste, et surtout… Je suis maudit et je vais mourir dans un mois, une semaine et quatre jours ! Haha ! Félicitations, mon frère, tu régneras seul sur ce royaume à partir de ce moment-là ! Hahahaha ! » il se mit à rire hystériquement avant de se mettre à pleurer à nouveau avec de grands cris entrecoupés.

Qu’est-ce que cela signifie ? m’étais-je demandé en le regardant avec un front plissé.

« Frère… sais-tu ce que j’ai fait ? » me demanda-t-il sans même me jeter un regard.

« Non… quoi ? » avais-je répondu en secouant la tête.

Comment pourrais-je savoir quel genre de tempête avait balayé le royaume et avait fait tomber Reynolds dans un tel désarroi ?

« J’ai mis en colère un Seigneur Donjon paisible, un Divin, et il m’a maudit ! » déclara-t-il, puis il s’était de nouveau mis à rire.

« Tu as fait quoi ? » J’avais été surpris d’entendre quelque chose comme ça.

Le donjon le plus fort que je connaisse était Zedor, le Donjon Demi-Dieu avec un niveau de 258. Le fait d’entendre qu’il y avait un Seigneur Donjon Divin qui errait dans les environs en maudissant les individus était une information assez choquante. Je m’étais retrouvé à court de mots.

« Hé, mon frère ? J’ai fait de mon mieux, mais je n’arrive pas à comprendre… Je n’arrive pas à trouver un moyen de me débarrasser de l’esclavage et de ne pas jeter notre royaume au fond d’un tas de fumier de Merion ! » dit-il en soulevant deux livres « Regardes ! Toute notre main-d’œuvre, de la plus petite à la plus grande, dépend des esclaves ! Tu ne peux même pas aller chez le coiffeur pour te faire couper les cheveux sans qu’un esclave t’y emmène ou t’aide. Je ne sais pas non plus quoi faire d’eux après leur libération ! Pour l’instant, je les ai laissés faire ce qu’ils veulent, mais… ça ne durera pas longtemps. Ils n’ont pas de maison, ils ne peuvent pas travailler… c’est sans espoir, je te le dis, sans espoir…, » avait-il laissé tomber les livres, puis il avait regardé le plafond les larmes aux yeux.

Essaie-t-il d’intégrer d’anciens esclaves ? Comment ce Seigneur du Donjon Divin a-t-il réussi à faire si peur à mon frère qu’il pense sérieusement à ce genre de choses ? Et c’est quoi cette histoire de sa mort dans plus d’un mois ? m’étais-je demandé en le regardant.

Bien qu’il soit vrai que j’avais déjà l’intention de le renverser, c’était pour commencer à réformer le système d’esclavage. Après avoir vu et expérimenté par moi-même les conditions de vie de mon peuple, j’avais voulu que cela disparaisse, mais comme mon frère y travaillait si désespérément, je commençais à avoir des doutes quant à mon coup d’État.

« Frère, es-tu sérieux ? » lui avais-je demandé.

« Sérieux ? » il s’était mis à rire. « Il demande si je suis sérieux. Hahahaha ! » se leva de la table et s’approcha de moi. Après avoir déchiré sa chemise, il m’avait montré un tatouage noir pulsant gravé directement dans sa chair « Est-ce que cela te dit combien je suis SÉRIEUX ? Frère bien-aimé, c’est une malédiction du Seigneur du Donjon Divine qui fera en sorte que je mourrai d’une mort horrible si je n’apporte pas un changement contre l’esclavage dans ce pays ! Aussi égoïste que je sois, je n’ai pas l’intention de gâcher ma vie à cause de cela, » me regardait-il d’un air égoïste.

Je n’avais jamais vu une telle force, une telle détermination et telle volonté chez mon frère. Pour être plus précis, il n’avait jamais montré ces qualités, même une seule fois quand j’étais là. Son désir de se détendre et de ne rien faire était le plus visible de tous ses traits. À en juger par mon ancienne impression de lui, je pensais qu’il allait abandonner toute cette affaire, aller vivre quelque part le reste de ses jours, ou essayer de coucher avec autant de femmes que possible avant que le temps ne soit écoulé, et non essayer de faire quelque chose à ce sujet.

Je suppose que je ne connais pas mon propre frère…, avais-je pensé. Puis j’avais pris du recul par rapport à lui.

« Dis-moi, quel est le nom de ce Donjon ? » avais-je demandé.

« Illsyore, le destructeur du Suprême Dankyun ! » il avait ri et était retourné à son bureau.

Où ai-je déjà entendu ce nom ? m’étais-je demandé.

« Votre Altesse, vous venez de dire Dankyun ? Comme dans Dankyun Alttoros ? » demanda Zoreya en faisant un pas vers l’avant.

« Je ne sais pas. Il a seulement dit Dankyun. Combien de Suprêmes de ce nom connaissez-vous ? Oh, et c’est aussi un draconien, » Reynolds s’était écrasé en répondant ça.

« Draconien ? Alors c’était lui… Dankyun Alttoros… Ça veut dire que mon frère est mort…, » déclara Zoreya en saisissant la poignée de son épée.

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8 commentaires :

  1. amateur_d_aeroplanes

    La, que personne n’est averti la garnison ou le prince que le palais royal à était attaqué n’est pas crédible.

  2. Merci pour le chapitre!

  3. merci pour cette étrange premire partie… (à quand le retour de notre cher dj?)

  4. Merci pour ce chapitre !!!

    Du coup Zoreya est la soeur de dankyun. Pour quelles raisons a t-elle quitter son royaume et son confort? Elle ne doit pas trop aimer sa vie et sa famille là-bas mais je suppose qu’elle ne sera pas amicale non plus avec illsyore.

  5. Merci pour le chapitre

  6. Merci pour ce chapitre

  7. kurokagespirit

    Merci pour le chapitre.

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