J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4 – Chapitre 63 – Partie 1

***

Chapitre 63 : Je renonce à mon El’Doraw

Partie 1

Un vent faible soufflait à travers les feuillages denses des arbres. Leurs feuilles bruissaient doucement, ajoutant quelques notes au chant de la forêt, tandis que les créatures remplissaient le reste de la partition. Entourés par l’obscurité de la nuit, avec à peine quelques rayons de lune pour nous guider, nous avions parcouru notre chemin vers l’inconnu.

Le terrain était traître, avec des pentes abruptes et glissantes, et des racines jaillissant du sol pour tenter de nous faire trébucher. Les arbres tombés et les rochers recouverts de mousse avaient constitué des obstacles gênants sur notre chemin. Les insectes et les prédateurs qui se cachaient dans la nuit avaient les yeux rivés sur nous, suivant nos mouvements soit par curiosité, soit avec l’intention de nous attaquer.

Derrière moi, Ayuseya et Nanya marchaient prudemment, surveillant chacun de leurs pas. La draconienne avait quelques difficultés à garder son équilibre sur le terrain glissant, mais la démone était là pour lui donner un coup de main quand elle en avait besoin. Elles ne m’avaient rien demandé ni dit un seul mot depuis que nous avions quitté la capitale. Non, c’était faux, vu que Nanya m’avait demandé comment je savais maudire quelqu’un.

À un moment donné, je m’étais demandé si Ayuseya était dérangée par ce que je faisais au prince ou par ce que je disais de la noblesse. Quand j’y avais réfléchi, j’avais réalisé qu’il serait peut-être extrêmement improbable qu’un donjon de ce monde possède des informations aussi sensibles à leur sujet. Dans mon cas, je croyais que c’était quelque chose que tout le monde savait parce que très peu de pays avaient conservé un gouvernement basé sur la monarchie sur Terre. Noble ou pas, cela n’avait pas d’importance dans un pays démocratique.

Malheureusement, il n’y avait pas de démocratie dans ce monde. Était-ce peut-être une bonne chose ?

Je ne pouvais pas le dire… Je manquais tellement d’informations sur ce monde et même sur mon ancien que je serais un véritable hypocrite de dire que je savais comment le rendre meilleur. Je ne connaissais que des idées, des concepts, des pensées… pas des faits. Ce monde avait quelque chose que mon précédent n’avait pas… d’autres espèces humanoïdes intelligentes, et avec cela avaient apporté un autre tas de problèmes.

Si je restais comme ça, faire une Académie de Magie ne serait qu’un rêve idiot. C’est pourquoi je devais en apprendre davantage sur ce monde et sur son fonctionnement en général. Ou peut-être même que c’était une pensée idiote ? Je ne le savais plus.

En soupirant, je m’étais arrêté et j’avais regardé mes femmes.

« Quelque chose ne va pas, Illsy ? » demanda Ayuseya.

« Non… peut-être, » j’avais regardé vers le bas.

« Parle plus fort alors ! » déclara Nanya en souriant.

En la regardant dans les yeux, j’avais poussé un petit soupir et je lui avais dit. « À propos de ce qui s’est passé… Ce que j’ai fait… »

« Ça n’a pas d’importance, Illsy. D’autres auraient fait pire à ta place, » déclara Nanya en secouant lentement la tête.

« En effet, bien que j’aie été un peu surprise de ce que tu as dit sur la noblesse. C’est sorti… un peu comme un choc. Je n’ai même pas pensé une seule fois qu’il pouvait en être ainsi, mais après y avoir repensé, je n’ai pas trouvé cela si improbable. Après tout, le roi a le pouvoir de faire élever le rang d’une famille, de la paysannerie à la noblesse. Ainsi, avec le temps, cette famille pourrait un jour accéder au trône. » Ayuseya avait baissé les yeux quand elle avait dit cela, ce qui signifiait qu’elle n’était toujours pas sûre si accepter cette idée était une bonne ou une mauvaise chose.

« Et la malédiction ? » avais-je demandé après une minute de silence.

« Tu as fait ce que tu pensais être le mieux, Illsy. Ça n’a pas vraiment d’importance maintenant si l’un d’entre nous pense que c’était bon ou mauvais. » Nanya avait dit, mais d’après ses paroles, j’avais compris une chose, elles n’étaient pas d’accord à 100 %.

« Ouais… c’est vrai…, » avais-je dit. Puis j’avais baissé la tête.

Après un autre moment s’écoula, puis j’avais relâché mon Territoire de Donjon et l’avais laissé s’étirer jusqu’à environ 30 mètres de rayon.

« Je vais construire une maison temporaire ici. C’est un bon endroit comme un autre, » déclarai-je.

Nettoyer une parcelle d’arbres et enlever tous les gros rochers autour de nous ne m’avait pas pris plus de deux minutes. Il y avait deux options pour moi maintenant : Je pourrais soit niveler toute la zone complètement, soit créer une plate-forme au-dessus. J’avais choisi cette dernière option. Il s’agissait d’une surface carrée en acier d’un mètre d’épaisseur, avec des piliers de soutien à tous les coins et un au milieu enfoncé dans le sol à environ un mètre de profondeur. Une fois que j’avais fini cette partie, j’avais placé ma maison d’une pièce sur le dessus de la plate-forme.

« Rentrons, » avais-je dit.

Mes deux femmes hochèrent la tête et entrèrent. Je les avais suivies et, par mesure de sécurité, j’avais soulevé la plate-forme d’un mètre environ pour éloigner les monstres ou les animaux curieux. J’avais aussi ajouté un enchantement de solidité à la plate-forme parce que je ne voulais pas sous-estimer la force des créatures d’ici.

Une fois à l’intérieur, Nanya avait sorti du bois coupé de son esprit intérieur et l’utilisa pour allumer un petit feu. Ayuseya s’était approchée du lit et s’était assise sur le bord.

Aujourd’hui… ce que j’ai fait aujourd’hui…, avais-je pensé. Puis j’avais regardé mes mains.

Le sang du prince était partout sur moi, et de nous tous, j’étais le seul à en être souillé. Je me sentais sale et dégoûté par moi-même, et tout était de ma faute en premier lieu parce que je l’avais laissé passer à travers mon armure magique.

Je n’aime pas ça…, avais-je pensé.

« Je vais prendre un bain. Vous voulez vous joindre à moi ? » leur avais-je demandé.

« Ça ne me dérange pas, mais ne devrions-nous pas d’abord nous occuper de Shanteya et Tamara ? » demanda Nanya.

« Bien sûr ! Je voulais dire après les avoir guéris, » je leur avais montré un petit sourire.

Je ne les avais pas juste oubliées, n’est-ce pas ? m’étais-je demandé.

En parlant de ça, j’avais aussi déclaré un petit mensonge au palais. Au lieu de rester à l’auberge de Tannaor, j’avais immédiatement quitté la ville. Cela n’avait pas d’importance de toute façon.

J’avais été me placer au fond de la pièce et j’avais créé une porte. Par la suite, j’avais agrandi la plate-forme et j’avais ajouté deux autres pièces. À ma gauche, il y avait une autre chambre et à ma droite, le bain. Pour simplifier les choses, la baignoire et la toilette avaient des drains dans le même trou profond sous le sol, mais il y avait un autre tuyau d’aération qui s’ouvrait à l’extérieur de la maison parce que l’odeur aurait fini par tous nous tuer. Quant à l’autre chambre, elle avait deux lits, un pour chacune d’elles. Je les avais rendus aussi confortables que possible et j’avais même enchanté les murs pour maintenir la pièce à une température confortable d’environ 22 degrés Celsius. Une seule fenêtre de l’autre côté de la pièce permettait à la lumière extérieure d’entrer, mais des barres métalliques robustes et enchantées empêchaient les monstres d’entrer. Pour la lumière, j’avais utilisé l’un de mes cristaux de puissance, que j’avais fixé au plafond. En l’alimentant avec un peu de mana, juste quelques points, pas plus, cela pouvait produire de la lumière dans cette pièce pendant des jours, voire des semaines à venir.

« Ceci devrait le faire…, » avais-je dit après avoir tout vérifié deux fois.

Pendant que je m’occupais de la guérison et de tout le reste, Nanya et Ayuseya restaient seules dans l’autre pièce. Elles n’avaient pas besoin de rester assises pendant que je faisais ça.

J’avais commencé avec Tamara. Après l’avoir sortie de mon esprit intérieur, j’avais soigneusement placé le chaton sur l’un des lits mous et j’avais regardé sa blessure. C’était méchant, mais pire que tout, ces salauds avaient brûlé la blessure pour l’empêcher de saigner.

J’avais enlevé l’oreille coupée et j’avais commencé l’opération. Nettoyer la plaie et drainer le sang coagulé de l’oreille était la partie la plus facile. Reconnecter et ranimer les tissus morts était un peu plus difficile, mais pas impossible. Techniquement, je pouvais appliquer ce processus pour ressusciter quelqu’un, mais comme j’avais appris de ma propre expérience, le corps n’était qu’une coquille, et sans âme, ce n’était rien de plus qu’un automate biologique.

Une fois que j’avais rattaché son oreille et que j’avais laissé circuler le sang, j’avais restauré sa fourrure, lui donnant l’impression que la blessure ne s’était jamais produite. Le petit chaton pouvait maintenant dormir un peu plus paisiblement, sans ressentir de douleur au niveau du cuir chevelu, mais avant de commencer avec Shanteya, j’avais fait une rapide vérification pour voir si elle avait d’autres blessures à part celle-là.

J’avais découvert trois côtes cassées et un tas de bleus.

Mon pauvre chaton…, avais-je pensé en caressant sa tête poilue et en la guérissant complètement.

Alors que Tamara dormait paisiblement dans le lit, je m’étais occupé de Shanteya. Après l’avoir sortie de mon esprit intérieur, je l’avais couchée sur le lit et j’avais procédé à la fixation de son membre coupé. C’était le même processus que j’avais appliqué à la nekatare, mais contrairement à elle, Shanteya n’avait pas d’autres blessures sur son corps.

Après avoir terminé l’opération, je leur avais laissé un petit mot sur le mur et j’étais entré dans l’autre pièce, où j’avais trouvé mes deux femmes qui m’attendaient.

« Comment vont-elles ? » demanda Ayuseya.

« Je les ai complètement guéries. Maintenant, nous devons juste les laisser se reposer, » avais-je répondu avec un sourire.

« Tu devrais te changer, » déclara Nanya.

J’avais regardé en bas et j’avais remarqué mes vêtements tachés de sang. Ils étaient vraiment horribles à voir. Sans y penser, je m’étais déshabillé et j’avais tout mis en tas dans un coin, comme à l’époque où j’étais à l’université. J’avais aussi sorti le coffre d’Ayuseya si elle voulait se changer.

« Je les laverai après mon bain…, » avais-je dit

« Vas-y ! On te rejoindra après nous être déshabillées, » dit Nanya en souriant.

« Le bain sera prêt d’ici là, » je lui avais fait un sourire, mais avant de partir, j’avais ajouté. « Ce soir, je ne suis pas d’humeur à…, » j’avais regardé en bas.

« Tout va bien, Illsy, » Ayuseya m’avait dit ça avec un sourire.

J’avais hoché la tête et j’étais allé remplir la baignoire. Quand elles m’avaient rejoint, bien que j’étais excité de voir leurs corps nus, nous n’avons rien fait d’autre que nous laver. Je les avais aidées à se laver le dos, elles m’avaient aidé, et puis nous étions sortis de là.

Après avoir vidé le bain, je m’étais changé en pyjama de coton et je m’étais glissé dans le lit avec elles. Ayuseya m’avait enlacé depuis la droite et Nanya depuis la gauche. Elles m’avaient toutes les deux embrassé pour me souhaiter bonne nuit, et c’était ainsi que la journée s’était terminée pour moi.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

4 commentaires

  1. Merci pour ce chapitre

  2. merci pour cette première partie, hâte d'en connaitre la suite^^.

  3. Merci pour le chapitre

Laisser un commentaire