J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4 – Chapitre 53

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Chapitre 53 : Ayuseya fait un pas en avant

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Chapitre 53 : Ayuseya fait un pas en avant

Partie 1

Dans l’ensemble, la chambre était bien meilleure que celles que nous avions reçues à l’auberge de Neyalin. Le bain de métal était digne d’un humain, mais pas d’un draconien. En parlant de ça, Ayuseya avait dû se plier un peu pour entrer, et le cadre de la porte était un peu trop bas pour elle. La même chose s’était produite à Perto. Chaque bâtiment n’avait été construit ici que pour des espèces à taille humaine comme les elfes, les El’Doraws, les nekatars et les nains. Les grands draconiens n’étaient pas censés entrer dans ces endroits, et pour le dire franchement, je n’en avais vu aucun dans la rue. On pourrait dire qu’Ayuseya était une rareté ici. Cela ou il n’y en avait tout simplement pas un seul qui errait dans les rues à cette heure-ci et dans cet endroit.

En étirant les bras, je m’étais dirigé vers l’un des lits et j’avais testé sa qualité. Il avait été conclu que le mien était bien meilleur.

« Quand nous irons au lit, rappelez-moi d’absorber ces choses et de les remplacer par ceux dans lesquelles nous avons dormi la nuit dernière, » avais-je dit en me retournant pour regarder les filles.

« Pourquoi ? » demanda Nanya en plissant son front.

« J’aime bien le mien, d’ailleurs... celui-ci est trop petit pour Ayuseya. Elle sera un peu mal à l’aise, » j’avais pointé du doigt le bord du lit.

Il faisait deux mètres. Il en va de même pour l’autre lit dans cette chambre. Si ma femme dormait dans l’un de ces lits, elle serait certainement mal à l’aise. Moi, par contre, je pourrais me débrouiller d’une façon ou d’une autre.

« On n’a rien à déballer. On va manger quelque chose et prendre un bain au sauna du coin ? » demanda Nanya.

« Tamara ne pourra pas entrer avec nous, » avait souligné Shanteya.

« Tamara reste et garde sa culotte ! » cria le chat.

À ce moment-là, elles m’avaient toutes regardé dans les yeux.

« Quoi ? » demandai-je en plissant mon front.

« Ne t’avise pas d’utiliser ce sort ! » prévient Nanya.

« Comment pourrais-je l’utiliser ? Vous n’êtes même pas dans mon Territoire de Donjon ! » m’étais-je plaint.

Leur regard m’avait dit qu’elles ne me croyaient pas.

« Très bien ! Je vais le prouver ! Colly Tos ! » avais-je dit. Et quand rien n’était apparu devant moi, j’avais souri et j’avais pris une pose de la victoire. « Vous voyez ! Il ne s’est rien passé ! »

Nanya, avec ses joues rougissantes, s’était approchée de moi et m’avait pris quelque chose sur le dessus de mon capuchon. J’avais cligné des yeux quand elle avait fait ça et j’avais regardé sa main. Elle tenait une culotte rose avec un petit ruban dessus.

« Eh bien, n’est-elle pas... ? » avais-je dit. Puis j’avais froncé mon front.

« Toi et tes sorts brisés ! » elle grogna et se retourna.

Pendant qu’elle la mettait, j’avais regardé les autres, qui secouaient légèrement la tête en désapprouvant.

« Je le jure devant Dieu, je ne pensais pas que cela marcherait ! » m’étais-je défendu.

« Tout va bien, Illsy. Nous comprenons qu’en tant qu’homme, tu as certains... passe-temps ? » déclara Ayuseya avec un sourire forcé.

« Mon hobby n’est pas de voler des culottes avec Colly Tos ! » Je m’étais plaint, et la culotte rose était apparue une fois de plus au-dessus de moi, flottant lentement dans ma main droite.

« Espèce d’idiot... Je viens de la remettre, » grogna la démone.

« Pardon ? » Je la lui avais remise.

« Vous voyez ? La nature d’un homme se révèle toujours ! » ricana la draconienne.

« Stupide, cassé, compétence inutile..., » m’étais-je plaint à moi-même.

« Cela doit juste signifier que le Maître aime vraiment Nanya, » ricana Shanteya.

Quand elle avait dit cela, Ayuseya avait baissé les yeux un instant.

« Ou ma culotte..., » la démone m’avait regardé dans les yeux après qu’elle ait fini de la remettre.

« Techniquement, le sort qui ne doit pas être nommé est décrit comme n’étant pas un sort ciblé..., » avais-je dit pour ma défense.

« Techniquement, pas dans la pratique, » avait souligné l’El’Doraw.

« Et ce bain, alors ? » demanda Ayuseya après coup, en essayant de changer de sujet.

« Et pour Tamara ? » demanda le chaton.

« Eh bien, alors on va te laver dans cette baignoire ! » déclara Nanya en souriant.

En aplatissant ses oreilles, le nekatar regarda le bain, puis la regarda et secoua rapidement la tête de poils. De toute évidence, elle n’aimait pas l’idée d’un « bain ».

« Relax, Tamara. Ça ne va pas mordre, » j’avais souri et je lui avais caressé la tête.

« Miaou ! Mais l’eau est humide..., » se plaignait-elle.

Est-ce un argument valable ?

« Comme c’est mignon. » Ayuseya gloussa.

« Alors c’est réglé ! Allons voir ce qu’on peut trouver pour se remplir l’estomac ! » avais-je déclaré.

« Toi, une vache, » sourit Nanya et me gifla les fesses.

« Hé ! » Je m’étais plaint, mais les autres avaient juste gloussé et étaient passées devant moi.

En soupirant, j’avais fermé la porte derrière nous. Après l’avoir verrouillée, j’avais rangé la clé et je les avais suivies en bas. Cet endroit ne servait que de l’alcool, donc pour la nourriture, nous étions allés dans un restaurant voisin. Ce n’était pas si loin de nous, mais le serveur à la porte nous avait arrêtés avant que nous puissions entrer.

« Je suis désolé, mais nous ne servons pas..., » il avait dégluti. Puis il leva les yeux vers Ayuseya « les draconiens et les nekatars. »

J’avais plissé les sourcils vers lui.

« Pour quelle raison ? » lui avais-je demandé.

« Le patron ne veut pas qu’on le fasse, » expliqua-t-il.

« Soupir, allons ailleurs. Tu peux dire à ton patron que je ne vais pas recommander cet endroit ! » avais-je dit. Puis je lui avais jeté une pièce d’argent.

« Monsieur ? » le garçon regarda la pièce en étant confus.

Nous n’avions rien dit et nous avions continué à marcher.

Après quelques pas de là, Nanya m’avait demandé. « Pourquoi as-tu donné une pièce pour rien ? »

« Dans une ville comme celle-ci, lancer une pièce sur un inconnu ne peut signifier qu’une seule chose : que tu es riche. Si j’avais jeté une goldiette, j’aurais laissé entendre que nous sommes des nobles, si c’était une cuivrette, alors des gens ordinaires avec des pièces à dépenser. Cependant, une silverette signifie que nous sommes de riches aventuriers. Assez avide pour ne pas donner une goldiette, assez riche pour ne pas se soucier d’une silverette, » avais-je souri.

« Et à quoi cela mènera-t-il ? » demanda Ayuseya un peu confuse.

« Deux choses en gros. Soit le garçon gardera ça secret et la prochaine fois qu’il nous verra, il sera terriblement poli et amical avec nous. Au cas où nous aurions besoin d’informations, il pourrait être prêt à nous les fournir. Après tout, un serveur dans un restaurant chic peut entendre des choses intéressantes de temps en temps. L’autre option est qu’il le montre à son patron et qu’il repense un peu sa stratégie. Après tout, l’instinct d’un commerçant est de faire d’abord de l’argent, puis de se préoccuper de politique. Ainsi, il pourrait être disposé à changer sa politique sur le type de clientèle à servir, » lui avais-je expliqué.

« En d’autres termes, tu as gaspillé une silverette sur un coup de tête, pensant qu’elle servirait à quelque chose à l’avenir, non ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« Argh... Je ne peux pas être cool et intelligent une minute ? » déclarai-je alors que je la regardais pendant un bref délai dans les yeux.

« Peuttttt-être ? » elle gloussa et embrassa ma joue. « J’aime un Illsy stupide autant qu’un Illsy intelligent. »

J’avais soupiré et j’avais laissé passer la remarque. Je ne me doutais pas que mon « caprice » allait changer quelque chose.

☆☆☆

[Point de vue du serveur]

Il m’avait lancé une pièce. Juste comme ça, sans rien demander ! Je ne savais pas si cet homme était un bâtard arrogant ou juste un homme riche au cœur généreux. Eh bien, je n’étais pas le garçon le plus intelligent de ma famille, mais je savais une chose, c’était de ne jamais prendre la générosité d’un homme en vain !

J’avais caché la pièce dans les poches de mon pantalon et j’avais fait comme si de rien n’était, mais si cet homme passait et me demandait quoi que ce soit, je ne voyais aucune raison de ne pas répondre avec honnêteté.

Hm, peut-être que si un jour j’ouvre ma propre boutique, je laisserai entrer tout le monde ! Ouais, ça a l’air bien ! Je pense que je vais considérer cette pièce d’argent comme une pièce porte-bonheur, avais-je pensé et pour la première fois de ma vie, j’avais envie de faire quelque chose de plus.

***

Partie 2

[Point de vue d’Illsyore]

Nous avions choisi un petit restaurant que nous avions trouvé après avoir marché à une certaine distance de là qui fut à mon goût trop spécifique. J’étais à deux doigts de tout construire à partir de rien, avec de l’or pur et du platine, juste pour ennuyer tous ces ingrats humains.

L’endroit où nous avions dîné n’était pas très chic, c’est sûr, mais il faisait une bonne soupe et un bon steak. Ils avaient même servi du poisson à Tamara, qu’elle avait avalé en quelques secondes.

Il semblait que les draconiens étaient le plus souvent considérés comme des ennemis dans la zone, alors que les nekatars, eux, avaient deux statuts distincts : esclave ou libre. Ce dernier ne leur offrait cependant pas tous les droits. Ils pouvaient être libérés, c’est vrai, mais ils n’étaient pas traités sur un pied d’égalité, ce qui m’avait beaucoup énervé... beaucoup.

L’un d’eux avait même eu le courage de me dire les mots suivants :

« Mais ils ne nous ressemblent pas ? Ce sont des bêtes, nous devons donc leur apprendre leur place. Après tout, l’homme est supérieur à n’importe quelle bête ! »

L’homme l’avait déclaré comme s’il en était fier. Si Ayuseya et Nanya n’avaient pas été là, je l’aurais frappé jusqu’au palais. L’idée qu’un roi puisse diriger un pays avec tant de préjugés et de discrimination m’avait rendu malade.

C’est pourquoi quand j’avais trouvé le petit restaurant qui servait toutes les espèces, j’avais décidé de leur donner un gros pourboire. Le repas était de 3 silverettes et 4 copperettes, mais j’avais payé 4 goldiettes. Le propriétaire m’avait remercié en étant en larmes. Cet argent aurait été suffisant pour l’aider à payer les impôts et à rénover un peu.

La nourriture était bonne aussi, donc je ne m’en étais pas plaint.

Après un bon repas, nous avions fait une promenade dans la ville. Nous avions regardé autour de nous et vérifié tous les magasins que nous trouvions intéressants. C’était une grande ville, mais pas autant que celles de la Terre. Pour être honnête, toutes les choses que j’avais vues ne m’avaient pas plu, et les filles n’avaient rien acheté non plus. Il y avait de jolies dames, mais quand je les avais vues traîner des esclaves derrière elles, qui étaient clairement à peine nourries et même surmenées, tout cela s’était rapidement transformé en dégoût.

Étonnamment, il n’y avait pas de mendiants dans les rues. Quand j’avais posé la question à propos de ça, la réponse avait été donnée par la princesse draconienne.

« Dans les pays qui dépendent de l’esclavage, si tu deviens mendiant, tu es immédiatement pris comme esclave par l’État et vendu sur les marchés publics. Le fait de ne pas posséder une maison ne signifie pas nécessairement que tu es un mendiant. Tant que tu as encore de l’argent pour payer le moins d’impôts possible, tu peux vivre en homme libre. Ici, il devrait s’agir d’une somme à payer chaque mois d’une silverette. Pour nous, qui venons d’arriver dans cette ville, nous ne sommes pas obligés de payer quoi que ce soit avant la fin du mois, ou si un chevalier nous le demande. »

Son explication était longue et déclarée sur un ton digne et adapté à son rang, mais elle révélait l’affreuse façon dont le système traitait les pauvres. Pour être honnête, je savais comment la démocratie et le communisme les traitaient, mais jusqu’à présent, je n’avais pas encore vu un système qui prenait autant parti pour les pauvres que pour les riches. C’était l’une des choses qui m’agaçait. J’avais vu le problème, mais je n’avais aucune idée de la façon de le résoudre... mais le plus important, étais-je la bonne personne pour le régler ?

En fin de compte, tout changement qui s’était produit dans un système, quel qu’il soit, s’était produit avec les individus qui en faisaient partie. En tant qu’étranger, je ne croyais pas que mon opinion comptait vraiment.

Au moment où nous étions arrivés aux bains publics, j’avais vu à quoi ressemblait la capitale, du moins dans cette région. Les rues étaient pour la plupart propres, mais les ruelles étaient remplies d’ordures. On m’avait dit qu’ils ne restaient pas longtemps comme ça parce que les elfes et les El’Doraws locaux avaient le nez sensible. Les humains pourraient plus ou moins vivre avec ça sous le leur.

Il n’y avait pas de mendiants, c’est vrai, mais il y avait beaucoup d’esclaves et de gardes qui patrouillaient dans l’endroit. Le taux de criminalité était probablement faible en raison de cela, mais je doutais fort qu’il n’y ait pas de mafia par ici. Peu importe le monde ou l’endroit, il était très peu probable que l’on ne trouve aucune forme de crime organisé dans l’ombre. La Tête de Godet, par exemple, pourrait être considérée comme le début d’un groupe d’extorsion ou de bandits. Le plan était facile pour lui. À la guilde, il pouvait repérer les cibles potentielles et déterminer leur force approximative, une chose sur laquelle il avait manifestement échoué avec moi, et une fois qu’il les avait forcées à quitter la ville, il était libre de les traquer.

Quant aux nobles et aux riches, ils pouvaient faire à peu près tout ce qu’ils voulaient ici, à condition d’avoir les bonnes connexions pour les soutenir, comme le gars que j’avais « doucement » poussé hors de mon chemin.

Bref, c’était une ville avec beaucoup de problèmes, mais que seuls le roi et les individus d’ici pouvaient régler.

Tandis que je n’arrêtais pas de penser à ce genre de choses, nous étions finalement arrivés aux bains publics. C’était un bâtiment assez grand d’où beaucoup d’hommes et de femmes entraient et sortaient. Quand je l’avais vu, je m’étais tout de suite souvenu du bain public de l’Académie Fellyore dans le dortoir des étudiants, celui où j’avais surpris le vieux Tuberculus qui essayait de jeter un coup d’œil aux charmantes filles à l’intérieur.

« On te laisse ici, Illsy. Se retrouve-t-on à l’auberge ? » demanda Nanya.

J’avais haussé les épaules. « Bien sûr, je vais voir si je peux trouver une carte ou quelque chose... Voici la clé. »

Elle avait absorbé la clé pour être en sécurité.

« Ne t’attire pas d’ennuis, d’accord ? » déclara Nanya.

« D’accord ! » j’avais fait un petit signe de la main et j’étais parti.

En descendant la rue, j’étais passé devant le bain public, et au premier croisement, j’avais tourné à gauche. J’avais continué à marcher, puis j’avais tourné à droite, puis j’avais pris à gauche, et je m’étais essentiellement déplacé en zigzag. À un moment donné, un type en armure de cuir était passé devant moi et avait atterri la tête la première sur le sol.

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

Il gémissait et il déclarait quelque chose en kalish. Ça aurait pu être un juron ou une malédiction, mais je n’avais pas pu le dire.

Avec une joue meurtrie, il s’était éloigné.

« Qu’est-ce que c’était que ça ? » m’étais-je demandé à voix haute. Puis j’avais regardé à ma gauche.

Sur le panneau, j’avais lu... Je n’avais rien lu parce que je n’avais aucune idée de comment lire ces gribouillis de poulet.

« Une façon de le savoir..., » avais-je dit. Puis j’étais entré dans le magasin.

L’endroit était rempli de cartes de haut en bas, très bien dessinées et remplies de détails. Il s’agissait de cartes de ce continent et même d’une partie d’Allasn et de Thorya. J’avais été très impressionné, alors j’avais jeté un coup d’œil rapide à certains d’entre eux, bien sûr, je n’avais aucune idée de comment les lire.

Soudain, j’avais senti quelqu’un derrière moi et je m’étais retourné. Il y avait un homme d’une trentaine d’années qui me regardait avec des yeux bruns aiguisés et des mains derrière le dos. Il avait une moustache courte et une coupe courte avec des cheveux noirs.

« Allô ? » avais-je dit. Et j’avais forcé un sourire.

Il avait parlé en charabia.

« Désolé, je ne comprends pas... Je vais partir et peut-être revenir avec un traducteur. Je suis intéressé par vos cartes..., » j’avais souri. Puis je m’étais tourné pour partir.

« Attendez, » déclara-t-il soudain en Shorayan.

« Connaissez-vous ma langue ? » lui avais-je demandé, surpris.

« Quel genre de cartographe pensez-vous que je suis ? Je m’appelle Cairen Talcaea ! » déclara-t-il fièrement.

« Je suis Illsyore, enchanté de vous rencontrer, » j’avais hoché la tête et offert ma main.

Il m’avait regardé, puis il avait regardé ma main.

« Je ne vais pas embrasser votre main. Êtes-vous fou ? » déclara-t-il.

« Euh... Désolé, une vieille coutume... Et ce n’est pas un baiser, mais une poignée de mains, » j’avais souri maladroitement.

« Oh ! Je vois. Drôle de coutume. Qu’est-ce que vous faites si l’autre vient de chier ? » demanda-t-il avec curiosité.

« Je prie les Dieux qu’il se lave les mains ? » J’avais souri en disant ça.

« Ha ! Et moi qui croyais être le seul à avoir fais ça ! » il avait souri et m’avait serré la main avant que je me retire.

« Je présume que le lavage à la main n’est pas une coutume dans ces régions ? » demandai-je.

« Malheureusement, non, » il secoua la tête.

« Eh bien, à propos de vos cartes. Puis-je en acheter ? » lui avais-je demandé.

« Certains ? » il m’avait regardé dans les yeux.

« Oui, » j’avais hoché la tête.

« Elles ne sont pas bon marché, » m’avait-il prévenu.

« Je peux payer, » avais-je répondu.

« Très bien alors. De quoi voulez-vous une carte ? Des donjons récemment découverts ? Je peux dessiner un étage entier si vous me le faites traverser une seule fois ! Que diriez-vous de quelques cartes des capitales ? Ou le monde entier ? » Il avait souri, puis il avait montré la plus grande carte, une avec les trois continents, et il m’avait dit qu’il n’y en avait pas d’autres.

« J’aimerais une carte de chaque capitale que vous avez, cette grande carte du monde entier, une carte détaillée de chaque continent, et je pense que c’est à peu près tout, » lui avais-je dit.

« Bien ! Bien ! » Il avait souri et il alla vite chercher les cartes que je lui demandais.

Pendant qu’il faisait cela, j’avais fait un arrêt rapide à la montagne d’or locale, l’emplacement, mon esprit intérieur. De là, j’avais ramassé quelques lingots d’or et je les avais transformés en boules de fantaisie avec des dessins dessus. J’avais déjà le modèle, donc en faire d’autres ne m’avait pas dérangé. Cette fois, j’avais essayé de faire raconter en gros l’histoire d’un vautour qui s’était envolé dans le ciel et était devenu une étoile, puis était retourné à la surface du monde en homme. C’était une façon simple et facile d’augmenter le prix d’une pièce de métal inutile.

Après avoir terminé, j’étais sorti de là et j’avais préparé les sphères comme paiement. Il y en avait trois, mais j’avais aussi fait un disque d’or plat à offrir en premier. J’avais prévu de l’utiliser d’abord pour lui faire savoir que je voulais faire du commerce avec de l’or, ensuite je pourrais marchander avec les sphères. Ces cartes ne peuvent pas être très chères, n’est-ce pas ?

« Voilà ! » Cairen avait dit ça après avoir roulé la dernière carte et l’avoir placée sur une pile de 26 autres.

« Combien ? » lui avais-je demandé.

« Toutes ces choses ? 146 Goldiettes ! » sourit-il.

Je pourrais avoir besoin de plus de sphères..., pensais-je alors avoir placé le disque sur le comptoir.

« Combien cela vaudrait-il ? » lui avais-je demandé.

« Hm ? Vous paierez ça en échange ? Eh bien... Voyons voir... Ça fait environ 12 Goldiettes, peut-être 14 ? » déclara-t-il.

Pour être honnête, c’était beaucoup.

« Et ça ? » J’avais ensuite placé la sphère sur la table.

« Hm ? Oh mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Quelles belles inscriptions ! Est-ce une histoire ? Ces détails sont extraordinaires ! Où l’avez-vous eu, si je peux me permettre ? » il m’avait regardé avec des yeux curieux.

« Euh... Je l’ai trouvé dans un donjon, » avais-je dit avec un sourire maladroit.

« Intéressant ! Ça vaudrait environ 60 goldiettes ! » Il acquiesça d’un signe de tête.

« Alors, voici les deux autres. Avons-nous un marché pour les cartes ? » avais-je demandé avec un sourire en les plaçant sur son comptoir.

« Il y en a d’autres ? Mais avec le disque, ce sera plus cher que le prix que j’ai demandé ! Je ne peux pas les prendre..., » déclara-t-il en secouant la tête.

« Prenez-les, ça ne me dérange pas, » j’avais souri et j’avais pris les cartes au comptoir.

Ces morceaux de papier étaient beaucoup plus importants que certaines sphères que j’avais faites en un clin d’œil. D’une certaine façon, j’avais l’impression de tricher, mais c’était lui qui fixait le prix, donc gagnant-gagnant ?

« Très bien, si vous insistez, » il hocha la tête et prit les sphères et le disque sur le comptoir, les rangeant dans un cristal de stockage qu’il portait autour de son cou.

« Au fait, c’était quoi tout ça ? Je parle de l’homme qui a été jeté dehors tout à l’heure ? » lui avais-je demandé.

« Oh, ça ? Il est venu me demander une carte comme vous, mais il s’est moqué de mon nom. Par ici, Talcaea est aussi le nom d’une femme, » déclara-t-il.

« Alors, on a quelque chose en commun, Illsyore est aussi un nom de femme. Quoi qu’il en soit, merci encore pour les cartes. J’espère que nous nous reverrons de temps en temps, monsieur Cairen ! » lui avais-je dit en souriant.

« Bien sûr ! Quand vous voulez ! Pour les bons clients, ma boutique est toujours ouverte ! Et si jamais vous avez besoin de cartographier un donjon, je suis l’homme à appeler ! » déclara-t-il en riant.

« Je m’en souviendrai ! » j’avais ensuite quitté le magasin et j’avais absorbé les cartes.

Je voulais lui demander une chose, mais cela m’avait échappé.

***

Partie 3

Dès que je m’étais tourné vers la gauche, j’étais tombé sur quelqu’un.

« Argh ! Regarde où tu vas, mon garçon ! » m’avait dit le vieil homme.

« Je m’excuse ! » avais-je dit. Puis je l’avais vite relevé.

Il avait plus de 70 ans et portait une longue robe blanche, qui ne se salissait pas du tout, même après être tombé au sol. Pour rendre les choses un peu plus bizarres, il ne parlait pas en Kalish, mais en Shorayan.

« Hm ? Êtes-vous…, » l’homme m’avait regardé fixement un moment « Un chou ? » et inclina sa tête vers la droite.

J’avais tremblé, et avec un sourire forcé, je lui avais répondu. « Non. Est-ce que j’ai l’air d’un chou ? »

« Bon point ! » il claqua des doigts.

Regardant à gauche et à droite pour voir s’il y avait quelqu’un autour de lui, il avait mis sa main autour de mon cou et m’avait demandé : « Veux-tu voir quelque chose de bien, jeune homme ? Hehe, » il avait souri comme un pervers.

« Cela dépend..., » je lui avais jeté un coup d’œil et m’étais demandé si je ne devais pas simplement m’enfuir.

« BON ! » il m’avait giflé le dos. Malgré ma force, j’avais atterri la tête la première dans le sol.

« Argh ! » avais-je gémi.

Un petit vieil homme fort..., pensais-je en me levant.

« Allez, mon gars ! Ne reste pas planté là comme un vieux schnock ! » Il m’avait grondé.

« N’es-tu pas le vieux schnock ? » lui avais-je demandé en m’approchant de lui.

« Pffff ! » il avait craché. « Détails ! » il avait fait un signe.

J’avais plissé les yeux vers lui, mais j’avais décidé de le suivre de toute façon. Quel mal cela pourrait-il faire ?

« Tu me rappelles le bon vieux temps, à l’époque où je pouvais encore charmer une dame et ne pas la faire flipper avec mon sourire ! » déclara-t-il.

« Ne sont-elles pas un peu trop jeunes pour toi ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Quand on est un humain de 78 ans qui drague une elfe de 348 ans, c’est l’inverse, » sourit-il.

« C’est vrai, mais ton âge compte., » j’avais hoché la tête.

« Bah ! Détails ! Les vraies femmes n’aiment pas les apparences, mais le cœur ! » déclara-t-il en souriant.

« On dirait un conte de fées, » lui avais-je dit.

« Cela dépend, » il s’était arrêté et m’avait regardé. « Peut-être que d’autres t’ont rempli la tête avec l’idée d’un conte de fées quand ils avaient eux-mêmes trop peur de regarder le monde réel. L’orgueil, l’avidité et l’ego peuvent être de fortes barrières lorsqu’on nous dit de nous exprimer. »

« Je ne comprends pas, » déclarai-je.

Ses paroles étaient plutôt déroutantes, je devais l’admettre.

« Il n’y a rien à comprendre, » il secoua la tête. C’est simple. « La façon dont quelqu’un grandit la plupart du temps détermine les contes de fées qu’il a entre ses oreilles. Au lieu de développer leurs propres pensées, ils écoutent les idées des autres et ne voient pas le monde qu’ils peuvent construire par eux-mêmes, » avait-il dit en souriant.

« Tu veux dire des idées préconçues ? Des peurs ? Des trucs comme ça ? » lui avais-je demandé.

Il acquiesça de la tête.

« Il est beaucoup plus facile de vivre dans un monde où l’on connaît déjà les règles que d’essayer de tester le monde pour en écrire de nouvelles... juste pour soi, » sourit-il.

J’avais baissé les yeux un instant en y réfléchissant. Pour être honnête, je pouvais croire ces paroles, mais je n’avais aucune idée pourquoi il me disait tout cela.

« Ne comprends-tu toujours pas ? » me demanda-t-il.

« Non..., » j’avais secoué la tête.

« Ça, garçon ! Ceci ! » déclara-t-il, puis il alla derrière une elfe qui passait à côté de nous et tâtonna ses seins.

« Hé ! Qu’est-ce que vous... Ahn ~ ! » la femme s’effondra par terre, les joues rouges et frissonnantes un peu.

« Des nichons ! » sourit le vieil homme.

Mon train de pensée venait de s’arrêter... il s’était cassé.

« Vous, les jeunes, vous ne connaissez pas les joies des beaux seins ! Si vous le faisiez, vous comprendriez ce que cela signifie de bien de les tâtonner, de les apaiser, de les masser et de les traiter correctement, » il sourit et caressa la tête de la femme.

Elle l’avait regardé fixement et l’avait giflé aussi fort qu’elle le pouvait.

Le vieil homme s’était envolé dans le ciel et avait atterri sur un tas d’ordures pas très loin de moi.

« Hmph ! Pervers ! » la femme s’était enfuie en courant tout en me regardant fixement.

« Qu’est-ce qui vient de se passer ? » avais-je demandé en regardant le vieil homme.

Il riait.

« Oh oui ! Tu ne dois jamais faire ça à quelqu’un d’autre que ta femme ! » indiqua-t-il en pointant vers le ciel.

« Je vais faire comme si de rien n’était. Je ne veux pas aller en prison pour avoir été associé avec toi, » j’avais hoché la tête fermement et je m’étais éloigné.

« Attends ! » Le vieil homme m’avait attrapé la main.

« Quoi ? » lui avais-je demandé en le regardant.

« Fais une faveur à un vieil homme et écoute-moi, tu veux bien ? » sourit-il.

J’avais plissé les yeux vers lui.

« Soupir..., » et c’est ainsi que j’avais abandonné sans me battre.

« Bien ! Maintenant, suis-moi ! » déclara-t-il et se mit à marcher.

Il s’arrêta après quelques pas et sortit un poisson à demi mangé de sa robe. Après l’avoir jeté à la poubelle, il avait continué à marcher calmement. Un peu méfiant, je l’avais suivi, mais j’avais gardé l’œil ouvert pour le surveiller. Qui savait dans quoi ce vieux pervers pouvait me mener ?

À un moment donné, il s’était arrêté et m’avait demandé : « Sais-tu ce qui est le mieux ? »

« Euh... une tarte ? » avais-je répondu.

« C’est délicieux, mais non. Je parle des seins ! Grand ou petit ? Rond ou pâteux ? Plein d’entrain ou tombant ? Autant de variantes ! Autant de belles combinaisons ! » sourit-il.

« Pourquoi me demandes-tu ça ? » l’avais-je demandé en le regardant dans les yeux.

« Qu’est-ce que tu préfères ? » me demanda-t-il.

« Euh... je crois, pas de préférence, » j’avais haussé les épaules.

« Tu mens ! » il m’avait pointé du doigt.

« Comment ça ? » Je l’avais regardé en plissant les sourcils.

« Quoi qu’il arrive, un homme aura TOUJOURS une préférence ! Ce chef-d’œuvre exquis qu’il souhaite tenir entre ses doigts et ensuite le serrer ou jouer avec ! Les gros seins ont leur charme, et on dit que les petits représentent la justice ! » sourit-il.

« Comment peut-on... ? Tu n’as aucune logique, » lui avais-je dit.

En vérité, je n’avais jamais compris pourquoi les gens devenaient fous au détriment de la taille, de la forme et de tout le reste. C’est vrai. Je préférais les gros seins aux petits et d’après les animes et les mangas, je savais qu’il y avait beaucoup de préférences bizarres, mais dire que je m’identifiais à l’une d’elles était un peu exagéré. En plus, j’avais deux femmes et une El’Doraw. Mes trois préférences étaient gravées dans la pierre.

« Oui, tu n’es qu’un imbécile qui ne veut pas le reconnaître ! Au moins, tu n’es pas comme les autres imbéciles qui craignent d’agir..., » il haussa les épaules.

« Tu ne sais rien de moi, » je l’avais regardé dans les yeux.

« Bah, qui en a besoin ? Mais franchement, on n’est plus si loin ! » sourit-il.

J’avais un mauvais pressentiment.

Nous étions arrivés dans une ruelle, où il avait escaladé une grosse pile d’ordures. Mes sens aiguisés avaient détecté beaucoup de personnes derrière le mur, surtout des femmes. J’avais dégluti et suivi, élevant mon armure magique au maximum pour que la saleté ne me touche pas.

« Ici ! Ici ! Mais tais-toi ! » il m’avait pressé de venir.

« Quoi ? » J’avais plissé les yeux vers lui et puis j’avais regardé ce qu’il montrait du doigt.

« C’est le paradis, je te le dis ! Le paradis ! » déclara-t-il.

Ce qu’on regardait, c’était une petite fenêtre des bains publics. Devant moi se dressait une forêt de magnifiques fruits assez mûrs pour être cueillie. Certains étaient gros, d’autres petits, et les pruneaux avaient été immédiatement effacés de ma mémoire. Parmi eux, j’avais vu trois corps voluptueux trempés dans l’eau. Des sourires joyeux étaient sur leurs lèvres, et parmi toutes, elles étaient les plus belles de toutes les fleurs qui s’y trouvaient. Quant à leurs montagnes glorieuses, je ne pouvais que déglutir et être forcé d’admirer leur sérénité et leur divinité.

« Jeter un coup d’œil aux femmes nues est toujours la meilleure des choses ! Hehehehe ! » déclara le vieil homme pervers en essuyant une traînée de sang de son nez.

En effet, nous étions en train de jeter un coup d’œil aux femmes dans les bains publics, et parmi elles se trouvaient Nanya, Shanteya et Ayuseya. Elles étaient toutes belles, charmantes et étonnantes. Mais sur les trois, je n’avais été invité au lit que par Nanya.

« Tu sais, un vrai gentleman ne s’impose jamais à une dame, même si elle est belle. Cependant, si elle le tente, rit à ses touches et l’embrasse quand il ose, seul un imbécile se retirerait d’elle et nierait son plaisir, » déclara le vieil homme.

« Mais seulement si les deux s’aiment..., » avais-je ajouté à ses paroles.

« C’est pour ça qu’elles ont des seins ! Si tu les tripotes doucement, la femme dira ce qu’elle pense, et tu connaîtras aussi tes pensées ! Avant d’aller plus loin, tu sauras si elle a conquis ton cœur ! » m’avait-il dit.

J’avais secoué la tête devant ses bêtises. « Elles ont des seins parce qu’elles en ont besoin pour nourrir leurs bébés. C’est de la biologie de base, » je l’avais regardé en plissant mon front.

« Ils enchantent les yeux, nourrissent les jeunes, tempèrent la bête à l’intérieur de l’homme, et surtout, ils offrent la sensation de divinité à une femme dans son ensemble ! » il souriait et me tapota le dos.

« C’est vrai, mais... C’est du langage de pervers ! Dans certains endroits, ça s’appelle une agression sexuelle ! » J’avais secoué la tête.

« Je reste sur ma position ! Grands ou petits, les seins sont un trésor divin ! » le vieil homme avait ri assez fort.

« Illsy ? » La voix qui m’appelait me semblait étrangement familière.

Quand j’avais tourné la tête, lentement, j’avais vu Nanya debout de l’autre côté de la fenêtre, couvrant sa poitrine. J’avais dégluti.

« Ce n’est pas ce à quoi ça ressemble, » lui avais-je dit.

« Mhm..., » sourit-elle.

« Ouaip... Je suis mort. Je suis vraiment mort, » j’avais hoché la tête, et un seul coup de poing m’avait frappé si fort que je m’étais envolé hors de la ville.

Pour être franc, je n’avais aucune idée de ce qui était arrivé à ce vieil homme, mais j’étais sûr qu’il avait réussi à s’échapper. Les vieux pervers avaient ce genre de talent. [Fossilus Senilus Perviticus Disappearicus]

***

Partie 4

[Point de vue d’Ayuseya]

« Je ne peux pas croire ce qu’a fait cet idiot ! » déclara Nanya.

« Le maître voulait simplement jeter un coup d’œil sur nous, aucun mal n’a été fait, » ricana Shanteya.

« Je ne l’accepterai pas ! Il peut me regarder s’il le veut, mais Ayuseya et les autres femmes sont hors de question ! En plus, il parlait tout seul comme un fou, », Nanya haussa les épaules et retourna dans l’eau.

Les autres femmes autour de nous pouvaient enfin se détendre après la disparition du pervers. Elles n’avaient probablement pas remarqué qui c’était, puisque Nanya avait été la première à l’entendre et elle était tout de suite passée à l’action. Grâce à elle, les autres n’avaient pas vu Illsy là-haut, seul.

« Pourquoi suis-je hors de question ? » avais-je demandé à Nanya avec un peu de tremblement dans ma voix.

« Eh bien... Tu ne veux pas qu’il te regarde comme ça, pas vrai ? » demanda-t-elle.

« Pourquoi ? » lui avais-je demandé en plissant mon front.

Shanteya et Nanya se regardaient.

« Tu as été plus ou moins victime de ce mariage. Oui, Illsy t’a sauvée et c’est un bon gars et un gros pervers, mais on n’a jamais pensé que tu pensais à... eh bien... tu sais, » Nanya avait essayé de former ses mots, mais elle avait bégayé.

« Parce que je suis une princesse ? » leur avais-je demandé.

« Ça et... Nous n’avons jamais pensé que tu t’intéressais à lui en tant qu’homme., » dit-elle.

« Mais c’est le cas..., » j’avais plissé les yeux vers elles.

En effet, je n’étais pas du genre à exprimer correctement mon désir d’être avec lui, mais je pensais avoir clairement fait savoir que j’avais des sentiments pour lui. Mon cœur appartenait à Illsy, et ça ne me dérangerait pas d’être sa seconde femme après Nanya, mais il me semblait que je n’étais pas assez claire.

En regardant en bas, j’avais serré les poings sous l’eau. Je savais ce que je ressentais et je ne voulais pas qu’il me laisse tomber. Pourquoi devrais-je être laissée pour compte ? J’étais l’une de ses femmes, donc j’avais autant le droit qu’elles pour aller de l’avant avec lui.

Shanteya m’avait touché le bras, et avec un sourire, elle m’avait dit. « Tu n’as pas besoin de précipiter ces choses. »

Je l’avais regardée, puis Nanya. Elles pensaient toutes les deux la même chose, que je me précipitais.

« Et si ce n’est pas comme ça ? » avais-je demandé, mais ma voix était faible.

« Tu te souviens quand je t’ai dit que les démons peuvent être très possessifs avec leurs copains ? » demanda Nanya, inclinant la tête vers la gauche.

« Oui ? » lui avais-je demandé en plissant mon front.

« Bien qu’Illsy ait dit clairement qu’il nous aime toutes également, c’est un homme, après tout. Ça ne me dérange pas qu’il aime d’autres femmes, mais quand ces femmes désirent son corps... alors je pourrais devenir un peu... jalouse, » elle m’avait regardée fixement.

C’était une menace. Si je m’approchais trop d’Illsy, Nanya serait prête à m’attaquer pour l’éloigner de moi.

J’avais dégluti et regardé en bas, en évitant son regard.

« C’est ce que je pensais. Tu n’es pas encore prête, petite dragonne. Ne te précipite pas si tu n’es pas prête à te battre pour lui. Contrairement aux El’Doraws ici, nos espèces choisissent des compagnons, que nous revendiquons comme étant les nôtres. Si tu n’es pas prête à faire valoir tes droits sur lui devant les autres, alors tu ferais mieux de t’écarter ou d’attendre d’être assez forte pour le faire, » soupira-t-elle, puis elle se pencha plus près.

Elle avait relevé mon menton et j’avais regardé dans ses yeux noirs.

« Ne pleure pas, Ayuseya. Ce n’est pas ta faute... Ce n’est pas encore le moment, » elle avait souri et m’avait enlacée.

Est-ce que je pleure ? Je ne peux pas dire..., avais-je pensé.

« Quand tu te décideras, ton cœur sera clair comme de l’eau de roche. Quand il n’y aura plus de doute, plus de peur, plus d’inquiétude, ça ne me dérangera plus que tu l’aies pour une nuit ou deux, » elle avait souri. Puis elle était retournée à sa place. « Nous ne sommes pas des enfants. Ce n’est pas un jeu, princesse. Si tu le veux, tu le dis clairement, mais d’abord à toi-même et ensuite à lui. Une fois que ton cœur est clair, tu peux espérer que le sien l’est aussi. Sinon, tu attendras le sien. C’est aussi simple que ça, » avait-elle souri.

J’avais dégluti et j’avais baissé les yeux.

J’étais si indécise ? Non... Suis-je si indécise à ce sujet ? J’aime Illsy, non ? Ou est-ce que je me force à le faire parce que je me sens redevable envers lui... ? Est-ce que je ressens le besoin de lui rendre la pareille d’une façon ou d’une autre ? En regardant mon reflet dans l’eau, j’avais réfléchi.

« Eh bien, une bonne façon de le savoir est de te demander ceci..., » j’avais levé les yeux vers Nanya quand elle avait parlé. « Peux-tu l’imaginer te regardant nue et voulant que son regard affamé savoure ton corps ? Peux-tu t’imaginer être touché par un autre homme que lui ? Es-tu prête à laisser une autre femme, une étrangère, te l’enlever ? Peux-tu te laisser aller à l’abandonner même s’il dit non à ton amour la première fois ? Désires-tu et ne vois-tu aucun problème à porter son enfant ? » elle m’avait fait un petit sourire.

J’avais compris à ce moment-là que pour elle, ces questions avaient déjà reçu une réponse, mais pour moi, elles faisaient l’objet d’un débat et je ne savais pas comment m’en sortir.

Mon regard s’était lentement retourné vers mon reflet dans l’eau. Les paroles de Nanya résonnaient dans mon esprit, mais mon cœur était vide. Je ne pouvais pas faire la différence entre devoir, désir et dette.

Ce n’est pas juste..., avais-je réfléchi. Puis j’avais fermé les yeux un instant.

« Je suis désolée, mais je vais sortir plus tôt..., » avais-je dit aux deux femmes en me levant.

« On est à peine entrées ? » déclara Nanya en plissant les sourcils.

« Je sais que nous avons fait la queue et même attendu qu’ils remplacent l’eau, mais je ne peux pas rester plus longtemps... J’ai besoin de me vider l’esprit, de réfléchir, » lui avais-je dit. Puis je lui avais montré son sourire, mais ma douleur se reflétait dans mes yeux.

« Très bien... Je ne t’arrêterai pas, mais ne te perds pas, » elle se pencha vers l’arrière et ferma les yeux.

« Merci..., » avais-je dit. Puis j’étais sortie de là.

Je voulais me changer et sortir de là rapidement. Quand j’étais sortie du bain public, je m’étais efforcée d’empêcher les larmes de se répandre sur les joues.

☆☆☆

[Point de vue de Nanya]

« Ai-je été trop dure ? » avais-je demandé et poussé un soupir, mais j’avais refusé de tremper ma tête dans l’eau.

« Peut-être, » m’avait répondu Shanteya.

« Je ne lui fais tout simplement pas confiance..., » avais-je avoué. Puis j’avais regardé le plafond.

« Pourquoi ? » demanda Shanteya.

« C’est une princesse... Elle a été élevée différemment de nous, donc je ne peux pas vraiment dire si elle a les meilleures intentions pour Illsy ou non. Contrairement à nous, elle pourrait très bien retourner dans son royaume et y régner en reine. Toi et moi, nous sommes liées à Illsy pour la vie à partir de maintenant. J’en suis consciente et je suis prête à protéger mon mari avec ma vie s’il le faut, mais elle... Je n’ai jamais vu en elle la résolution d’aller aussi loin. Je n’ai jamais vu son désir de le poursuivre, sa conviction de rester à ses côtés et la force dans son cœur de ne laisser personne d’autre l’avoir, » avais-je dit.

« Tu penses qu’elle n’a pas cette résolution et cette conviction dont tu parles ? » me demanda Shanteya d’un ton calme.

« Hm..., » avais-je croisé les bras. « Je vais le dire ainsi. Si tu voyais une sorcière s’approcher de l’Illsy et que tu savais bien qu’elle avait de mauvaises intentions, que lui arriverait-il ? » lui avais-je demandé.

« Disons que je devrais m’excuser auprès d’Illsy pour avoir taché mes vêtements avec du sang étranger, » elle avait souri calmement.

« Eh bien, tu es un ancien assassin... mais oui, et je lui aurais cassé les jambes quelques fois, » avais-je haussé les épaules.

« Les hommes disent souvent que les femmes font peur, » Shanteya gloussa.

« Oui, maman m’a dit un jour que nous, les femmes, on est comme des prédateurs, et les hommes comme des agneaux. Même s’ils sont forts comme un ours, pour nous, ils sont des agneaux, c’est pourquoi tu dois t’assurer d’éliminer tous les autres prédateurs qui visent ta proie, » avais-je dit en riant.

« C’est une façon intéressante de le dire, mais tu n’as rien à craindre de moi, » Shanteya baissa les yeux.

« Pourquoi penses-tu cela ? » lui avais-je demandé.

« Nanya, je ne suis pas une idiote. Je peux le dire, » elle m’avait montré un sourire peiné.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » avais-je plissé mon front.

« Contrairement à toi et Ayuseya, je suis... sale, impure, » déclara-t-elle.

« Illsy s’en fout de ça, » avais-je déclaré.

« À l’extérieur, non... Il dira toujours qu’il s’en fiche, mais à l’intérieur, c’est une autre histoire. Peut-être même qu’il ne s’en rend pas compte, mais le fait qu’il m’ait gardé comme son esclave en est la preuve. Il ne s’agit pas du pouvoir de son bonus, Nanya. C’est à propos de ce qu’il ressent vraiment pour moi. Ayuseya et toi, il vous aime, mais je suis aimée d’une autre façon. Je suis aimée comme une amie... un compagnon, mais pas comme une épouse, une amoureuse, » elle m’avait montré un sourire peiné.

« Ce n’est pas vrai, » avais-je essayé de dire, mais même moi, je doutais de mes propres paroles.

« Une simple question fait toute la différence... et me poser la question s’est avéré être son épreuve la plus difficile. Je ne vais pas être celle qui lui demandera de faire de moi sa femme parce qu’à ses yeux, je ne le suis pas, » elle secoua la tête. « Au fond de lui, il attend que je dise que je veux être libre. Une fois que c’est fait, il n’y a aucune chance pour lui de le regretter. »

« Pourquoi le regretterait-il ? » avais-je demandé en étant un peu confuse.

« Aux yeux de tous, une femme qui a été touchée par un autre homme est une femme sale... c’est une vérité que tous les cœurs déclarent. Personne ne veut que la marchandise soit transmise, » elle baissa les yeux vers son reflet dans l’eau, mais elle ne pleura pas.

« Shanteya... ce n’est pas vrai, » l’avais-je redit, mais cette fois, j’avais enlacé une femme. « C’est juste un idiot qui a besoin d’un peu de temps... et s’il ne le fait pas... demande-lui de te libérer. Si Illsy ne peut pas t’aimer, alors je suis sûre que quelqu’un le fera, » lui avais-je dit.

À ce moment-là, je l’entendis gémir.

« Mais si je veux Illsy, et que je ne veux pas d’un autre homme ? Et si je ne veux que lui ? » elle s’était mise à pleurer.

La femme assassin forte pouvait enfin pleurer, tout cela à cause d’un idiot pervers que nous aimions toutes et dont nous nous souciions profondément. Pourtant, une chose était restée vraie... ce genre de choses avaient leur propre façon de se résoudre, et parfois cela prenait du temps même lorsque vous les leur disiez carrément en face.

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

J’avais atterri dans un buisson et effrayé une meute de loups...

Heureusement que j’avais mon armure magique, sinon, j’aurais marché avec un coquard et quelques côtes cassées. D’autre part, je n’avais aucun regret quant au paysage divin que l’on m’avait donné à voir. Malheureusement, ce vieux pervers avait dû aussi le voir.

Pourquoi ma bien-aimée Nanya et Ayuseya, devraient-elles être regardées par un vieil homme qui pouvait à peine tenir le coup ?

C’était inconcevable, mais avant de pouvoir me plaindre davantage, je devais retourner en ville. D’un pas léger, j’avais commencé à courir vers là-bas. Importante avait été la surprise des gardes quand ils m’avaient vu.

Ils m’avaient demandé quelque chose dans leur langue, mais je ne comprenais pas leurs mots.

« Je ne comprends pas ce que vous dites, puis-je passer ? » leur avais-je demandé.

Ils s’étaient regardés l’un l’autre et m’avaient regardé à nouveau. Je ne savais pas s’ils me laissaient passer, alors j’avais tenté ma chance. S’ils me repoussaient, je pouvais toujours sauter dedans. Heureusement, ils ne m’avaient pas arrêté. Mais si j’expliquais aux gardes que j’avais été frappé au visage par ma propre femme pour avoir essayé de jeter un coup d’œil aux femmes nues dans les bains publics, ils essaieraient très probablement de m’arrêter.

Après avoir marché un peu, j’avais été accueilli par quelqu’un.

« Illsy..., » déclara Ayuseya.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? » avais-je demandé, surpris.

« J’aimerais..., » elle baissa les yeux, puis elle regarda à sa gauche. « Je..., » elle m’avait regardé après ça et elle s’était arrêtée, regardant le sol à nouveau.

« Franchement, dis-le. Qu’est-ce qui te tracasse ? Tu es ma femme après tout ! » lui avais-je montré un sourire éclatant.

Elle s’était mordu la lèvre inférieure et m’avait regardé dans les yeux. Après avoir dégluti une fois, elle avait finalement trouvé le courage de s’exprimer.

« Je veux te parler... en privé, » déclara-t-elle.

« D’accord... Retourne-t-on à l’auberge ? » lui avais-je demandé.

« Non, » elle secoua la tête et serra les poings, elle s’inclina et demanda. « Peux-tu, s’il te plaît, m’emmener en dehors de la ville et nous y faire une chambre ? »

« Bien sûr..., » avais-je dit en étant un peu décontenancé, car je n’avais aucune idée d’où tout cela venait, mais si elle voulait avoir une discussion honnête avec moi, alors qui étais-je pour lui refuser cela ?

***

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Un commentaire

  1. Merci pour ce chapitre

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