J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 3 – Chapitre 39

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Chapitre 39 : Ma sorte de vengeance !

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Chapitre 39 : Ma sorte de vengeance !

Partie 1

[Point de vue de Shanteya]

L’épée de Dankyun m’avait transpercé les entrailles et était sortie par l’autre côté. Je sentais la lame froide qui coupait profondément mon corps, me blessant, me faisant saigner, me faisant frissonner. La peur avait saisi mon cœur dans ses griffes mortelles, me rappelant ma faiblesse et mon inutilité. Cette fois, c’était différent. Cette faiblesse démontrée devant Dankyun était une preuve de mon incapacité à protéger mon Maître, mon manque de force et de compétence, mon manque de détermination à obtenir la puissance dont j’avais besoin et que je désirais afin de rembourser mon Maître pour toute la gentillesse qu’il m’avait offerte depuis cette nuit fatale.

Pourtant, malgré ces sentiments et ces émotions, il y avait un autre type de peur qui tourbillonnait au fond de mon cœur et me faisait frissonner comme une petite enfant sans défense. De toute ma vie, je n’avais jamais vécu l’étreinte d’un amoureux ou même, me permettre de ressentir le toucher d’un amoureux. J’étais la Poupée Brisée envers qui personne ne désirait être, et encore moins aider ou protéger. Personne sauf le Seigneur du Donjon qui m’avait libérée, qui m’avait guérie de mes blessures et de mes malédictions, qui m’avait étreinte et embrassée sans crainte ou dégoût de qui j’étais et de ce que d’autres hommes avaient fait de moi.

À cause de cette peur de perdre celui que j’aimais, mes derniers mots envers mon Maître furent : « Je suis désolée... Illsy. J’ai échoué... »

Des larmes s’étaient accumulées dans les coins de mes yeux lorsque du sang s’était répandu autour de mes lèvres et de ma plaie ouverte. J’étais en train de mourir avec lui. Au lieu de pouvoir le sauver, j’avais permis qu’il soit tué par ce draconien, et ça fait mal, ça fait tellement mal de savoir que je n’avais pas pu empêcher celui que j’aimais d’être blessé par son ennemi. Cette douleur était beaucoup plus grande que la douleur physique causée par l’épée empalée dans mon abdomen.

« Stupide shikak ! » maudit Dankyun en tirant sa lame.

« Arg... » j’avais gémi et j’étais tombée à genoux.

Mon corps était faible et tremblait de douleur et de peur, mais même ainsi, je le regardais encore fixement. Je ne voulais pas offrir à ce monstre la joie de nous avoir vaincus, de nous avoir frappés avec une telle facilité. Ceux qui, comme lui, savouraient les moments où leurs ennemis mendiaient pour leur vie ou criaient de douleur, je ne connaissais que trop bien son espèce, et la seule chose qu’ils détestaient tous, c’était de voir leurs victimes continuer à se battre alors que l’espoir avait disparu depuis longtemps de leur bataille.

« Quelle petite femme persévérante ! » Il avait craché et m’avait attrapée par le cou.

Avec une grande facilité, il m’avait soulevée du sol et m’avait affiché son sourire victorieux. J’avais essayé de lutter face à sa prise, de me libérer de son emprise, mais la blessure dans mon intestin avait sapé ma force, la réduisant à presque rien.

« Peut-être que je devrais te torturer avant de te tuer ? Te violer jusqu’à ce que tu n’arrives plus à réfléchir ? » m’avait-il menacée.

« Désolée, mais je préfère les hommes au lit, et non pas les femmes vierges..., » j’avais souri face à lui.

Il avait perdu la tête et m’avait jetée sur le côté. J’avais atterri sur le sol, cassant mon bras gauche et roulant plusieurs fois jusqu’à ce que je m’arrête non loin de l’endroit où Nanya s’appuyait avec son dos sur un morceau de mur émietté. J’avais craché du sang et toussé. Je ne pouvais pas bouger, et ça faisait mal partout.

Est-ce que c’est ça ? m’étais-je demandé avant que ma vision ne s’estompe. Puis j’avais perdu conscience...

[Point de vue de Nanya]

Les choses ne se présentaient pas très bien pour nous. Illsy venait d’être poignardé par Dankyun et était probablement mort à la suite de cette attaque. Shanteya avait été blessée et jetée comme un chiffon inutile. Ayuseya était inconsciente et perdait rapidement du sang. Est-ce qu’il lui restait encore une minute ? J’en doutais. Quant au monstre qui nous avait mis à genoux ainsi, le monstre draconien qui jouait avec nous comme si nous n’étions rien d’autre qu’une existence inutile pour lui, il se tenait là, riant et profitant de la vue de cette destruction présente autour de nous.

Quant à moi, mon corps était engourdi, rempli de douleur, et je n’avais plus beaucoup de sang dans mes veines afin d’éloigner le froid. Il s’était déjà étendu à mes membres inférieurs et à ma queue. Ma mâchoire et mes paupières avaient l’impression d’être tirées vers le bas par des montagnes. Je ne pouvais pas les garder ouverts. J’arrivais à peine à penser, et c’était si difficile de se concentrer. En toute honnêteté, je n’avais même pas remarqué quand Shanteya s’était retrouvée à mes pieds.

C’est ça... Eh bien, je pourrais utiliser ce cristal [Téléportation], mais à quoi cela sert-il ? Sans l’aide d’un guérisseur, je vais mourir de toute façon. Dankyun l’a finalement fait... il nous a tous tués et a gagné la bataille. En le regardant, j’avais réfléchi.

Un dernier coup était tout ce dont il avait besoin pour nous tuer. Un seul coup de poing au bon endroit ou un coup de poignard direct au cœur et cela seraient finis. La décapitation était également une option, car aucun d’entre nous n’avait la force de s’opposer à lui. Pourtant, j’avais le sentiment qu’il n’allait rien faire de tout cela. Dankyun allait nous laisser nous vider de notre sang tout en se vantant de sa puissance en tant que Suprême.

Rien que de penser au fait que j’aurais utilisé un truc si pathétique pour sauver ma vie m’avait rendu malade. Si seulement j’étais plus forte...

Quant à Illsy, ce pauvre Seigneur du Donjon n’était en vie que depuis quelques semaines. Mourir ainsi surtout quand il avait montré une telle différence entre lui et les autres donjons était une honte.

Je suppose que je ne saurai jamais s’il nous aimait vraiment ou pas..., avais-je pensé et au fond de moi, je m’étais retrouvée à le regretter un peu.

« Ah ! Quelle belle journée ! » déclara Dankyun en riant. Mais il s’était passé quelque chose d’étrange.

Une vague de force avait repoussé la poussière loin du corps d’Illsy, tandis que des étincelles d’énergie apparaissaient autour de lui.

« Que se passe-t-il ? » s’interrogea Dankyun en prenant du recul et en regardant les choses étranges qui étaient arrivées au noyau de cristal vert.

BADUMP !

Un fort battement de cœur avait été entendu en provenance de celui-ci, envoyant une onde de choc autour de lui.

BADUMP !

Un autre avait été entendu.

En regardant la façon dont la terre et la poussière étaient éloignées de lui, et en voyant comment les ondes de choc de pression étaient libérées à chaque battement de cœur, j’avais l’impression d’être sur le point d’assister au réveil d’un monstre. Un frisson était descendu le long de mon dos alors que les crépitements d’éclairs de son corps s’intensifiaient, frappant les pierres et le sol autour de lui. La pression était intense.

Dankyun avait aussi regardé à ce moment-là, mais il n’avait pas envie d’attendre la fin de ce qui arrivait à Illsy. Serrant la poignée de son épée, il la souleva et se précipita vers lui avec l’intention claire de le détruire.

« N-Non..., » j’avais réussi à dire ça avec une voix rude et essoufflée.

Je ne pouvais plus faire de bruit.

Je ne pouvais que regarder avec impuissance le draconien utiliser l’épée que mon père avait construite pour me protéger, avant de frapper celui que je voulais protéger. J’avais tenté d’étouffer les vrilles d’inquiétude et de peur qui avaient resserré leur prise autour de mon cœur et affectant mon souffle pendant que je regardais la lame noire retomber sur le corps de cristal. Il n’y avait aucun moyen de le protéger ou même de me déplacer pour me placer devant l’épée comme Shanteya l’avait fait. Je pouvais à peine respirer et garder les yeux ouverts, sans parler de marcher ou de courir jusqu’à cet endroit.

Illsy..., avais-je dit dans mon esprit en attendant d’entendre les bruits de son corps. Mais cela n’était jamais arrivé.

Comme Dankyun avait le dos tourné vers moi, je ne voyais pas ce qui était arrivé au noyau de cristal.

Illsy a fait quelque chose ? m’étais-je demandé.

BADUMP ! un autre battement de cœur fort avait été entendu.

« GAH ! » le draconien avait été renvoyé dans un vol plané, s’écrasant sur les décombres du bâtiment de l’école qui se trouvait ici.

Il avait été repoussé par l’onde de choc provenant du corps du donjon. D’une manière ou d’une autre, Illsy s’était défendu contre la frappe du Suprême, mais était-ce lui qui l’avait fait ou quelque chose de mauvais arrivait-il à son corps ? Je ne pouvais pas le dire, et j’avais l’impression que j’allais aussi m’évanouir.

« Espèce de salaud ! » cria Dankyun alors qu’il sortait des décombres.

BADUMP !

Un autre battement de cœur avait été entendu, et une autre onde de choc avait été envoyée à partir de celui-ci.

À l’instant suivant, quelque chose d’étrange se produisit. Le Territoire de Donjon d’Illsy avait donné l’impression qu’il était soudainement arraché à mes pieds, se retirant dans son corps de cristal. La sensation ne semblait pas avoir été remarquée du tout par Dankyun, alors peut-être que seuls ceux d’entre nous, qui étaient liés au Seigneur du Donjon d’une manière ou d’une autre, étaient capables de ressentir cela.

Après cela, toute la lumière autour du gros cristal vert s’était concentrée à l’intérieur, et la foudre avait cessé de se former. Le pouls et les ondes de choc s’étaient arrêtés, mais il ne semblerait pas qu’Illsy soit mort. Je le voyais comme s’il était prêt à exploser en raison d’une incroyable quantité d’énergie, comme une puissante [Boule de feu] prête à exploser.

J’avais dégluti et j’avais attendu pour voir ce qui allait se passer ensuite.

Quelques secondes s’étaient écoulées sans que le corps de cristal dévoile le moindre changement.

Est-ce fini ? m’étais-je demandé.

Dankyun ne laissait certainement pas sa garde ouverte.

« Arg. » J’avais gémi et j’avais regardé en bas.

Le sang séché avait taché mon armure et mes membres, mais je ne sentais pas son odeur métallique. Mes jambes et mes bras étaient également engourdis. Même si j’essayais de faire un poing ou de bouger un doigt, je ne pourrais plus. L’ordre pour qu’il bouge ne passait pas, ou plutôt les muscles ne répondaient pas à mes ordres.

Je ne serai plus en vie très longtemps..., avais-je pensé en essayant d’arrêter toute sorte de peur et d’horreur d’accélérer le rythme de mon cœur.

Si je n’avais pas fait cela, j’aurais perdu encore plus de sang, mais si on me regardait de l’extérieur, je dirais que j’avais l’air d’un monstre sans émotion qui ne se souciait pas de ce qui allait se passer ensuite. La vérité, c’était que j’avais très peur et je ne voulais pas encore mourir, mais toute mon expérience et mes connaissances m’avaient dit de rester immobile et calme. C’était ma seule chance. J’étais suspendue à un fil mince au-dessus des mâchoires affamées de la mort.

Soudain, le cristal d’Illsy avait craqué comme si quelqu’un l’avait frappé avec un énorme marteau.

J’avais dégluti.

Une présence stupéfiante émanait du corps de cristal craquelé. C’était sorti comme une onde de choc, repoussant toute personne trop près de lui. Le sol autour du cristal avait commencé à trembler, les roches et la poussière avaient été soulevées dans l’air pendant que les éclairs zappaient tout ce qui était proche. Une quantité incroyable de mana pouvait être ressentie autour d’elle.

BADUMP !

Le battement du cœur avait été entendu à nouveau.

BADUMP ! BADUMP ! BADUMP !

L’impulsion s’était intensifiée à mesure que plus d’éclairs crépitaient dans l’air.

La lumière émanant du corps avait commencé à briller avec plus de mana à l’intérieur. Puis, soudainement, une impulsion de lumière forte avait été libérée avec l’onde de choc la plus forte d’entre toutes. J’avais fermé les yeux, mais je pouvais entendre le sol gronder comme un monstre enragé. La poussière, la terre et les petits cailloux avaient été repoussés, certains m’avaient même frappée, mais tout s’était arrêté.

J’avais lutté pour rouvrir les yeux, bien que la pensée agréable de céder et de laisser aller mon dernier souffle m’avait tentée. Le désir de savoir ce qui était arrivé à Illsy était plus fort, alors j’avais poussé et forcé ces minuscules muscles à tirer mes paupières vers le haut pour que je puisse le voir.

Il y avait un cratère parfaitement rond où se trouvait avant ça son corps de cristal vert, et au milieu de celui-ci se trouvait un homme. Le cœur de donjon avait complètement disparu, et ce qui avait pris sa place était un humanoïde se tenant avec ces 194 cm de haut, avec une peau d’un blanc pâle et un grand cristal vert au milieu de sa poitrine. À en juger par les parties inférieures sous sa ceinture, cette entité était un homme. Il avait des cheveux courts de couleur jade-vert, des yeux d’un vert émeraude profond, un beau visage et un corps en forme affichant un peu de muscles. En plus du gros cristal au milieu de sa poitrine, il y en avait cinq plus petits sur chaque bras et jambe. Ils avaient tous la même taille et la même forme et brillaient d’une douce tonalité verte. De mon point de vue, il était plutôt attirant.

De toute ma vie, je n’avais jamais vu ou entendu parler d’un être comme lui, mais ce que je savais avec certitude, c’est qu’il n’était autre qu’Illsyore, mon mari. D’une manière ou d’une autre, il avait gagné un corps humanoïde, mais allait-il être assez puissant pour vaincre Dankyun ?

Illsy..., avais-je pensé et prié pour qu’il gagne.

[Point de vue d’Illsyore]

271 ans avaient été passés dans cette obscurité, travaillant constamment sur mon corps avec peu ou pas de temps pour quoi que ce soit d’autre. D’autres donjons en plus du Primordial s’étaient révélés à moi au fil du temps. C’était un travail difficile de construire mon corps tout en les écoutant constamment, toujours en fouillant dans mes souvenirs et en se moquant de moi. Le Primordial avait essayé à maintes reprises d’expliquer pourquoi on ne devrait pas faire confiance aux organiques humanoïdes et comment les donjons leur étaient supérieurs de quelque manière que ce soit.

Ces voix chantaient des chœurs pour les sourds et des cieux peints pour les aveugles parce que tout ce qui m’importait et ce à quoi je pensais étaient de rendre mon corps aussi fort que possible afin de sauver Nanya, Shanteya et Ayuseya.

Il y avait beaucoup de choses que je devais changer, beaucoup de choses que je devais ajouter. J’avais échoué à maintes reprises. J’avais sincèrement perdu le compte du nombre d’échecs que j’avais accumulés.

Pour commencer, mon premier corps avait été terminé après seulement 6 ans de conception et de planification minutieuse. C’était un succès record, mais comme il ne durerait pas, le Primordial avait décliné son existence, m’expliquant douloureusement comment il serait vaincu par Dankyun. Il avait raison. Cette chose... n’était pas différente d’un corps humain normal. Il lui manquait même la capacité de stocker le mana.

Après avoir échoué pendant encore une vingtaine d’années, le Primordial m’avait finalement expliqué un peu comment fonctionnait le mana. Dans l’idée, c’était un effet macroscopique généré par les interactions de particules élémentaires que je connaissais déjà comme les bosons et les fermions avec un autre type de particules appelées particules MT ou particules de type magique. Elles interagissaient avec la matière et la matière noire par le biais d’ondes et de champs capables de changer littéralement les lois de l’interaction entre les bosons et les fermions et, par conséquent, les structures microscopiques et macroscopiques. Bien sûr, on ne m’a pas donné l’explication complète et tous les détails à ce sujet puisque le Primordial les avait aussi oubliés, mais on m’avait offert assez pour que je commence à le comprendre et à sentir lentement le flux de la magie. En fait, je n’avais aucune idée de la façon dont les bosons et les fermions agissaient ensemble, mais j’avais compris que grâce à mana, j’avais un certain contrôle sur les lois de la physique et de la matière elle-même.

En toute honnêteté, c’était un gros mal de tête, et il était difficile de tirer l’information en provenance du Primordial, d’autant plus qu’il y avait des moments où il... oubliait de quoi nous parlions il y a des mois ou des années.

Quant à l’utilisation des nouvelles connaissances que j’avais acquises, cela s’était avéré encore plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Si j’avais été physicien des particules ou du moins médecin dans ma vie antérieure, j’aurais peut-être eu un peu d’aide pour comprendre ce que je faisais dans le monde. Il y avait eu des mois ou même des années où j’avais envie de devenir fou parce que je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas. En effet, j’avais manqué de beaucoup d’informations sur la façon dont une forme de vie biologique était censée fonctionner. C’est pourquoi le Primordial avait rejeté les autres corps que j’avais fabriqués par la suite. Ils étaient littéralement rapiécés et copiés des versions des corps des autres donjons.

Essai après essai, échec après échec, le corps sur lequel je travaillais progressait et avançait. Ce n’était pas facile de réaliser ce que je voulais : quelque chose d’assez puissant pour détruire Dankyun.

Le plus difficile avait été de trouver comment transformer les points de force, d’agilité et d’intelligence en interactions réelles au niveau élémentaire. Ils ne m’avaient jamais dit comment ça fonctionnait exactement. L’obscurité voulait que j’abandonne l’idée de le découvrir par moi-même et que je l’utilise à la place. Il voulait que je crée un lien de dépendance, mais je ne voulais rien de tout cela.

Ainsi, j’avais lutté et bataillé, devinant et essayant beaucoup de choses au fil des années.

Ce qui m’avait aidé à apprendre plus rapidement, c’était les restes des corps de tous les Seigneurs du Donjon qui avaient atteint la forme humanoïde ou semi-humanoïde. Inutile de dire que la forme du corps sur lequel je travaillais allait être très différente de mon corps humain. Il devait être puissant, solide, rapide et beau.

Une chose était de faire une belle femme, je connaissais les paramètres, mais faire un homme, c’était... et bien, c’était pour le moins difficile à dire. Du bon côté des choses, la façon dont je travaillais était similaire au moulage de l’argile. Il m’avait fallu environ 67 ans pour développer et apprendre cette capacité, mais c’était loin d’être parfait. C’était la même chose avec les objets de construction, je devais juste comprendre comment contrôler le flux de magie afin de lui faire changer les propriétés et la forme d’une substance.

***

Partie 2

À un moment donné, je m’étais un peu écarté des modifications et j’avais fini par avoir un corps qui semblait un peu différent par rapport aux êtres de cette planète, en particulier la queue et les griffes. Les principales parties sur lesquelles je m’étais concentré étaient les quatre bras et les six jambes. Je voulais vraiment que le corps ait des implants, alors j’avais choisi des cristaux de sorts et des lasers. Les mains, jusqu’au coude, avaient été implantées avec des cristaux de puissance reliés par des tissus biologiques et avaient permis le même effet que le laser. Les autres allaient être des cristaux de stockage d’énergie magique semblable à ceux utilisés par Dankyun.

Je devais dire que j’avais l’air différent. Mon corps mesurait six mètres de haut, avec quatre mâchoires, des dents et des griffes acérées comme des rasoirs. Je pouvais faire des crachats acides, j’avais quatre bras, six jambes et toutes sortes d’autres accessoires cool. C’était un monstre grandeur nature, peu importe la façon dont vous le regardiez.

Quand j’en avais fini avec celui-ci, le Primordial avait complimenté mon ingéniosité, mais ce n’était pas encore assez. Il avait pris la liberté de m’expliquer le fait que chaque partie de mon corps allait être une difficile à bien contrôler et à utiliser à cause de la façon dont notre esprit fonctionnait. Nous n’avions pas le temps d’apprendre à contrôler les membres et organes supplémentaires que je considérais comme « cool ».

Puis il m’avait expliqué les principaux aspects sur lesquels il voulait que je me concentre...

Comment cela peut-il être vrai... ? Après plus de 150 ans de travail, il avait finalement pensé que ce serait une bonne idée de dire ce dont il avait BESOIN pour que le corps fonctionne ! Cela m’avait tellement ennuyé ce jour-là que j’avais commencé à me battre avec lui. Bien sûr, j’avais perdu... et quelques souvenirs de Donjons Faciles avaient été détruits au cours du processus. En fin de compte, j’avais compris que peu importe qui piloterait le corps que je fabriquais, il leur faudrait des décennies pour apprendre à le faire efficacement.

Le dernier corps sur lequel j’avais travaillé était censé être le dernier. Apparemment, comprendre le fonctionnement du corps et le construire moi-même m’avait permis de contrôler ses capacités de guérison beaucoup plus facilement. Pas même une décapitation ou un coup de couteau dans le cœur aurait suffi pour me tuer maintenant. C’était l’un des aspects que le stupide Primordial avait oublié de mentionner. Comme prévu, trois ans plus tard, il avait complètement oublié notre bataille, bien que j’étais encore en train de grogner comme un raton laveur affamé.

En effet, c’était la même chose que de ne parler qu’aux ombres de leur passé. À maintes reprises, cela avait été clairement établi que dans cette obscurité, j’étais le seul esprit vivant et actif avec une fonctionnalité à 100 %, tous les autres étaient comme un fantôme avec au moins un cerveau à moitié mort. Je me sentais parfois un peu seul.

Il y avait eu très peu de moments où j’avais voulu faire une pause, mais quand je l’avais fait, j’avais pensé au monde dans lequel j’étais, aux personnes, à ce que j’avais appris et à ce que je voulais faire après que Dankyun ait été mis au rebut, emballé et posté vers Teslov sur la boite à lettre express « destination finale ».

Ce monde était différent du mien, trop différent. J’avais même appris qu’il y avait plus que ces trois continents. Apparemment, il y avait même quelque chose comme un Continent aux Donjons, mais aucune des ombres ici ne savait où il était ou de quoi il s’agissait. Ils se souvenaient seulement qu’il existait. Quant au Primordial, il ne le savait pas non plus. Apparemment, il y avait aussi de gros trous de mémoire. Il ne pouvait même pas se rappeler où il est né, et quand c’était la dernière fois qu’il était vivant. Les donjons les plus faibles étaient dans un pire état, mais ils ne fonctionnaient que sur une poignée de souvenirs qu’ils revivaient constamment. Certains étaient bons, d’autres mauvais.

J’avais décidé que je voulais en apprendre davantage sur ce monde après avoir vaincu Dankyun. Il y avait beaucoup plus de continents à découvrir, beaucoup de gens à rencontrer, et je n’avais pas encore vu de chat. Selon certains de leurs souvenirs, ils existaient. L’un des donjons se souvenait d’avoir nourri des esclaves nekatars afin d’être utilisé comme terrain d’entraînement pour les chevaliers humains. Une autre se souvient d’en avoir eu un comme mari. Eh oui, il y avait des mâles et des femelles dans les donjons par ici.

Par conséquent, un élément très important avait été ajouté à ma liste de choses à faire : trouver une fille nekatar et voir si un laser de pointage allait fonctionner sur elle.

Les autres objectifs étaient plutôt simples : goûter à la nourriture ; nager dans l’océan ; apprendre à voler si je le peux ; des choses simples que je n’avais jamais appréciées ou chéries dans mon monde précédent. Construire un ordinateur allait devoir attendre, car je n’avais aucune idée de la façon de faire de l’électronique ou même de les programmer.

Il y avait une chose dont je n’étais pas trop certain : mon but premier dans la vie, le but de mon existence. Qu’est-ce que je voulais vraiment faire ? J’avais reporté ce débat intérieur à plus tard, à après que j’en aurais fini avec Dankyun, juste au cas où j’aurais accidentellement dû levé un drapeau de la mort face à lui. Mais bon, est-ce que cela sera vraiment un drapeau de la mort ou non ?

C’est ainsi que j’avais passé mon temps dans cette obscurité, et quand il était enfin temps de révéler mon corps, tout ce que j’avais à dire, c’était que j’avais conçu une nouvelle espèce. C’était une entité qui n’existait tout simplement pas jusque-là. Mes capacités étaient vastes. Mais plus important encore, mon corps allait être assez fort pour détruire Dankyun.

« C’est l’heure, » dit le Primordial en souriant.

« Oui, » lui avais-je dit en regardant mon futur corps humanoïde avec des yeux vert-émeraude et des cheveux vert jade.

En un instant, le Primordial avait libéré cet état de ralentissement du temps dans lequel nous étions, et mon corps de cristal avait commencé à changer. Comme on me l’avait déjà expliqué, j’avais dû accepter certaines conditions avant que le changement ne commence.

Tout d’abord, mon niveau avait été remis à 1. En le disant d’une manière pratique, c’était un nouveau corps, donc mon expérience dans ce corps était de 0 selon le fonctionnement interne du système de donjon. Même maintenant, je n’arrivais pas à comprendre comment cette foutue chose fonctionnait. En général, tout changement important survenu dans l’entité donjon à la suite de l’évolution allait être suivi d’une réinitialisation complète du niveau. La réinitialisation du niveau libérerait fondamentalement tout le mana stocké à l’intérieur du corps sous la forme d’un niveau. D’une manière ou d’une autre, les liens entre les particules avaient été renforcés par ce mana, tout comme un vieux donjon était naturellement beaucoup plus solide qu’un donjon neuf. À la suite de ce message que j’avais accepté, j’avais reçu une grande quantité de mana nécessaire à la construction du prochain corps.

Deuxièmement, j’avais dû consommer les corps de tous les monstres en moi ainsi que ceux des soldats morts sur mon territoire, car chacun d’eux était essentiellement un stockage de mana. Faire cela à Dankyun n’aurait pas fonctionné parce qu’il était vivant, ce qui signifie qu’il pouvait inconsciemment ou consciemment contrôler son propre flux de mana. Théoriquement, je pourrais l’absorber, mais j’aurais besoin d’une énorme quantité de mana pour simplement contrer et convertir son énergie, me laissant sans corps et les filles mortes à coup sûr.

Troisièmement, tout mon Territoire de Donjon devait être réduit à seulement 10 cm autour de mon corps, car j’avais besoin de tout le mana qui y était stocké. C’était ce que j’avais compris. Un donjon allait étendre son territoire comme un moyen d’étendre ses sens ainsi qu’un moyen de stocker le mana pour le moment où ils en auraient le plus besoin. Les effets secondaires étaient que tous les bâtiments libérés du territoire finiraient par être neutres. Il en allait de même pour les monstres convoqués. Apparemment, il y avait un autre effet secondaire, mais le Primordial avait refusé de m’en parler.

Quatrièmement, les compétences que j’avais acquises en tant que cœur de donjon allaient devenir partiellement inutiles pour moi parce que des corps différents signifiaient des flux de mana différents ainsi qu’une compréhension différente de la façon de lancer mes sorts. Eh bien, toutes les compétences à l’exception des compétences de construction de donjon et [Lien de Confiance] en raison de leurs conditions inhérentes : Territoire de Donjon pour le premier et la confiance réciproque pour le second. Les attributs divins et les compétences que j’avais acquises en tant que trait racial passif étaient restés intacts. Néanmoins, avec le temps et une meilleure compréhension de la façon de contrôler mon corps, ces compétences redeviendraient disponibles.

Sans plus tarder, le Primordial avait commencé le processus de création de mon corps. Il avait d’abord réinitialisé mon niveau à 1, m’accordant ainsi une quantité incroyable de mana, puis il avait aspiré le mana de tous les corps à l’intérieur de mon esprit intérieur et sur mon Territoire de Donjon. En conséquence, ils s’étaient transformés en momies ou en poussière. Puis, il avait absorbé le Territoire de Donjon lui-même, gagnant un autre bonus en mana.

« Bien ! Nous avons 276 844 points de mana prêt à être utilisé. Je dois dire que vous avez eu de la chance d’avoir déjà dépassé le niveau 100. Si vous ne l’étiez pas, cela aurait été un peu plus difficile », m’avait dit le Primordial en utilisant le mana et en l’appliquant ensuite au corps cristallin.

Les changements commenceraient et se termineraient en quelques secondes.

« Est-ce la raison qui a fait qu’on m’a dit que j’avais besoin d’au moins 100 niveaux pour devenir un Seigneur Donjon ? » avais-je demandé.

« C’est le strict minimum requis pour un corps, quel qu’il soit. Quoi qu’il en soit, il est temps de partir maintenant ! » dit-il en souriant lorsque le processus de création de mon nouveau corps fut achevé.

Nous avions tous les deux quitté l’Esprit Intérieur en même temps. Il avait pris le contrôle de ma forme physique, et j’étais resté comme une présence de fond présent dans ma tête. Bien que nous ayons pratiquement vu et ressenti les mêmes choses, ce n’est pas moi qui dirigeais le corps.

« C’est nouveau, » déclara le Primordial en ouvrant les yeux et en regardant ses mains.

« Respire, crétin, » lui avais-je rappelé.

« Oh oui ! Je l’ai oublié pendant une seconde, mais pas besoin d’être impoli », m’avait-il dit.

En regardant autour de lui, il avait vu Dankyun nous regarder avec un regard un peu perplexe. Il ne s’attendait certainement pas à ce que je revienne sous cette nouvelle forme, mais grâce à notre vision améliorée, j’avais tout de suite remarqué Nanya et Shanteya. C’était bien de les revoir, mais je détestais le fait qu’il fallait que ce soit quand la Mort frappait à leurs portes.

« Laissez les présentations pour plus tard. Allez absorber Shanteya, Ayuseya et Nanya, » l’avais-je ainsi pressé.

« C’était mon plan, » il avait souri et frotté ses paumes ensemble.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Dankyun, surpris.

Le Primordial l’ignorait et se dirigeait simplement vers Shanteya. La distance de plusieurs mètres avait été franchie en un clin d’œil. C’était comme s’il s’y téléportait.

« Absorption, » dit-il en pointant sa main vers eux. Le corps de l’El’Doraw mourante avait disparu dans une lumière blanche vraiment éclatante.

« Dans l’Esprit Intérieur, son saignement devrait s’arrêter. Prochaine Nanya, » lui avais-je dit.

La femme que j’avais connue en tant qu’enseignante adolescente était vraiment horrible à voir. Je ne pouvais même pas imaginer la douleur et la peur qu’elle ressentait avec cette blessure béante au milieu de sa poitrine. Elle avait l’air pâle et faible, comme la flamme d’une bougie sur le point de s’éteindre, comme une fleur fanée par le froid de l’hiver. Cela me faisait mal au cœur de la regarder, et je voulais faire tout ce que je pouvais pour l’aider, pour la sauver. Perdre Nanya n’était pas une option.

« Illsy... je... » elle m’avait regardé.

Ses lèvres tremblaient, mais il y avait des larmes de bonheur dans ses yeux.

« Je suis vivant, Nanya, ma douce. Ne t’inquiète pas, » déclaras le Primordial.

Hé ! l’avais-je regardé fixement.

Relax, ce n’est pas comme si elle pouvait faire la différence, déclara le donjon ennuyeux.

« Ne m’ignore pas ! » cria Dankyun en nous attaquant.

Le Primordial l’avait vu du coin de ses yeux, et avec un mouvement rapide et sa main nue, il avait attrapé la dangereuse épée noire. Elle n’avait pas traversé l’armure magique de ce corps, et encore moins coupé sa peau.

« Quel joli jouet ! Va jouer là-bas, cerveau empli de terre, » déclara le Primordial en jetant le Suprême draconien sur le côté comme un pathétique petit chiffon.

Qu’est-ce que c’est ? Statut ! avais-je dit rapidement après avoir vu l’incroyable exploit.

 

[Nom] : Illsyore (Surnom : Illsy)

[Espèce] : Seigneur Donjon

[Race] : Divin

[Niveau] : 1

[Force] : 475 +1500

[Agilité] : 378 +1500

[Intelligence] : 650 +1500

[Mana] : 15 750

[Régénération de mana] : 150 points de mana par seconde.

[Croyance] : Dieu sacré des gros seins !

[Conjoints] : Ayuseya Drekar Pleyades, Destructrice folle Nanya Demonarkiar la 2e

[Esclaves] : Shanteya Dowesyl

[Animaux] : Aucun

[Minions] : Aucun

 

C’étaient des statistiques importantes, et elles avaient des valeurs incroyables par rapport à celles de mon corps en cristal, mais j’avais l’impression qu’elles étaient un peu plus faibles que ce pour quoi j’avais conçu le corps. Je m’attendais à au moins 2000 points dans chaque statistique. Je n’arrivais pas à savoir si c’était comme ça parce que j’avais fait une erreur quelque part ou si c’était un effet secondaire de la transformation de mon corps de Cristal à Humanoïde. De toute façon, ils avaient largement surpassé les statistiques de base de Dankyun.

D’après ce que j’avais vu, gagner un corps humanoïde avait automatiquement changé le bonus du trait racial Divin, mais cela n’était dû qu’aux nombreux ajustements que j’y avais ajoutés. Normalement, si j’avais accepté d’avoir un corps beaucoup plus simple et classique, j’aurais gagné seulement les 1000 en plus de la base. Cependant, de cette façon, j’avais gagné 1500 points dans chaque statistique, 5000 dans mon stock de mana, et 100 en régénération de mana.

Je ne peux qu’imaginer ce que ferait une quantité de 12 000 points placés dans [Glacier infernal], avais-je dit avec un soupir.

Ce serait l’équivalent de ce que les humains considèrent comme une compétence de Rang Suprême. Le Primordial avait répondu en s’approchant de Nanya.

Devrions-nous l’utiliser ? lui avais-je demandé.

Et tuer Dankyun aussi vite ? Êtes-vous fou ? répondit-il.

Très bien, mais laissez-moi lui parler. Lui avais-je demandé.

Bien sûr. Ça ne me dérange pas. Il avait dit ça et après, il m’avait permis de ne contrôler que sa bouche.

« Pourquoi toi..., » le draconien nous avait foncés dessus, mais le Primordial avait rapidement pivoté et lui avait donné un coup de pied dans la poitrine.

L’armure magique du draconien avait été brisée en morceaux et il avait été envoyé dans les airs à plus de 50 mètres de nous.

J’aurai tant de plaisir à détruire cet homme, dit le Primordial.

En regardant Nanya, nous nous étions agenouillés devant elle, et j’avais regardé dans ses yeux.

« Illsy... est-ce que c’est toi ? » demanda-t-elle plus pour confirmer ce qu’elle voyait.

Ma femme avait tellement changé que je l’avais à peine reconnue. C’était surprenant qu’elle soit vivante. Combien de douleur et de souffrance avait-elle dû endurer pour finir ainsi ? Shanteya et Ayuseya aussi, elles s’accrochaient à peine à la vie par un fil mince. Elles vivaient leurs dernières respirations, leurs derniers moments de vie.

« Je suis désolé... » lui avais-je dit, et des coins de mes yeux, deux larmes s’étaient accumulées et avaient coulé sur mes joues.

Ses lèvres se courbent en un petit sourire. Me pardonnait-elle ma faiblesse ?

« Je vais t’absorber maintenant, mon amour..., » lui avais-je dit, et elle avait secoué la tête. « Quoi ? » J’avais cligné des yeux en raison de la surprise. « Pourquoi ? »

En la regardant après ça, j’avais vu qu’elle bougeait la main, ou du moins essaya de le faire, elle se tortilla un peu.

La poche sur sa jambe. Le Primordial me l’avait dit et m’avait fait tendre la main pour l’attraper.

À l’intérieur, il y avait un cristal blanc pur, palpitant de magie, mais je n’avais pas reconnu le sort.

« Fuis..., » m’avait-elle dit.

Le cristal devait être utilisé pour nous permettre de fuir Dankyun, ou du moins c’était ce qu’elle nous avait demandé.

« Pas encore, je suis plus fort que lui. Alors, s’il te plaît, Nanya, laisse-moi t’absorber, pour que je puisse te guérir, » lui avais-je dit, mais elle avait toujours l’air réticente, son regard tombant sur ses mains griffées.

Un sentiment de déjà-vu m’avait frappé.

Où ai-je vu cette scène avant ? m’étais-je demandé en cherchant dans les souvenirs de mon passé.

Rien n’était apparu, mais il y avait un sentiment, une sensation perdue dans le tourbillon des connaissances de ma vie antérieure. Était-ce à partir d’un film, ou peut-être d’un livre ? C’était difficile à cerner, mais j’avais décidé d’agir parce que je sentais que c’était la bonne chose à faire.

Donne-moi un peu de contrôle sur le corps, avais-je demandé au Primordial. Il s’y était conformé.

Prenant sa main griffue, je l’avais embrassé et je lui avais ensuite montré un sourire.

« Je n’ai pas peur de toi. À mes yeux, tu es toujours la même, et je t’aime, » déclarai-je.

Quand j’avais dit ces paroles honnêtes, ses lèvres se courbaient en un sourire, tandis que des larmes coulaient le long de ses joues. Elle était heureuse d’entendre mes paroles. Sans aucun doute, j’avais dit ce que j’étais censé faire, et avec cela, Nanya, ma femme, avait finalement donné son accord pour me laisser l’absorber.

« On se voit bientôt, » lui avais-je dit.

<MISE EN GARDE ! Vous êtes sur le point d’absorber un DONJON ! Les conflits de Mental et de Personnalité peuvent arriver... BZZZT !>.

J’avais fermé ce stupide message.

Vraiment ennuyeux, avais-je dit au Primordial en lui cédant à nouveau le contrôle.

« Nanya est l’enfant d’un donjon. Intéressant, » déclara-t-il.

Pourquoi est-ce intéressant et qu’est-ce que c’était avec ce message ? lui avais-je demandé pendant qu’il se dirigeait vers Ayuseya.

« HA ! » Dankyun avait crié et nous avait lancé une énorme [Boule de feu].

Le Primordial leva la main et libéra une [Boule de feu] encore plus grande, créant une puissante explosion entre nous et le draconien Suprême. Profitant de ce moment, il s’était placé à côté d’Ayuseya et il l’avait également absorbée.

C’est intéressant, parce que je ne m’attendais pas à en rencontrer un ici, me déclara le Primordial.

Voilà le bras d’Ayuseya ! Récupère-le et va tuer Dankyun ! lui avais-je dit.

De toute façon, j’espère qu’elle n’essaiera pas de s’emparer de ce corps. On l’écrasera si elle le fait. Il m’avait prévenu.

J’en doute et je m’assurerais qu’aucune partie de l’obscurité ne touche ne serait-ce qu’un seul cheveu sur son corps ! Ou celui d’Ayuseya ! Ou de Shanteya ! l’avais-je aussi averti.

« Bien sûr. » Il soupira et absorba le membre coupé.

Avec mes connaissances acquises lors de la création de ce corps, je savais comment les réparer. L’Esprit Intérieur était aussi un lieu qui les préservait de n’importe quel état tant que la personne restait à l’intérieur. Le fonctionnement de cet endroit était aussi un peu déroutant pour le moment, mais sa capacité de préservation était garantie.

« Comment oses-tu m’ignorer ! » grogna Dankyun en s’approchant de nous.

« Oh, regarde ! L’organique inférieur peut parler ! L’évolution n’est-elle pas géniale », grogna le Primordial. Il lui afficha un sourire.

« Je vais te tuer ! » avait-il crié. Puis il s’était précipité vers nous.

Est-ce tout ce qu’il peut dire ? m’étais-je demandé.

Je m’attendais à ce qu’il disparaisse comme il l’avait fait auparavant, mais à la place, je l’avais vu bouger à un rythme très ralenti. Mon corps avait bougé, esquivant la pointe de l’épée noire, puis il avait giflé le draconien en l’enfonçant dans le sol. La terre s’était fissurée lors de l’impact, et un petit cratère s’était formé. Son armure magique s’était brisée, et il avait gémi en raison de la douleur.

« Restauration complète du mana. Soins. Réparation. » Il gémissait et se poussait vers le haut à mesure que trois autres cristaux s’épuisaient.

« Pathétique, » déclara le Primordial en marchant sur son corps, réduisant de moitié son armure magique d’un seul coup.

« Comment ? » demanda-t-il.

« Voudrais-tu vraiment le savoir ? » lui avait-il dit avant de lui donner un coup de pied dans la mâchoire.

Cette frappe avait de nouveau brisé l’armure de Dankyun et l’avait envoyé voler à travers les restes carbonisés de l’Académie. Les rochers et la terre avaient été soulevés dans les airs chaque fois qu’il s’écrasait sur le sol. Après quelques chutes, il s’était finalement arrêté.

Il avait toussé et s’était retourné. En utilisant l’épée, il s’était relevé seulement pour voir le poing du Primordial qui lui avait claqué le visage, l’envoyant voler à 100 mètres dans les airs.

Avant l’atterrissage, il avait utilisé un autre de ces cristaux, sinon il serait mort à l’impact. C’était une autre de ses récupérations chanceuses, mais combien en restait-il encore ? Peu importe, le Primordial avait l’intention de terminer, mais en le faisant très lentement.

***

Partie 3

« Soit il est TRÈS faible, soit ce corps que vous avez construit est une triche ! » dit-il.

T’en plains-tu ? lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Non... Je me demandais tout simplement, » il s’était ensuite dirigé vers l’endroit où se trouvait Dankyun.

Ah ! Il s’est à nouveau restauré, avais-je fait la remarque quand j’avais vu le flash bleu de lumière.

« Oui, je le sais, » répondit-il en souriant.

Une centaine de boules de feu s’étaient élevées vers le ciel puis elles s’étaient dirigées vers nous. Chacune d’entre elles mesurait au moins un mètre de diamètre.

« Nous allons tester la durabilité de ce corps, d’accord ? » dit-il en souriant, les mains derrière le dos, alors qu’il était immobile.

Es-tu sérieux ? Hé, ne casse pas mon corps ! m’étais-je plaint.

« Détendez-vous et ayez la foi. Vous devez voir comment un donjon humanoïde se bat, » m’avait-il dit.

Je pense que tu confonds encore une fois tes définitions ! Être un sac de sable n’a rien à voir avec le fait de bien se battre ! m’étais-je plaint.

« Je me pose des questions à ce sujet, » déclara-t-il.

À mon avis, les idées et les principes d’un donjon sur la façon de se comporter étaient complètement erronés à bien des égards. Je n’avais tout simplement pas eu d’atomes crochus avec l’un d’entre eux. Bien que, assez étrangement, je me souvenais qu’il y avait des moments où je ressentais aussi le besoin et le désir d’agir comme eux. Au vu de mes dernières découvertes, je commençais à croire qu’il s’agissait en fait d’émotions et de pensées poussées sur moi par les Ténèbres.

La première boule de feu nous avait frappés et avait explosé. Le feu s’était propagé, mais nous n’avions pas bougé. Puis la suivante arriva. Comme une cascade de feu, elles s’étaient mises à pleuvoir sur nous et avaient essayé de nous enfoncer dans le sol, emportant la terre et les pierres. Un cratère s’était formé autour de nous, mais nous n’avions pas bougé, et l’armure magique avait été à peine entamée.

« Comme je l’ai dit. Pathétique, » déclara le Primordial, mais Dankyun sauta de la fumée et poussa l’épée vers mon cœur.

La lame tranchante avait été arrêtée par ma main qui venait de l’attraper.

« Tu pensais vraiment que ce jouet allait me faire du mal ? » demanda le Primordial, puis il ricana.

« Impossible ! » avait grogné Dankyun.

« En effet. Il est impossible pour toi d’accepter la réalité de ta pathétique faiblesse. Après tout, tu n’es qu’un draconien inférieur, » déclara le Primordial en se moquant de lui.

« Je te tuerai, Seigneur du Donjon, même si c’est la dernière chose que je ferais ! » grogna-t-il et sortit un autre cristal, cette fois-ci un cristal aigue-marine. « Amélioration ! » cria-t-il, et une aura de la même couleur que le cristal l’enveloppa après ça.

Soudain, il avait été capable de nous repousser avec force et rapidité. Tandis que le Primordial essayait de le repousser, cela avait fait enfoncer mes pieds dans le sol. La pointe de son épée noire s’approchait de plus en plus près de mon cœur, glissant de sa prise. C’était incroyable de voir ce donjon en train de se battre contre lui et à en juger par la vitesse à laquelle notre mana descendait, je pouvais en quelque sorte deviner la quantité folle de pouvoir que le draconien exerçait contre nous.

Que s’est-il passé ? avais-je demandé en étant un peu surpris.

Ce bâtard a utilisé une amélioration afin d’augmenter sa force et son agilité ! dit le Primordial.

Avec une forte poussée sur le côté, nous avions réussi à envoyer son épée loin de notre poitrine, et Dankyun nous avait dépassés. Il s’était arrêté à environ quatre mètres de distance, où il avait touché le sol et avait ensuite sauté vers nous en utilisant un mouvement d’arts martiaux de coups consécutifs. Tout à coup, nous avions vu cinq épées de plus qu’elles ne l’étaient en réalité.

Te fous-tu de moi ? avais-je dit.

L’attaque avait touché, mais elle n’avait pas réussi à passer l’armure magique du Primordial. Mais c’était tout de même très serré.

Alors qu’il était encore à portée, nous avions sauté vers l’avant et avions essayé de le frapper, mais notre poing n’avait touché que de l’air. Il avait disparu de devant nous et il était apparu à notre gauche. Nous avions essayé de le frapper à nouveau, mais Dankyun avait esquivé. Il était plus rapide que nous, et voyant que nous avions plus de 1800 pts d’Agilité, cela disait quelque chose. Ce niveau était déjà 1000 points au-dessus du minimum requis pour un Suprême. S’il pouvait encore plus l’augmenter, cette bataille finirait par devenir très dangereuse pour nous.

Dans le pire des cas, nous avons aussi ce cristal..., avais-je pensé.

Nous n’allons pas perdre, avait dit le Primordial, bien qu’il soit évident qu’il luttait pour attraper et effectuer une frappe sur Dankyun.

Un coup puissant sur nos côtes gauches nous avait fait voler dans les airs. Avant de retomber au sol, Dankyun était déjà à côté de nous et nous avait frappés au visage, nous envoyant à des vitesses dangereuses vers la forêt située à plus d’un demi-kilomètre de distance.

Nous avions atterri dans les arbres, en cassant plusieurs exemplaires avant de nous arrêter, mais Dankyun était de nouveau là. Il nous avait attaqués avec une autre série de frappes rapides, détruisant notre armure magique, qui diminuait rapidement.

Le combat était ridicule, pas différent de ce que j’avais l’habitude de voir dans les films d’anime et de superhéros. Un coup de poing nous avait fait voler quelques mètres dans un arbre voisin, l’autre nous avait envoyés dans le sol, formant un cratère où nous avions atterri. Les forces derrière ces frappes étaient folles, et c’était seulement maintenant que j’avais réalisé ce que le Primordial avait dit en contrôlant le corps. Je pouvais à peine suivre les mouvements de Dankyun, et encore moins me concentrer sur le rechargement de mon armure magique et la formulation d’un plan de contre-attaque en même temps. Un contrôle de ce niveau exigeait une expérience de la vie réelle et non des simulations dans l’Esprit Intérieur.

On ne peut pas ralentir le temps pour nous ? avais-je demandé.

Non. Faire ainsi peut conduire à une consommation rapide de mana et à des fluctuations dans notre armure magique, me l’avait-il dit en bloquant un autre coup, mais la force était trop grande. Nous avions donc été envoyer voler dans un autre arbre.

« MEURS MAINTENANT ! » cria Dankyun, plutôt ennuyé de ne pas pouvoir nous vaincre.

En parlant de cela, notre mana était en baisse avec des valeurs entre 5 et 50 points par seconde, selon que nous recevions une frappe ou non. En d’autres termes, le Primordial avait été capable de calculer le montant exact nécessaire pour restaurer notre armure magique après chaque coup, ce que je n’étais certainement pas en mesure de faire pour le moment.

Pendant les années que j’avais passées dans l’obscurité, à travailler sur mon corps, je n’avais jamais appris ce genre de contrôle. Apparemment, je le gagnerais avec du temps et de la pratique, comme Nanya l’avait dit.

« N’en as-tu pas déjà assez ? » demanda le Primordial avec un sourire sur les lèvres lorsqu’il attrapa son épée entre ses paumes.

« Seigneur du Donjon, je jure devant tous les dieux connus que je vais te tuer et te déchirer, » m’avait-il menacé.

« Je suis désolé. As-tu dit quelque chose ? Je ne faisais pas attention, » lui avait-il dit.

Apparemment, les donjons étaient des trolls naturels.

« Je vais te tuer ! » grogna-t-il en poussant avec force sur la poignée.

« Arg. » Avec un gémissement et un peu d’effort, il avait repoussé l’épée, évitant une frappe, mais au rythme où les choses allaient, nous n’allions pas gagner.

« Pauvre Dankyun, il pense vraiment qu’il va gagner ce combat ! » avait dit le Primordial avant de se moquer de lui.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? Je suis plus fort, plus rapide et meilleur que toi ! » Il nous avait menacés en nous montrant du doigt l’épée noire tranchante.

« Mais je suis toujours debout, » il s’était pointé du doigt : « Tu sais, gamin, mentir, c’est mal, surtout quand un draconien inférieur, pas plus fort qu’un mendiant humain, le fait. »

Outch, avais-je pensé. Je savais que ça devait toucher un nerf. Le Suprême était bien connu pour posséder un ego surgonflé plus grand que le soleil lui-même.

Avec la fureur dans les yeux et le visage rouges de colère, il s’était précipité vers nous avec son épée levée haut et prête à nous frapper.

« Pathétique, » avait dit le Primordial avant d’utiliser une compétence d’Amélioration.

Je n’avais aucune idée de ce qu’il faisait ou comment, mais la fenêtre d’état montrait des valeurs ridicules.

 

[Force] : 475 +1500 +1500 +2000

[Agilité] : 378 +1500 +1500 +2000

[Intelligence] : 650 +1500

[mana] : 11 920

 

À ce moment-là, le monde avait ralenti pour nous, et le Primordial avait pu saisir l’épée noire avec une grande facilité. Il l’avait ensuite poussé sur le côté, mais Dankyun était resté accroché alors le Primordial avait frappé Dankyun au visage.

Le résultat fut le vol plané du draconien à travers plusieurs arbres jusqu’à ce qu’il s’arrête de nouveau dans la zone carbonisée. L’épée n’était plus dans sa main maintenant, et avec elle, il avait perdu sa meilleure arme contre nous, mais maintenant nous devions aussi nous débarrasser de ses cristaux.

« Absorption, » déclara le Primordial en le tenant par la lame.

<Impossible à absorber. Enchantement contre l’absorption de donjon de n’importe quelle sorte détectée. >

« Intéressant. Dire que quelqu’un a trouvé comment faire quelque chose comme ça ! Je ferais mieux de le détruire, » déclara le Primordial.

Arrête ! Ne fais pas ça ! avais-je crié.

« Pourquoi ? » demanda-t-il en étant confus.

C’est l’épée de Nanya ! Je ne sais pas quel genre de passé est présent, mais nous devrions la laisser décider quoi en faire, lui avais-je répondu.

« Je n’aime pas ça, mais très bien..., » dit-il, puis il la retourna pour la tenir par la poignée.

Merci. Pourtant, je ne comprends pas pourquoi Dankyun ne s’est pas déjà évanoui après avoir utilisé tant de ces cristaux..., demandai-je.

« C’est une question assez simple pour laquelle je suis surpris que vous n’ayez pas encore trouvé la réponse, » répondit-il.

Fais-moi plaisir..., avais-je grogné.

« Eh bien, Dankyun a un enchantement sur son armure ou utilise une certaine compétence de la catégorie Amélioration, » avait-il répondu en haussant les épaules.

Une compétence ? Quelque chose comme ça existe vraiment ? avais-je demandé, surpris.

« Mais bien sûr ! Bien que, il a quelques effets secondaires désagréables si vous perdez soudainement l’objet enchanté ou annulez la compétence, » il avait tapoté son menton et avait ensuite commencé à marcher dans la direction dans laquelle il avait envoyé voler le draconien.

Quel genre d’effets secondaires ? demandai-je.

« Saignement interne, douleur intense, nausées, incapacité à concentrer le flux de votre mana et toutes sortes d’autres choses désagréables. Plus vous utilisez des cristaux de sorts restaurateurs, plus ils deviennent dangereux. En d’autres termes, c’est une épée à double tranchant. Néanmoins, avec une formation sérieuse, n’importe qui peut gérer l’utilisation de 5 à 10 cristaux de sorts restaurateurs. Avec cette compétence spécifique, peut-être 40 ou même 100, selon l’espèce et divers autres facteurs, » il haussa les épaules et se lança dans la forêt.

Au moins, je savais maintenant que Dankyun ne pouvait pas utiliser une quantité infinie de cristaux de sorts, mais 100 était quand même une quantité assez impressionnante. Si cela s’était avéré être une bataille d’attrition, le Primordial allait gagner sans aucun doute, mais quelque chose m’avait dit que sans l’épée de Nanya, le Suprême était pratiquement terminé.

Au moment où nous l’avions atteint, il avait déjà restauré son mana et sortit une autre épée de son cristal de stockage. Cette fois, il s’agissait d’une bataille à l’épée, du moins le pensais-je, mais le Primordial était en plein sur le draconien en un clin d’œil. Avec une seule frappe, l’épée qu’il tenait avait été coupée en deux. Avant qu’il ne réalise ce qui s’était passé, l’épée noire avait traversé l’estomac du draconien et était sortie de l’autre côté.

« ARGH ! » gémit-il en sentant l’acier froid à l’intérieur de lui.

« Oh, ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une égratignure, » déclara le Primordial avant de retirer la lame et de le frapper au visage.

« GAH ! » le draconien avait volé, mais il l’avait poursuivi.

Saisissant sa jambe gauche en plein vol, nous nous étions arrêtés et l’avions ensuite projeté dans le sol. Le sang avait jailli de sa blessure béante. En lâchant prise, il avait été relevé puis il avait ensuite écrasé sa jambe droite. Les os de Dankyun s’étaient brisés et l’armure physique avait été brisée.

« AAA ! » il avait crié en raison de la douleur.

« Comme c’est pathétique, » déclara le Primordial alors qu’il commençait à déchirer son armure à main nue.

« Non ! Arrête ! » cria Dankyun, mais qui voudrait écouter ?

Le draconien avait été dépouillé de tout jusqu’à ce qu’il ne reste que dans son pagne. C’était un bien piètre spectacle à voir, mais d’une certaine manière, cela m’avait rendu heureux et satisfait de savoir qu’il n’était rien d’autre qu’un homme nu au milieu d’un champ de destruction, et nous n’avions même pas besoin d’utiliser des attaques magiques fantaisistes.

« Ne pense pas que c’est fini..., » il avait réussi à marmonner juste avant que le Primordial ne le gifle si fort qu’il s’était disloqué la mâchoire.

« Oui, pas fini, je suis d’accord, » et après avoir dit ça, il avait piétiné sa jambe gauche, écrasant ses os et ses muscles.

« Dankyun et la Souffrance sont assis dans un arbre. Et que font-ils, ils S’EMBRASSENT ! » déclara-t-il. Puis il avait tenu son visage d’une main « Je pourrais t’écraser si facilement maintenant, » avait souri le Primordial.

« Je suis un SUPRÊME ! Un simple donjon comme toi pour... GAH ! » le draconien n’avait pas pu terminer ses paroles parce qu’il avait été envoyé face contre terre, se cassant le nez.

« Arg... toi... bâtard, » il nous avait regardé avant de recevoir un autre coup de poing sur les côtes.

J’avais clairement entendu les os craquer, mais le draconien criait encore.

« Oh, mon Dieu, tu es si facile à tuer maintenant ! HAHAHAHA ! Et je n’ai même pas utilisé mes attaques puissantes, » déclara le Primordial en riant et en tenant face à lui, il avait décidé d’essayer le laser intégré dans ma main.

Un seul coup était tout ce dont il avait besoin pour tuer Dankyun. Une simple pression sur la gâchette et le monstre que j’avais vu devant moi disparaîtrait de l’existence.

Mais méritait-il de mourir ? Oui.

Pourrais-je le tuer ? Oui.

Mais pourquoi avais-je eu l’impression que quelque chose n’allait pas ? C’était comme si cette mort que nous offrions à Dankyun serait plus comme une bénédiction ou un cadeau pour lui ?

Ne le fais pas, lui avais-je dit avant qu’il n’appuie sur la détente.

Le Primordial avait lâché Dankyun.

« Quoi ? Êtes-vous fou ? » demanda le donjon.

Peut-être, mais j’ai quelque chose à dire à cette ordure. Donne-moi le contrôle de mon corps, lui avais-je dit.

« Tch ! Très bien ! » s’exclama-t-il, étonnamment.

Pendant une minute, j’avais cru que je devais lui reprendre le contrôle.

Avec mon corps enfin sous mon contrôle, j’avais saisi le draconien par le cou et je l’avais regardé dans les yeux. La colère s’enflammait dans les miens, et le brouillard noir de mes intentions meurtrières nous entourait tous les deux.

« Arg..., » il avait gémi. Il me regarda, sachant très bien que sa vie était entre mes mains maintenant.

« Dankyun, petite ordure pathétique. Réjouis-toi, je ne vais pas te tuer maintenant. Oh, non non non non non non. » J’ai secoué la tête. « Ce que je vais faire est bien pire que ce que tu peux imaginer. Je vais te laisser partir, et je vais te traquer comme la pourriture que tu es ! Tu l’as vu toi-même, j’ai simplement joué avec maintenant ! Je peux te tuer n’importe quand et n’importe où ! Tu n’es rien d’autre qu’une mauviette comparée à moi. Un faible ! » J’avais plissé les yeux. « C’est pour ça que je vais te laisser partir. Mais tu n’es pas libre. Je vais te traquer comme une petite vermine pathétique que tu es juste parce que je le peux et que je sais qu’il n’y a absolument rien que tu puisses faire pour m’arrêter ou me fuir. Alors, sache, petit draconien, qu’à partir d’aujourd’hui, où que tu regardes, où que tu tournes la tête, je serai là, à te regarder ! Un paysan marchant près de toi, ou le noble avec qui tu parleras, je serai lui ou elle, déguisé ou caché juste là, à la vue de tous ou dans la clandestinité des ombres derrière les ombres ! Parfois, je te laisserai me voir, me sentir et savoir que je suis toujours là à te regarder, te suivre et te chasser ! Il n’y a plus moyen de m’échapper, Dankyun, tu devais juste me foutre en rogne ! Maintenant, voici la meilleure partie. Je ne vais pas être celui qui va te tuer. Non. Non. Non. » J’avais dit ça en secouant lentement la tête : « Je vais offrir ce plaisir à Nanya, Ayuseya et Shanteya. La prochaine fois que tu les verras, ce seront elles qui te tueront. Ne pense même pas que je te fais une blague, espèce de petit draconien pathétique ! Je suis un donjon divin. Je suis plus puissant maintenant que tu ne peux l’imaginer ! Avec un seul claquement de doigts, je peux te tuer TOI et toute ta famille ! Tu l’as vu aussi, n’est-ce pas ? Je n’ai même pas utilisé un sort autre qu’une boule de feu minable parce que je n’avais pas envie de passer à travers ton attaque pathétique. Je n’ai même pas bronché quand tu m’as jeté toutes ces boules de feu. AUCUNE de tes attaques n’a même pu briser mon armure magique UNE FOIS et encore moins m’égratigner ! C’est pourquoi je vais utiliser TOUT ce pouvoir divin pour te traquer, pour te regarder de l’ombre et te frapper dès que tu baisses ta garde. Quand tu entendras quelqu’un rire, ce sera moi ! Quand tu penseras que tu as vu une ombre bouger, ce sera moi ! Quand le vent bruisse, c’est moi qui vais te rappeler encore et encore que je suis là, que je profite de ma chasse et que je me prépare à te tuer ! »

Alors que je lui avais dit ces choses, pour la première fois depuis que je l’avais vu, Dankyun tremblait de peur. En fait, c’était pire que ça. Le draconien Suprême avait uriné sur lui-même comme un enfant. Il était si effrayé par moi maintenant, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. N’importe qui le ferait, surtout après avoir vu la différence de force entre lui et le Primordial.

« Suis-je assez clair ? » lui avais-je demandé.

Il hocha la tête en réponse, car sa mâchoire était cassée et saignait.

« Bien. Maintenant, déguerpis de là ! La chasse commence maintenant ! » lui avais-je dit. Puis je l’avais ensuite jeté en l’air aussi fort que possible, sans me soucier de savoir s’il allait survivre ou non à l’atterrissage.

Je ne visais pas un endroit précis, mais toute cette force a été mise à la disposition de Dankyun. Même moi, j’avais été surpris de voir jusqu’où j’aurais pu le jeter. D’après mes seules estimations, j’avais deviné qu’il atterrirait quelque part à quelques kilomètres d’ici. Je doutais sincèrement qu’il survive dans son état : gravement blessé, sans aucun de ses cristaux, sans armure et sans son épée.

Très bien ! J’aime bien, mais êtes-vous sûr que c’était une bonne chose à faire ? demanda le Primordial.

« Oui. La mort aurait été trop douce pour lui. De cette façon, peu importe où il va ou ce qu’il fait, il me verra dans chaque ombre et chaque étranger qui passent à côté de lui. Il deviendra paranoïaque et vivra entouré de peur et de monstres imaginaires, » lui avais-je dit, puis j’avais poussé un soupir.

Et s’il ne vous croyait pas et qu’il vient vous attaquer ? demanda-t-il.

« Alors je serai prêt et je le tuerai. Mais je n’ai pas menti sur une chose... la prochaine fois qu’il viendra après moi, je demanderai aux filles de le tuer. En fait, je l’espère. Si moi, un Seigneur du Donjon Divin le tue, cela peut même être considéré comme un honneur par certains, mais si Shanteya, Nanya ou Ayuseya le tuent, alors c’est autre chose, » lui avais-je dit en ramassant le cristal de stockage de Dankyun.

Je l’avais absorbé et j’avais ensuite retiré le cristal que Nanya m’avait donné. Il avait la capacité de stocker beaucoup de mana à l’intérieur.

Allez-vous vous en servir ? me demanda-t-il.

« Oui, » avais-je répondu. Puis j’avais commencé à infuser le cristal avec mon mana.

Je ne peux m’empêcher de me demander si les années passées à construire ce corps ne vous ont pas rendu... doux ? Se demanda le Primordial.

« Bizarrement, après tout ce temps, je ne vois plus Dankyun comme une telle menace. En fait, je me sens très satisfait de ce que je lui ai fait aujourd’hui, mais d’une certaine manière, je lui ai offert quelque chose de beaucoup plus cruel que la mort elle-même parce que, peu importe à quel point il va s’entraîner ou essayer, il ne vaincra jamais Nanya, Ayuseya ou Shanteya quand elles auront mon [Lien de Confiance] et les statistiques que j’ai au niveau 1. Sans parler du fait que je n’ai pas encore montré la tonne de tours que j’avais en réserve, » avais-je dit et ensuite pointé ma main droite vers un gros rocher noir à environ 14 mètres de moi.

Alors que je contrôlais la façon dont le mana coulait dans mon corps, j’avais chargé les cristaux de puissance entre les muscles et les os, réglé l’amplificateur à 20 % et ensuite appuyé sur la détente. Un puissant rayon rouge était sorti de ma paume et avait frappé la roche, la faisant fondre avant de passer directement au travers elle et frappant le sol de l’autre côté. Ce laser était beaucoup plus puissant que tout ce que j’avais installé dans mon donjon précédent.

Je n’aurais pas été surpris si cette arme seule était capable de détruire l’armure de Dankyun en une seule fois. Hélas, l’occasion de le tester sur sa peau ne s’était jamais présentée. La force brute et la vitesse seules étaient tout ce dont nous avions besoin pour le vaincre. Il y avait aussi la possibilité que si je l’avais attaqué avec ça, je lui aurais offerte une mort trop rapide.

Non, Dankyun méritait d’être hanté par mes fantômes ! Il méritait de voir des monstres partout où il tournait la tête et n’avoir rien d’autre que de la peur envers ceux qu’il considérait autrefois comme inférieurs, ceux qu’il avait humiliés de toutes les manières qu’il considérait comme étant vraiment amusantes ! Le tuer n’apaiserait pas non plus les âmes des morts...

Si j’avais raison, il allait beaucoup souffrir après cela. Il allait tout perdre et transformer d’anciens alliés en ennemis. Il allait lentement sombrer dans la folie et voir son esprit détruit par la paranoïa.

En effet, il y avait une chance qu’il vienne après moi, qu’il se transforme du chasser en chasseur, mais si et quand cela allait arriver, je serais prêt pour lui, et la mort viendrait instantanément à lui. C’était ma promesse envers lui et moi-même.

Quoi qu’il en soit, comme on s’était mis d’accord tout à l’heure quand vous faisiez une de vos petites crises, puisque cette bataille est terminée, je vais vous laisser avoir le contrôle, avait dit le Primordial.

« Et ? » j’avais plissé les sourcils et j’avais regardé un nuage qui passait.

Et à partir de maintenant, vous êtes le seul à avoir le contrôle. Aucun des donjons ou moi ne vous dérangerons encore une fois dans votre esprit intérieur, mais sachez que cela ne durera pas. Vous finirez par revenir vers moi. Vous me supplierez pour mon pouvoir. Vous mendierez pour NOTRE puissance, mais alors... alors vous deviendrez l’un des nôtres ! déclara-t-il.

La dernière chose que j’avais entendue du Primordial, c’était son grand rire. Il était si certain que j’échouerais et que je reviendrais vers lui, suppliant pour son aide et son pouvoir que cela me rendait malade et me retournait l’estomac à l’envers.

J’étais déterminé à lui prouver qu’il avait tort. Même si je me retrouvais dans une situation de vie ou de mort, j’allais trouver un autre moyen de persévérer et peut-être... avec le temps, je trouverais un moyen d’enlever cette obscurité pesante de mon esprit, ces restes de donjons morts depuis longtemps. Je doutais qu’ils n’aillent pas agir une fois qu’ils m’avaient vu réussir, mais pour l’instant, cependant, je considérais que j’étais un peu à l’abri de leur influence.

« Je suppose que je devrais me concentrer sur la charge, » avais-je dit en ajoutant 5000 points de mana dans le sort que Nanya m’avait donné.

J’avais répété ce processus quelques fois jusqu’à ce que je sois certain qu’il contenait tout le mana qu’il pouvait contenir. La quantité recueillie dans cette petite chose était stupéfiante et incroyable. Si j’avais tout infusé en un seul sort, cela aurait certainement eu des effets dévastateurs.

« Voilà ! Faisons-le maintenant ! » avais-je dit avec un sourire, puis je l’avais activé.

Une lumière blanche puissante et aveuglante s’échappait du cristal, me forçant à fermer les yeux. Je m’étais accroché à l’épée de Nanya et j’avais essayé de comprendre et de sentir ce qui se passait autour de moi. La façon dont le mana s’écoulait du cristal était étrange et presque chaotique à certains endroits. Cela s’était tordu et s’était retourné, m’enveloppant dans une sorte de cocon. Après un moment, j’avais soudainement senti le sol disparaître sous mes pieds et l’air se déplaçant rapidement autour de moi, mais ce n’était pas sur les côtés, c’était juste sous moi.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je dit. Puis j’avais ouvert les yeux.

Ce que j’avais vu était quelque chose de complètement différent. Il n’y avait plus de montagnes, de forêts ou la zone carbonisée que Dankyun avait créée avec sa compétence Suprême. Ils avaient tous été remplacés par un désert apparemment sans fin. Le sable de couleur doré s’était répandu partout, formant des dunes sur des dunes comme des vagues au sommet de la mer. D’une certaine façon, c’était magnifique. Malheureusement, je n’avais pas pu apprécier le paysage, vu que je tombais d’une grande hauteur dans le ciel.

« Tu te fous de moi ! » J’avais grogné en regardant en bas.

Mon corps avait été conçu pour survivre à une telle chute, donc je ne m’en inquiétais pas. Le problème était de savoir où atterrir. En regardant autour de moi, je n’avais vu aucun signe d’une ville ou d’un établissement d’aucune sorte. Il n’y en avait pas eu en premier lieu. Utilisant ma paume et l’épée de Nanya comme surfaces de contact aérodynamiques, j’avais guidé ma trajectoire de vol vers l’avant et j’avais essayé d’atteindre ce qui semblait être une grosse formation rocheuse.

« J’espère ne pas me casser les jambes..., » déclarai-je en voyant le sol se rapprocher dangereusement de moi.

En changeant rapidement de position en plein vol, j’avais atterri sur mes pieds. L’impact était puissant, mais cela n’avait même pas causé une bosse dans mon armure magique. En regardant de plus près, je n’avais rien remarqué comme dégât à mon corps, même pas une égratignure.

« Bien. Maintenant, il me faut trouver un bon endroit pour me reposer et commencer à guérir les filles..., » déclarai-je quand j’avais commencé à marcher vers le seul point de repère qui se trouvait dans la zone, la grande formation rocheuse.

Elle mesurait environ 20 à 30 mètres de haut, avec des bords tranchants et de nombreuses fissures proches des pointes. Au fond, il y avait ce qui semblait être une petite grotte. J’espérais y trouver un abri, mais quand je l’avais atteint, j’avais vu qu’il était trop petit et rempli de serpents.

Après avoir étendu mon Territoire de Donjon autour de mon corps, j’avais utilisé la compétence [Créer une pièce] et j’avais fait une petite pièce à côté de la formation rocheuse. Je l’avais recouvert de sable pour la camoufler un peu et j’avais utilisé un gros rocher comme entrée de fortune. Une fois terminé, j’étais allé à l’intérieur. Après avoir placé l’épée de Nanya contre le mur du fond et l’avoir recouverte d’un faux mur, juste au cas où j’aurais un visiteur inattendu qui aurait repéré le brillant, je m’étais assis les jambes croisées au centre de la pièce.

Ce n’était pas un hôtel 5 étoiles, mais c’était mieux que rien. J’étais prêt, alors j’avais fermé les yeux et j’étais entré dans mon esprit intérieur.

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Un commentaire

  1. Merci pour les chapitres.

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