Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 4 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3 : Un marchand d’esclaves inhabituels

Partie 1

— 30e jour du 11e mois de l’année 1546 du Calendrier Continental — Capitale Royale, Parnam

Après que la confusion causée par l’annexion d’Amidonia se soit résorbée, le peuple avait retrouvé son calme.

C’était maintenant l’hiver, et ce matin, je trouvais plus difficile de quitter la chaleur du lit. Quand je m’étais réveillé au son d’une porte qui se fermait à la hâte, j’avais commencé à bouger, et mon esprit était toujours à moitié éveillé.

Brr... Il fait froid, pensai-je. De plus, ma tête est lourde. Ai-je attrapé quelque chose ? Je devrais avoir plus de couvertures pour ce lit dans le bureau des affaires gouvernementales. Je vais demander plus tard pour ça aux servantes.

Pendant que je pensais ça, je m’étais retourné et quelque chose de doux avait touché mon front.

« Ahn, » dit une voix étrangement amoureuse.

... Quelque chose d’étrange se produisait en ce moment.

En tentant de déplacer ma tête, j’avais finalement compris ma situation actuelle. Tout d’abord, ma tête était bloquée. Il semblerait que quelqu’un la tenait serrée. Était-ce la raison pour laquelle elle m’avait semblé lourde ? Eh bien ! Au moins, ce n’était pas un rhume...

Attendez, ce n’était pas le problème ici ! Mon front était pressé contre la poitrine de cette personne. Si c’était légèrement doux, cela voulait dire...

« Wôw, quoi ?! » m’exclamai-je.

Je m’étais précipitamment échappé de l’emprise de cette personne.

Roroa était là, sous mes yeux, avec un air satisfait présent sur son visage endormi. Elle bave un peu, mais je fais semblant de ne pas remarquer ce détail.

Hein !? Quoi !? Cette situation... Pourquoi Roroa dort-elle à côté de moi !? Me demandai-je.

Cette pièce... C’était certainement le bureau des affaires gouvernementales. J’étais dans mon lit, il n’y avait aucun doute à ce sujet. Alors, pourquoi le partageais-je avec Roroa ? Elle était... au moins, elle portait des vêtements.

En fait, aucun de nos vêtements n’était nos vêtements de nuit. Nous étions tous les deux habillés en tenue régulière.

Hein !? Que s’est-il passé la nuit dernière ? Je m’étais creusé les méninges, essayant de me rappeler ce qui s’était passé hier...

« Souma ? Dites-moi, que faites-vous ? » J’avais entendu une voix glaciale au-dessus de moi.

J’avais alors lentement tourné la tête, produisant un bruit de grincement comme un robot à court d’huile, et Liscia se tenait là avec un sourire qui dégageait une aura terrifiante tel un masque de hannya [1]. Derrière elle se tenait Aisha, qui était en larmes pour une raison inconnue.

« Oh... bon matin, Liscia, Aisha, » murmurai-je.

« Ne me faites pas le “bon matin” comme ça ! » cria Liscia, m’enlevant d’un coup les couvertures qui étaient présentes sur moi.

En raison de l’air froid, Roroa se mit à se blottir dans une position fœtale, mais elle ne s’était toujours pas réveillée.

Liscia posa la main sur sa hanche et demanda : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Aisha se précipite dans ma chambre en larmes, et quand je lui demandai ce qui n’allait pas, elle dit : “Je suis allée réveiller Sa Majesté, et je l’ai trouvé en train de dormir avec Roroa !” »

« Pourquoi voudriez-vous mettre la main sur Roroa avant la princesse ou moi ? Je ne peux pas l’accepter ! » Aisha criait à travers ses larmes.

Euh ! S’il vous plaît, ne le dis pas si fortement, avais-je silencieusement plaidé. Si les travailleurs du château entendaient ça, ils parlaient de comment j’avais été « pris sur le fait » !

« Calmez-vous, Aisha ! » dis-je. « Roroa et moi portons des vêtements, n’est-ce pas ? Je suis à peu près sûr que ce que vous deux avez imaginé n’est pas arrivé... du moins, je pense. »

« Pourquoi ne pouvez-vous pas être plus sûr ? » cria Aisha.

« Eh bien, je ne me souviens pas de ce qui s’est passé avant d’aller me coucher, » dis-je. « De toute façon, pourquoi sommes-nous ensemble dans le même lit avec nos vêtements ? »

« Que s’est-il vraiment passé ? » demanda Liscia. « Pourquoi n’essayiez-vous pas de vous souvenir de ce que vous avez fait hier soir ? »

À la suite à la suggestion de Liscia, je m’étais ressassé dans ma tête les événements de la nuit dernière.

Je me rappelais avoir fait un travail pour arranger les choses après l’annexion d’Amidonia, afin d’ajuster le régime fiscal (la Principauté d’Amidonia avait une population inférieure à celle du royaume, et donc, pour compenser, la charge fiscale individuelle y était plus élevée). J’avais donc convoqué Roroa, Colbert et des bureaucrates des ministères des Finances des deux pays pour des réunions qui avaient duré jusque tard dans la nuit.

Ces pourparlers avaient lieu depuis avant-hier, et nous avions déjà effectué une nuit blanche pour ça. Nous avions quand même pris des pauses pendant que nous le faisions.

En fin de compte, au moment où nous avions un plan d’ensemble, la journée avait changé et il était environ trois heures du matin. Tout le monde était épuisé après ça.

Colbert et les bureaucrates étaient sortis de la pièce comme des zombies, alors que j’avais plongé dans le lit installé dans le bureau avec mes vêtements encore sur moi... et je m’étais endormi, probablement après ça. Un peu de temps s’était écoulé depuis ce moment-là. Peut-être que Roroa avait dormi ici plutôt que de retourner dans sa propre chambre.

Je secouai l’épaule de Roroa alors qu’elle continuait à dormir avec avidité.

« Hé, Roroa. Levez-vous, » dis-je.

« Hm... Quoi de neuf, Chéri ? ... Je suis encore tout endormie, » Roroa se frotta les yeux alors qu’elle s’assoyait dans mon lit.

« Il n’y a pas de “Quoi de neuf ?” » dis-je. « Pourquoi étiez-vous endormie dans mon lit ? »

« Donne-moi une chance, » dit-elle. « J’étais carrément épuisée après la longue réunion d’hier. Je n’avais pas l’énergie de me traîner dans ma chambre, alors je t’ai rejoint au lit, Chéri. » Roroa s’étira, puis se leva du lit sur ses jambes instables. Elle était encore groggy et ne pouvait pas voir clairement ce qui était autour d’elle. « Ce n’est pas bien. Je suis toujours fatiguée. Je vais aller me rendormir dans ma propre chambre. »

« D’accord..., » Liscia avait dit ça, avec un air de celle qui s’était lavé les mains de toute la situation. « Aisha, s’il vous plaît, pourriez-vous ramener cette fille dans sa chambre ? »

Aisha s’ébroua de son étourdissement. « Certainement ! Tout de suite, princesse ! »

« Et aussi, ne vous ai-je pas dit de ne pas m’appeler “princesse” ? » demanda Liscia.

« C-Compris. Prin... Madame Liscia, » répliqua Aisha.

Maintenant qu’Aisha était devenue la deuxième candidate à devenir une reine primaire et que leurs positions étaient proches, Liscia avait commencé à dire à Aisha de ne pas l’appeler princesse, mais d’utiliser son prénom à la place. Bien qu’Aisha se trompait encore quant à la manière d’agir.

Aisha soutint Roroa, groggy et endormie, et l’entraîna hors du bureau des affaires gouvernementales.

Après avoir regardé les deux filles qui partaient, j’avais regardé avec hésitation dans la direction de Liscia.

« Hmm... C’est comme ça, alors pourrais-je demander votre pardon pour cette fois-ci ? » Pour une raison ou pour une autre, j’avais l’air d’un homme faisant des excuses après avoir été surpris en train de voir ailleur. Mais c’était ce que cela signifiait de vivre en tant qu’homme.

« Franchement..., » Liscia se gonfla légèrement les joues alors qu’elle se laissait tomber sur le lit. « Ces choses arrivent parce que vous avez un lit ici. Peut-être devrais-je le casser ? »

« S’il vous plaît, ne le faites pas, » dis-je. « Où devrais-je dormir après ça ? »

« N’avez-vous pas finalement fait votre propre chambre ? Où préfériez-vous utiliser mon lit ? Utilisez-en un différend chaque jour. » Liscia m’avait fait un regard lourd de sens.

Voulait-elle dire que je devrais utiliser son lit, et les lits d’Aisha, de Juna et de Roroa, à tour de rôle, et cela chaque jour... ?

« Je pense que je serais trop nerveux pour dormir, alors laissez-moi passer mon tour, s’il vous plaît, » je l’avais dit.

« Bon sang ! » murmura-t-elle. « Je suis traqué par Marx pour “Produire au plus vite un héritier !” Vous savez ? »

« Euh... Pourriez-vous attendre un peu plus longtemps ? J’ai quelque chose en tête, » dis-je.

« Quelque chose en tête ? » demanda-t-elle.

Je m’étais alors levé de mon lit avant de m’étirer. « J’ai finalement stabilisé la situation politique interne dans le pays. J’ai aussi un pacte secret avec l’Empire, et bien qu’il y ait des pays voisins qui m’inquiètent, les choses devraient être stables pour l’instant. Eh bien, cela dépendra de ce que fait le Domaine du Seigneur Démon. »

« Je suppose..., » dit-elle.

« Eh aussi... j’ai aussi réussi à me convaincre que je devrais devenir roi, » dis-je.

« J’aimerais qu’à la place, vous disiez que vous vous êtes résolu à le faire, » déclara Liscia.

« Je me suis résolu à le faire... Peut-être que je l’ai fait ? » dis-je. « En tout cas, je suis prêt à affronter les conséquences. »

« Je ne comprends pas vraiment la différence, » déclara Liscia.

« Il n’y a rien qui se tient au travers de mon chemin. Alors..., » j’avais gonflé ma poitrine pour avoir l’air plus confiant. « Maintenant, je vais faire ce que je veux. Jusqu’à maintenant, sécuriser mon pouvoir était la principale priorité, alors j’évitais des politiques qui allaient trop bouleverser la société. Si une politique avait été trop audacieuse, cela aurait causé une confusion interne inutile, ce qui aurait pu profiter à un adversaire étranger. Mais maintenant, je n’ai pas à m’inquiéter de ça. Je vais faire de plus en plus de choses pour transformer ce pays. »

Je l’avais déclaré avec force, mais Liscia avait toujours un regard sec sur son visage.

« C’est bien, mais... qu’est-ce que cela a à voir avec le fait que vous n’ayez toujours pas posé la main sur moi ? » demanda Liscia.

J’étais devenu silencieux.

Il semblerait que je n’avais pas réussi à esquiver le problème. Je pensais vraiment avoir réussi à changer le sujet...

Permettez-moi de dire maintenant. Ce n’était pas que j’étais opposé à faire ces choses avec Liscia et les autres filles. Non, vraiment, je voulais faire tout ce qui était romantique avec elles. Je voulais dire par là que la situation actuelle me donnait un cas grave de boules bleues [2]. Mais, avant cela, il y avait quelque chose que je devais accomplir. Pour l’amour de Liscia et des autres et surtout pour leur propre bien...

« E-Eh bien, bientôt, vous trouverez finalement la réponse, » dis-je.

« N’êtes-vous pas en train d’esquiver le problème ? » demanda Liscia.

Quand Liscia avait essayé de me regarder dans les yeux, je les avais détournés du mieux que je pouvais.

***

« J’ai vraiment besoin de plus de personnes capables qui travaillent pour moi, » dis-je.

J’étais assis autour d’une table « kotatsu [3] » avec Liscia, Aisha, Juna et Roroa, qui s’étaient réveillées après s’être rendormies, et nous déjeunions. J’avais décidé que c’était le bon moment pour aborder ce sujet.

Il s’agissait de ma chambre dans le château, que j’avais préparée après que Hakuya m’avait informé de ça : « Il était temps que vous ayez votre propre chambre ». En vérité, on m’avait attribué la chambre beaucoup plus tôt, mais je l’utilisais comme salle de stockage pour les Petits Musashibos. Depuis qu’il avait insisté pour que je l’utilise, je lui avais fait un remodelage majeur. Pour cela, j’avais utilisé l’apport financier présent pour soutenir le mode de vie du roi (mon salaire) et je m’étais déchaîné avec des rénovations majeures pour répondre à mes goûts... et quel était donc le résultat...

Les deux petites pièces, dont chacune avait la taille d’une pièce de six tatamis (106,7 pieds carrés, 10 mètres carrés), avaient été reliées par une porte entre elles, créant un ensemble de pièces presque comme un appartement japonais.

Une pièce avait un tapis posé sur un plancher en bois, et c’était là que mon espace de travail avait été fait avec une machine à coudre à pédale présente dans un coin. Il s’agissait d’une pièce où je pouvais me concentrer entièrement sur la confection de vêtements ou d’accessoires, donc uniquement comme passe-temps, ou pour faire des poupées comme les Petits Musashibos.

La pièce qui servirait de logement ordinaire était, grâce à de belles touches du concepteur (moi), une parfaite reproduction d’une pièce de style japonais. Dès que j’avais entendu qu’il y avait une culture du tatami dans l’Archipel du Dragon à Neuf Têtes, j’avais acheté un certain nombre de ces paillassons et je les avais déposés dans cette pièce.

De plus, il y avait une zone au centre de la pièce qui avait été creusée, au sommet duquel j’avais placé une table ronde avec une couverture fourrée entre l’espace où nos jambes allaient et le bas de la table. Il y avait un autre trou creusé à l’intérieur de cette zone, et en dessous, j’avais installé un radiateur Genia qui avait été développé sur la base d’une idée que je lui avais donnée.

Fondamentalement, j’avais recréé un hori-gotatsu [4].

Dans la zone dégagée où nos pieds reposaient, il y avait une grille de fer en forme de dôme, nous empêchant de toucher l’appareil de chauffage. C’était un espace charmant, chaud en hiver, et agréable et venteux en été une fois que vous aviez retiré la couverture. Franchement, c’était un espace qui vous permettait de voir l’attention aux détails du concepteur (moi).

Et, eh bien, c’était le genre de chambre que j’avais faite, mais toutes mes fiancées l’aimaient vraiment, en particulier Liscia. Elles avaient pris l’habitude de rester ici. L’hori-gotatsu était vraiment populaire auprès d’elles. Car après tout, il faisait assez froid dehors.

Après l’annexion d’Amidonia, Hakuya avait dit cela. « S’il vous plaît, comprenez bien que c’est nécessaire pour maintenir votre autorité ». Et il m’avait interdit d’utiliser la cafétéria principale, alors j’avais pris l’habitude de prendre mon petit-déjeuner et mon dîner (le déjeuner était habituellement au bureau des affaires gouvernementales) ici autour de la table avec Liscia et les autres.

La plupart des repas avaient été faits pour moi par les chefs du château, mais les jours comme aujourd’hui, quand je voulais manger quelque chose de japonais, je le faisais par moi-même. Car après tout, j’avais travaillé avec du riz, de la sauce soja et du miso pour faire ce repas.

Les repas que je préparais étaient une nouveauté pour elles, alors Liscia et les autres filles les aimaient, mais Hakuya et Marx n’étaient pas trop contents de ça. Et je pourrais même dire qu’ils n’étaient vraiment pas trop contents de ça, car je préparais des plats simples, que je servais à mes fiancées. Après ça, nous mangions tous ensemble vu que c’était délicieux. Selon eux, c’était loin de leur image de ce qu’ils se faisaient du fait d’être un roi. Bien que je ne voyais pas pourquoi même la nourriture que je mangeais devait être digne d’un roi...

Pour commencer, ni Liscia, ni moi, ni les autres n’était le type de personne à avoir des goûts du luxe. Juna et moi étions tous les deux d’anciens roturiers, Liscia avait vécu une vie militaire où les provisions étaient limitées, et après avoir grandi dans la forêt, Aisha mangeait n’importe quoi tant qu’il avait bon goût. Même Roroa avait semblé intéressée, en disant : « Si nous pouvions faire manger de la nourriture de ton monde comme étant une nouvelle tendance, ça se vendrait bien. Ne le penses-tu pas ? »

En outre, même si la nourriture pouvait être simple en apparence, elle utilisait du riz, qui n’était pas encore très répandu, donc le coût était en fait assez élevé.

Au fait, le déjeuner d’aujourd’hui comprenait des oyakodon [5], soupe miso, et nukazuke [6].

« Grande Sœur Ai, peux-tu me passer les cornichons ? » demanda Roroa.

« Mmf, mm-mm-mf (tiens, Roroa), » répondit Aisha à travers ses bouchées de nourriture.

« Attendez, Roroa, » dit Liscia. « Vous avez du riz sur le visage. »

« Hm ? Merci beaucoup, Grande Sœur Cia, » déclara Roroa.

Roroa avait laissé Liscia ramasser le grain de riz qui était resté sur son visage. Juna regarda chaleureusement Aisha qui enfournait de la nourriture au centre de son visage.

Si vous pouviez réduire tout ça à cette scène qui se déroulait autour du kotatsu, nous avions l’air d’une véritable famille heureuse.

« Madame Aisha, » déclara Serina. « Voudriez-vous peut-être une autre portion de soupe miso ? »

« Mmf... J-Je voudrais bien, Madame Serina, » répondit Aisha.

« Euh... Madame Juna, » déclara Carla. « Nous avons... Il y a aussi une autre portion de riz pour vous. »

« Hee Hee! Pas besoin d’être si rigide et formelle, Carla, » riait Juna.

« V-Vous êtes trop gentille, » répondit Carla.

Je devais moi-même corriger ça, car il y avait une chose qui était étrange ici. Il y avait quelque chose comme le genre de table de service utilisée dans les écoles primaires pendant l’heure du déjeuner dans le coin de la pièce, et là, les servantes Serina et Carla attendaient pour nous servir de la nourriture. C’était hors de propos.

« Et attendez... Est-ce que l’une d’entre vous m’écoutait ? » demandai-je en protestant.

« Bien sûr, » déclara Roroa. « Nous écoutons, nous écoutons. »

« C’est la réponse de quelqu’un qui ne l’a clairement pas fait, » murmurai-je.

« Je t’écoute, Chéri. Tu es à court de mains, n’est-ce pas ? » demanda Roroa.

Quand Roroa avait dit cela, Liscia avait froncé les sourcils. « Allez-vous encore rassembler des personnes ? Je pense que nous avons déjà un groupe assez diversifié... »

« Plus on a de gens talentueux, mieux c’est..., » dis-je. « Cependant, ce que je cherche cette fois est un peu différent. »

« Que voulez-vous dire par là ? » demanda Liscia.

« Hm..., » commençai-je. « Ce n’est pas bien de dire ça, mais si je devais classer les personnes sur une échelle qui va de S, A, B, C, D, E, le genre que je cherche maintenant tombe dans la gamme B à C. Je veux un très grand nombre de personnes comme ça. »

« Désolée, » déclara Liscia. « Je ne suis pas sûre d’avoir compris ce que vous venez de dire. »

J’avais alors mis ma main sur la tête de Roroa. Elle était assise à côté de moi avec une cuillère dans sa bouche. « Par exemple, le sens économique de Roroa est tout sauf médiocre. Elle peut manipuler de grandes quantités d’argent, trouver des fonds et apporter plus de profits. Si je devais la classer comme membre de mon personnel, elle obtiendrait un S. Mais une Roroa ne suffit pas pour diriger un pays, n’est-ce pas ? Roroa a besoin d’un système bureaucratique qui lui servira de bras et de jambes. En plus de cela, elle a besoin de personnes capables de faire des maths pour travailler sous son autorité. Ce dont nous manquons, ce sont ces gens qui peuvent faire du calcul. »

Le taux d’alphabétisation dans ce monde était faible, et à peu près les seuls en dehors de la noblesse et des chevaliers qui pouvaient faire de l’arithmétique étaient les marchands. Fondamentalement, dans ce monde, ceux qui pourraient à la fois écrire et utiliser les chiffres seraient des employés de classe B ou C. En ce moment, dans ce pays, nous avions une pénurie de ce genre de personne.

« Si c’est ce que tu cherches, pourquoi ne pas embaucher des marchands qui ferment boutique parce qu’ils ne peuvent pas faire de profit, ou qui ont été réduits à être des esclaves pour une raison ou une autre ? » suggéra Roroa.

Mais j’avais secoué négativement la tête. « J’ai déjà essayé, mais ça n’a pas marché. Si quelqu’un est le moindrement doué, alors quelqu’un de la noblesse ou de la chevalerie les aura déjà pris. Eh bien... bien que cela soit ma faute en vérité, » après avoir dit ça, je m’étais gratté la tête.

Roroa pencha la tête d’un air interrogateur. « Que veux-tu dire par ta faute ? »

« J’ai changé le fonctionnement des évaluations, » expliquais-je.

Dans ce pays, la noblesse et les classes de chevaliers étaient, pour le dire simplement, les propriétaires terriens. Les fonctionnaires militaires avec la terre étaient appelés des chevaliers, tandis que les fonctionnaires civils avec la terre avaient été appelés des nobles. C’est pourquoi il n’y avait pas de distinction entre les comtes et les vicomtes dans la noblesse, et toute personne ayant une grande quantité de terres était juste appelée « Seigneur ».

Il y avait aussi de « nobles bureaucrates » qui se rendaient dans la capitale et les villes régionales pour travailler dans la bureaucratie, laissant leurs terres à la charge des magistrats. Il y avait aussi des « nobles régionaux » qui se rendaient dans leur propre domaine pour gérer personnellement la terre. En ce qui concerne ceux que je connaissais personnellement, Hakuya et Marx seraient des nobles bureaucrates, alors que Weist, le seigneur d’Altomura, serait un noble régional.

L’équilibre des pouvoirs entre les deux groupes avait fonctionné de diverses façons. Il y avait des nobles bureaucrates qui étaient impliqués dans des affaires d’État comme Hakuya, alors qu’il y avait aussi des nobles bureaucrates qui allaient servir dans les villes de puissants nobles de la région.

En comparaison, les chevaliers laissaient généralement leurs terres entre les mains d’un magistrat alors qu’ils servaient dans l’armée. Ce n’était pas absolu. Les chevaliers à la retraite, comme Weist, pourraient devenir des nobles, et il y avait aussi des chevaliers qui avaient passé leur devoir de servir dans l’armée à leurs enfants pendant qu’ils géraient leurs terres.

Maintenant, quant à la promotion et la rétrogradation de ces nobles et chevaliers (ou, pour le dire autrement, leur acquisition ou perte de territoire), jusqu’à présent, les chevaliers avaient été promus s’ils s’étaient distingués au combat et si leur grade avait augmenté dans l’armée, alors que si leur conduite avait été mauvaise et qu’ils avaient violé les ordres, ou s’ils avaient échoué à mener une opération avec succès, ils avaient été rétrogradés.

En d’autres termes, les chevaliers n’avaient jamais été tenus responsables de la gestion de leurs terres. Donc, si leurs terres avaient été mal gérées, la faute en incombait au magistrat, et s’ils avaient limogé et remplacé ce magistrat, les chevaliers eux-mêmes n’auraient pas été tenus responsables. Là encore, si la même chose s’était répétée, il y aurait bien sûr eu des répercussions.

Quant aux nobles, ils pourraient être promus en voyageant dans la capitale ou les villes pour travailler comme de nobles bureaucrates. Pour ceux qui n’avaient pas un fort désir de s’impliquer dans les affaires de l’État, il était normal qu’ils deviennent des nobles régionaux une fois que leurs terres se sont étendues jusqu’à un certain point. C’était parce que le fait d’être un noble régional était plus rentable. S’il y avait un noble qui n’avait pas de forte volonté d’autopromotion, s’ils étaient satisfaits de leur position actuelle, dans de nombreux cas, ils deviendraient des nobles régionaux. Cependant, une fois qu’ils étaient devenus un noble régional, ils étaient responsables de toute mauvaise gestion de leurs terres.

Maintenant, en ce qui concerne la façon dont j’avais changé notre politique sur l’évaluation des nobles et des chevaliers...

« En plus des politiques mises en place jusqu’à présent, j’ai mis l’accent sur leur capacité à gérer leurs terres, » dis-je.

Pour le dire simplement, en plus des mesures d’évaluation déjà en place, j’avais annoncé un système d’évaluation qui donnait plus de terres à ceux qui les géraient bien, tout en réduisant la taille de leurs propriétés ou en les confisquant complètement si elles étaient mal gérées.

J’avais envoyé l’unité des opérations clandestines qui recevait directement les ordres de ma bouche, les Chats Noirs, pour les surveiller, et les nobles ou les chevaliers qui gouvernaient bien recevaient plus de terres, tandis que ceux qui gouvernaient mal avaient leurs possessions réduites ou confisquées.

Cela avait réprimé les seigneurs maléfiques et les magistrats inutiles que vous aviez pu voir dans les films dramatiques de l’époque. Mon but était de faire en sorte que les seigneurs communiquent avec leurs populations et se rapproche d’eux. Car après tout, pour avoir un bon gouvernement, il fallait savoir ce que les personnes voulaient.

À présent... quant à ce qui s’était passé, les nobles et les chevaliers qui avaient jusqu’alors laissé leurs affaires aux magistrats avaient hâte de prêter attention à leurs possessions.

Si leurs magistrats étaient capables ou moyens, il n’y avait pas de problèmes, mais s’ils étaient incompétents, cela pouvait maintenant affecter l’avancement d’un noble.

Il y avait des nobles qui avaient quitté leur poste dans la bureaucratie pour retourner dans leurs domaines et commencer à se concentrer pleinement sur leur gestion. Cependant, pour la majorité des chevaliers qui n’avaient aucun talent pour gouverner, et pour les nobles qui avaient encore des possibilités d’avancement dans leurs positions bureaucratiques, ils s’étaient précipités pour trouver des magistrats capables et du personnel pour servir sous leurs ordres.

Quand j’avais expliqué cela, Juna avait posé un doigt à ses lèvres comme si elle se souvenait de quelque chose. « Maintenant que vous le dites, Grand-mère disait que cela avait jeté les choses dans un chaos total. Il fut un temps où les nobles et les chevaliers erraient dans les rues comme des goules affamées qui chantaient “personnel, personnel” ou quelque chose comme ça. »

« ... Tout à fait, » dis-je. « Honnêtement, je pense que c’était une décision hâtive de ma part. »

La passion des nobles et des chevaliers pour trouver du personnel talentueux dépassait de loin mon imagination, et toute personne capable d’écrire ou de faire de l’arithmétique de base, même s’ils étaient un roturier, avait été accueillie presque comme un sage et traitée comme une égale. C’était parce que, si un noble ou un chevalier utilisait l’autorité pour enlever ces personnes par la force, ils seraient punis pour avoir fait cela.

S’ils apprenaient qu’un esclave (bien que n’étant pas un esclave condamné à travailler pour ses crimes), une prostituée ou une personne dans un bidonville puisse écrire et faire de l’arithmétique, ils iraient même jusqu’à les racheter avant de les accueillir. Ceux qui pouvaient simplement écrire et faire de l’arithmétique avaient eu ce traitement, donc s’il y avait quelqu’un de très bon, la situation pourrait être assez incroyable.

Je veux faire de vous un magistrat ! un noble pourrait dire ça. Mais vous n’êtes pas d’une classe assez élevée ! Je sais... en vous adoptant en tant que membre de ma famille, je peux vous élever de force à un statut social plus élevé !

À cause des nobles qui pensaient comme ça, il y avait eu des roturiers et des esclaves qui s’étaient élevés de manière phénoménale en utilisant une méthode qui normalement n’aurait pas été possible. Juste après avoir dit à Maria qu’elle devrait agir lentement sur l’abolition de l’esclavage dans l’Empire parce que ce serait une réforme trop importante et qu’elle rencontrerait de la résistance, est-ce que je ne venais pas de faire s’effondrer le système des classes de mon propre pays ?

« Je me demande si je peux en profiter pour faire de l’abolition de l’esclavage quelque chose qui n’existe que de nom..., » murmurai-je.

« Ah ! En parlant d’esclaves, cela me fait me souvenir de quelque chose, » déclara Roroa en frappant ses mains ensemble. « Maintenant, voici quelques informations que j’ai reçues grâce à Sébastien après avoir ouvert un deuxième emplacement pour la Biche d’Argent ici à Parnam. Il y a un trafiquant d’esclaves inhabituel dans la ville. »

« Un marchand d’esclaves inhabituel ? » demandai-je.

Roroa avait ri malicieusement. « Je pense qu’il est le genre de personne que tu aimerais voir travailler pour toi, Chéri. Hehe ! Que penserais-tu de venir avec moi dans une promenade dans la ville dans un prochain jour ? Et ainsi nous pourrions alors aller le rencontrer. »

« Hmmargg... Cela ne serait-il pas un rendez-vous amoureux dont vous parlez là ? » Aisha se plaignit, l’air un peu contrarié. « Ce n’est pas juste. »

Roroa avait agité sa main. « D’après ce que j’ai entendu dire, vous avez toutes déjà eu des rendez-vous avec notre chéri avant aujourd’hui. Nous sommes fiancés maintenant, donc je veux moi aussi passer du temps avec mon Chéri et faire des choses romantiques avec lui. »

« J’étais seulement là en tant que garde du corps. Il ne m’a jamais emmenée pour un rendez-vous du genre ! » protesta Aisha.

« Eh bien, tu peux aussi venir, Grande Sœur Ai, » déclara Roroa. « De toute façon, nous aurons besoin d’un garde du corps. »

« Dans ce cas, je n’y vois aucun problème, » ayant été invité, Aisha s’était facilement apaisée.

Liscia et Juna avaient toutes deux dit. « Nous allons laisser Roroa avoir ce rendez-vous-là ». Et ainsi, il avait été décidé que Roroa, Aisha et moi irions ensemble dans la ville de Parnam.

Un marchand d’esclaves inhabituels, hein ? J’étais un peu intéressé de savoir à quoi ils ressemblaient.

Notes

  • 1 Masque de hannya : Hannya (般若の面?) est, dans les légendes fantastiques du Japon, le fantôme d’une femme revenue sur terre pour assouvir sa vengeance. Le terme « Hannya » vient du sanscrit « prajna » qui signifie « grande sagesse ».
  • 2 Boules bleues : Devinez ! En terme scientifique, il s’agit d’hypertension épididymale.
  • 3 Kotatsu : Un kotatsu (炬燵?) est un support de bois de faible hauteur recouvert d’un futon ou d’une couverture épaisse, sur lequel repose un dessus de table. Le dessous d’un kotatsu est chauffé. C’est le mode de chauffage le plus courant au Japon, le chauffage central étant peu répandu.
    C’est le véritable centre de discussion des maisons japonaises et souvent le seul endroit chauffé du washitsu (plus rarement à notre époque). On s’assoit autour du kotatsu sur des zabuton posés sur les tatamis.
  • 4 Hori-gotatsu : l’un des styles de Kotatsu.
  • 5 Oyakodon : L’oyakodon (親子丼?) est un donburi, un mets japonais composé d’une garniture sur un bol de riz.
    Oyako signifie « parent et enfant » car ce plat est élaboré avec du poulet (= parent) et des œufs (= enfants). Dans le même esprit, il existe aussi le kaisen oyakodon (海鮮親子丼) composé de saumon et d’œufs de saumon (ikura, voir Caviar rouge).
  • 6 Nukazuke : nukazuke (ぬかずけ) sont des légumes (comme le concombre et l’aubergine) mariné dans une pâte de son de riz salé

☆☆☆

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5 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre

  3. L'amateur d'aéroplanes

    Déjà des ennuis conjugaux avant le mariage ? La polygamie n'a pas que des avantages 🙂

  4. kurokagespirit

    Merci pour le chapitre.

  5. Merci pour le chapitre !

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