Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 2 – Chapitre 9

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Chapitre 9 : La Bataille Finale

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Chapitre 9 : La Bataille Finale

Partie 1

Il semble que plus tard, de nombreuses dramatisations de cette époque aient représenté Souma Kazuya comme étant un dirigeant sage et courageux. Ils le dépeignaient comme un dirigeant qui avait été sur le champ de bataille, et qui avait tué de nombreux adversaires puissants lors de combats face à face. On disait aussi qu’il avait vaincu les armées ennemies avec son ingéniosité et qu’il avait apporté le bonheur à tout son peuple avec les excellents changements dans la politique du pays.

Cependant, les historiens contestent cette évaluation qui a été faite de lui.

Pour commencer, de toute sa vie, Souma n’avait pas combattu dans suffisamment de guerres étrangères pour être compté sur plus qu’une main. Il avait donc eu très peu d’occasions de montrer ce genre de prouesses martiales. Presque toutes les réalisations qu'on lui attribuait avaient été accomplies par ceux qui avaient servi sous ses ordres.

Quant à l’ingéniosité qu’il avait démontrée afin de faire face à ses ennemis, il n’y avait aucune preuve que ses idées soient venues vraiment de lui. À l’époque où il vivait, il y avait beaucoup de personnes, dont le Premier ministre, Hakuya, qui était maître dans l’art de la tromperie, alors Souma n’avait peut-être que simplement mis en œuvre les meilleurs plans offerts par ces personnes-là.

Certes, il avait lancé beaucoup d’excellentes politiques, mais on peut se demander s’il avait vraiment conduit tout son peuple vers le bonheur.

De temps en temps, il y avait eu des signes qui indiquaient que la position de Souma lui avait causé beaucoup de souffrance. Si tous ses projets politiques avaient eu les effets escomptés, il n’aurait probablement pas souffert. Ainsi, les capacités de Souma n’étaient pas aussi grandes que ce que montraient les représentations des dramatisations. C’était le consensus atteint par les historiens.

... Toutefois.

Un autre point de consensus parmi les historiens était que « Souma était bon pour rassembler les personnes et les utiliser à leur plein potentiel. » Souma n’avait lui-même pas de grandes capacités, mais il était un génie dans la façon dont il avait placé des personnes capables là où elles étaient nécessaires, et était capable de déployer juste le nombre nécessaire de troupes à l’endroit où elles étaient requises.

L’événement qui avait d’abord propagé le nom de Souma à travers le continent, sa victoire dans la guerre avec la Principauté d’Amidonia, était en grande partie le résultat de ce don. Il avait une bonne compréhension de ce qu’il était et n’était pas capable de faire, et il avait été capable de déléguer les choses qu’il ne pouvait pas faire lui-même aux autres.

Ceci pourrait tout à fait être la qualité la plus importante pour un dirigeant.

***

« Ils sont plus têtus que je ne le pensais, » déclarai-je.

En regardant la bataille se développer depuis le camp principal de l’armée du Royaume d’Elfrieden, j’avais été surpris par la qualité des combats que les forces de la Principauté d’Amidonia avaient menées.

Il s’agissait d’un combat entre une armée de 55 000 soldats du royaume en pleine forme et avec un bon moral contre une armée de 25 000 soldats de la principauté totalement épuisés. Le résultat aurait dû être évident pour tous, mais les forces de la principauté continuaient à se battre. Non, peut-être que nos forces n’étaient pas pleinement capables d’attaquer.

D’abord, les wyvernes du royaume et de la principauté combattaient dans les cieux. Parce qu’ils n’avaient pas été touchés par l’embuscade à Vallée de Goldoa, l’unité des wyvernes de la Principauté d’Amidonia était l’unité la plus énergique de l’armée de la principauté.

Il y avait moins de 500 chevaliers, mais s’ils restaient sur la défensive, même la Cavalerie-Wyverne d’Elfrieden, qui se vantait d’avoir deux fois plus d’effectifs, aurait du mal à les attaquer efficacement. Si nous pouvions acquérir la suprématie de l’air, cela déciderait du résultat de la bataille, mais il ne semblait pas que cela se produirait avant un certain temps.

En fin de compte, la bataille était laissée aux forces se trouvant sur le sol.

L’armée du royaume s’était déployée dans la formation de l’aile de la grue. Au centre, la Garde Royale dirigée par Ludwin, plus une force armée de 20 000 hommes, dont 10 000 provenant des troupes que je contrôlais directement dans l’Armée Interdite et 10 000 de l’Armée de Terre. Dans l’aile gauche, il y avait environ 15 000 soldats de l’Armée de Terre dirigés par Glaive (Halbert et Kaede étaient également dans cette unité). Enfin, dans l’aile droite, il y avait une force d’environ 15 000 hommes dirigée par Liscia, composée de troupes de l’Armée et d’auxiliaires en provenance du village des elfes sombres.

Je voulais que Liscia reste dans le camp principal, mais elle avait dit. « Il s’agit de la bataille finale. Laissez-moi aussi faire ce que je peux, » et m’avait forcé à la laisser faire comme elle voulait.

En partie parce qu’elle était actuellement la seule personne qui pouvait encore garder les forces confuses de l’Armée ensemble, j’avais hésité à l’accepter.

Car, après tout, elle avait été quelque chose comme une idole pendant le temps où elle avait fait partie de l’Armée de Terre. Grâce à l’entraînement effectué par Georg, il n’y avait pas non plus de problème avec sa capacité à commander des troupes. J’avais pris cette décision en pensant qu’elle ne rencontrerait que peu de résistance.

J’avais au moins envoyé Aisha avec elle, en tant que garde du corps. Car après tout, elle était une princesse, et je ne voulais pas qu’elle soit trop imprudente.

De toute façon, puisque j’étais dans le camp principal, à l’arrière de la force centrale dirigée par Ludwin, la seule personne à qui je pouvais parler était Carla, que je gardais à portée de main en tant qu’otage.

Alors que Carla était un otage, ses mains et ses pieds n’étaient pas liés par des chaînes. Elle portait un collier d’esclave, donc cela l’étranglerait au moment où elle tenterait de fuir ou de nuire à son maître. C’était censé être sûr de la laisser comme ça. Il m’avait semblé évident que si elle venait à saisir une épée de l’un des gardes ou à me poignarder avec ces griffes acérées, elle pourrait me tuer assez facilement, mais... Je suppose que c’était ainsi que le collier fonctionnait. Actuellement, Carla ne semblait plus avoir l’intention de me faire le moindre mal.

J’avais alors essayé de lui parler. « Alors qu’est-ce que vous en pensez ? Je pensais qu’ils céderaient plus facilement. »

« ... Personne ne va à la guerre en voulant perdre, » dit-elle. « Ils vont désespérément essayer d’éviter la défaite. »

« Oui, je suppose qu’ils le feraient, » dis-je.

Peut-être que Carla s’ennuyait à rester debout à mes côtés, car elle avait répondu étonnamment facilement. En tant qu’ancienne commandante au sein de l’Armée de l’Air, elle devait avoir une meilleure compréhension de la situation que moi.

Huhu, ils sont si têtus à cause de leur nombre inférieur. Cela pourrait devenir un peu gênant là, pensai-je.

« Nos ailes gauche et droite, c’est-à-dire les unités sous les ordres de Liscia et de Glaive, ne semblent pas se mouvoir autant qu’elles devraient, » dis-je. « Si elles étaient un peu plus proactives afin de les encercler, ne pensez-vous pas qu’ils pourraient les anéantir ? »

« ... Si vous pensez cela, pourquoi ne pas envoyer un messager sur un cheval rapide avec cet ordre ? » demanda Carla.

Avec le ton qu’elle utilisait, c’était comme si elle demandait. « Est-ce votre réponse définitive ? » Cela m’avait fait un peu arrêter d’y penser. Cependant, je ne pouvais pas tirer de conclusions.

« ... Je ne sais pas, » dis-je. « Mes connaissances sur la guerre sont purement théoriques, donc Liscia devrait en savoir plus concernant le commandement des troupes que moi. Plutôt que d’ouvrir ma bouche quand je ne devrais pas le faire, je ferais mieux de laisser la prise de décision à ceux qui sont sur le terrain. »

Carla se mit à rire un peu. « Hahaha. C’est probablement une bonne idée. »

Il semblait que c’était la bonne réponse.

« Carla, connaissez-vous la raison ? » demandai-je. « Voudriez-vous bien m’en informer ? »

« C’est lié au nombre de soldats de l’ennemi, » dit-elle.

« Le nombre de soldats ? » demandai-je.

Carla pointa du doigt le champ de bataille. « Je ne sais pas si ce que j’ai entendu est vrai, mais est-ce que ce sont bien les 30 000 soldats qui assiégeaient Altomura ? Et qu’ils ont aussi été pris en embuscade alors qu’ils se retiraient vers ici. »

« Oui, c’est exact, » dis-je.

« Mais il semblerait que le nombre de soldats n’ait pas diminué tant que ça, surtout compte tenu de tout ce qui leur est arrivé, » dit-elle.

« Hmm !? Maintenant que vous me le dites... » dis-je presque dans un murmure.

« Avec une force aussi importante, il est difficile de dire quoi que ce soit d’un simple coup d’œil, mais il semblerait qu’ils soient environ la moitié de nos propres forces qui sont de 55 000 hommes. Je pense qu’ils sont donc environ 25 000 soldats, » annonça-t-elle après avoir pris un petit temps afin de réfléchir.

Il était vrai que, considérant qu’ils avaient été pris en embuscade par les marines de Juna à la Vallée de Goldoa, ils n’avaient pas l’air d’avoir subi de nombreuses pertes.

« L’embuscade n’a-t-elle rien fait ? » Me demandais-je.

« Non, d’après ce que je vois sur le champ de bataille, il y a différents niveaux de moral dans les différentes unités de l’armée de la principauté. Ils ont probablement constitué les troupes qu’ils ont perdues à l’embuscade en prenant des conscrits des villes se trouvant tout le long du chemin qui mène jusqu’ici. C’est probablement la raison de pourquoi certains d’entre eux semblent avoir le moral bas. »

« Je vois... » dis-je.

Les pays de ce monde avaient généralement des armées permanentes.

Dans un monde où il y existait des animaux géants qui, d’un point de vue de la Terre, pourraient aussi bien être des monstres rampants, il fallait des troupes qui pouvaient être mobilisées à tout moment. À Elfrieden, l’Armée de Terre, la Marine, l’Armée de l’Air et les troupes qui étaient sous mon contrôle direct dans l’Armée Interdite étaient des troupes qui étaient toujours en attente. Bien sûr, en temps de nécessité, des recrutements pouvaient être effectués auprès des gens du peuple. Dans notre cas, la plupart des armées personnelles des nobles autres que les trois ducs étaient composées de troupes enrôlées temporairement.

Après la guerre, j’avais prévu de créer une armée unifiée qui incorporerait également les différentes forces des nobles, mais j’avais l’intention de libérer les personnes qui faisaient leur service militaire et de les faire retourner dans leurs villes d’origine. À l’heure actuelle, l’augmentation de la productivité était une préoccupation plus urgente que le déclin de la puissance militaire. Naturellement, l’armée que la principauté avait utilisée pour nous envahir était également composée d’une combinaison de troupes permanente et de troupes recrutées pour l’occasion. Ils devaient avoir recruté toutes les personnes à disposition à l’heure actuelle. Ainsi, après l’embuscade, les recrutements qu’ils avaient effectués devaient provenir de ceux qu’ils n’avaient pas pu recruter avant aujourd’hui.

Par exemple, ceci pouvait être les personnes âgées, les plus affaiblies, voire des aventuriers qui se trouvaient à ce moment-là dans la principauté. (La guilde des aventuriers offrait un contrat qui permettait aux pays de recruter tous les aventuriers qui se trouvaient sur leur territoire en temps de crise. En retour, le pays devait payer une somme fixe à la guilde chaque mois, donc j’avais déjà résilié ce contrat.)

Carla venait de souligner le fait qu’ils ne pouvaient pas avoir un bon moral si c’était bien le cas.

« Si vous laissez des personnes comme ça seules, elles finiront par se briser d’elles-mêmes. » Dit-elle. « D’un autre côté, si vous les encercliez, cela risquerait de les faire s’unir. C’est pourquoi Liscia et Glaive attendent afin de briser leurs rangs et de les pousser à s’enfuir. »

« Je vois, » dis-je. « J’avais donc eu raison de laisser mes commandants en seconds prendre les décisions. »

Je m’étais rendu compte que dans une situation comme celle-ci, plutôt que de faire semblant de savoir ce que je faisais et de faire des déclarations d’un ton supérieur, c’était mieux de faire confiance aux personnes se trouvant sur le terrain et de leur laisser prendre les décisions, car après tout, j’avais des personnes très compétentes qui se trouvaient là-bas.

« Je ne suis qu’une figure de proue, alors je devrais juste rester dans le camp principal, et me tourner les pouces, » dis-je.

« D’une certaine manière, je pense que c’est un problème... » dit Carla. « Car après tout, vous êtes le roi, n’est-ce pas ? »

« Il n’y a qu’après et avant la guerre qu’il y a du travail pour un roi tel que moi, » répondis-je. « À part ça, et bien... Si c’est le cas, je peux peut-être offrir ma propre tête et les supplier d’épargner la vie de mes troupes et de mes commandants. »

Après que j’eus dit ça, les yeux de Carla s’écarquillèrent. Elle me regarda comme si elle voyait quelque chose de complètement incroyable.

Hein !? Pourquoi me regardait-elle comme ça ?

« Ai-je dit quelque chose d’étrange ? » demandai-je.

« Vous... N’avez-vous pas peur de mourir ? » Me demanda Carla.

De quoi parlait-elle ?

« Bien sûr que j’ai peur de mourir. Je ne suis pas suicidaire. » Répondis-je.

« Pourtant, tout à l’heure, n’avez-vous pas dit que vous seriez prêt à offrir votre tête si c’était nécessaire ? » demanda-t-elle. « Avez-vous déjà accepté cela ? »

« Hein !? Ah... Je suppose que je l’ai fait. C’est bizarre... » dis-je.

Carla avait raison. Maintenant qu’elle l’avait mentionné... c’était étrange.

Pourquoi avais-je dit que j’allais offrir ma tête comme si c’était totalement naturel ?

Je savais que c’était quelque chose d’attendu venant d’un roi. Le pouvoir était concentré dans mes mains en tant que le représentant de ce pays, et donc, je devais supporter tellement de responsabilités. C’était clairement cela que d’être un roi.

Mais pourquoi est-ce que cela me semblait "naturel" de le faire ?

Ce que je voulais dire par là, c’était que j’avais toujours été... un peu, lâche, n’est-ce pas ? J’appréciais vraiment la vie, non ? J’avais pris le trône et travaillé si fort aux affaires intérieures afin d’éviter d’être livré à l’Empire. N’était-ce pas une évidence ?

— Mais quand ai-je cessé de tenir chèrement à ma vie ?

Carla me regarda avec inquiétude. « A-Allez-vous bien ? Vous sentez-vous mal ? »

Je restai silencieux.

Souffrant... Ce n’est pas tout à fait juste de dire ça. Brisé... ?

Il y avait sûrement quelque chose de cassé à propos de moi en tant que personne.

Tout à fait. Ceci me faisait ressentir toute une série de sentiment à l’intérieur de moi.

Mais c’était seulement maintenant que cela m’avait été signalé que j’avais remarqué que mon état mental actuel était totalement dans le chaos.

Je sentais que j’avais pris la vie trop à la légère. Ma propre vie et la vie des autres. C’était ainsi que j’avais pu faire une simple arithmétique avec la vie des personnes. J’avais soustrait les vies sauvées des vies perdues et choisi n’importe quelle option où la somme était un nombre positif.

Comme si j’étais un système qui effectuait ce genre de calcul.

C’est à ce moment-là que les paroles que j’avais dites à Liscia m’aient alors traversé l’esprit.

« Même si je ne veux pas le faire, je dois quand même le faire. Parce que je suis désormais le roi. »

Oh... je vois. Alors c’est comme ça...

« À un certain niveau, je suis devenu un roi... » murmurai-je.

« Qu’est-ce qui se passe si soudainement ? Vous avez été un roi depuis tout ce temps. » Déclara Carla.

Carla ne semblait pas comprendre ce que je disais, mais actuellement, cela avait du sens pour moi.

« J’allais d’événement en événement en fonction de ce qui arrivait jusqu’à moi. » Dis-je. « À un moment donné, sans m’en rendre moi-même compte, j’ai commencé à agir comme un système appartenant à l’État que vous appelez un “roi”. En me disant que cela faisait partie de ma programmation, je suis devenu capable de toujours choisir la meilleure option. »

« Système ? Programmation ? Hey, de quoi parlez-vous là ? » Cria Carla.

Tout ce que je pouvais faire était de me moquer de moi-même. « Carla, je peux tout à fait être un faussaire. »

« Quoi !? » s’écria-t-elle.

« Après tout... Si je ne peux pas entrer dans le rôle d’un roi. Je ne peux pas moi-même envoyer des soldats sur le champ de bataille, » dis-je.

J’étais un lâche. Je ne voulais pas être blessé ou tué. Et je ne voulais pas voir d’autres personnes se faire blesser ou tuer.

Pour que quelqu’un comme moi puisse aller à la guerre en tant que roi, je devais pleinement embrasser mon rôle en tant que système de l’État.

En me disant que c’était ce que faisait un roi, j’avais pu supprimer ma propre volonté et faire ce qu’il fallait faire. Si je n’avais pas... J’aurais eu l’impression d’avoir été écrasé sous le poids de toutes les vies qui pourraient être perdues à cause de mes décisions. Quand j’ai vu jusqu’où j’avais agi de la sorte, je ne pouvais que me moquer de moi avec mépris.

« Et bien... Hmm, je ne peux maintenant pas rire de l’ancien roi, » dis-je. « Si j’avais un remplaçant viable, je voudrais abandonner dès maintenant le trône. »

« ... Que peut-il bien se passer pour que j’entende ces paroles dans un moment de faiblesse comme celui-ci ? » elle avait demandé ça en étant totalement abasourdie.

« Vous pensez à l’envers, » lui répondis-je. « Pensez-vous vraiment que je peux laisser Liscia et les autres m’entendre parler comme ça ? »

Du côté de Liscia, elle m’avait dit qu’elle voulait que je sois le roi. Aisha, elle me servait, car j’étais le roi. Et pour Juna, Hakuya, Poncho, Tomoe, et tout le reste, je ne pourrais jamais les laisser m’entendre dire tout ça.

Et d’autant plus vis-à-vis de Liscia, étant donné la personne sérieuse comme elle était. Elle semblait toujours se sentir responsable du fait que son père m’avait poussé sur le trône.

« Parce que vous vous êtes battu contre moi, je peux vous laisser entendre ça, » dis-je.

« ... Cela ne me rend pas du tout heureuse de l’entendre, » dit-elle.

Puis cela arriva. C’était arrivé alors que nous parlions. J’avais alors remarqué qu’il y avait eu un changement sur le champ de bataille.

***

Sur ce champ de bataille, où se livrait toujours à une bataille rangée, mais l’armée de la principauté se mit soudain à partir en déroute.

Les soldats de l’armée qui avaient tant lutté afin de résister face aux attaques de l’armée ennemie qui était supérieure en nombre s’étaient mis à fuir après avoir résisté si longtemps. Les premiers qui commencèrent à s’enfuir furent ceux qui avaient été obligés de rentrer dans l’armée au moment où l’armée de la principauté avait recruté du monde après ce qui était arrivé dans la Vallée de Goldoa.

La Principauté d’Amidonia avait un service militaire obligatoire pour tous les hommes dès qu’ils atteignaient un certain âge, donc ils étaient formés au combat, mais il s’agissait là de personnes qui vivaient habituellement en tant que civils. S’ils étaient soudainement envoyés dans une bataille désavantageuse, leur moral ne serait certainement pas très élevé.

Finalement, les soldats avaient commencé à fuir vers le côté sud où l’encerclement n’était pas encore terminé.

Les Amidoniens avaient alors abattu des soldats en fuite afin de tenter de garder les autres combattants en place, mais il y avait près de 10 000 soldats forcés de rentrés dans leur armée, alors ils ne purent pas y faire grand-chose.

Cependant, plus ceux qui tentaient de fuir étaient nombreux, plus leurs lignes étaient désordonnées et cela avait fini par perturber leur capacité à fonctionner en tant qu’unité. Elfrieden n’avait surtout pas manqué cette chance d’attaquer.

« Tu sais Hal, c’est le moment ! » Cria Kaede.

« J’attendais que ça ! » cria-t-il en retour.

« Allons-y les gars ! » Cria Kaede.

« « « Ouaissss !!! » » »

Dans l’aile gauche de l’armée du royaume, Halbert fit charger ses troupes afin de terminer l’encerclement de l’ennemi. Dans cette bataille, Halbert menait une petite unité composée d’une vingtaine d’hommes de l’Armée de Terre et combattait en tant que commandant d’un peloton sous le commandement de Kaede. Il ne montait pas de cheval. Il faisait tournoyer ses deux hallebardes et frappait ses ennemis confus qui volaient à la suite de ses coups. Le général Amidonien avait remarqué ce qui se passait et avait crié du haut de son cheval. « Ne les laissez pas nous encercler ! Utilisez le tir indirect afin d’arrêter l’aile gauche de l’ennemi ! »

À l’instant suivante, une grêle de flèches et de magie vola depuis l’armée de la principauté vers Halbert et son unité.

« Mur de Terre ! » cria Kaede.

Celle-ci convoqua un mur de terre de près de cent mètres de long et trois mètres de haut qui sauva de peu l’unité de Halbert.

Cela avait dû surprendre les forces de la principauté.

Il ne devait pas y avoir plus de cinq mages sur tout le continent qui pouvaient invoquer en un clin d’œil un mur aussi impressionnant. Kaede avait peut-être une personnalité timide, mais elle était un génie quand il s’agissait de réfléchir rapidement et de manière juste et en ce qui concernait la magie de terre.

Halbert appuya son dos contre le mur de terre pour s’y réfugier, puis il donna un ordre à ses hommes qui faisaient tous la même chose. « Nous ne pouvons pas laisser Kaede patauger dans toute cette gloire ! »

« Nous allons aussi faire quelques remboursements pour ses actes ! »

« « « D’accord ! » » »

Cette fois c’était Halbert et son peloton qui tiraient des flèches et de la magie par dessus le mur de terre de l’armée de la principauté. Halbert avait jeté l’une de ses lances de feu qu’il avait déjà montrées dans la bataille près de Randel contre les mercenaires zemishs.

Les forces de la principauté étaient en position afin d’attaquer, de sorte qu’elles furent incapables de se préparer à temps. Ils furent touchés par plusieurs volées de flèches ou alors brûlés par leur feu, et leur formation devint chaotique.

En voyant cette chance arrivée, Halbert avait bondi. « C’est notre chance, alors qu’ils sont en plein désarroi ! Chargez ! »

Pendant ce temps, dans le chaos des forces désordonnées de la principauté, leur général essayait de rétablir le calme. « Soldats, remettez-vous en position ! Si nous brisons nos rangs, nous donnerons exactement à nos ennemis ce qu’ils veulent. »

Il essaya frénétiquement d’encourager ses troupes, mais le chaos ne montra aucun signe d’apaisement.

En devenant impatient, le général poussa l’un des soldats paniqués, puis il trancha brusquement la tête de l’homme.

« Taisez-vous ! Si vous ne vous calmez pas, je vous décapiterai comme je l’ai fait avec ce fou ! » beugla-t-il.

« Non, vous, taisez-vous ! » déclara une autre voix proche de lui.

« Quoi !? » cria le général.

Au moment où le général le remarqua, il était déjà trop tard. Halbert était devant lui, les bras croisés.

Quand Halbert décroisa ses bras, les lames de ses deux hallebardes agirent telle une paire de ciseaux, attrapant le torse du général et le coupant en deux. Le haut du torse de l’actuel ex-général s’écroula sur le sol.

La vue du sang jaillissant d’un cheval sans tête et de son cavalier sans torse qui vola en un instant, fit que tout les soldats présents perdirent leur volonté de combattre.

Halbert éjecta le sang se trouvant sur ses deux hallebardes, puis il rugit : « L’officier de l’Armée Interdite Halbert Magna a tué un général ennemi ! Maintenant, lequel d’entre vous veut mourir ? »

Avec le sang qui coulait des hallebardes dans chacune de ses mains, il devait ressembler à un horrible monstre.

Aujourd’hui, Halbert avait été gonflé à bloc à cause de sa rivalité envers Souma et Kaede, qui étaient tous deux du même âge que lui. Souma avait été capable d’assembler cette immense armée, tandis que Kaede soutenait Ludwin avec son ingéniosité en matière de stratégie.

Je ne vais pas leur permettre d’arriver trop loin de moi avec leurs réalisations ! Il s’agissait du sentiment qui faisait agir maintenant Halbert.

Quand ils virent Halbert avec une telle intensité, les soldats amidoniens avaient alors réagi comme s’ils avaient un ogre qui les chargeait dans l’obscurité. Ils s’étaient alors précipités pour se retirer, en pensant : nous ne pourrons jamais combattre cette chose !

Un soldat de la principauté, qui avait vu Halbert à cette époque et qui avait survécu de justesse à la bataille, avait raconté plus tard l’histoire de cette manière. « À l’époque, j’étais certain que j’allais mourir. Il était encore un jeune homme, mais même les vétérans les plus féroces ne voulaient pas lui faire face. Quand j’ai entendu plus tard que c’était “Hal l’Ogre Rouge”, cela avait provoqué en moi divers sentiments. Franchement... J’avais été très étonné d’avoir ainsi survécu... »

Il serait juste de dire que pour "Hal, l’Ogre Rouge", qui sera plus tard décrit dans les histoires comme étant l’un des représentants des disciples de Souma, sa légende commença avec cette bataille.

Son style de toujours vouloir aller à l’avant des autres, conduisant ses subordonnés lors des charges, restera inchangé même quand il aura le commandement d’une armée complète à sa charge. Souma l’avertirait maintes et maintes fois que ce n’était pas le comportement d’un chef, mais Halbert dirait : « Cette façon me convient mieux », et il n’écoutera jamais les conseils des autres.

En fait, parce qu’il réussirait toujours à survivre et à obtenir des résultats, Souma ne pouvait rien dire de plus que cela. Cela finira par causer beaucoup d’inquiétude à Kaede, mais il s’agit là d’une histoire pour une autre fois.

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Partie 2

« Hahhhhhhhhh ! » (Liscia)

Pendant ce temps, dans l’aile droite de l’armée du royaume, Liscia laissa échapper un cri de guerre.

Tout en agissant en tant que commandante de l’aile droite, elle était également montée sur un cheval, se déplaçant tout près de la ligne de front.

Chaque fois que Liscia poussait sa lance vers l’ennemi, des lames de glace s’étaient formées dans l’air et avaient déchiqueté des soldats amidoniens. Son apparence lui donnait l’air d’être une valkyrie. Il y avait même une certaine beauté dans ce spectacle.

Mais d’un autre côté, Liscia semblait agir à la hâte, comme si le sang s’était précipité dans sa tête. Elle donnait l’impression d’avoir perdu son calme.

Bien sûr, si elle se détachait autant vis-à-vis des autres soldats, l’ennemi allait certainement la cibler en priorité.

« Ne faiblissez pas ! Entourez-la et prenez-lui sa tête ! » ordonna l’un des commandants d’une unité ennemie.

Des soldats ennemis s’étaient alors dirigés vers Liscia.

Peu importe combien Liscia était courageuse, elle était désavantagée numériquement face à un tel nombre. Si elle se laissait entourer par des lanciers, elle ne pourrait pas s'éloigner d'eux en utilisant la mobilité supérieure de son cheval.

Les lances de l’ennemi s’étaient refermées autour de Liscia quand... « Princesse ! Pourquoi, voussssss !? Éloignez-vous d’elle ! »

En arrivant juste à temps, Aisha renversa les soldats ennemis qui grouillaient autour d’elle avec un large coup de sa grande épée.

Aisha avait été assignée afin de garder Liscia, mais sa grande épée n’était pas destinée à être balancée depuis un cheval, et elle était donc en retrait parce qu’elle était à pied.

Une fois qu’Aisha avait neutralisé les ennemis proches avec un coup de sa grande épée et une rafale, elle avait couru en avant jusqu’à arriver à côté du cheval de Liscia avec des larmes au bord de ses yeux.

« Princesse, s’il vous plaît, ne soyez pas si téméraire ! » dit-elle.

« ... Désolée, » répondit Liscia. « J’ai perdu ici mon sang froid. »

Voyant les supplications d’Aisha, les yeux pleins de larmes amenèrent Liscia à retrouver son calme. Elle posa sa main sur la tête d’Aisha, qui était au niveau de sa cuisse puisqu’elle-même était à cheval et pas Aisha.

« Mais je dois être un peu téméraire, » déclara Liscia. « Car... Je veux mettre fin rapidement à cette guerre. »

« Princesse !? » Aisha inclina la tête sur le côté, rendu confus à cause du regard inquiet clairement visible sur le visage de Liscia.

Tandis que les forces de la principauté montraient de l’entêtement, la bataille allait en faveur d’Elfrieden. Les soldats commençaient déjà à fuir du côté des Amidoniens, et donc si les forces du royaume les encerclaient lentement, elles ne tarderaient pas à sortir victorieuses. Il n’y avait nullement besoin de précipiter cette victoire.

Cependant, Liscia se tourna vers Aisha avec un regard douloureux sur son visage. « Hé Aisha. Que pensez-vous de la façon dont Souma a été ces derniers temps ? »

« Que voulez-vous dire ? » Demanda Aisha.

« Il semble... comme s’il se forçait beaucoup trop. N’êtes-vous pas d’accord avec cette description ? » Demanda Liscia en retour.

« Et bien... oui. Je pense que vous avez raison, » répondit l’elfe sombre.

Même aux yeux d’Aisha, celle qui avait offert sa loyauté inébranlable à Souma, son expression l’avait effrayée ces derniers temps. Non, elle n’avait pas peur de lui, elle était effrayée pour lui.

Il y avait quelque chose de fragile chez lui.

Bien sûr, étant donné qu’ils étaient maintenant en pleine guerre, il aurait été tout aussi inquiétant de voir un sourire stupide sur le visage de leur souverain. Pourtant, elle ne pouvait pas s’empêcher de penser que Souma s’efforçait d’agir comme un roi. Mais, malgré tout, Aisha voulait que Souma ait le sourire.

« Une fois que cette guerre sera terminée... Croyez-vous que Sa Majesté va sourire à nouveau ? » demanda Aisha.

Les yeux de Liscia s’écarquillèrent un moment puis elle se mit à sourire. « Nous ferons tous ce qu’il faut afin qu’il sourie à nouveau. »

« Ha ! Oui, vous avez raison ! » Aisha releva la tête, reprenant sa position de combat avec sa grande épée, puis se posa devant Liscia. « Cependant, princesse, s’il vous plaît, reculez. Si quelque chose devait vous arriver, alors Sa Majesté ne pourrait plus jamais sourire. »

« ... C’est vrai, » répondit Liscia. « Je vais désormais être plus prudente. »

« Laissez-moi me battre à votre place, » cria Aisha.

« Non, vous ne pouvez pas faire ça. Aisha, vous savez déjà que si quelque chose vous arrivait, Souma ne sourirait plus jamais, n’est-ce pas ? » Répliqua Liscia.

« ... Le pensez-vous vraiment ? » demanda Aisha.

« Je le pense. » Répondit-elle.

« Ho, vraiment ? » demanda Aisha.

Les deux filles se regardèrent et sourirent. Puis, un moment plus tard, elles revêtirent les visages des guerrières.

« Dans ce cas Princesse, » commença Aisha. « Faisons toutes deux attentions à nos vies. »

« D’accord, » acquiesça Liscia. « Terminons ensemble cette guerre si pénible. »

Puis, elles se précipitèrent toutes deux sur le champ de bataille.

***

La bataille entre les armées d’Elfrieden et d’Amidonia avait atteint un tournant.

Au centre de l’armée de la principauté, qui était lentement encerclée, le Prince Souverain d’Amidonia, Gaius VIII, affichait un regard sinistre.

Son plan initial visant à provoquer une embuscade contre l’armée du royaume alors qu’ils encerclaient Van, puis les charger dans une attaque en tenaille avec les troupes de la garnison, était clairement foutu. Les troupes du royaume n’avaient pas assiégé Van. À la place, elles avaient attendu dans les plaines que l’armée principale de leur opposant arrive ici.

L’armée de la principauté avait été épuisée à cause de la marche, ainsi que de l’embuscade à la Vallée de Goldoa. Et ses soldats devaient maintenant aller au combat contre une armée bien reposée du royaume, qui avait en plus près de deux fois plus de soldats.

L’armée du royaume n’avait pas visé la capitale Van. À la place, elle visait à détruire la principale force de l’armée de la principauté, ou pour être encore plus précis, la tête de Gaius VIII. Il s'agissait d'un fait qui lui faisait grincer des dents.

Les forces de la principauté s’étaient bien battues au début, mais elles étaient épuisées, et leur qualité avait été diluée avec de nouveaux conscrits, de sorte qu’ils n’auraient pas pu espérer tenir longtemps. Les soldats avaient déjà commencé à fuir et il n’y avait aucun espoir sur le fait qu’ils pourraient se regrouper à nouveau.

À ce moment-là, Gaius se décida et appela Julius qui était en train de donner des ordres sur la ligne de front.

Quand il revint au camp principal, Julius se tenait devant Gaius rempli de colère. « Père ! Pourquoi m’avez-vous si soudainement rappelé ici ? Vous savez bien que si je quitte la ligne de front, Elfrieden pourra la transpercer ! »

« ... Julius, » Gaius parla à Julius avec une attitude totalement calme. « Retirez-vous de ce champ de bataille. »

« Qu-Que me dites-vous là ? La guerre ne fait que commencer... » Cria Julius.

« Nous avons déjà perdu la guerre, » avait dit Gaius à son fils déconcerté par son ton plein d’autodérision. « Les soldats de mon armée sont forts. Ils ne sont clairement pas plus faibles que ceux du royaume. Cependant, dans notre état actuel d’épuisement après notre si longue marche, il nous sera impossible de renverser la différence de puissance entre nos deux forces. Je gagnerais du temps, alors vous devez effectuer un coup sanglant dès maintenant alors que leur encerclement n’est pas encore complet et vous devez vous enfuir d’ici par vous-même. »

Gaius avait déjà accepté la défaite.

Quand il réalisa ce fait, Julius sentit ses jambes perdre leur force. Cependant, s’il considérait ce que Gaius disait, il ne pouvait pas laisser tout tomber ici.

« Non... Si quelqu’un doit faire ça, c’est vous, mon Père ! » cria Julius. « Je serai celui qui vous fera gagner du temps ! »

« Non, ce n’est pas possible, » répondit Gaius.

« Pourquoi ? » demanda Julius.

« Car Elfrieden vise à récupérer ma tête. » Répondit Gaius.

Ayant choisi ce lieu pour mourir, les pensées de Gaius VIII étaient plus claires qu’elles ne l’avaient jamais été. Ceci lui avait permis de voir l’objectif de Souma et Hakuya.

« Je suis une irritation constante pour Elfrieden, » déclara Gaius. « Beaucoup de nobles dans leur pays nous sont redevables. En me frappant, ils doivent espérer supprimer cette menace. »

Julius resta silencieux.

« De plus, je suis le porte-drapeau de la faction anti-royaume dans la principauté, » continua Gaius. « La raison pour laquelle nous pouvons prendre une position ferme contre le royaume est que les intransigeants ont gardé le contrôle sur les modérés. Mais, si je devais disparaître, les modérés de la principauté prendront de l’ampleur. »

La différence de puissance entre la Principauté d’Amidonia et le Royaume d’Elfrieden était claire. Que ce soit le territoire, la population, le nombre de soldats ou la prospérité, ils perdaient à tous les niveaux.

Et pour couronner le tout, Amidonia partageait ses frontières avec l’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria, une théocratie au nord qui avait ses propres valeurs. Elle avait aussi une frontière avec la République de Turgis au sud, avec sa politique d’expansionnisme vers le nord. Et à l’ouest, avec l’état mercenaire Zem, un état neutre qui envoyait des troupes dès qu’on y mettait le prix. Il n’y avait pas à dire quand ceux qui étaient faibles du cœur pourraient se sentir à l’aise en allant vers l’un de ces autres états dans une tentative d’autopréservation.

C’est pourquoi, afin de garder Amidonia en tant qu’Amidonia, Gaius avait eu besoin de garder un contrôle sur de telles choses. Et maintenant, Elfrieden essayait de tout lui enlever.

Les yeux de Julius s’écarquillèrent. « Non... Voulez-vous dire que Souma a comploté tout cela afin de pouvoir prendre votre tête, Père ? Aurait-il même utilisé ses propres terres pour servir d’appât ? »

« Faites attention, Julius, » déclara Gaius. « Ce nouveau roi n’est pas du tout comme Albert. »

Gaius ne sous-estimait plus Souma à cause de sa jeunesse.

Il continua à parler. « C’est pourquoi Elfrieden ne me laissera jamais m’enfuir. Si j’essayais de fuir, ils me poursuivraient jusqu’en enfer. Car après tout, leur seul but est de m’occire. »

Julius ne pouvait rien dire face à ça.

« C’est pourquoi je resterai ici pour leur montrer la fierté d’Amidonia, » acheva Gaius.

« Alors je resterais avec vous ! » cria Julius.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! Si nous perdons tous les deux, qu’arrivera-t-il à la principauté !? »

« Mais nous avons encore Roroa, » répondit Julius.

« Hmm... Elle ne suffit pas du tout, » même s’il parlait de sa propre fille, Gaius crachait ces mots avec dégoût. « Il faut un serpent venimeux afin de mener Amidonia. Un serpent venimeux qui plantera un jour ses crocs dans le royaume et le frappera à mort. Roroa peut avoir le sang d’un serpent rusé, mais elle manque de venin. »

Alors que Julius tremblait de peur en voyant la folie que son père commençait à afficher, il demanda. « Père, quel est ce venin dont vous parlez ? »

« Le désir brûlant de se venger d’Elfrieden, » cria Gaius. « Même si elle est entourée par de puissants États, notre Principauté d’Amidonia a toujours maintenu son indépendance, a développé ses terres improductives, s’est endurcie vis-à-vis de la faim, a creusé des mines dans des conditions difficiles et s’est préservée en tant qu’État uniquement grâce à notre désir de vengeance contre le royaume. Notre haine pour le royaume qui nous a volé nos terres fertiles nous a poussés à devenir toujours plus forts, et de plus en plus prospères... Malheureusement, Roroa a peut-être un certain don pour la finance, mais elle n’a pas ce désir de vengeance. Le seul qui a au moins quelque peu hérité de mon venin, c’est vous, Julius. »

Avec ces mots, Gaius se leva de son siège et posa ses mains sur les épaules de Julius.

« C’est pourquoi vous devez survivre, » déclara Gaius. « Vous êtes le seul à pouvoir poursuivre mon désir de vengeance et garder Amidonia comme elle devrait être. »

« Père... » Julius était perplexe.

Est-ce que ce sang venimeux coulait dans ses veines ? Certainement, Julius avait toujours vu le royaume comme étant son ennemi juré. Cependant, pourrait-il brûler avec la même passion qu’il avait vue briller chez Gaius ?

Pendant que Julius était toujours décontenancé, Gaius lui avait dit. « À ce stade, nous ne pouvons pas nous permettre d’être transformés en un état fantoche. Vous devriez chercher l’aide de l’Empire. Si vous le faites, cela devrait au moins empêcher l’annexion d’Amidonia par le royaume. »

« Mais... comme vous le disiez avant, l’Empire nous pardonnera-t-il d’aller à l’encontre de la Déclaration de l’Humanité ? » Demanda Julius.

« Mettez tout le blâme sur moi, » dit Gaius. « Le démon vengeur d’Amidonia a refusé de tenir compte des avertissements de son propre fils et comploté afin d’envahir le royaume en désaccord avec les vœux de l’Empire. C’est tout ce qu’il y a à faire. »

Julius déglutit. Gaius n’avait pas seulement l’intention de mourir ici, il voulait prendre toute la mauvaise réputation pour leurs actions sur lui-même. Même Julius, qui était connu pour sa froideur et son sang-froid, sentait son cœur se contracter en pensant à un tel acte. Bien que, en même temps, il y avait dans ses yeux une grande colère envers le royaume.

Quand il vit ces yeux, Gaius acquiesça de satisfaction, puis repoussa Julius. « Vas-y, Julius. Vous ne devez jamais laisser l’âme d’Amidonia être effacée de la surface de ce monde. »

« ... Je ne vous oublierais jamais. » Julius le salua, puis tourna les talons avant de partir.

Même après avoir regardé son dos jusqu’à ce qu’il soit hors de vue, Gaius resta là pendant un certain temps. Il prit une profonde inspiration et son expression changea.

Il ne se sentait plus pressé ni indécis. Il dégaina l’épée se trouvant à sa hanche avec l’expression sérieuse d’un guerrier.

« Maintenant, tout ce qui reste à faire est mon devoir en tant que guerrier. Et leur montrer l’Esprit Combatif d’Amidonia. » Déclara Gaius.

***

« ... Cela semble mauvais, » Carla, qui était debout à mes côtés, avait soudainement dit ça.

L’armée de la principauté affichait déjà des signes décisifs de défaite, sans oublier les soldats qui fuyaient ou se rendaient. Les soldats près du camp principal qui résistaient encore étaient complètement encerclés.

Il semblait que tout ce qui restait était d’attendre qu’ils soient éliminés. Alors qu’est-ce qui pourrait sembler mauvais ?

« Quel est le problème ? » demanda Souma.

« Il n’y a aucun signe montrant que Gaius VIII compte fuir, » répliqua Carla. « Il a choisi de mourir ici. »

« Je n’ai pas l’intention de le laisser s’échapper, n’est-ce pas plus commode dans ce cas ? » Demanda Souma.

« ... Les lâches ont fui, les faibles sont tombés et, par conséquent, les élites se rassemblent autour de Gaius alors qu’il continue à résister, » dit-elle. « S’ils devaient créer une escouade suicidaire, aucun homme ordinaire ne pourrait les arrêter. D’autant que, une fois la victoire de l’armée assurée, ses soldats tiennent à leurs vies d’autant plus chèrement. »

Quand je regardai le champ de bataille après qu’elle m’ait signalé ces faits, je vis que les 40 000 soldats de ma propre armée apparemment incapables d’éliminer la force principale de l’ennemi, qui devait déjà être réduite à moins de 500 soldats. Peu importe combien de dizaines de milliers de soldats nous avions, seulement trois personnes tout au plus pouvaient attaquer n’importe quel soldat à un moment donné. Et s’ils étaient regroupés, ce nombre était encore plus faible.

Pour ne rien dire du fait que l’ennemi avait accepté leur mort et était désormais sans peur alors que, en tant que vainqueurs, notre peuple tenait à sa vie d’autant plus.

Il n’y aurait aucune récompense ni gloire s’ils étaient morts. C’est pourquoi ils ne pouvaient pas y aller à fond de manière offensive.

Un frisson glacial me parcourut la colonne vertébrale. Je connaissais des exemples historiques de cette situation.

Par exemple, lors du siège d’Osaka, Yukimura Sanada avait mené 3 000 hommes dans un attentat-suicide qui avait percé l’armée de 13 000 de Tadanao Matsudaira et avait presque atteint son commandant suprême, Ieyasu Tokugawa.

Après la bataille de Gaixia, un autre exemple avait été fait en Chine, où plusieurs milliers d’hommes envoyés par le vainqueur Liu Bang avaient été vaincus à plusieurs reprises par le défunt Xiang Yu et vingt-huit de ses serviteurs.

Quand il y avait une trop grande différence dans la volonté de se battre, la différence au niveau du nombre de soldats perdait tout son sens. Une armée sans volonté de se battre ne pourrait jamais gagner, peu importe à quel point était ses effectifs.

... Je parie que cet unité doit venir uniquement ici afin d'obtenir ma tête.

Franchement... J’étais effrayé. Sun Tzu avait dit de ne jamais combattre une escouade suicidaire.

Cependant, même dans ce cas, je ne pouvais pas laisser Gaius partir d’ici. Si je le faisais partir, tous nos sacrifices auraient été vains. Mais... si, par hasard... si le pire devait arriver...

« Carla, écoutez-moi, » je m’étais tourné vers Carla, et je m’étais mis à lui parler.

« Quoi ? » me répondit-elle.

« ... J’ai besoin de vous parler. » Dis-je.

***

« Ne cherchez qu’à avoir la tête du roi ennemi, Souma Kazuya ! » cria Gaius VIII depuis son cheval.

Gaius avait rassemblé autour de lui les cinq cents chevaliers qui étaient ses meilleurs soldats d’élite. Il était sur le point de commettre une charge suicide sur le camp principal d’Elfrieden. La zone autour de lui était remplie de plusieurs dizaines de milliers d’ennemis. Ce sera un chemin jusqu’à une mort certaine remplie de soldats ennemis, dont il ne reviendrait jamais.

Même s’il réussissait à faire tomber Souma, cela signifierait seulement que le roi tomba entre les mains de soldats. Cependant, leur rancune contre Elfrieden, transmise de père en fils depuis cinquante ans, s’était infiltrée dans la moelle des os de ses serviteurs. Ils ne faibliraient pas.

« Montrons à Elfrieden l’esprit et la valeur du peuple amidonien ! » cria Gaius.

« « « Ouaisssssssss ! » » »

En entendant le cri de guerre de ses serviteurs, Gaius pointa son épée vers le centre de l’armée du royaume et fit comme s’il frappait avec en criant. « Chargezzzzz ! »

Les quelque cinq cents Chevaliers de sa cavalerie d’élite avaient alors foncé vers le centre de l’armée du royaume.

Ils s’étaient occupés de n’importe quel soldat se trouvant sur leur chemin avec leur épée, écrasant l’ennemi qui leur résistait sous leurs sabots comme s’ils avançaient avec la force d’une tempête. Ils étaient telle une flamme qui brillait une dernière fois avant de s’éteindre. C’est pourquoi ils brillaient de par leur puissance.

« Gaius VIII !? Est-il devenu fou ? » Ludwin, qui défendait le centre, avait regardé ce groupe déchaîné depuis le haut de son cheval blanc avec un regard de dégoût évident. Cette sorte de charge téméraire n’était rien de moins qu’un suicide.

Eh bien, c’est probablement une attaque suicide, pensa-t-il. Maintenant qu’ils ont accepté leur perte totale, ils cherchent un endroit afin de mourir. Honnêtement, je préférerais ne pas avoir à jouer avec ça.

Ludwin mit le casque qu’il avait enlevé, puis souleva sa lance de cavalerie vers le ciel. Puis, il cria aux chevaliers de la Garde Royale se trouvant derrière lui, « Sa Majesté est derrière nous ! Nous sommes le bouclier de ce royaume ! Au nom de la Garde Royale, nous arrêterons ce groupe même si cela nous en coûte la vie ! »

« « « Ouiiiii ! » » »

« Allons-y. » cria Ludwin.

Les deux mille chevaliers de la Garde Royale sous les ordres de Ludwin se précipitèrent tous vers l’avant. Il ne leur fallut pas longtemps avant de rentrer en collision avec les cinq cents serviteurs de Gaius.

Quand ils entrèrent en collision, environ la moitié des serviteurs de Gaius furent emportés en un instant. Presque, autant de gardes royaux avaient été désarçonnés lors de cette charge, mais considérant qu’ils avaient dès le départ eu l’avantage numérique, on pourrait dire qu’ils avaient essuyé des pertes bien moins graves. À partir de là, c’était devenu une mêlée avec le son des sabots en tâche de fond.

Dans ce fouillis d’amis et d’ennemis, Ludwin cherchait Gaius. « Je vous ai trouvé, Gaius ! »

L’homme qui semblait être Gaius se trouvant dans un groupe de chevaliers qui chargeaient avec violence vers le camp principal. Il portait un magnifique manteau. Quand l’homme au manteau vit Ludwin, il pointa son épée dégainée vers lui.

« Vous ! Qui êtes-vous !? » demanda l’homme.

« Je suis le Capitaine de la Garde Royale, Ludwin Arcs. » Répondit Ludwin.

« Hmph, une unité ornementale se trouvant à la capitale, n’est-ce pas ? » déclara l’homme.

« Dites ce que vous voulez ! Une fois que nous vous aurons abattu, cette guerre sera finie ! » Ludwin fit avancer son cheval préféré. Quand il le fit, les soldats qui entouraient l’homme à la cape se séparèrent dans des directions différentes, comme s’ils s’étaient tous concertés.

Les serviteurs de Gaius l’ont-ils abandonné ?

Pendant un moment, Ludwin pensait que leur comportement était étrange, mais en ce moment il avait besoin de se concentrer sur l’homme se trouvant devant lui. Il semblerait que tout ce que l’homme portant la cape pouvait faire était juste de parer les coups de lance de Ludwin avec son épée.

« Guh... Vous vous battez bien, vu que votre unité n’existe que pour avoir l’air jolie, » grogna l’homme.

« Peu importe où je m’affiche, ma lance n’existe que pour percer les ennemis de Sa Majesté ! » déclara Ludwin.

Ludwin frappa l’épée avec sa lance, la poussant vers l’extérieur, puis il frappa de toutes ses forces le torse de l’homme maintenant sans défense. Sa lance frappa l’homme, l’empalant et le transperçant même à travers son manteau.

L’homme cracha du sang et baissa la tête, mais il souriait. « Bien joué... Cependant, cela ne sert à rien du tout... »

« Quoi !? » s’écria Ludwin.

Puis, l’homme leva la tête et cria. « Votre Altesse ! Réalisez notre plus grand souhait... ! »

En regardant l’homme rendre son dernier souffle, Ludwin fut choqué.

Alors qu’il y pensait, il n’avait aucune idée du visage du dirigeant d’un pays avec lequel il n’avait pas de contact diplomatique depuis si longtemps. Par exemple, si Gaius faisait porter à l’un de ses serviteurs son manteau, Ludwin serait sûr de confondre la personne, pensant qu’il s’agit bien de Gaius.

Et si Gaius était un de ces chevaliers qui s’étaient dispersés juste avant dans les différentes directions ?

Ludwin inhala brusquement, puis cria, « Votre Majesté ! »

Quand Ludwin se retourna, il vit un cavalier solitaire se diriger vers le camp principal.

☆☆☆

Partie 3

« J’ai un rapport ! Il y a un chevalier ennemi qui fonce sur ce camp principal à une vitesse incroyable ! » Un soldat avait crié ça, se précipitant dans le camp principal.

C’était alors que je terminais ma demande à Carla.

... merci mon Dieu, pensai-je. On dirait que je l’ai fait à temps.

Les yeux de Carla étaient agrandis par la surprise, elle grinça des dents et me regarda fixement. « Est-ce que... c’est un ordre ? »

« Non, je ne pense pas que cela doive l’être, » dis-je. « Je suis sûr que vous l’accomplirez, que je vous l’ordonne ou non. »

Je voulais aller toucher le collier d’esclave de Carla, mais elle me frappa la main.

À l’instant où elle fit ça, Carla se mit à gémir en raison de la douleur. Elle avait frappé son maître en portant un collier d’esclave, alors bien sûr qu’elle devait en subir les conséquences.

« Argg... Ne soyez pas ridicule... » déclara Carla, me lançant un regard furieux alors qu’elle était agonisante.

« Carla !? Qu’est-ce que vous faites ? » demandai-je.

« Ne soyez pas ridicule ! Je ne pourrais jamais prêter l’oreille à une telle demande ! » Carla parlait, pleine rage, comme si le collier se resserrant autour de son coup ne signifiait rien pour elle.

« Non. Je dis juste que si le pire devait arriver..., » Dis-je.

« Arg ! Ça suffit ! Ne me parlez pas de ça ! Donnez-moi simplement l’ordre de le tuer, lui ! » Cria Carla en pointant du doigt le chevalier ennemi solitaire. « À cause de ce collier d’esclave, je ne peux pas m’éloigner de vous sans permission ! Alors, donnez-moi juste la permission ! Et j’irais m’occuper de lui ! »

« ... Êtes-vous prête à vous battre pour moi ? » demandai-je.

Je ne pouvais pas le croire, mais Carla indignée fit un « Hmph ! »

« Je ne le fais pas pour vous, » dit-elle. « Je le fais seulement parce que je ne veux pas que Liscia vous voit avec ce visage. »

Quel visage ? Quel genre de visage faisais-je en ce moment ?

Était-ce un visage effrayant ? Était-ce plein de chagrin ? Était-ce pitoyable ?

Tandis que je me touchais le visage, essayant de le comprendre, Carla piétina avec indignation et demanda à nouveau. « Je vous le dis à nouveau, donnez-moi l’ordre de le faire ! Pour l’amour de Liscia, dites-moi d’aller le tuer ! »

« ... Je vous autorise à le faire. » Je l’avais enfin dit. Si elle disait que c’était pour Liscia, alors je pourrais probablement lui faire confiance. « S’il vous plaît, Carla. Tuez ce chevalier et mettez fin à cette guerre. »

« D’accord ! » répondit-elle.

Après avoir dit ces mots, Carla baissa la tête puis prit une longue épée à chacun des deux gardes se trouvant à côté de nous. Puis elle étendit ses ailes et prit son envol.

Elle se mit à flotter dans les airs pendant un certain temps alors qu’elle cherchait sa cible, puis elle plongea tel un faucon qui avait trouvé sa proie, se propulsant vers le sud.

***

« Carla... Je vais transférer ma propriété sur votre personne en tant qu’esclave à Liscia. » C’était ce que Souma avait soudainement dit à Carla.

Certes, il était possible pour un collier d’esclave de transférer sa propriété à un autre si son maître le voulait. Cependant, s’il le faisait, Carla serait capable de nuire à Souma. Alors, pourquoi était-ce qu’il avait soudainement dit ça ?

Quand Carla le lui avait demandé, Souma avait pointé du doigt l’escouade suicidaire.

« Cette escouade suicide me vise, » déclara Souma. « Même dans le pire des cas, ils vont s’enflammer définitivement après m’avoir pris la tête. Il devrait être facile de les éliminer à ce moment-là. Donc, j’ai une demande à vous faire. Si je devais tomber lors de cette bataille, dite à Liscia. “Je vous donne le trône.” Eh bien... Il s’agit là de ma dernière volonté. »

« Votre dernière volonté ? Est-ce que vous plaisantez ? » demanda-t-elle.

Quand elle lui avait demandé ça, le visage de Souma avait pris une expression sérieuse et il avait dit. « Je suis sérieux. Je suis le roi, donc je dois considérer le pire des cas. Je me sentirais mal de devoir repousser les choses sur elle alors que le travail est à moitié fait, mais, et bien, si nous pouvons simplement retirer Gaius de l’échiquier politique, Van tombera assez facilement. Si elle fait ce que Hakuya lui dit de faire, tout ira bien. »

Après avoir dit ça, Souma avait souri.

Quand elle le vit sourire... Carla réalisa qu’elle avait mal compris quelque chose d’important.

Le roi était la personne la plus puissante du pays, alors elle pensait qu’il avait le pouvoir de tout contrôler. En regardant les choses comme un guerrier qui avait servi le roi, c’était ce qu’elle s’attendait à voir chez un roi.

C’est pourquoi Carla avait pensé que Souma avait usurpé le trône.

Elle avait pensé qu’il avait été séduit par ce pouvoir immense, trompant le roi au bon cœur Albert en lui faisait donner le trône, et qu’il avait forcé Liscia à des fiançailles non désirées, essayant ainsi de l’utiliser afin de cimenter son pouvoir. Alors qu’elle avait appris par la suite grâce aux lettres de Liscia qu’elle avait tort, elle avait toujours nourri ces doutes dans un coin de son cœur. C’est pourquoi elle avait suivi Castor jusqu’au bout quand il avait choisi de mourir pour son amitié avec Georg.

Souma a-t-il vraiment été séduit par ce pouvoir et cette autorité ? Alors même lorsqu’elle se tenait prisonnière à ses côtés, Carla avait réfléchi à cette question.

« Carla, je suis peut-être un faux roi. » (Souma)

« Après tout... Si je ne peux pas entrer dans le rôle de roi, je ne peux pas envoyer de soldats sur le champ de bataille. » (Souma)

Il devait entrer dans le rôle. C’était la preuve qu’il était conscient qu’il n’était pas un roi.

Souma n’a jamais voulu être roi...

S’il avait eu une attitude insouciante et avait pu ignorer la responsabilité inhérente à ce pouvoir, il aurait pu devenir roi sans trop se préoccuper des problèmes se trouvant autour de lui. Cependant, pour celui qui avait parfaitement compris cette responsabilité, le pouvoir n’était rien d’autre qu’un fardeau. Souma réussissait à supporter ce fardeau en jouant un rôle.

Les choses qu’elle pensait qu’il avait volées avaient en fait été placées de force sur lui par d’autres.

Par Sir Albert, l’ancien roi, par Liscia, par ses vassaux, par le peuple de ce pays, il a été forcé de supporter toutes sortes de fardeaux, pensa Carla. Quand j’ai entendu Souma parler si facilement de sa propre mort, j’ai pensé qu’il pourrait se sentir malade, mais... J’avais tort. S’il y a quelque chose qui ne va pas chez lui, ce n’est pas son corps, c’est son esprit.

L’esprit de Souma avait été lentement dévoré par la pression accablante qui pesait sur ses seules épaules.

Liscia a senti cela. C’est pourquoi elle a essayé si sérieusement, si vaillamment, de soutenir Souma.

Carla le réalisa maintenant, mais il était trop tard.

C’est trop tard... Oui, beaucoup trop tard.

Elle était déjà une criminelle en attente d’un jugement.

Même si elle se battait maintenant pour Souma, rien de bon ne sortira de ça.

Même ainsi, quand elle vit que Souma était prêt à abandonner le trône et qu’il lui disait sa dernière volonté pour Liscia alors que sa propre vie était en péril, Carla ne pouvait tout simplement pas le laisser agir ainsi. Car si Souma mourait ici, Liscia serait assurément triste.

Mon entêtement aveugle a déjà apporté à Liscia assez de chagrin. Je ne laisserai pas Liscia devenir encore plus triste !

Carla avait préparé ses deux épées.

« C’est pour ça que je vais te tuer ! » Elle avait alors crié ça sur le général à cheval qui se précipitait seul vers le camp principal.

« Quoi !? » L’homme avait crié.

Carla avait piqué vers le sol, envoyant l’intégralité de la force de la vitesse acquise dans ses deux épées qu’elle tenait dans ses mains. Elle avait prévu de terminer en un instant avec cette attaque-surprise. Cependant, le général ennemi bloqua avec son épée celles de son adversaire. Elle pensait l’avoir pris au dépourvu, mais il devait être un guerrier très aguerri.

Carla avait plié son corps en forme de V, utilisant son élan restant pour effectuer un coup de pied sur son torse laissé sans défense.

« Arg... » (général)

Le général ennemi avait été désarçonné de son cheval, s’écrasant sur le sol. Cependant, il se leva immédiatement, préparant son épée et regardant fixement Carla.

« Vous... Vous êtes un dragonewt, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Je suppose que vous devez être un général bien connu, » répondit-elle. « Je suis Carla, fille de Castor Vargas. »

« Castor ? Ne s’est-il pas rebellé contre le roi ? » demanda l’homme se trouvant devant elle.

« ... Exacte. C’est pourquoi je suis dans cet état pitoyable, » dit Carla en désignant le collier d’esclave se trouvant autour du cou.

Quand le général ennemi le vit, il rugit, « Alors, poussez-vous sur le côté ! Mon seul but ici est de prendre la tête de Souma ! »

« Malheureusement, je ne peux pas vous laisser faire ça, » dit-elle.

« Souma n’est-il pas aussi censé être votre ennemi ? » demanda-t-il.

« Il l’était, mais il est aussi l’homme que ma meilleure amie aime. Je ne peux pas vous laisser le tuer, » déclara Carla.

« Ce que vous faites n’a aucun sens ! Très bien, alors vous pouvez mourir avec lui ! » déclara-t-il.

Le général ennemi frappa Carla. Carla croisa ses épées afin de bloquer l’attaque, mais ce coup puissant l’avait forcée à poser un genou à terre.

« Quoi !? Est-ce vraiment la puissance d’un être humain ? » haletait-elle.

Pour réussir à faire qu’un dragonewt, qui était beaucoup plus puissant qu’un humain, mette un genou à terre...

Il était difficile de croire que ce général était humain.

« Alors que vous êtes dans le royaume assis sur vos lauriers, nous avons poli notre magie et nos prouesses martiales ! » cria l’homme.

« ... Je comprends. De la magie de terre, hehe, » dit-elle.

Comme mentionner lorsque des renforts étaient venus du village des Elfes Sombres, la magie de Terre manipulait la gravité.

Il avait dû augmenter la puissance de son attaque en rendant le bout de sa lame plus lourde au moment de l’impact.

L’ennemi avait crié alors qu’il essayait d’écraser Carla. « Le vœu de longue date de notre famille royale est de se venger d’Elfrieden ! Pour cela, nous avons poli nos crocs et aiguisé nos griffes ! Je réaliserai le souhait de trois générations de notre famille royale, ici et maintenant ! »

« Je vois... Alors dans ce cas, êtes-vous Gaius ? » demanda-t-elle.

Après avoir discerné la véritable identité de l’ennemi, Carla avait tourné sa lourde lame de côté avec un mouvement fluide de son épée droite, puis avait utilisé son épée gauche pour effectuer une attaque en diagonale depuis le haut. Au moment où elle l’avait presque eu, Gaius avait bondi en arrière.

Carla pointa sa lame vers Gaius. « Si vous êtes le Prince Souverain... Ne devriez-vous pas plutôt vous inquiéter pour votre peuple avant votre revanche ? »

« Hmph ! » cracha Gaius. « Je serais dans un état de dépression si je me permettais de penser comme les faibles de la famille royale d’Elfrieden. Dans la Principauté d’Amidonia, un prince est celui qui peut utiliser la force de sa volonté et ses bras pour garder le peuple en échec ! »

« ... C’est vrai. » Dis Carla. « Quand je vous regarde, Albert commence à ressembler à un grand dirigeant en comparaison de vous. »

Il n’avait peut-être pas été particulièrement bon ou mauvais, mais le règne d’Albert avait au moins été pacifique. Gaius avait commencé une guerre parce qu’il se souciait plus de son propre désir de vengeance que de la façon dont son peuple vivait. Elle ne pourrait jamais accepter un homme comme ça en tant que roi.

« Je ne voudrais jamais que Souma devienne un roi comme vous... » Murmura-t-elle.

« Hmph, je n’ai pas besoin de mes ennemis afin de m’aimer... Haah! » (Gaius)

Gaius avait soudainement posé sa main sur le sol.

À cet instant, des pointes commencèrent à sortir du sol tout autour de Carla. Les épines qui poussaient depuis le sol s’étaient précipitées vers elle.

Carla avait évité un coup direct, mais parce que le sol autour d’elle avait autant de pointes qui en sortaient qu’un hérisson, ses ailes avaient été coincées et elle devint incapable de bouger. Dans une étrange coïncidence, Carla s’était retrouvée capturée par la même tactique que Liscia avait utilisée afin de attraper Castor.

« Merde ! » cria-t-elle en essayant à la hâte de se libérer.

« Maintenant, vous allez payer pour avoir bloqué mon chemin, » dit Gaius. Il poussa son épée vers elle.

Carla ferma malgré elle les yeux. *Bruit sourd* elle avait entendu le bruit de quelque chose qui s’était fait poignardé.

... Cependant, il n’y avait pas de douleur. Quand Carla ouvrit les yeux avec hésitation, il y avait quelque chose de grassouillet se trouvant droit devant elle. C’était rond, gros et blanc. Quand elle avait regardé de plus près, il vit qu’il s’agissait d’une poupée assez grande pour qu’une personne puisse pénétrer à l’intérieur. Cette poupée était entre Carla et Gaius, bloquant l’épée de Gaius avec son propre corps.

« « Quoi... !? » »

Aussi bien, les yeux de Carla et Gaius étaient écarquillés à cause de l’apparition soudaine de la poupée.

Et alors...

« Carla, partez de là ! » cria une voix proche.

Carla retrouva ses sens quand elle entendit la voix qui l’appelait à ce moment-là. Elle se détacha du sol qui l’entravait et s’échappât. Quand elle retrouva son équilibre. Et quand elle regarda la source de la voix, les yeux de Carla s’étaient de nouveau écarquillé.

« Vous... êtes-vous Souma Kazuya ? » cria Gaius

Il semblait que Gaius l’avait aussi compris.

Au moment où ils l’avaient remarqué, Souma Kazuya se tenait à une vingtaine de mètres d’eux. Il y avait quatre poupées de la même conception que celle qui avait protégé Carla qui flottait autour de lui dans l’air.

Il s’agissait d’une poupée Petit Musashibo de grande taille qui avait protégé Carla, tandis que celles déployées autour de Souma étaient de taille moyenne.

« Vous, idiot ! Que faites-vous ici ? » Carla avait atterri à côté de Souma et l’avait grondé.

Souma haussa les épaules et dit : « Cette personne est le seul qui reste. Nos alliés se rassembleront ici assez tôt. Alors j’ai décidé, plutôt que d’attendre dans le camp, j’utiliserais le temps ici à combattre à vos côtés. »

« Si vous mourez, Liscia sera triste, et vous le savez bien ! » cria-t-elle.

« Je sais. C’est pourquoi je suis venu ici, » dit-il. « Afin de vivre, c’est mieux si nous concentrons notre puissance. Plutôt que de nous battre tous les deux séparément, les chances de survivre sont meilleures si dès le départ nous coopérons. »

Alors qu’il disait ça, Souma balança son bras devant lui. Après qu’il avait fait ça, deux de ses poupées de taille moyenne Petit Musashibo qui portaient des arbalètes avaient tiré sur Gaius.

Les carreaux volèrent directement vers Gaius, mais Gaius donna un coup de pied à la grosse poupée Petit Musashibo qui s’était frayé un chemin vers le sol et il coupa les deux carreaux en plein air.

Cette fois, c’était au tour de Souma d’être stupéfait. « Vous pouvez vous défendre contre ça ? »

« Faites attention, » avertis Carla. « Cet homme est très puissant. »

Après avoir entendu ce mot d’avertissement, Souma se prépara à ce qui allait venir.

« Souma Kazuya ! » Gaius hurla, une lueur affûtée présente dans ses yeux. « Je vais vous vaincre et détruire le royaume. »

« ... Je déteste devoir vous décevoir, mais je suis sûr que le royaume ne sera certainement pas détruit même si vous me tuez maintenant. » Malgré le fait que Gaius l’ait effrayé, Souma avait un grand sourire sur son visage. « J’ai rassemblé des gens talentueux autour de moi. J’ai mis en place un réseau de transport, j’ai retravaillé l’infrastructure de la ville et j’ai jeté les bases de la prospérité. Même si je devais mourir maintenant, je suis sûr que quelqu’un pourrait prendre le relais et exécuter les choses d’une manière tout à fait correcte. »

« Alors, je vais détruire tout ça ! » Gaius étendit son bras. À cet instant, une pierre fut projetée depuis hors du sol.

« « Je ne vous laisserai pas faire ça ! » » Souma et Carla avaient crié à l’unisson.

D’abord, deux poupées de taille moyenne Musashibo portant des boucliers s’étaient déplacées afin de bloquer cette attaque.

Dans le même temps, Carla s’était déplacée sur le côté de Gaius et l’avait frappé.

Gaius avait bloqué cette attaque avec son épée, puis avait donné un coup de pied à Carla pour l’éloigner de lui et avait couvert son corps avec son manteau pour se protéger de deux autres flèches que Souma avait fait tirer. Dans ce monde où la magie pourrait être attachée aux choses, même un manteau était une pièce d’armure viable.

« Zut. Je sais qu’il est un roi, mais il est trop fort..., » grogna Souma.

« Je suis sûre qu’il s’est entraîné très différemment de la façon dont vous le faites. Hahh ! » Carla cracha le feu dans la direction de Gaius.

« Arg ! » Gaius bloqua les flammes avec un autre déplacement de son manteau. Puis il avait lancé une autre pierre.

Souma bloqua l’attaque avec l’une des poupées-boucliers, mais il pouvait dire que c’était en train de lentement l’endommager. À ce rythme, ils n’allaient même pas lui faire gagner beaucoup de temps.

... Puis, quelque chose s’était produit près de Souma.

« Déplacez-vous ! » cria-t-il.

Souma fit se relever la grande poupée de Petit Musashibo qui était tombé sur le sol et attaqua Gaius.

Gaius cria. « Tu me gênes ! » et il la coupa. Mais il avait seulement coupé la moitié supérieure, alors la poupée de grande taille Petit Musashibo enveloppa ses bras autour de Gaius.

« Quoi !? » cria Gaius.

« Carla, maintenant ! Brûlez la poupée ! » cria Souma.

« Hein !? Pourquoi... ? » demanda Carla.

« Dépêchez-vous. Faites-le ! » cria Souma.

« D-D’accord ! » déclara Carla.

Sans savoir pourquoi elle le faisait, Carla cracha des flammes vers la poupée Petit Musashibo.

Il y avait eu alors un flash brillant lorsque les flammes avaient touché la poupée, suivie par un...

Boom !

Gaius avait été pris dans des flammes qui grandissaient et par un nuage de fumée noire.

Il avait explosé. Ayant pris l’explosion de plein fouet, Gaius avait été envoyé à une dizaine de mètres dans les airs.

Quand Gaius retomba sur son dos, tout son corps avait été brûlé.

« C’était quoi !? » Carla vint vers lui et posa la question.

Souma avait répondu à sa question, soulagé que cela ait fonctionné. « Je garde toutes sortes d’outils dans le panier d’osier de cette poupée. Je me suis alors souvenu que j’avais aussi mis quelque chose comme un pot en céramique remplie de poudre à canon. Vous l’avez enflammé et il a explosé. Après avoir pris une explosion comme ça à bout portant, même Gaius doit être... »

« ... Il bouge encore, » déclara Carla.

Même en entendant Carla, Souma pouvait voir par lui-même et il doutait de ses propres yeux.

Même s’il avait été englouti dans cette explosion, Gaius se levait.

Il avait de nombreuses blessures graves sur tout son corps comme on pouvait s’y attendre, mais il marchait d’un air hébété vers eux comme s’il était un zombie.

« Je... vais détruire... le Royaume... et montrez à tous... l’esprit d’Amidonia... » Murmura Gaius, les yeux révulsés.

En vérité, il était vraiment une masse de ténacité.

« Quel homme ! » Carla laissa ces mots glisser hors de sa bouche sans réfléchir, et Souma était d’accord avec elle.

Gaius continua à avancer, alimenté par son seul but de détruire le royaume. Souma ressentait à la fois de la crainte et de l’admiration envers sa ténacité. Puis...

Twang, twang, twang, twang !

Le corps de Gaius fut criblé par d’innombrables flèches. Après avoir fini la réorganisation de leur unité, les archers avaient finalement pu venir ici et avaient lâché une volée sur Gaius.

Gaius s’arrêta, puis son corps commença à trembler.

Il va tomber... Au moment où Souma pensait ça, Gaius serra l’épée qu’il portait avant de la prendre à l’envers, puis, rassemblant toutes ses forces restantes, il la jeta telle une lance.

L’épée traça un arc alors qu’elle volait, puis se planta dans le sol près des pieds de Souma.

« ... Est-ce là jusqu’où peut aller votre ténacité ? » Souma laissa sortir ces mots avec un soupir d’admiration. Puis il déclara ça à Gaius, même s’il n’était pas clair qu’il pourrait l’entendre encore maintenant. « J’ai vu l’esprit d’Amidonia ! On racontera encore longtemps des histoires de votre valeur ! Prince Gaius VIII d’Amidonia. Moi... le Roi Souma d’Elfrieden, n’oublierai jamais la terreur que vous m’avez inspirée pour le restant de ma vie ! »

Au moment où Souma avait dit ça, nous avions tous eu l’impression que Gaius avait eu un sourire.

Puis Gaius tomba doucement avant de ne plus jamais se relever.

Souma inscrivit dans sa mémoire cette vision finale de cet adversaire. Puis, il regarda l’épée à ses pieds.

« Je pourrais peut-être supporter d’apprendre quelque chose vis-à-vis de sa grande ténacité. » Dit-il.

« Si vous commencez à parler comme lui, Liscia va sûrement pleurer. » Carla, qui se tenait à ses côtés, avait dit ça.

« Tout à fait. Je suppose qu’elle le ferait vraiment..., » dit-il.

Avec ces mots, Souma se plaça à côté des restes immobiles de Gaius, puis se mit à genou. Il mit ensuite ses mains ensemble et pria. Incertain de ce que le geste signifiait, Carla pencha la tête sur le côté, en pleine confusion.

« Qu’est-ce que vous faites ? » demanda-t-elle.

« Tout le monde devient un Bouddha une fois qu’ils sont morts... en d’autres termes, un dieu, » dit-il. « Il s’agit d’une coutume de mon Ancien Monde. C’est pourquoi je prie pour qu’il puisse trouver le chemin vers le Nirvana. »

« Vous priez pour ce monstre obsédé par la vengeance ? » demanda-t-elle, incrédule.

« Il s’agit d’autant plus d’une bonne raison, » dit-il. « Vous ne voudriez pas qu’il revienne me maudire en tant que fantôme parce qu’il avait des regrets dans ce monde. Est-ce que vous le voulez ? »

« C’est une religion très calculatrice que vous avez là, » déclara-t-elle.

Souma se leva en riant, puis baissa les yeux et soupira à nouveau. « ... C’est la première fois que je vois quelqu’un être assassiné. »

Quand Souma déclara ça, Carla le regardait incrédule. « Que dites-vous, après tout ce que vous avez fait ? Je suis sûre que vous devez déjà avoir ordonné à vos soldats de tuer beaucoup de personnes avant aujourd’hui. »

« Hehe, vous ne vous retenez pas du tout à mon encontre ! » déclara-t-il.

Pendant qu’ils discutaient, leurs camarades qui avaient appris la crise se déroulant dans le camp principal étaient finalement arrivés. Liscia, Aisha, Ludwin, Halbert et Kaede avaient réagi avec surprise quand ils virent le corps sans vie de Gaius.

Liscia se précipita et étreignit Souma. « Souma, avez-vous vous aussi combattu ? Allez-vous bien ? Êtes-vous blessé quelque part ? »

Alors que Liscia cherchait un peu partout sur son corps pour voir s’il avait une blessure, Souma affichait un sourire ironique. « Je vais vraiment bien. Nous avons réussi à nous deux à l’occuper jusqu’à ce que de l’aide arrive. »

« Je vois, » déclara Liscia. « ... Merci beaucoup Carla. Pour avoir protégé Souma. »

« ... C’est arrivé de lui-même. » Carla était trop embarrassée pour dire autre chose. « Je l’ai fait pour toi, Liscia. » Alors elle tourna la tête sur le côté et se tut.

Pendant qu’il les regardait, Souma frappa dans ses mains pour attirer leurs attentions.

« Eh bien, les combats sont désormais réglés ici. Allons maintenant jusqu’à Van, » déclara-t-il.

Alors que ses compagnons et lui-même commencèrent à se déplacer, il vit que le corps de Gaius avait été emporté. De ce qu’il avait vu sur le visage de cet homme, il semblait vraiment satisfait.

Pour vous, avec vos prouesses martiales. C’était peut-être le seul chemin que vous pouviez choisir, Pensa Souma. Vous avez vraiment cru que vous venger du royaume conduirait le peuple de la principauté vers le bonheur. Je ne peux pas complètement rejeter cette façon de penser.

Afin d’éviter de ruiner l’humeur victorieuse, Souma effectua ses prières en silence.

Mais je ne pense pas que vous ayez raison. Mais je ne pense pas que vous ayez complètement tort. Mais même ainsi, maintenant que je vous ai vaincu, je vais aller de l’avant...

... afin de protéger Liscia, et tous ceux que je considère comme faisant partie de ma famille.

***

Quelques heures plus tard, Van, la capitale d’Amidonia, ouvrit ses portes à condition que les défenseurs de la ville soient épargnés, et que tous ceux qui voulaient partir soient autorisés à partir (ils ne seraient pas autorisés à apporter plus de bagages que ce qu’ils pourraient emporter). Lorsque Souma fit entrer toute son armée dans Van, la série de batailles qui allait être connue sous le nom de la guerre d’une semaine avait alors pris fin.

Cependant, il s’agissait seulement des batailles qui avaient pris fin.

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