Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 2 – Chapitre 6

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Chapitre 6 : L’Intrigante Bataille de la Cité du Dragon Rouge

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Chapitre 6 : L’Intrigante Bataille de la Cité du Dragon Rouge

Partie 1

— 32e jour du 9e mois de l’année 1546 du Calendrier Continental — Cité du Dragon Rouge

Depuis que Souma avait publié son ultimatum, le seigneur de la Cité du Dragon Rouge, Castor Vargas, avait été incroyablement occupé. Et comme il avait choisi de soutenir Georg Carmine en utilisant uniquement ses troupes personnelles de la Cité du Dragon Rouge, il y avait le risque que la Cité du Dragon Rouge elle-même devienne un champ de bataille.

Castor était conscient que tout cela était dû à sa propre fierté. Il ne pouvait pas laisser souffrir la population de son domaine à cause de sa fierté.

Pour cette raison, il avait fini par lancer un projet d’évacuation de citoyens de la cité vers d’autres villes moins susceptible d’être mêlée à une bataille. Normalement, Castor aurait laissé ce genre de tâches entièrement à son intendant Tolman, mais cette fois-ci, il avait lui-même fait le travail.

Il pensait que c’était peut-être la dernière fois qu’il aurait cette chance, alors il essayait de remplir ses fonctions en tant que leur seigneur.

À l’intérieur du bureau des affaires gouvernementales du Château du Dragon Rouge, le château se trouvant au centre de la Cité du Dragon Rouge, Castor avait alors posé une question à Tolman. « Comment se déroule l’évacuation des citoyens ? »

« Elle est déjà achevée, » répondit Tolman. « Maintenant, les seules personnes restant dans la Cité du Dragon Rouge sont une unité de l’Armée de l’Air et celles liées à la Maison des Vargas. »

« Je vois... Je suis content de l’entendre, » déclara Castor, tout en se penchant sur sa chaise, affichant un regard de soulagement sincère sur son visage. « Peut-être que je ne devrais pas dire ça, mais c’est un poids en moins sur mes épaules. Sans ce fardeau à porter, je peux agir en tant que guerrier solitaire. »

« En vérité, ce sont des mots que le seigneur ne doit jamais dire. » (Tolman)

« De toute façon, je n’ai jamais été fait pour être leur Seigneur, » déclara Castor. « Bien que j’ai hérité de l’Armée de l’Air et de mes sujets de mon père, je n’ai jamais eu de don en ce qui concerne la gestion. Quand je pense à ce qui aurait pu arriver si Accela ou vous n’étiez pas là, cette seule pensée m’effraie... »

Castor leva les yeux vers le plafond.

Alors que je réfléchissais maintenant à ça, je me rendis compte que le roi Albert avait dû porter un très lourd fardeau sur ses épaules, et cela avec cette personnalité timide qui était l’une de ses caractéristiques... Et maintenant, ce nouveau roi, Souma, portait ce fardeau. Il est assez impressionnant, pour un enfant de son âge. Je pouvais tout à fait comprendre pourquoi la princesse avait eu la volonté de se couper les cheveux pour afficher clairement qu’elle marchait à côté de lui.

Liscia avait coupé ses cheveux comme preuve de détermination envers Georg, mais lorsque Castor l’avait vu, son cœur avait été profondément ému. Castor avait toujours eu une personnalité simple, et des expressions si directes d’émotions comme celle-ci l’avaient toujours beaucoup affecté.

En voyant Castor comme ça, Tolman lui demanda avec étonnement, « Après tout ce temps, avez-vous maintenant changé votre point de vue ? »

« Oui, j’ai... vous avez raison, mais je suis allé bien trop loin, » déclara Castor, reconnaissant par la même occasion sa propre faute.

Il était maintenant trop tard pour revenir en arrière. Il n’avait pas non plus l’intention d’essayer de le faire. Même s’il était vaincu, il montrerait au roi l’orgueil d’un Général de longue date de l’Armée de l’Air.

« Maître, nous avons reçu des demandes des unités de l’Armée de l’Air à travers tout le pays nous disant qu’ils souhaitent se joindre à vous. » Commença Tolman.

L’Armée de l’Air avait accueilli beaucoup de personnes rustres qui avaient estimé que c’était une bonne chose que d’être ainsi, et donc, un commandant courageux et féroce tel que Castor avait obtenu beaucoup de respect de ses subordonnés. Cependant, Castor était totalement contre cette idée.

« Dis-leur à tous de dégager de là. Je ne les laisserais en aucun cas se joindre à moi alors que j’ai ma fierté d’obstiné. » (Castor)

« ... Je pensais bien que vous diriez cela, » déclara Tolman, regarde son maître maladroit avec une consternation résignée. « Alors, Maître. Quel est votre plan pour la suite ? »

« Je n’en ai aucun. » Répondit Castor. « Je vais juste attendre Souma ici. »

« Vous n’allez donc pas vous joindre au Duc Carmine ? » (Tolman)

« Non, je ne peux pas laisser la Cité du Dragon Rouge sans défense. D’ailleurs, je n’aimerais pas me battre proche du Duc Carmine, car je devrai passer à côté d’un groupe de nobles corrompus. Et à ce moment-là, je ne sais pas si je pourrais rester fidèle à ma fierté si je me retrouve devant eux. » (Castor)

Pour Castor, le résultat de cette guerre était secondaire. Gagner ou perdre, vivre ou mourir, il ne pensait qu’à se battre pour que personne ne puisse se moquer de lui.

« J’attendrai dans cette cité jusqu’à ce que Souma vienne, » dit-il. « S’il vient avec une grande armée, alors je tomberai empli de gloire lors de cette bataille. S’il me sous-estime et n’envoie qu’une petite armée, alors je vais la mettre en pièces. C’est tout. »

« Ah ! Est-ce que les événements se déroulent comme vous l’aviez prévu... ? » Demanda Tolman alors qu’il regardait un document qu’il tenait dans la main. « Selon les rapports fournis par nos éclaireurs, une armée de 10 000 hommes de l’Armée Interdite est allée créer une tête de pont dans le Duché Carmine. Ce n’est pas encore clair si le Roi Souma les accompagne ou non, mais je ne pense pas qu’il ait encore des troupes à dispositions qu’il pourrait nous envoyer. »

« Ne me dites pas qu’il a décidé de m’ignorer ? » Demanda Castor.

« Nous n’avons de notre côté qu’une centaine de chevaliers-wyvernes, donc nous ignorer est une option tout à fait valable. » Répondit Tolman.

« Ha ! Ce n’est pas de chance, » Castor rejeta les préoccupations de Tolman avec un rire.

La puissance de l’Armée de Terre avec ses 40 000 soldats dirigée par le duc Carmine, ou les 100 chevaliers de l’Armée de l’Air ? Quel était l’adversaire le plus difficile selon vous ? En plus de cela, s’il me défaisait, nous avions une règle qui indiquait que toute la Force Aérienne devrait aller du côté de Souma. Pour Souma, le meilleur plan d’action était donc de me faire tomber, puis de commander l’Armée de l’Air vers une bataille finale avec le Duc Carmine.

« Cependant, le fait est que le roi Souma n’a pas de troupes de réserve à sa disposition... » (Tolman)

« Je ne parle pas de ça. Le nouveau roi est astucieux, et j’ai entendu dire que son homme de main, le Premier ministre, est aussi très affûté. Ils peuvent donc trouver une méthode que nous n’aurions jamais imaginée, » dit Castor, souriant en prévision de ce qui allait arriver. Son expression était comme celle d’un garçon malicieux excité de voir si sa farce allait fonctionner ou non.

Quand il vit Castor attendre avec impatience l’arrivée du projet de ses ennemis, même s’il pourrait bientôt se retrouver dans une grave crise, Tolman pressa ses tempes. « Maître, je ne peux tout simplement pas comprendre votre attitude. »

« Ha ha ha, vous n’avez pas vraiment besoin de comprendre. À l’heure actuelle... Tolman, ne vous impliquez pas dans cette bataille, » Déclara Castor, prenant soudainement une expression sérieuse.

Tolman fut choqué, tombant dans le silence. Mais après un moment, il retrouva son sang-froid.

« ... Pourquoi cela ? » Demanda-t-il. « Je suis prêt à vous servir jusqu’à la fin, est-ce que vous vous en rendez compte ? »

« Si quelque chose m’arrive, et que vous mourez aussi, qui dirigera l’Armée de l’Air ? D’ailleurs, je suis préoccupé par Carl, que j’ai laissé partir avec la Duchesse Excel, » Déclara Castor en faisant un sourire quelque peu solitaire. « La duchesse Walter s’est rangée du côté du Roi Souma. Même si quelque chose nous arrivait, je suis sûr qu’elle laissera Carl, avec qui j’ai coupé tous mes liens, hériter de la Maison des Vargas. Mais Carl est encore jeune. Accela ne peut pas gérer toutes ces choses par elle-même. C’est exactement pourquoi je vous veux là-bas pour veiller sur Carl. Car après tout, vous connaissez très bien la Maison des Vargas. C’est pourquoi... peu importe ce qui se passe, vous devez survivre. »

« ... Vous me donnez là un ordre très cruel, » déclara Tolman, affichant un sourire plein d’amertume teinté par un peu de solitude. Cependant, il reprit rapidement une expression sérieuse. Puis, joignant ses deux pieds cote à côté, il fit un salut militaire. « J’ai parfaitement compris votre ordre. »

« ... Je compte sur vous. » (Castor)

Alors que le maître et le serviteur avaient cette interaction, Carla, la fille de Castor, se précipita dans la chambre, sans même prendre le temps de respirer.

« Père ! Les forces de Souma viennent d’apparaître ! » Cria Carla.

Quand il entendit ces mots, Castor se leva, plein de vigueur. « Hein !? Il est donc ici ! Et quel est donc l’effectif des troupes qu’il dirige ? »

Combien de soldats Souma avait-il fait venir afin de déterminer si Castor pourrait lui montrer sa fierté ? Était-ce 5000, ou 10 000 ? Castor espérait une très grosse armée, mais les mots suivants de Carla lui firent douter de ses oreilles.

« L’armée ennemie ne comporte que... un bateau ! » Répondit sa fille.

« Es-tu sérieuse ? » Demanda Castor.

Une fois arrivé sur les murailles afin de pouvoir regarder par lui-même la situation, Castor vit un cuirassé avancer dans les plaines se trouvant vers eux. La Cité du Dragon Rouge avait été construite à mi-hauteur d’une montagne se trouvant au milieu des plaines. Il n’y avait donc pas de rivières près d’ici dans laquelle un navire de guerre pourrait naviguer. Cependant, ce cuirassé avançait sur le sol, et non pas le long d’une rivière ou de tout autre plan d’eau.

« Père, il ressemble au cuirassé Albert, » déclara Carla alors qu’elle regardant dans une longue-vue.

« L’Albert ? Mais depuis quand peut-il aller sur terre ? » Demanda Castor, incrédule.

Le cuirassé Albert avait été nommé en hommage du roi précédent. Il s’agissait du seul navire de guerre détenu par l’Armée Interdite, et donc, il était aussi le navire amiral de Marine Royale. Bien que sa forme soit semblable à celle du Mikasa, le navire amiral de la Flotte Combinée à l’époque de la Bataille de Tsushima, au lieu d’être propulsé par un moteur à combustion interne, il avait été conçu pour être traîné par deux dragons des mers.

Cependant, ce n’était pas des dragons des mers qui tiraient maintenant l’Albert.

« Ha ! Père, regarde ! L’Albert est tiré par des rhinosaurus. » (Carla)

Après que Castor ait regardé à l’aide la longue vue de Carla, il constata lui-même que l’Albert était tiré par trois énormes créatures terrestres nommées rhinosaurus. Et quand il regarda en détail l’Albert, il vit que sa quille avait été modifiée. Il y avait ce qui ressemblait à des roues sur les côtés.

« Ont-ils installé des roues sur ce navire afin qu’il puisse avancer sur la terre ferme ? Après avoir subi de telle modification, il n’y a aucune chance qu’on puisse encore l’appeler navire ! Ont-ils l’intention d’envoyer le vaisseau amiral ici ? » (Castor)

« Ce n’est pas comme si nous avions beaucoup de choix, » a déclaré une voix transmise. « Nous manquons déjà de troupes. »

« !? » (Castor)

Quand il se retourna pour regarder la voix soudaine qui avait répondu à ses interrogations, il vit Tolman debout là-bas qui tenait un simple récepteur de diffusion de voix dans la main. Debout derrière Tolman, il y avait un certain nombre de subordonnés de Castor qui, pour une raison quelconque, avaient apporté un Joyau de Diffusion de la Voix et l’avaient posé contre le mur.

L’image de Souma Kazuya avait été affichée sur le récepteur simple que Tolman tenait. Il faisait trop sombre pour voir ce qui se trouvait derrière lui.

« Nous venons de recevoir une lettre du Roi Souma demandant de parler avec vous à l’aide du Joyau de Diffusion de la Voix. Alors nous avons fait les préparatifs nécessaires, » Expliqua Tolman.

En entendant ça, Castor répondit, « ... je comprends, » tout en hochant la tête. « Et ? Pourquoi l’Albert est-il actuellement à l’intérieur des terres ? »

En réponse à la question de Castor, Souma avait simplement haussé les épaules. « Ne sous-estimez pas la capacité de transport de l’Armée Interdite. Si nous utilisons des routes pavées et des rhinosaurus, transporter un navire de guerre modifié devient vraiment très facile. »

« Ce n’est pas ce dont je vous parle. Je vous demande pourquoi vous avez eu l’envie de faire tout cela. » (Castor)

Castor ne demandait pas comment, il voulait savoir pourquoi.

Souma lui avait alors répondu sans fioritures « Bien sûr que c’est pour attaquer et capturer la Cité du Dragon Rouge. »

Puis à l’instant suivant...

Booooooom !

... il y eut un important bruit. Puis, quelques secondes plus tard, il y avait un bruit de craquement et un grand tremblement secoua le mur. Comme il avait été choqué à cause du tremblement, Castor regarda tout autour de lui.

« Quoi !? Que s’est-il passé !? » Demanda-t-il.

« Vous venez de subir un tir direct de l’Albert. Il semblerait que le tir ait touché de plein fouet votre muraille ! » Répondit le roi.

« Subis un tir !? ... Ha ! Je comprends ! Les canons, n’est-ce pas ? » Demanda Castor.

Les armes à feu ne s’étaient pas vraiment développées à un haut niveau dans ce monde ayant de la magie. Dans le royaume, seule l’Armée de Terre possédait des canons destinés à être utilisés à l’intérieur des terres. Cependant, comme tous les types de magie autres que l’eau avaient tendance à être plus faibles en mer, les combats sur l’eau étaient principalement menés par des navires qui se tiraient dessus à l’aide de l’artillerie. Bien sûr, les navires de guerre étaient équipés de gros canons. C’était également vrai pour l’Albert de l’Armée Interdite.

Souma avait amené l’Albert ici afin qu’il puisse utiliser ses canons.

« Comme il est difficile d’attaquer une forteresse de montagne telle que la Cité du Dragon Rouge, » expliqua Souma. « Et que nous n’avons pas beaucoup de temps à perdre, j’ai donc décidé de m’appuyer sur des armes susceptibles d’attaquer à longue distance. »

« Vous dites que vous avez remodelé le cuirassé pour cela ? » Demanda Castor.

À quoi pense cette personne pour la suite ? se demanda Castor. Il se sentait comme s’il était face à un magicien mettant en scène l’un de ses tours.

S’il avait eu des connaissances modernes, il aurait vraisemblablement pensé, tout ce que vous avez à faire, c’est d’utiliser un cuirassé comme un canon monté sur un train. (Ce qui avait été fait par des armes habituellement grande et difficile à transporter dans un train, permettant de les déplacer sur de longues distances.) Cependant, pour les personnes de ce monde où il n’y avait pas encore de concept d’une artillerie sur voie ferrée, l’idée de Souma était assez choquante à elle seule.

Pendant un moment, Castor resta stupéfait, mais alors, il se mit à rire à haute voix. « Hahaha. Ce n’est pas bête ! Je n’aurais jamais pensé que je verrais un jour un navire avancer sur la terre ! »

« Vous aimez ces trucs comme ça, n’est-ce pas ? » Demanda Souma. En réponse à ça, Castor hocha la tête.

« Je pense que je suis amoureux. Vous pouvez devenir un diable de roi. » Répliqua Castor.

« Il n’est pas trop tard pour vous rendre. Cela rendrait tout cela plus facile. Est-ce que vous vous en rendez compte  ? » dit Souma, mais Castor secoua négativement la tête en silence.

« Malheureusement... Je ne peux pas faire ça, » déclara Castor. « Je ne peux pas faire quelque chose d’aussi pathétique que d’abandonner si tard dans le jeu. Maintenant qu’on en est arrivé à cela, alors permettez-moi d’être le mur qui se met au travers de votre chemin. Si vous avez ce qu’il faut pour être roi, alors franchissez-moi. »

En voyant Castor débordant de volonté de combattre, Souma plissa ses yeux. « ... Castor, c’est vraiment regrettable. »

Booooooom ! ... Bang !

Un autre tir de canon fut envoyé dans les murs de Cité du Dragon Rouge.

Castor se tourna vers Carla et lui ordonna, « Carla, prend la tête de la troupe de cavaliers-wyvernes et déchaîne notre puissance contre ce cuirassé. »

Au moment où elle reçut cet ordre, les yeux de Carla s’élargirent de surprise. « Je vais les diriger ? Père, que vas-tu faire ? »

« Je vais rester ici afin d’observer cette bataille. Puisque dans tous les cas, l’un d’entre nous doit rester ici. Alors maintenant, vas-y et fais cesser le tir de ces canons. » (Castor)

« ... Compris. » (Carla)

Carla se précipita vers les étables des wyvernes. Après avoir regardé Carla partir, Castor se tourna vers Souma qui était affiché sur le simple récepteur.

« Ma fille vient vers vous. Alors préparez-vous à rencontrer votre créateur. » (Castor)

« Je vous conseille de faire de même, » répliqua Souma.

Les deux hommes se regardèrent.

Ainsi commença la bataille pour la Cité du Dragon Rouge.

☆☆☆

Partie 2

La cavalerie-wyverne sous le commandement de Carla s’envola dans le ciel dans un mouvement coordonné.

Carla qui était une dragonewt pouvait donc voler par elle-même, mais elle volait habituellement sur le dos d’une wyverne afin qu’elle puisse se concentrer entièrement sur la bataille. Ils utilisèrent de la magie du vent afin de gagner rapidement en altitude, et ainsi, les canons ne purent pas les frapper. Puis, après avoir fini de se mettre en formation, ils se placèrent de manière à pouvoir effectuer une attaque en piquée. Après qu’ils eurent terminé leurs préparatifs, au moment où Carla était sur le point de donner l’ordre d’attaquer, l’un des cavaliers-wyvernes s’approcha d’elle.

« Ma Dame, veuillez attendre un peu. » (chevalier-wyverne)

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle.

« Quelque chose est étrange dans cette situation. Nous sommes montés en haute altitude, mais je ne vois aucun signe de renforts se trouvant derrière eux. On dirait que l’Albert est vraiment l’intégralité des forces ennemies, » répondit-il.

Alors qu’elle répondait au chevalier-wyverne, qui avait un regard empli de doute, Carla inclina la tête sur le côté à cause de sa perplexité. « N’avons-nous pas déjà reçu des rapports à ce sujet ? »

« Oui, » répondit-il. « Cependant, je pense qu’ils peuvent se cacher quelque part, ou ils peuvent avoir des troupes dans un endroit séparé. Ma Dame, pensez-vous qu’il est possible de prendre un château avec une seule unité d’armes de siège ? »

Carla examina la question. « ... Non, ce n’est pas possible. Même s’ils peuvent attaquer le château, ils n’ont pas le pouvoir de l’occuper et de maintenir cette occupation. S’ils veulent tenir le château, ils auront besoin d’une unité d’infanterie en plus de l’unité d’armes de siège. »

« Oui, c’est vrai, » acquiesça-t-il. « Cependant, je ne vois aucun signe de l’ennemi à part le bateau. »

« Donc en gros. Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda-t-elle.

« Je ne sais pas du tout. Cependant, pensez-vous que l’ennemi pourrait encore avoir quelque chose dans la manche ? » (chevalier-wyverne)

Carla réfléchit profondément pendant un moment avant de secouer la tête. « Même s’ils le font, cela ne change rien. À l’heure actuelle, le Château du Dragon Rouge est sous le feu de leurs canons. Afin d’assurer la sécurité de mon père, nous devons détruire ce cuirassé. »

« Et bien... Oui, je suppose que c’est vrai... » Le chevalier-wyverne pouvait aussi voir ça, alors il recula doucement avant de se replacer dans les rangs.

Carla leva sa main droite. « La cible de notre attaque est le cuirassé Albert ! Le Roi Souma est une cible que nous devons capturer ! Que ce Roi puisse voir la bravoure de la Maison des Vargas ! »

« « Ouiiiiiiiiiii !!! » » En entendant les ordres de Carla, les hommes virils de l’Armée de l’Air crièrent alors qu’ils l’acclamaient.

Par rapport aux autres troupes, les membres de l’Armée de l’Air avaient tendance à valoriser la force pour son propre bien. Dans la Force Aérienne, la force était tout. La force était absolue. Ils étaient plus du genre à laisser la réflexion et les calculs aux autres forces armées.

Ceux de l’Armée de l’Air n’avaient besoin que d’être forts et d’être prêts en tout temps à déchiqueter les ennemis se trouvant devant eux. C’était pourquoi les soldats de l’Armée de l’Air avaient un tel respect envers Castor et Carla, qui possédaient tous deux une puissance écrasante.

« Chevaliers-wyvernes, voici vos ordres ! Descendez, chargez, puis piétinez l’ennemi ! » cria-t-elle.

Quand Carla, qu’ils respectaient profondément, avait baissé d’un coup sa main, les soldats de l’Armée de l’Air avaient dès lors commencé leur descente rapide en direction de l’Albert.

La stratégie ultime qu’utilisaient les cavaleries-wyvernes dans une zone dégagée était de descendre rapidement tout en libérant le souffle de feu de la wyverne afin de brûler le sol, puis de se retourner et remonter une fois de plus dans la sécurité des cieux. Au moment où les soldats au sol avaient enfin préparé leurs arcs afin d’y faire face, les wyvernes auraient depuis longtemps déjà disparu. Avec l’équipement utilisé pour lutter contre les adversaires terrestres, il y avait peu de choses qui pouvaient être faites pour contrer cette attaque de haute puissance et de haute mobilité.

Pas même le canon principal d’Albert serait capable de les suivre à la vitesse où ils allaient, et son blindage ne durerait pas longtemps face à une attaque effectuée par une unité de wyvernes.

Ce n’était qu’une question de temps avant que l’Albert ne tombe, cependant...

Drrr, Drrr, Drrr, Drrr, Drrr...

À l’instant suivants, d’innombrables objets volèrent vers les chevaliers descendants en direction de l’Albert.

Au moment où ils se rendirent compte qu’il s’agissait de flèches aussi épaisses que des pieux, la cavalerie-wyverne était déjà sous un déluge de flèches mortelles.

« Quoi !? Des flèches !? » (chevalier-wyverne)

« Gwah...! » (chevalier-wyverne B)

« Il-Ils ont eu mes ailes ! Je tombe ! » (chevalier-wyverne C)

« Esquivez ! Esquivvvvezzzzz ! » (chevalier-wyverne D)

Devant ce barrage de flèches qui semblaient pleuvoir depuis le sol, la cavalerie-wyverne fut contrainte de reculer et de remonter. Un certain nombre de cavaliers-wyvernes furent abattus lors de cette unique salve.

L’attaque venait d’en bas, de sorte que la plupart des dommages avaient été infligés aux wyvernes plutôt qu’aux chevaliers. Même parmi les wyvernes qui avaient réussi à se retirer en toute sécurité, beaucoup avaient été touchées par des carreaux qui les avaient frappées quelque part, leur infligeant ainsi d’énormes douleurs.

En regardant cette débâcle, Carla frappa sa cuisse de colère. « D’où viennent tous ces carreaux ? Et comment cela se fait-il qu’il y en ait autant !? »

« S’ils peuvent atteindre une unité de wyvernes se trouvant encore à plusieurs centaines de mètres dans les airs, alors cela veut dire que ces flèches n’ont pas été tirées par un humain, » répondit l’un des chevaliers. « Si nous considérons aussi leur nombre. Alors il est très probablement, il s’agissait de plusieurs lanceurs de carreaux à répétition antiaériens enchantés par de la magie de vent. » (chevalier-wyverne)

En entendant l’analyse faite par ce chevalier-wyverne, le front de Carla se fronça dû à la préoccupation. « Un lanceur de carreaux à répétition antiaérien !? Pourquoi l’un d’entre eux est-il installé sur un bateau ? »

« Très probablement... qu’ils les ont déplacés depuis la muraille d’un château jusqu’à ce bateau. » Répondit-il.

Le lanceur de carreaux à répétition antiaérien avait été enchanté par la magie du vent afin d’augmenter considérablement sa portée et de lui permettre de tirer des dizaines de carreaux par seconde. Il s’agissait d’une arme spécialement créée afin de lutter contre les wyvernes. Normalement, ils étaient uniquement montés sur les murs d’un château, et il était inouï pour tous ceux présents là qu’ils fussent maintenant installés sur un navire.

La principale raison de leur stupéfaction était que l’une des différences majeures entre les dragons et les wyvernes était que, les dragons ne craignaient pas la mer, alors que les wyvernes en avaient une peur bleue. Quand les wyvernes étaient assez loin sur la mer et qu’elles ne pouvaient plus voir la terre ferme, elles tombaient en pleine panique et se débattaient au point qu’elles en devenaient complètement incontrôlables. En d’autres termes, les wyvernes n’avaient presque jamais combattu des cuirassés, donc les navires n’avaient pas besoin de transporter un équipement anti-wyverne.

Pour cette raison, Carla et sa cavalerie-wyverne avaient oublié leur ennemi naturel, le lanceur de carreaux antiaériens, jusqu’à cet instant fatidique.

Une fois de plus, Carla frappa sa cuisse de colère. « Merde ! Il nous a surpassés en profitant de nos attentes... »

Par rapport au début de cette bataille, après qu’elle ait réfléchi à la situation, sa compréhension de la façon dont les choses devaient fonctionner était déjà en train de tomber en morceaux. Il y avait devant elle un navire qui avançait sur la terre, chargé d’armes qu’il ne devrait pas avoir. Et parce qu’ils avaient essayé de recourir à leur bon sens, l’ennemi avait pu se jouer d’eux.

Je ne sais pas si c’est d’un plan fait par ce Roi, ou si c’est le Premier ministre qui l’avait inventé, mais celui-ci est absolument méchant, Carla le croyait vraiment.

En fait, ce plan avait été un travail collaboratif de Souma et Hakuya. Souma avait proposé des idées à Hakuya sur la base d’armes et de tactiques de son monde, alors que Hakuya les avait formulées en un plan qui pourrait ainsi surprendre l’ennemi. Si quelqu’un devait être un méchant, alors c’était ces deux-là.

Cependant, à l’heure actuelle, cela importait peu pour Carla de savoir qui avait réellement fait ça.

Le chevalier-wyverne lui déclara. « S’ils ont des lanceurs de carreaux à répétition antiaériens à bord, alors ce cuirassé est un petit château à part entière. Il est extrêmement dangereux. »

En entendant l’un des chevaliers-wyverne qui analysait la situation, Carla fit claquer sa langue. « Merde... ! Qu’est-ce qu’on fait ? »

« Et bien... il est peut-être actuellement tel un château, mais il a toujours la forme d’un cuirassé, alors je soupçonne qu’il peut encore avoir les mêmes angles morts dans sa vision qu’un vrai cuirassé. » (chevalier-wyverne)

« Quels sont les angles morts d’un cuirassé ? » Demanda Carla.

« La zone entre la surface de l’eau et le pont. Un cuirassé n’a aucun moyen d’attaquer des ennemis plus bas que son pont. Pour l’Albert, la zone du sol jusqu’à son pont devrait être un angle mort. Bref, si nous voulons attaquer ce navire ainsi... » (chevalier-wyverne)

« Nous devons simplement voler très bas pendant toute l’approche ! » déclara Carla, ravie d’avoir trouvé une bonne stratégie.

Habituellement, un vol à basse altitude avec une wyverne était dangereux. Ceci pourrait entraîner à tout moment un écrasement. Cependant, ils appartenaient tous à une unité très expérimentée de l’Armée de l’Air.

« Vous avez entendu cela ! » Appela Carla. « À tous les chevaliers, volez à basse altitude et approchez-vous de l’Albert. Déplacez-vous rapidement et neutralisez toutes les armes, en incluant le canon principal ainsi que les lanceurs à répétitions. »

« Compris, mais uniquement ces armes ? Ne serait-ce pas plus rapidement de détruire le pont ? » Demanda l’un des chevaliers, mais Carla hocha négativement la tête tout en gardant le silence.

« Nous pensons que Souma est sur ce cuirassé. Si Souma est là, Liscia a de fortes chances d’être aussi présente. Si nous attaquons le pont et que Liscia est blessée, cela sera inacceptable. Par conséquent, nous devons juste neutraliser leurs armes. Et prenez Souma en vie. » Répondit Carla.

Même si elle avait donné cet ordre à ses subordonnés, Carla, elle-même, l’avait ressenti différemment. D’ailleurs, si nous tuons Souma, je suis sûr que Liscia sera triste.

Carla avait regardé depuis derrière Castor alors que Souma avait annoncé son ultimatum. Et bien sûr, elle avait tout vu, y compris Liscia coupant ses cheveux.

Peut-être que Castor avait été ému par la détermination de Liscia. Mais Carla, en tant qu’amie, et en tant que femme, avait été bien plus émue que quiconque. Liscia avait été tellement déterminée à vivre au côté de Souma qu’elle avait pu couper ses beaux cheveux sans avoir présenté la moindre hésitation.

Au début, leur engagement avait été forcé par ses parents. C’est pourquoi Carla avait été tellement en colère, et elle avait choisi de rester avec son père lorsqu’il s’était opposé au roi, disant qu’elle allait sauver Liscia. Cependant, après que Liscia ait montré ce niveau de détermination, Carla n’avait d’autre choix que d’accepter la vérité. Liscia aimait déjà Souma du plus profond de son cœur.

Si j’avais vraiment réalisé que Liscia était ainsi, j’aurais essayé de persuader mon Père, Pensa Carla. Alors, plutôt que de m’opposer à eux, je suis sûr que j’aurais dû les servir. Eh bien ! Maintenant, il est un peu tard pour les regrets...

Et maintenant, comment était-elle censée faire face à Liscia ?

Carla secoua la tête, comme pour se libérer de ses pensées, puis s’inclina devant les chevaliers qui la suivaient. « Je sais que je vais vous infliger à tous des problèmes inutiles, mais je compte sur vous... »

Après que Carla se fut légèrement inclinée, les hommes frappèrent tous une fois leur poitrine. « Madame ! Laissez-nous nous occuper de ça ! Nous jurons que nous allons capturer Souma pour vous ! »

En entendant la réponse rassurante de ses hommes, Carla hocha la tête et leva la main droite, puis... « Chargez ! »

Elle baissa la main, donnant une fois de plus l’ordre de charger.

Toute la cavalerie-wyverne se laissa tomber d’un coup, la tête la première, comme des marionnettes dont on avait coupé les cordes. Puis, ils se rétablirent quelques instants avant d’entrer en collision avec le sol. Après ça, ils volèrent en rase-mottes, comme s’ils se promenaient le long de la surface. C’était une manière de voler très dangereuse, mais comme s’il s’agissait d’un témoignage de l’entraînement rigoureux qu’ils avaient subi quotidiennement, aucun des chevaliers n’entra en collision avec le sol tout en accomplissant cet exploit.

Avec Carla qui se trouvait à leur tête, la cavalerie-wyverne continua à voler à une altitude minimale, se dirigeant vers l’Albert. Comme ils l’avaient prévu, il n’y avait eu aucun tir du canon ni de pluie de carreaux. Carla confirma visuellement la présence de lanceurs anti-air montés sur les côtés de l’Albert.

« On les a trouvés ! À tous les chevaliers, procédez comme prévu afin d’attaquer l’armement ennemi ! Nous ne savons pas où est Souma, alors ne frappez surtout pas une zone du navire qui n’est pas absolument nécessaire ! »

« « Oui, madame ! » »

« Alors c’est parti... ! Feu ! » (Carla)

Après que Carla ait donné l’ordre, des boules de feu semblèrent sortir de la bouche des wyvernes. Les boules de feu touchèrent les armes se trouvant à bord de l’Albert les unes après les autres. Les deux batteries principales à l’avant et à l’arrière de l’Albert explosèrent et les lanceurs furent tous brûlés. La différence dans ce qui explosait ou non était décidée par la présence ou non de poudre dans le fonctionnement de l’arme.

Dans une situation où toutes les armes furent détruites en un instant, l’unité de chevaliers-wyvernes s’envola vers les hauteurs de l’Albert, comme si elle suivait la fumée.

Confiant de sa victoire, Carla fit voler sa wyverne dans un cercle gracieux. « Super ! Maintenant, il est temps pour l’abordage de l’Albert ! Capturez Souma vivant ! »

« « Oui, Madame ! » »

Mais elle n’avait rien dit en retour.

Parmi tous les chevaliers-wyvernes, Carla fut la seule à afficher une expression de doute.

... C’est étrange. L’Albert possède des canons secondaires, mais les seuls à avoir tiré sur nous étaient les deux batteries principales et les lanceurs à carreaux anti-air. S’ils voulaient créer un rideau défensif de tirs, plus il y avait d’armes à feu qui tirent, et mieux cela vaut. Peut-être que le cuirassé... n’a pas l’équipage requis pour faire ça ?

Alors que Carla était de plus en plus méfiante, la cavalerie-wyverne arriva déjà à l’abordage du pont de l’Albert. Mais malgré ses doutes, Carla les suivait.

Et quand Carla eut atteint la passerelle de commandement d’Albert, il n’y avait personne en vue. La passerelle était totalement vide.

Il était logique que maintenant, à ce moment particulier, elle ne pouvait voir personne, mais il n’y avait aucun signe de personne ayant été ici récemment. Alors que Carla était là, stupéfaite, un chevalier-wyverne courut pour lui faire son rapport.

« Rapport en cours ! Nous cherchons actuellement à l’intérieur de l’Albert, mais nous n’avons pas encore trouvé le moindre soldat, et encore moins Souma ! »

« Mais c’est absurde ! Si c’est le cas, qui avons-nous affronté jusqu’à maintenant ? » Demanda-t-elle.

Elle avait l’impression qu’un voile avait été placé devant ses yeux. Le navire était totalement vide. Aucun canonnier n’avait été trouvé. Cela ressemblait vraiment à l’un de ces navires fantômes dont elle avait déjà entendu les histoires. Le roi Souma avait-il des pouvoirs secrets et bizarres à sa disposition ?

Alors qu’un froid glacial commençait à s’infiltrer dans les colonnes vertébrales des chevaliers-wyvernes, un nouveau rapport arriva.

« Je viens de recevoir un nouveau rapport ! Nous avons récupéré des morceaux de ce qui semble être des armures proches des batteries principales détruites et des lanceurs à carreaux ! » annonça le chevalier-wyverne venu faire son rapport.

« Des armures ? Et y avait-il des corps à l’intérieur ? » Demanda Carla.

« À ce propos... à l’intérieur de l’un des gants trouvés, nous avons pu voir qu’il y avait la main de ce qui semblerait être un mannequin. » (chevalier-wyverne)

« Un mannequin ? » (Carla)

Des mannequins avaient donc été trouvés à la place des artilleurs.

Elle repensa à la prémonition qu’elle avait eue juste avant. Comme quoi, peut-être, le navire n’avait pas assez d’effectifs. Et en considérant tous les faits, Carla arriva à une conclusion.

« À tous les chevaliers, retournez immédiatement au château ! » Hurla Carla.

« Mais nous n’avons pas encore trouvé Souma ! » répliqua l’un des chevaliers-wyvernes, perplexe, devant une Carla qui était désormais devenue frénétique.

Alors, Carla expliqua au chevalier-wyverne avec son visage rempli de regret, « Inutile... Souma n’a probablement jamais été sur ce navire. Je ne sais pas quelle magie il a utilisée, mais il contrôlait à distance les mannequins dont nous avons trouvé les restes afin qu’ils nous attaquent. L’Albert sans équipage était un appât, et nous avons mordu à l’hameçon. Il nous a bien piégés. »

« C’était un simple appât... !? Mais alors, quelle est la véritable cible !? » Demanda-t-il.

En voyant que l’idée commençait à germer dans l’esprit des chevaliers-wyvernes présents, Carla hocha la tête avec gravité. « Très probablement qu’il s’agit de mon père se trouvant encore dans le Château du Dragon Rouge. »

☆☆☆

Partie 3

— Une heure plus tôt. Vu par Souma Kazuya.

L’opposition de Castor n’était pas quelque chose que nous avions prévu.

Georg avait fait des mouvements inquiétants, et Castor avait laissé sa femme et son enfant avec Excel après qu’elle ait essayé de le persuader. Cependant, même s’il avait affiché une attitude rebelle jusqu’au dernier moment, je pensais que Castor serait avec nous à la toute fin.

Cependant, il s’agissait d’un espoir bien naïf. Nous avions sous-estimé le sens de la chevalerie de Castor.

Je n’aurais jamais pensé que Castor irait se placer en face de l’ennemi, prêt à devenir lui-même un martyr et tout cela uniquement pour son amitié avec Georg. La seule chose qui avait été un petit répit pour nous avait été que due à ses préoccupations concernant ses subordonnées. Castor n’avait pris avec lui que les cent hommes composant sa garde personnelle. Pourtant, lorsque les espions d’Excel nous avaient rapporté cette information, Hakuya et moi avions tenu nos têtes entre nos mains.

C’était parce que cela signifiait que nous devions changer une partie de notre plan soigneusement préparé.

Quand il avait été confirmé que Castor s’opposerait à nous, le plus gros problème était que je n’avais aucune force à envoyer à la Cité du Dragon Rouge.

Sur mes 15 000 soldats que je pouvais utiliser, les 10 000 de la Garde Royale et de l’Armée Interdite devaient se rendre au Duché de Carmine, tandis que les 5 000 restants avaient été expédiés au sud du royaume où les armées de la Principauté d’Amidonia étaient présentes. Alors que j’avais réussi à obtenir la coopération d’Excel, j’avais d’autres ordres pour la Marine.

Donc, le problème était que je n’avais presque plus de troupes à disposition.

Même si Castor n’avait que cent hommes dans ses troupes personnelles, ils étaient tous des chevaliers-wyvernes, qui équivalaient à cinq cents soldats de l’Armée de Terre. Et si j’envoyais une force insuffisante, elle ne serait pas en mesure de prendre le contrôle de la Cité du Dragon Rouge.

Avec ce manque de main-d’œuvre à disposition, Hakuya et moi-même avions choisi de confondre notre adversaire avec de multiples astuces, puis d’essayer de prendre la Cité du Dragon Rouge en une attaque éclair.

D’abord, nous avons remodelé l’unique cuirassé de l’Armée Interdite, l’Albert, pour pouvoir opérer sur terre.

Afin de faire pression sur la Cité du Dragon Rouge, qui était à mi-hauteur d’une petite montagne, nous avions absolument besoin d’avoir à disposition des armes à longue portée. C’était pourquoi il m’était apparu indispensable d’utiliser les canons de l’Albert. L’idée était venue du canon ferroviaire que j’avais vu dans un manga traitant de la guerre.

En mettant des roues sur le navire et en le tirant avec des rhinosaurus que Tomoe avait réussi à rassembler pour nous, nous pouvions faire tout ce qu’il fallait pour qu’il puisse avancer sur la terre ferme.

... Cependant, après avoir subi un si important remodelage comme celui-là, nous ne serions probablement jamais en mesure de le faire redevenir un navire.

Cela signifiait que j’avais perdu le seul cuirassé de l’Armée Interdite, mais des décisions difficiles devaient être faites.

En utilisant l’Albert comme plate-forme d’artillerie mobile, la première chose que j’ai faite était de bombarder la Cité du Dragon Rouge. Cela avait dû surprendre l’ennemi. Je veux dire, il y avait un navire qui avançait sur la terre ferme et qui, pour couronner le tout, leur tirait dessus.

Alors qu’il faisait ça, j’avais utilisé le Joyau de Diffusion de la Voix afin de contacter Castor. J’avais fait cela afin qu’il pense que je me trouvais sur l’Albert.

Les plans qui utilisaient comme arme la psychologie humaine comme celui-ci était la spécialité de Hakuya.

Castor était absolument certain qu’il fallait envoyer ses troupes afin d’attaquer l’Albert. La cavalerie-wyverne était une sorte de troupe qui avait à la fois la puissance et la mobilité. Même si les canons pouvaient détruire les murs du château, cela important peu si les canons ne pouvaient pas toucher une wyverne. Puisque tout ce que nous avions fait était de mettre l’Albert sur terre, il serait probablement détruit par la cavalerie-wyverne en quelques instants.

Afin d’éviter cela, nous l’avons équipé du tueur de wyvernes, le lanceur à carreaux antiaérien. S’il y avait des lanceurs de carreaux à répétition antiaériens à bord, la cavalerie-wyverne ne pouvait pas l’aborder facilement. Mais dans tous les cas, cela nous ferait gagner du temps.

En passant, les canons de l’Albert et les lanceurs de carreaux à répétition antiaériens étaient contrôlés par des poupées que j’avais contrôlées avec mes Poltergeists Vivants. En d’autres termes, l’Albert n’était pas habité.

Puis, une fois que Castor et sa cavalerie-wyverne seraient allés attaquer l’Albert, je pensais que nous prendrions la Cité du Dragon Rouge alors qu’elle était que légèrement défendue.

Parce qu’Excel s’était jointe à nous, nous savions qu’il y avait une série de tunnels d’évacuation sous la Cité du Dragon Rouge, tout comme ceux de la capitale. En utilisant ces tunnels, si nous envoyions une unité d’élite dirigée par Aisha, peu importe la résistance des défenses du château, elles pourraient facilement l’occuper.

Et une fois que la Cité du Dragon Rouge aurait été sous notre contrôle, les lanceurs de carreaux à répétition antiaérienne de la ville seraient utilisés pour attaquer Castor et ses troupes à leur retour. En plus, une fois que son château lui-même serait tombé, Castor devrait enfin admettre sa défaite... Du moins, c’est ce que je pensais.

Cependant, quelque chose que nous n’avions pas prévu était arrivé.

Castor était resté à la Cité du Dragon Rouge.

Lorsque nous étions arrivés aux murailles du château pour prendre le contrôle des lanceurs de carreaux à répétition antiaériens de la Cité du Dragon Rouge, nous avions dû foncer directement sur Castor. Debout derrière lui se trouvait un homme d’âge moyen qui ressemblait à l’intendant familial.

Lorsque nos yeux se rencontrèrent...

« ... Castor Vargas ! » (Souma)

« ... Hein !? Souma Kazuya. » (Castor)

Et ainsi, Castor et moi-même avions prononcé le nom de l’autre. C’était notre première rencontre en face à face.

Le voyant en personne, je constatais que Castor était à la fois grand et avait l’air plus jeune que ce à quoi il ressemblait quand je l’avais vu sur l’écran. Alors qu’il avait des cheveux roux, des ailes de dragon et une queue, il avait aussi de beaux traits qui l’avaient fait ressembler plus à un jeune homme qu’à un général.

Je n’avais pas le luxe de perdre du temps, mais j’avais choisi de présenter comme preuve de respect. « Je suis celui qui sert de roi provisoire du Royaume d’Elfrieden, Souma Kazuya. »

« Je suis le Général des Forces Aériennes du Royaume d’Elfrieden, Castor Vargas. » Après que je me fus présenté, Castor avait répondu de la même manière. Puis, Castor leva la tête vers le côté et demanda. « Si vous êtes ici, cela signifie-t-il que le cuirassé était juste de la poudre aux yeux, et qu’il a servi de diversion ? »

« Tout à fait. Le plan est de prendre le contrôle de la Cité du Dragon Rouge alors qu’elle n’était que légèrement gardée, mais, et bien... » (Souma)

« Hahaha. Dommage pour vous, mais je suis resté ici. » Répondit Castor tout en riant.

Quand je vis Castor agir comme ça, je suspectai quelque chose. « Bien sûr, vous êtes resté en arrière, mais vous n’êtes que vous deux, n’est-ce pas ? Je ne pense pas que dans une telle situation, vous devriez vous moquer de nous. »

« Ho là ! Je suis le seul qui me battra ! » dit-il. « Laissez Tolman en dehors de tout ça. »

« Je suis Tolman, l’intendant pour la Maison des Vargas, » l’homme d’âge moyen se trouvant derrière Castor se tourna vers moi et s’inclina. « Je sers aussi sous les ordres du Duc Vargas en tant que commandant en second des Forces Aériennes. »

« Tolman n’a rien à voir avec tout cela, » continua Castor. « Si je perds, vous pourrez le laisser diriger l’Armée de l’Air. Il devrait faire un bon général de l’Armée de l’Air. »

Alors qu’il déclarait ça, Castor frappa vigoureusement Tolman dans le dos.

Avait-il déjà examiné ce qui se passerait après sa défaite, et faisait-il des recommandations vis-à-vis de son successeur ?

« Si vous vous êtes déjà rendu compte de la situation, pourquoi ne pas simplement arrêter tout ça ? » Demandai-je. « Vous devez déjà l’avoir réalisé maintenant, n’est-ce pas ? Cette bataille est inutile. »

« Ce n’est pas inutile. Vous devez devenir l’homme qui m’a surpassé, » déclara Castor avant de sourire. « Vaincre le “Général des Forces Aériennes, Castor Vargas” vous fera gagner beaucoup de prestige. La duchesse Excel vous suit déjà. Maintenant, essayez de vaincre le Duc Carmine. Si vous faites tout cela, je suis sûr que tous les nobles qui sont des girouettes vont s’empresser de tout lâcher pour venir vous servir. »

« Vous... » (Souma)

« Cela dit, je n’ai pas l’intention de vous faciliter la tâche. » Déclara Castor.

Après qu’il ait fini de dire ça, Castor dégaina son épée qui se trouvait à sa hanche.

« Sire, veuillez rester en arrière ! » (Aisha)

Aisha et les autres personnes de l’équipe d’infiltration avaient rapidement avancé, se mettant ainsi entre Castor et moi. Un certain nombre de mes Petits Musashibos (Grand Modèle) avaient été mélangés avec eux, ce qui faisait de tout ça une scène assez surréaliste.

Castor pointa son épée vers moi. « N’êtes-vous pas un héros ? Voulez-vous m’affronter lors d’un combat un contre un ? »

« Ne soyons pas fous ! Un homme ordinaire qui passe tout son temps à faire que des tâches administratives ne seraient même pas un adversaire pour vous. » Répondis-je.

S’il voulait me défier dans un duel, alors j’aurais juste envie de hausser les épaules.

J’étais venu ici avec l’équipe d’infiltration, mais je n’avais pas vaincu un seul des gardes. Et bien, je n’avais même pas encore utilisé mes marionnettes présentes ici, car j’étais en train de me battre en ce moment sur un autre champ de bataille.

En utilisant ma conscience divisée à son maximum, mes poupées blindées s’occupaient des canons principaux d’Albert et les lanceurs de carreaux à répétition antiaériens que nous avions installés secrètement à bord. Je les utilisais afin de lutter contre la cavalerie-wyverne que nous avions attirée dans un piège.

Toutefois... la cavalerie-wyverne était mieux entraînée que je ne l’avais imaginée.

Il semblerait que je les avais surpris, mais même l’arme appelée la tueuse de wyvernes, le lanceur antiaérien à répétition, ne pourrait pas les bloquer bien longtemps.

Pendant que j’étais en train de penser à cela, Aisha effectua un tour avec sa grande épée avant de frapper Castor. « Castor ! Combien de temps avez-vous l’intention de pointer votre lame dans la direction de Sa Majesté ? »

« Guh ! Pour une petite enfant, vous possédez une force incroyablement ridicule tellement elle est importante ! » Cria Castor.

Il avait beau avoir dit ça, mais étant donné qu’il avait arrêté la grande épée d’Aisha avec sa propre lame, j’avais alors pensé qu’il avait lui aussi une force incroyablement ridicule.

Aisha semblait indignée d’être appelée une petite enfant. « Je préfère ne pas dire cela devant Sa Majesté, mais je vais vous faire savoir que je suis vivante depuis des décennies ! »

« Hmph ! Eh bien ! Quant à moi, je me suis battu pour ce pays depuis plus d’un siècle ! » Déclara-t-il.

« Mrrrrgh... » (Aisha)

Allons, sur quoi faisaient-ils opposition ? Était-ce que c’était une fierté parce qu’ils étaient tous deux issus de race ayant une longue durée de vie ? C’était ce que je me demandais, quand...

« Si vous sous-estimez un dragonewt, né par le sang du dragon, vous allez avoir plus que quelques blessures ! » Cria Castor, écartant ses ailes afin de l’intimider.

La rafale du vent qui fut créé était assez puissante pour faire s’écraser contre le mur un certain nombre de soldats proches de moi. Aisha réussissait à résister en mettant ses mains sur le sol.

... Donc, c’était ça la puissance d’un dragonewt. Il semblerait qu’il ait obtenu plus qu’une simple apparence grâce à son appartenance à une race descendant directement des dragons.

Puis, à l’instant suivant, Castor s’éleva du sol, restant dans les airs alors qu’il s’avançait. Il ne se souciait pas des autres, chargeant vers moi afin de m’empaler sur son épée.

« Sire ! » (Aisha)

Aisha se tenait entre nous afin de me protéger. Elle utilisa sa grande épée pour bloquer la charge de Castor. Le clang de métal contre métal fit écho lorsque ses lames se heurtèrent.

« Hahaha ! Pas mauvaise, vraiment pas mauvaise petite elfe sombre ! » (Castor)

« Mon nom est Aisha ! Je ne vous laisserais pas poser un seul doigt sur Sa Majesté ! » Aisha avait balancé sa grande épée de toutes ses forces, frappant Castor.

Castor avait fait un atterrissage gracieux avant de lâcher une réplique verbale par la même occasion « Soyez maudite avec votre force si ridicule ! »

« Et bien ! Je ne suis pas très intelligente. Mais s’il a besoin d’avoir une personne intelligente, alors il y a la princesse, ou Sire Hakuya, ou madame Juna, ou encore la duchesse Walter. Si ma force peut encore être utile au règne de Sa Majesté, et si cela me permet de rester à ses côtés, alors cela ne me dérange nullement d’avoir cette force si ridicule. » Aisha avait ajusté sa prise sur son épée tout en disant ça.

Elle avait lentement réduit l’écart entre elle-même et Castor.

Castor s’était mis à rire, plein de joie. « Une belle exposition de fidélité ! Souma est-il un bon maître pour vous ? »

« Je ne sais pas ! » déclara-t-elle.

« Ho ! franchement... » murmurai-je.

Elle n’aurait pas dû être si indécise. Cela me vexait quelque peu.

« Je suis une idiote, et donc, je ne sais pas à quoi ressemble un bon maître, » continua Aisha. « Cependant, je souhaite être du côté de Sa Majesté ! Parce qu’il a entendu mon plaidoyer. Parce que la nourriture de son pays est délicieuse. Parce qu’il a sauvé mon village. J’ai plusieurs raisons, mais la plus importante est certainement parce que je l’aime de tout mon cœur ! Je veux être pour toujours avec Sa Majesté et la princesse ! »

Il s’agissait là d’une réponse franche, sans aucun calcul du tout, qui ressemblait vraiment à Aisha. C’était quelque peu embarrassant.

Je savais que ce n’était pas ce genre de scène où être ainsi, mais comment ne pourrais-je pas être heureux quand une belle elfe sombre avait tant de bonnes choses à dire à propos de moi ? Je pouvais à peine me retenir d’avoir un sourire.

Castor se mit à rire encore plus fortement. « Hahaha ! Je savais que vous étiez comme ma Carla ! Mais... ! » L’expression de Castor était redevenue sérieuse et il s’était mis en position de combat avec son épée. « Si vous n’avez pas le pouvoir de protéger cette fidélité, vous ne pourrez pas protéger votre maître ou vous-même. »

Après avoir dit ces mots, Castor était sur le point d’attaquer Aisha à nouveau, quand...

« Je ne vous laisserai pas faire ça. » (?)

« !? » (Castor)

L’un des Petits Musashibos qui étaient derrière Castor était venu vers lui et avait frappé à l’aide de son naginata. Castor se retourna brusquement pour bloquer, mais à l’instant où il allait effectuer une contre-attaque, le Petit Musashibo se mit à tourner sur lui-même. Au moment où il fit ça, il s’ouvrit tel un cocon et quelqu’un sauta hors de la poupée.

La personne qui sortait du Petit Musashibo n’était autre que Liscia, la rapière prête à frapper.

« Quoi !? Princesse Liscia !? » Cria Castor.

Face à l’attaque-surprise de Liscia, Castor retira son épée malgré lui. Liscia était membre de la famille à laquelle il avait juré fidélité. Habituellement, elle ne serait pas quelqu’un sur laquelle il pouvait se permettre de pointer son épée.

Avait-il été conscient qu’il s’agissait de Liscia qui lui avait fait face dès le début dans la poupée ? Car avec la prouesse martiale de Castor, il ne faisait sans aucun doute qu’il pourrait la neutraliser sans devoir la blessée sérieusement.

Pour éviter cela, et en anticipant que cela pourrait arriver, Liscia avait été cachée dans une poupée Petit Musashibo, en attendant une opportunité.

Cette hésitation serait directement la défaite de Castor.

« Gèle ! Montagne de l’Épée de Glace ! » cria-t-elle.

« Arggg! » (Castor)

Sans avoir manqué son ouverture, Liscia avait déchaîné une attaque de glace à courte portée. Castor l’avait évidemment évitée, mais la magie avait frappé le mur et le sol de pierre, créant des piques de glace. Et en raison de ses grandes ailes, Castor avait été bloqué par ces piques de glaces et il n’avait pas pu se déplacer.

« Merde ! » (Castor)

« Aisha ! » appela la princesse.

« Princesse, je suis là ! » Répondit Aisha.

Alors que Castor était rendu immobile, Aisha frappait avec le plat de sa grande épée avec toute sa force. Castor avait été frappé en plein vol avec la glace. Il y avait eu le bruit de la glace qui éclatait contre le mur et ensuite, un instant plus tard, le son de Castor qui allait s’écraser contre elle.

Juste devant mes yeux se trouvait une scène d’une personne jetée dans un mur, créant ainsi des fissures dedans. C’était quelque chose que je n’avais jamais vu avant, sauf dans les animes de combats. Après l’avoir vu être ainsi frappé, j’étais sûr qu’il avait été instantanément tué, mais Castor était simplement blessé et toujours conscient. Je suppose que c’était ce qui avait rendu les dragonewts si impressionnants.

Il s’affaissait alors que son dos était collé contre le mur, tout en gémissant. « Arg... Si c’est ainsi... Princesse, j’admets ma défaite. »

« Duc Castor... » (Liscia)

En voyant le regard triste sur le visage de Liscia, Castor sourit légèrement. « Ne faites pas cette tête. Je suis resté fidèle à ma fierté, j’ai combattu et j’ai été vaincu. Je n’ai donc pas de regrets. Mais, mis à part ça... Je voudrais vous demander la même chose que j’ai demandé à la fille Elfes Sombre. »

« ... Qu’est-ce que cela pourrait être ? » Demanda Liscia.

« Est-ce que Souma... est un bon roi ? » Interrogea-t-il.

« Tout à fait. Pour moi, il est un bon roi, » Liscia avait donné une réponse claire à la question de Castor. « Le fait qu’il soit bon pour le pays et la population, c’est quelque chose à déterminer une fois qu’un roi est mort. Il existe un nombre incalculable de rois qui ont gouverné pendant toutes leurs vies d’une bonne manière, mais lors des dernières années de leur vie, ils sont devenus des tyrans. Donc, je ne peux que vous donner ma propre opinion. »

« ... » (Castor)

« Beaucoup de mesures politiques de Souma peuvent être à contresens, ou tout à fait étranges, mais je me sens à l’aise en le regardant agir. Et ceci parce que je peux penser que ce pays s’améliore lentement, mais régulièrement. Alors... traitez-moi d’égoïste si vous le voulez, mais je veux que Souma soit le roi. Si mon père redemandait sa couronne, je le combattrais au côté de Souma. »

J’avais déjà entendu ces mots avant aujourd’hui. Si je me souvenais bien, ils avaient été prononcés avant que nous allions au chantier de construction prévu pour la nouvelle ville. Après que j’avais été épuisé par tous les nuits blanches à répétitions, Liscia m’avait dit cela quand j’avais essayé de faire une sieste.

« Ne l’oubliez jamais. Souma, vous êtes celui que je veux en tant que Roi. Je n’accepterai aucun substitut. Si mon père demandait la couronne, je le combattrais à vos côtés. » (Liscia)

Comme ses mots n’avaient pas changé, était-ce une cette preuve que c’étaient ses sentiments ?

... J’étais heureux. D’une manière sûre, il y avait une personne qui disait qu’elle voulait que je sois le roi. Et elle pouvait se sentir à l’aise avec moi qui étais dans cette position. Et c’était bien parce que Liscia était à mes côtés que je pouvais être roi.

Alors que je pensais ça, je vis l’Albert exploser au loin.

« Liscia, l’Armée de l’Air revient, » dis-je. « Dépêchez-vous et sortez cette chose... »

« ... Je le sais, » à la suite de mon ordre, Liscia avait pris quelque chose de noir de dedans sa poche et l’avais attaché autour du cou de Castor. « Je suis sûr que vous le savez déjà, mais cet objet s’appelle un collier d’esclave. Il peut être resserré à volonté par le maître, et si le porteur cherche à nuire à ses maîtres, le collier possède un charme magique afin de décapiter automatiquement son porteur. Il décapitera aussi le porteur s’il essaye d’enlever le collier contrairement aux souhaits de leur maître. Il ne peut pas non plus se suicider. En outre, le maître de ce collier est Souma Kazuya. »

« ... Je n’ai plus assez de volonté en moi qui me permettrais de résister jusqu’à ce niveau-là. » Déclara Castor.

Ayant maintenant un collier au cou, Castor lâcha l’épée qu’il tenait. Le garde de la poignée frappa le sol en pierre avec un claquement sec. C’était à ce moment-là que cette bataille avait fini.

Et alors...

« Père ! » (Carla)

Une fille aux cheveux rougeoyants, aux yeux dorés brillants, aux ailes de dragon et possédant aussi une queue, vola depuis le ciel, et se précipita vers Castor, qui avait les épaules affaissées.

En pensant à ça, Excel m’avait dit. « J’ai une petite-fille qui est restée aux côtés de Castor, » avec un regard empli d’une très grande douleur. Dans ce cas, cette fille devait être la fille de Castor, Carla.

L’Albert venait d’exploser il y a quelques instants, mais lorsque je vis son armure rouge, il m’était apparu clair qu’elle avait combattu face à l’Albert jusqu’à maintenant.

Au moment où elle vit mon visage, Carla dégaina l’épée. « Soyez maudit ! Comment osez-vous faire cela à mon père ? »

« Ça suffit, Carla ! » (Castor)

Castor arrêta Carla au moment où elle était sur le point de foncer sur moi afin de me frapper.

« Père !? Pourquoi... » (Carla)

« Ça suffit. Nous avons perdu. » (Castor)

Liscia se tenait entre Carla et moi, écartant ses bras. « Arrête-toi, Carla ! Le Duc Vargas porte déjà un collier d’esclave ! Si tu tues Souma, ton père périra aussi ! »

« Liscia... !? » haleta-t-elle. « J’ai compris... Nous avons donc perdu. »

La force semblait être aspirée hors du corps de Carla. L’épée tomba de ses mains et Carla s’écroula sur le sol où elle se tenait debout. Elle affichait un regard plein d’étonnement, et des larmes coulaient de ses yeux.

C’était un peu douloureux de la voir ainsi, mais elle avait quand même participé à cette rébellion. Je ne pouvais donc pas effectuer le moindre traitement préférentiel. J’avais demandé à Aisha de lui mettre également un collier d’esclaves.

À ce moment-là, la cavalerie-wyverne qui avait combattu le cuirassé Albert avait commencé à se rassembler. Ils étaient tous remplis de colère, mais ils avaient aussitôt vu les colliers sur Castor et Carla, et donc, ils s’étaient rendu compte qu’ils ne pouvaient pas nous toucher. Leurs seules réactions furent de serrer leurs dents du à la frustration.

Les regards de la cavalerie-wyverne étaient douloureux, mais je n’avais pas le temps de m’inquiéter maintenant avec de telles choses. « ... Tolman, intendant de la Maison des Vargas ! »

« ... Je suis ici. » (Tolman)

J’avais donc haussé la voix et Tolman, qui n’avait pas interféré jusqu’à maintenant et qui avait simplement regardé en silence comment les choses se déroulaient, tout comme Castor avait demandé, s’approcha de moi.

« J’espère que vous vous souvenez de la règle qui avait été convenue lorsque j’ai annoncé mon ultimatum ? » Dis-je. « Si l’un d’entre nous est abattu ou capturé, les subordonnés de cette personne viendront immédiatement sous le commandement du gagnant. »

« Oui... » (Tolman)

« Comme vous le voyez, j’ai capturé le Général des Forces Aériennes, Castor Vargas, » dis-je. « À partir de maintenant, je vous donne temporairement la fonction de général de l’Armée de l’Air. Vous devez diriger l’Armée de l’Air sous le commandement de l’Armée Interdite ! »

« À vos ordres, Sir. J’ai compris... Cependant, pourrais-je vous poser une question ? » Tolman demanda avec un visage frappé par la douleur.

« ... Qu’est-ce que c’est ? » Demandai-je.

« Que deviendront le Duc Vargas et Mademoiselle Carla ? » Me demanda-t-il.

« Nous allons délibérer sur ce qu’il faut faire avec eux après la fin de la guerre. Il n’est pas nécessaire de décider ici et maintenant de leurs sorts. » (Souma)

Puis, en regardant la cavalerie-wyverne se trouvant autour de moi, je déclarai. « Si vous acceptez maintenant d’aller sous le commandement de l’Armée Interdite, vous serez considéré comme n’ayant agi que sous les ordres de Castor. Ceux qui ne se conforment pas à mon ordre seront envoyés aux côtés de Castor et seront jugés en tant que traîtres quand la guerre sera terminée. »

« Vous voulez que nous vendions nos maîtres ? » (cavaliers-wyvernes A)

« Ouais ! Nous n’abandonnerons jamais le Seigneur Castor ! » (Chevalier-wyverne B)

Certaines voix très animées avaient crié au milieu des rangs des chevaliers-wyvernes. J’avais regardé dans la direction de ces voix.

« Considérez ceci avec attention. Ce pays possède un système de responsabilité conjointe pour ce genre de crimes. Si vous êtes reconnu coupable de trahison, vos proches seront également punis. J’espère que vous étiez préparés à cela avant de parler ! » (Souma)

« « ... » » (Chevalier-wyverne A et B)

La pièce devint d’un coup silencieuse. Certes, même les soldats sans peur de l’Armée de l’Air n’étaient pas disposés à jouer avec d’autres vies que la leur. Lorsqu’on leur annonçait que leurs familles seraient également impliquées, ils n’avaient pas la possibilité de continuer sur cette voie.

Dans cette atmosphère lourde, Tolman inclina la tête vers moi. « ... Votre Majesté, je suivrais vos ordres ! »

« S-Sire Tolman ! » (cavalier-wyverne A)

« Nous pouvons encore nous battre ! » (Chevalier-wyverne B)

« Silence ! »

« Ne voyez-vous pas que plus vous résisterez, et pire sera la position du Duc Vargas !? » (Tolman)

« Arg ! » (cavalier-wyverne A)

Après avoir fait taire toutes les oppositions, Tolman s’inclina une fois de plus. « Sire, s’il vous plaît. Vos ordres. Comment allez-vous déplacer l’Armée de l’Air à partir de maintenant ? »

Alors que Tolman s’inclinait admirablement devant moi, je lui annonçai mes ordres.

« Pour commencer, annoncez la fin de la bataille à l’aide du Joyau de Diffusion de la Voix. Annoncez à la population de votre domaine que Duc Vargas a été capturé et que la Force Aérienne sera désormais sous la structure de commandement de l’Armée Interdite. Après cela, faites appeler tous les membres de la Force Aérienne qui ne sont pas présents ici. Une fois que toutes vos forces se sont rassemblées, je vais vous envoyer vers le duché de Carmine. De plus, je veux que vous annonciez que quiconque continue de résister, surtout après tout ce qui s’est passé, sera jugé comme un traître une fois la guerre terminée. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? » (Souma)

« Oui, sire ! Ça sera fait ! » Tolman me salua, puis partit en courant afin d’exécuter les ordres qu’il venait de recevoir.

Avec ça, la terrible bataille dans le duché des Vargas, qui avait été une "bataille inutile" aussi bien pour les perdants que les gagnants, avait pris fin. Il s’agissait d’un obstacle qui venait d’être surmonté.

Et maintenant, enfin... je peux me diriger vers le duché de Carmine.

Depuis le mur, je regardai alors vers l’ouest si lointain. Là, je savais que cet homme devait m’attendre.

« Je vous ai fait attendre, Georg Carmine. Mais maintenant, j’arrive. » (Souma)

Liscia me regardait avec une préoccupation muette clairement visible, mais je l’avais à peine remarquée.

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Leçons sur les Idiomes Historique d’Elfrieden : Numéro 3

“Attaquer un Château avec un Cuirassé”

Type: Figure de style

Sens : Faire une chose que personne n'a jamais pensé auparavant.

Origine: Au cours de la Guerre d'Une Semaine, lorsque le roi Souma attaqua le château rebelle de Castor, il employa une stratégie inhabituelle en utilisant un cuirassé sur la terre ferme afin de gagner la bataille.

Synonymes: « Révolution copernicienne. » « Oeuf de Colomb »

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