Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 19 – Chapitre 5

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Chapitre 5 : Échec et mat

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Chapitre 5 : Échec et mat

Partie 1

« La vie de votre Majesté est la vie de la nation elle-même. »

Alors que la douleur se propageait le long de l’entaille que Fuuga avait faite entre mon épaule et ma poitrine, j’avais cru entendre la voix de mon instructeur personnel, Owen, qui était également ma voix intérieure.

« Si vous êtes attaqué par un assassin, le fait de pouvoir dévier ne serait-ce qu’une seule attaque ennemie pourrait donner le temps à vos gardes de vous sauver. Ce seul échange de coups pourrait retarder la disparition de notre pays. Ce seul échange pourrait conduire notre nation vers la grandeur. »

Owen en avait parlé à l’infini pendant notre formation.

« Non, non, bien sûr, je ferai tout ce que je peux pour éviter cette situation, mais si cela arrive, alors il n’y a vraiment rien à faire, n’est-ce pas ? » m’étais-je plaint, encore épuisé par l’entraînement.

J’étais légèrement agacé qu’il m’épuise physiquement alors que j’étais déjà mentalement épuisé par mon travail bureaucratique.

Owen avait alors souri.

« Ha ha ha ! Alors, parions là-dessus ! Si ma formation s’avère utile un jour, offrez-moi les meilleurs alcools que l’argent peut acheter sur ce continent ! »

« Un pari… ? Et si ma formation ne me sert jamais ? »

« Dans ce cas, vous aurez vécu une vie paisible, Votre Majesté ! Excellent, excellent ! »

Il se mit à rire de bon cœur.

Bon sang, le vieux Owen ! Tu as gagné le pari.

 

◇ ◇ ◇

Plus tôt, Halbert avait sauté du dos de Ruby pour poursuivre Fuuga, déployant le parachute faisant partie de son équipement de Dratrooper. Alors qu’il ralentissait sa descente, il remarqua que Fuuga se dirigeait vers le camp principal du royaume.

Souma !? Il n’avait pas évacué ?

Le camp principal aurait dû voir Fuuga arriver, mais il n’y avait aucun signe de panique. Soudain, Fuuga passa du vol plané à la chute libre vers le sol. Souma avait dû activer l’annulateur de magie. Même si cela n’affectait pas Halbert, qui utilisait un parachute, il se sentait bizarre de ne plus avoir accès à la magie.

Halbert regarda Fuuga s’écraser au sol, puis se remettre rapidement sur ses pieds avant de se frayer un chemin vers Souma. Bien que la chute ait probablement causé quelques blessures, Fuuga fauchait les gardes du camp principal et avançait sans difficulté.

— Bon sang ! Je ne peux pas descendre plus vite ! se dit Halbert, frustré de ne pas pouvoir accélérer.

Pendant ce temps, il vit Fuuga atteindre Souma. Il balança son zanganto sur Souma, et à ce moment-là…

Halbert s’exclama : « Souma ! »

Il était lui-même certain qu’il avait été abattu. Il vit Souma tomber à genoux, la lame qu’il venait d’utiliser pour tenter de bloquer le coup se brisant en deux. Souma tenait à peine debout, il ne lui restait plus beaucoup de temps.

« Bon sang ! Je ne vais pas laisser les choses se terminer comme ça ! »

Halbert était encore assez haut dans le ciel, mais il savait que Souma allait mourir s’il n’agissait pas. Souma n’était pas le genre de chef qui inciterait Halbert à risquer sa vie pour lui, mais ils étaient amis depuis longtemps. C’était le genre d’ami pour lequel Halbert était prêt à tout risquer. Je ne vais pas te laisser tuer mon pote !

Il détacha son parachute et se laissa tomber en chute libre vers le sol. Il ne pouvait pas utiliser la magie tant que l’annulateur était actif, mais comme la seule magie qu’il connaissait permettait d’envelopper ses armes de jet, cela ne le concernait pas. Pendant sa chute, Halbert ajusta sa position, retira la chaîne reliant ses deux lances et en jeta une au loin. Il était en effet plus facile de garder l’équilibre avec une seule lance dans les deux mains. Il resserra sa prise sur la lance restante.

« Hyahhhhh !!! »

Slash ! La pointe de sa lance déchira une aile de Fuuga au moment où celui-ci levait son Zanganto pour porter le coup de grâce à Souma. Du sang gicla du dos de Fuuga, qui s’effondra à genoux.

Halbert vit Fuuga rouler sur le sol. Il avait tenté de tomber de façon à atténuer l’impact, mais cela n’avait pas fonctionné et tout son corps lui faisait mal. Aïe… Bon sang, ça fait mal ! Mais cela ne veut pas dire que je peux rester allongé.

Il se leva immédiatement et poussa son corps meurtri pour se diriger vers Fuuga, qui n’avait toujours aucune idée de ce qui venait de se passer. Le dos de Fuuga était grand ouvert.

« Fuuga ! » hurla Halbert.

Au moment où il pointa sa lance vers Fuuga pour lui asséner le coup fatal, Souma hurla : « Ludwin ! Retiens-le ! »

Ludwin se précipita en avant et se positionna entre Halbert et Fuuga. Il bloqua la lance d’Halbert avec son épée tout en plaquant Fuuga au sol avec son bouclier.

Alors qu’Halbert écarquillait les yeux de surprise, Ludwin lui lança : « Bravo ! Tu as battu Fuuga. Mais tu en as fait assez. »

« Hein ! Mais… »

« Tu n’as pas besoin de porter le fardeau de la mort d’un grand homme. Personne dans ce pays ne le fera. »

Halbert se tut, ramené à la raison par le regard sincère de Ludwin. Il retira sa lance et Ludwin lui adressa un signe de tête en guise de remerciement. Ensemble, ils aidèrent à maîtriser Fuuga.

En raison de la douleur provoquée par la perte d’une aile et de l’épuisement causé par la bataille acharnée qu’il avait livrée, Fuuga s’était assis par terre, les jambes croisées, comme s’il avait déjà abandonné. Il était bloqué, tandis que Ludwin et Halbert gardaient leurs armes braquées sur lui.

« Souma ! Tu vas bien ? » s’écria Liscia en faisant irruption à cheval dans le camp principal. Lorsqu’elle vit Souma assis par terre, en train de saigner, la couleur se vida de son visage. Elle sauta de son cheval et se précipita à ses côtés : « Tu as été blessé ? Comment vas-tu ? Es-tu encore conscient ? »

« Oui… Ça fait un mal de chien, mais je respire encore », répondit faiblement Souma.

« Dieu merci… J’ai vu Fuuga voler jusqu’ici, alors je suis venue aussi vite que possible. Quand je suis arrivée, je t’ai trouvé par terre, en train de saigner. J’en ai eu des frissons. Je pouvais sentir le sang s’écouler de mon propre corps. »

« Désolé… On dirait que je t’ai fait très peur. »

« Tu as raison, tu l’as fait ! Tu as encore fait preuve d’une grande insouciance. Tu vas avoir droit à un rappel à l’ordre de notre part tout à l’heure ! »

Les larmes envahissaient les yeux de Liscia tandis que Souma lui adressait un faible sourire.

« Oui, je l’écouterai en entier une fois que cette guerre sera terminée. »

Sur ce, Souma boita jusqu’à l’endroit où Fuuga était assis, les jambes croisées, en étant soutenu par Liscia.

« Ton rêve est maintenant terminé, Fuuga. »

« J’ai encore un autre déchaînement en moi si j’en ai envie », répliqua Fuuga en conservant un regard féroce.

Il semblait prêt à se libérer de ses entraves et à recommencer à faire des ravages à tout moment. Mais Souma secoua la tête en silence.

« Non, ton temps est écoulé. C’est la fin pour toi. La bataille est déjà gagnée et le dernier coup a été joué loin d’ici. »

« Quoi ? »

« Excel ! » appela Souma en grimaçant de douleur. « Aïe, ça fait mal… »

Excel se rapprocha et leva les deux mains : « Franchement… Tu m’as inquiétée pendant un moment. Ça s’est bien passé parce que tu es encore en vie, mais tu viens de réduire de dix ans mon espérance de vie ! »

Tandis qu’elle se plaignait, une énorme sphère d’eau se forma au-dessus d’elle. L’annulateur de magie avait été désactivé et plusieurs mages de l’eau à proximité travaillaient ensemble pour faire croître et stabiliser la sphère. Lorsqu’elle fut assez grande pour être vue de n’importe où sur le champ de bataille, les bruits du combat s’étaient tus. Il est probable que tout le monde, quel que soit son camp, ait compris ce qui se passait en voyant l’énorme boule d’eau et qu’il se soit arrêté pour l’observer.

Se tournant vers le joyau de diffusion derrière elle, Excel prit la parole : « Juna, tu comprends la situation, n’est-ce pas ? »

« Oui, grand-mère », répondit-elle.

Une belle jeune femme aux cheveux bleus, vêtue d’un uniforme d’officier, apparut à l’intérieur de la boule d’eau. Il s’agissait de Juna Souma, la première reine secondaire de Souma. Son expression était visiblement tendue.

Remarquant le regard inquiet de Juna, Excel chuchota : « Ne t’inquiète pas. Sa Majesté est blessée, mais sa vie n’est pas en danger. »

Seule Juna pouvait l’entendre, car le commentaire n’avait pas été capté par le flux vidéo. Juna regardait probablement l’émission lorsque Souma avait été blessé, ce qui l’avait rendue folle d’inquiétude. Cependant, après qu’Excel la rassura en lui disant que Souma allait bien — même si cela restait douteux —, Juna retrouva un peu de son calme.

Prenant une profonde inspiration, Juna regarda droit devant elle et commença à parler.

« Je m’adresse à tous ceux qui se battent sur ce continent, que vous soyez du royaume de Friedonia ou de l’Empire du Grand Tigre. Je m’appelle Juna Souma, l’une des reines de Souma E. Je suis la fille de la duchesse Excel Walter, de Friedonia. Je m’adresse à vous aujourd’hui non pas en tant que Lorelei, mais en tant que commandante des marines de la Force nationale de défense maritime. »

Ce message était diffusé sur la même fréquence que l’annonce de Souma marquant le début d’une nouvelle ère; il s’adressait donc véritablement à tous les habitants du continent. Roroa et les autres évacués de Venetinova, Kuu et les combattants de Turgis, ainsi que Hakuya et Jeanne, qui se trouvaient alors au royaume d’Euphoria, regardaient tous ce qui se passait.

Juna se déplaça légèrement et désigna le paysage derrière elle.

« Je crois que ceux d’entre vous qui viennent de l’Empire du Grand Tigre reconnaîtront cet endroit. »

Il s’agissait d’un château entouré d’une armée massive de plusieurs dizaines de milliers d’individus. Lorsque Fuuga vit l’image, il eut un mouvement de recul et la regarda avec incrédulité. Il avait du mal à croire ce qu’il voyait, mais Juna lui confirma la vérité.

« Notre détachement de l’Alliance maritime a encerclé le château du Grand Tigre de Haan. Nous avons également occupé le pays de Sire Fuuga, les steppes, au cours de notre incursion jusqu’ici. Si vous continuez votre bataille infructueuse contre l’Alliance maritime, nous lancerons une offensive totale et je vous assure que le château tombera. »

Cette révélation ébranla les soldats de l’empire du Grand Tigre. Le berceau de leur empire, Malmkhitan, avait été capturé. Le centre de leur pouvoir, le château du Grand Tigre, était assiégé.

Fuuga ne considérait pas ce château comme plus important que les autres, mais pour de nombreux combattants, il revêtait une signification particulière, car c’est là qu’ils avaient laissé leurs femmes et leurs enfants. Cette pression psychologique suffisait à les convaincre qu’ils ne pouvaient pas continuer à se battre sans d’abord s’occuper de ces sentiments. Les forces de l’Empire du Grand Tigre croyaient avoir mis leur adversaire en position de faiblesse, mais c’étaient en réalité elles qui se retrouvaient dans une situation précaire.

« Hé, attends. Où a-t-il trouvé une armée aussi nombreuse ? » demanda Fuuga, qui commençait à reprendre ses esprits. Il réfléchit à la question.

Serait-ce les forces de l’Archipel du Dragon à Neuf Têtes qui n’ont pas encore participé ? Non, cela ne me semble pas correct, il y avait trop de soldats pour cela. Les troupes friedoniennes ont-elles rejoint leurs rangs ? Ils en ont déjà mobilisé un grand nombre, il ne leur en restait pas beaucoup pour une opération détachée. Les forces du dragon à neuf têtes sont-elles au cœur de cette unité ? Mais ils ne sont pas habitués à se battre sur terre. Les garnisons que j’ai laissées chez moi auraient dû pouvoir leur résister un certain temps. Ils auraient pu capturer une ville côtière au mieux, mais il est impossible qu’ils atteignent le château du Grand Tigre en si peu de temps.

Malgré ses efforts, Fuuga n’arrivait pas à comprendre ce qui avait conduit à cette situation.

Souma dit alors : « Fuuga, tu as mené une opération de diversion avant cette bataille, n’est-ce pas ? »

« Hmm… ? Oh, tu veux dire quand j’ai envoyé des troupes du royaume d’Euphoria, non ? » répondit Fuuga.

Pour attirer le plus grand nombre possible de troupes du royaume de Friedonia sur ce front, Fuuga avait attaqué le royaume d’Euphoria à l’ouest. Ils savaient que le royaume de Friedonia verrait clair dans la ruse, mais le plan était que, s’ils attaquaient une nation alliée et que le chef de l’Alliance maritime n’envoyait pas de renforts, leur position serait affaiblie.

Fuuga et Hashim n’espéraient pas particulièrement que le royaume de Friedonia envoie des renforts suffisants pour renforcer leur défense de la patrie. C’est cette incertitude qui avait poussé Fuuga à ne pas trop y réfléchir jusqu’à présent.

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