Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 14 – Chapitre 12

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Chapitre 12 : Chapitre 12 : L’exode lunaire

Peu après la rencontre de Souma et Sill, un mouvement important était en cours dans l’État pontifical orthodoxe lunarienne…

Les partisans de la ligne dure qui souhaitaient rejoindre la nouvelle faction de Fuuga avaient remporté la bataille politique et avaient commencé à supprimer les modérés. Les partisans de la ligne dure s’opposaient à Maria, de l’Empire du Gran Chaos, qui s’était injustement arrogé le titre de sainte. La renommée grandissante de Fuuga suite à l’unification de l’Union des Nations de l’Est avait joué en faveur des partisans de la ligne dure. Comme il s’agissait d’une lutte entre les hauts responsables de l’église, la plupart des croyants individuels qui constituaient la population générale n’en avaient jamais rien su.

Par conséquent, la suppression s’était faite discrètement, dans l’ombre. Les évêques modérés furent pris pour des hérétiques les uns après les autres. Une nuit, alors que tout cela se passait, le moment était venu pour un vieux cardinal modéré et la sainte candidate sous sa protection, Marie, de faire leurs adieux.

« Vous êtes certain… que vous ne pouvez pas venir avec moi ? » demanda Marie avec tristesse, et le vieux cardinal acquiesça.

« J’ai toujours eu l’intention de rester dans ce pays jusqu’au bout. »

« Mais si vous restez, vous serez… »

« Hoh hoh hoh… Je prends de l’âge. Je n’attends plus que les conseils de Dame Lunaria, je n’ai donc plus d’attachement au royaume des mortels. » Le vieux cardinal avait posé une main sur l’épaule de Marie et avait continué. « Mais vous êtes tous encore jeunes, vous avez encore beaucoup de choses à accomplir. Vous devez vivre et garder la foi, quoi qu’il arrive. Que les bénédictions de Dame Lunaria soient sur vous. »

« Oui…, » déclara Marie en pleurant. Le vieux cardinal lui sourit.

« Ahh, j’ai quand même un souci. Cet évêque pourri de Souji est dans le Royaume de Friedonia. Je ne supporterais pas de voir les croyants de ce pays tomber dans la dépravation à cause de lui. Marie, surveillez-le de près, et veillez à ce qu’il s’occupe sérieusement de ses devoirs. »

« Je le ferai très certainement…, » dit Marie en hochant la tête, et déposa un baiser sur la main du vieux cardinal. Puis, se levant, elle déclara. « Je vais prendre congé maintenant. »

S’inclinant une fois, Marie quitta la chambre du cardinal. Essuyant ses larmes en marchant dans les couloirs de l’église, elle croisa une autre fille. C’était une jolie petite chose avec un visage de bébé et des cheveux noirs courts.

Marie s’inclina, pensant passer devant elle sans en dire plus, mais… s’arrêtant et se retournant pour regarder derrière elle, elle appela le nom de l’autre fille.

« Anne. »

La fille qu’elle avait appelée s’était retournée pour faire face à Marie. Il n’y avait aucune lumière dans ses yeux, ce qui la faisait ressembler à une marionnette.

« Anne, j’ai entendu dire que tu avais été choisie comme sainte de Fuuga, » dit Marie.

« C’est un honneur plus grand que celui que je mérite… »

Anne pressa ses mains sur sa poitrine et baissa la tête. Marie était inquiète de la voir ainsi.

« Comprends-tu le destin qui t’attend ? »

« Soutenir le roi élu de Dieu, le seigneur Fuuga. Telle est la mission que le ciel m’a confiée. »

Dans l’orthodoxie lunarienne, les saintes étaient des outils qui reliaient l’Église orthodoxe lunarienne aux personnalités influentes de l’époque. Pour plaire à ces personnalités, elles devaient accepter tout ce qu’on leur faisait. Elles étaient comme des marionnettes soumises aux caprices de leurs propriétaires. Ce devoir leur était enseigné, et elles étaient élevées uniquement pour l’accomplir.

Il en avait été de même pour Marie, qui avait été choisie comme sainte de Souma. Maintenant, cependant, Marie comprenait à quel point tout cela était tordu. Et précisément pourquoi elle ne pouvait s’empêcher de tendre la main à la jeune fille devant elle.

« Anne. Veux-tu… venir avec moi ? »

« Je ne comprends pas de quoi vous parlez. »

« Une fois que tu auras vu le monde au sens large… Dans le Royaume, tu pourras trouver une vie autre que celle de sainte. »

« Pourquoi ferais-je ça ? » Anne semblait complètement mystifiée. « J’ai été bénie par une mission de Dame Lunaria. Pourquoi devrais-je l’abandonner ? Pourquoi maintenant, alors que j’ai enfin pu découvrir la raison de ma naissance ? »

« Eh bien… »

Les saintes étaient souvent orphelines. Il est en effet plus facile d’inculquer la foi à une personne qui n’avait rien à quoi se raccrocher. Ce faisant, elles devenaient fidèles aux figures d’autorité et prêtes à donner leur vie pour la foi.

Marie avait essayé d’avertir les quelque cent saintes du danger de leur situation et les avait exhortées à fuir le pays, mais environ la moitié d’entre elles avaient choisi de rester. Si Marie avait été la même personne qu’avant, elle aurait peut-être pris la même décision.

L’obéissance aux enseignements du Seigneur est une vertu. Cependant, lorsque les gens vous parlent des enseignements du Seigneur, si vous ne considérez pas qu’ils peuvent vous donner une interprétation déformée, ce n’est pas de l’obéissance, mais de l’aveuglement. Les hauts responsables, en particulier, sont enclins aux luttes intestines et se corrompent facilement, après tout.

Cependant, même si elle l’invitait, Anne ne renoncerait probablement pas à être une sainte. Sachant cela si bien que cela fait mal, Marie ferma les yeux.

« Au moins que la bénédiction de Dame Lunaria soit sur toi… »

« Oui. Et sur vous, Lady Marie, » répondit Anne sans la moindre ironie.

Elle n’avait que la foi la plus pure, et aucune méchanceté pour ceux qu’elle côtoyait. Cela ne faisait que rendre la situation encore plus triste, mais Marie s’était retournée et était partie rapidement. Il ne lui restait plus beaucoup de temps.

Marie se dirigea vers une chapelle désaffectée près des portes orientales des murs de la ville. Lorsqu’elle arriva et qu’elle entra, elle fut entourée d’un certain nombre de jeunes filles et de prêtres. Ils étaient près de quatre-vingts au total.

« Lady Marie ! »

« Lady Marie, que va-t-il advenir de nous maintenant ? »

Il s’agissait des saintes candidates qui avaient accepté de s’échapper avec elle, ainsi que des prêtres de la faction modérée. Beaucoup de ces candidates étaient plus jeunes que Marie. Elles avaient probablement accepté de l’écouter parce que leur endoctrinement n’était pas encore terminé.

Pour tenter de les calmer, Marie leur dit : « Tout va bien se passer. Tout devrait déjà être organisé. »

Puis, regardant autour de l’église lugubre, elle déclara : « Vous êtes là, n’est-ce pas ? Sortez, s’il vous plaît. »

Lorsque Marie appela, l’instant d’après, un grand homme vêtu d’une armure noire émerga de l’obscurité. Il portait un terrifiant masque de tigre noir sur la tête.

« » Eek ! « » Cette apparence bizarre avait fait crier un certain nombre de candidates saintes.

« C’est bon, » Marie s’était avancée comme pour protéger les autres filles, puis elle s’était adressée au grand homme au masque de tigre noir. « Vous êtes l’agent de Sire Souma, n’est-ce pas ? »

« Oui, madame, » le grand homme au masque de tigre noir joignit ses mains devant lui et inclina la tête. « Je suis Kagetora. Je vous emmène tous au Royaume sur ordre de mon maître, Sa Majesté Souma Kazuya, qui a reçu une demande en ce sens de l’évêque Souji Lester. »

« Je vois. Nous sommes désolés de vous déranger. »

En entendant les mots de Marie, les filles avaient finalement réalisé que cette personne était une alliée, et s’étaient calmées.

Voyant cela, Kagetora déclara : « Je dois vous demander de vous dépêcher. Lorsqu’ils apprendront que les candidates saintes ont disparu en masse, les poursuivants s’en prendront à vous immédiatement. »

« Nous le savons. S’il vous plaît, montrez le chemin. »

« Oui, madame. »

Kagetora conduisit Marie et les filles jusqu’aux murs de la ville, non loin de l’église désaffectée.

Dix charrettes les y attendaient, ainsi que des hommes déguisés pour ressembler à des marchands ambulants. Ils étaient tous des membres des Chats Noirs.

« Ce sont nos camarades. Nous allons vous faire fuir dans ces calèches. »

« Compris. Dépêchez-vous de monter à bord, les filles. »

En entendant l’explication de Kagetora, Marie hocha la tête et donna l’ordre.

Les saintes candidates et les prêtres s’étaient répartis sur les dix charrettes. Elles étaient chargées de tonneaux de vin vides qu’ils cachaient à l’intérieur. Puis ils s’étaient dirigés vers les portes, masqués comme une caravane de marchands.

Quand ils arrivèrent…

« Halte ! Où allez-vous à cette heure de la nuit !? », avaient lancé les gardes de la porte pour arrêter leur caravane. L’un des hommes habillés en marchands répondit en tant que représentant du groupe.

« Oui, Monsieur. Nous sommes de la — Compagnie Marchand, et nous sommes venus ici avec des offrandes de certains condiments appelés sauce soja et miso des croyants du Royaume de Friedonia au Seigneur —. Maintenant, nous revenons avec son cadeau de vin béni. »

Ils l’appelaient vin béni, mais ce n’était en fait que du vin. L’État pontifical orthodoxe avait donné cette marque au vin de son propre pays pour le présenter comme quelque chose que les gens devaient apprécier dans le cadre de leur prédication.

« Vraiment ? » demanda le soldat en jetant un coup d’œil à l’intérieur du chariot. Le marchand ambulant baissa la tête.

« Bien sûr. J’ai une note du Seigneur — juste ici. »

« Hmm… Tout semble être en ordre. »

Le soldat hocha la tête après avoir vérifié la note. La — Compagnie Marchand était fictive, mais la compagnie de la reine Roroa expédiait bel et bien des condiments. Quant à la note qu’il avait présentée aux gardes, elle était authentique, fournie avec l’aide du vieux cardinal.

Le Royaume et Marie s’étaient préparés minutieusement à cette journée. Grâce à cela, les chariots n’avaient pas été fouillés.

« Très bien, vous pouvez passer. Que les bénédictions de Dame Lunaria soient sur vous dans vos voyages. »

« Merci beaucoup. Très bien, nous y allons. »

Ainsi, Marie et les filles purent s’échapper de la ville. Après avoir parcouru une certaine distance, Marie sortit de son tonneau et passa la tête hors du chariot pour parler à Kagetora qui était assis sur le siège du conducteur.

« Où allons-nous maintenant ? », demanda-t-elle.

« Selon le plan initial, nous devions suivre une route mal gardée jusqu’à la frontière, mais… peu de temps avant l’heure de l’opération, nous avons obtenu un allié fiable. Nous allons les rencontrer. »

« Un allié fiable ? » fit Marie en écho, mais Kagetora ne répondit pas. Les charrettes avançaient un peu plus loin, puis lorsqu’elles atteignirent la crête d’une colline, Kagetora pointa du doigt devant elles.

« Les voilà. »

Marie loucha sur les silhouettes au loin.

Le ciel était sombre à cause du passage d’un nuage devant la lune, elle ne pouvait donc pas les distinguer clairement, mais en s’approchant, elle réalisa qu’il y avait un certain nombre de chevaliers, ainsi que des femmes avec des cornes et des queues reptiliennes.

Un des chevaliers s’était approché des chariots en tant que représentant de ce groupe. « Vous êtes Madame Marie et son groupe, n’est-ce pas ? »

D’après la voix, Marie pouvait dire que le chevalier était une femme.

« Oui… et vous êtes ? »

« Je suis la reine Sill Munt du royaume des chevaliers-dragon de Nothung. »

Marie sursauta et ses yeux s’agrandirent de surprise. Elle n’arrivait pas à croire qu’un chevalier de la religion de la Mère Dragon se trouve dans l’État papal orthodoxe.

Le Royaume des Chevaliers Dragons était connu pour avoir un contrat avec la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, le centre du culte de la Mère Dragon. L’orthodoxie lunarienne et le culte de la Mère Dragon étaient les deux plus grandes religions du continent, et l’orthodoxie lunarienne rejetait le culte de la Mère Dragon comme une hérésie.

« Qu’est-ce qu’une personne du Royaume des Chevaliers Dragons fait ici ? »

« Je suis venue vous chercher à la demande du roi Souma. »

« Le roi Souma ? »

« Oui. Parce que nos partenaires, les dragons, peuvent porter des chariots plus hauts que ce que même un lanceur de carreaux à répétitions antiaériens peut atteindre, et voler directement vers le Royaume. »

Marie était abasourdie. En partie par le fait que Souma avait déplacé le Royaume des Chevaliers Dragon pour les aider, mais aussi par le fait qu’un pays appartenant à leurs rivaux religieux était venu à leur secours. Elle avait été surprise par la coexistence heureuse des différentes croyances du Royaume, mais ceci était un choc encore plus grand pour elle.

Sentant son trouble intérieur, Sill lui avait souri et lui avait dit : « Est-ce que vous détestez accepter l’aide de vos rivaux commerciaux comme ça ? »

« Non… La foi n’est pas une entreprise. »

La tension avait disparu des épaules de Marie et elle avait souri en retour.

 

 

« Merci de faire ça pour nous. Nous sommes à vos soins. »

« Ha ha ha, compris. Je vous promets un bon voyage dans les cieux. »

Sill leva la main, indiquant à Pai et aux autres de se transformer en dragons. Les dragons avaient chacun pris un chariot avec leurs chevaux détachés, puis les chevaliers avaient grimpé sur leur dos, et ils s’étaient envolés dans le ciel. De là, ils étaient partis directement vers le Royaume.

Les chevaliers dragons du culte de la Mère Dragon avaient sauvé les saintes de l’orthodoxie lunaire. Cette histoire sera légèrement embellie et diffusée par ceux qui, comme Souji, et les adhérents du Royaume qui ne souhaitaient pas de conflits religieux. Plus tard, lorsque des rumeurs selon lesquelles un grand nombre d’évêques modérés avaient été purgés avaient atteint le Royaume, les saintes candidates et les prêtres qui se sont échappés avaient déclaré : « La vraie sainte était Marie, qui a touché le cœur des chevaliers dragons ». Même si ce n’était pas vrai, cela les avait amenés à la vénérer.

« Pourquoi essaient-ils de faire de moi une sainte alors que j’ai déjà cessé de l’être… ? » aurait dit Marie, troublée.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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