Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 12 – Chapitre 8 – Partie 3

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Chapitre 8 : Conférence directe

Partie 3

Hakuya n’avait rien pu dire en réponse à la tristesse dans la voix de Jeanne. En tant que ressortissant étranger, il avait peu de souplesse, et en tant que membre de haut rang du Royaume, il ne pouvait pas parler avec insouciance. S’il y avait une chose qu’il pouvait faire, c’était d’écouter tranquillement Jeanne se défouler.

Soudain, Jeanne s’était elle-même giflée.

« Madame Jeanne !? » s’exclama Hakuya.

« Je ne peux pas continuer à agir de façon aussi lugubre. » Puis, elle avait fait un sourire face à la surprise de Hakuya. « Pas quand j’ai eu la chance de vous parler, Sire Hakuya. Je perds mon temps. »

« … Ça ne me dérange pas. »

« Eh bien, moi si ! Buvons toute la nuit ! » déclara Jeanne.

« Ah ! Je ne tiens pas très bien l’alcool…, » déclara Hakuya.

« Ohh, c’est vrai, hein ? » Jeanne avait souri. « C’est bon. Si vous êtes bourré, je vais m’occuper de vous. »

« Je ne peux pas laisser un VIP d’un autre pays me voir dans cet état misérable…, » déclara Hakuya.

« Oh, quel est le problème ? Lâchez-vous de temps en temps, » déclara Jeanne.

« Non, ce que je veux dire, c’est que…, » commença Hakuya.

« Allez ! Maintenant que c’est décidé, allons chercher de la nourriture et des boissons à la fête, » déclara Jeanne.

Jeanne avait pris la main de Hakuya et avait commencé à partir d’un pas ferme en le traînant. Hakuya avait eu un air ahuri, ce qui n’était pas caractéristique de lui. Eh bien… c’est mieux que son air déprimé d’avant.

En voyant le regard heureux de Jeanne, il se prépara à lui tenir compagnie toute la nuit.

 

 

◇ ◇ ◇

Peu de temps après, un Hakuya désemparé et une Jeanne heureuse étaient entrés dans la pièce. Jeanne tirait Hakuya par la manche. Il semblait qu’elle se sentait mieux maintenant.

« Il semble que votre sœur soit de meilleure humeur, » déclarai-je.

Maria les avait également remarqués, et souriait doucement. « En parlant de petites sœurs, Trill se porte-t-elle bien ? »

« Oui. Un peu trop bien. Elle travaille dur sur le développement de la foreuse avec Genia. En fait, je voulais l’emmener ici, mais elle a fermement refusé…, » déclarai-je.

Je pensais que ce serait une bonne occasion pour les trois sœurs de se retrouver, mais…

« Aucune chance ! Si je devais rencontrer mes sœurs maintenant, je recevrais sûrement une longue leçon sur la nécessité de ne pas interférer dans la vie conjugale de la Grande Sœur Genia ! La Grande Soeur Jeanne est si stricte, que je pourrais même être ramenée à l’Empire ! Je refuse absolument de vous accompagner ! »

… Trill ne voulait pas venir.

Certes, je ne pouvais pas être trop ferme avec elle étant donné son propre statut. J’avais la permission de Jeanne d’être strict avec Trill, mais je n’aurais pas voulu la contrarier et retarder le projet de développement de la foreuse en conséquence. C’est pourquoi je la laissais faire ce qu’elle voulait, dans la limite du raisonnable. Mais si les choses dérapaient, je demandais à ses sœurs de la gronder.

Maria rit. « C’est tout à fait elle. Toujours libre d’esprit. Je l’envie un peu. »

« En parlant d’esprits libres… Tout le monde ici agit plutôt librement, hein ? » demandai-je.

J’avais regardé autour de moi, et les gens du Royaume et de l’Empire se mêlaient dans une scène assez chaotique. Naden régalait passionnément Krahe avec l’histoire de notre rencontre. Son visage était un peu rouge et ses yeux étaient flous. Elle avait l’air ivre.

« Donc, comme je le disais, Souma, il m’a dit que j’avais de l’individualité. Ça… m’a rendue très heureuse, » déclara Naden.

« Oho, je vois, je vois. C’est une merveilleuse façon de se rencontrer. Tenez, prenez un autre verre, » déclara Krahe,

« … Hic. »

Il semble que Krahe l’ait poussée à tout lui dire. Le fait qu’il sache comment nous nous étions rencontrés n’allait pas poser de problème. Il y avait des gardes à proximité, donc si elle avait l’air de pouvoir divulguer quelque chose qui devait rester secret, ils l’arrêteraient probablement. Mais Naden… si elle se souvenait encore de ça quand elle aurait dessoûlé, elle allait se tordre de honte, n’est-ce pas ?

Pendant ce temps, ailleurs dans la pièce, Mio buvait une boisson en étant bien trop raide.

« Urgh... Qu’est-ce que je fais ici… ? » murmura Mio.

« M-Madame Mio ? Ne buvez-vous pas un peu trop ? » commenta Owen, en essayant de l’arrêter.

Mio avait alors crié. « Croyez-vous que je pourrais m’en sortir sans boire ? » Elle s’était servi une autre choppe. « J’ai été assez surprise que le royaume d’Elfrieden et la principauté d’Amidonia aient été unifiés, mais nous sommes aussi en bons termes avec l’Empire maintenant… ? Qu’est-il arrivé au Royaume pendant mon absence ? Je me sens comme un voyageur qui revient à la maison après une décennie, et choqué par la façon dont tout a changé… Hic. »

« Il s’est passé beaucoup de choses. Oh, mon Dieu, vous buvez trop. Si vous avez la gueule de bois, le voyage en gondole va être encore plus dur pour vous, vous savez ? » déclara Owen.

Bien qu’Owen essayait de la calmer, elle ne l’écoutait pas.

Hrm… Si ça devait être comme ça, peut-être que j’aurais dû aussi amener Colbert et sa mère… La mère de Mio ne semblait pas du genre à être intimidée par ce genre de choses. Avant de me séparer de Colbert, j’avais eu l’occasion de lui parler brièvement.

Quand je lui avais demandé ce qu’elle pensait de Georg, elle m’avait répondu : « C’est la voie que cet homme sans tact a choisie. Peu importe ce que les autres pensent de lui pour cela, je suis sûre que c’était le meilleur choix qu’il aurait pu faire. En tant qu’épouse, je ne peux que croire en lui et l’accepter. » Quelle femme forte! Je doute que la vue de sa fille noyant sa confusion dans l’alcool l’ait troublée.

En regardant de plus près, j’avais trouvé nos gardes du corps Aisha et Gunther qui se regardaient fixement.

« … »

« … » (Munch, munch.)

Gunther fixa Aisha, debout et immobile, tandis qu’Aisha lui retournait le regard, mais tenait une assiette avec divers plats dessus, et les croquait tout en regardant Gunther. Sérieusement, qu’est-ce que je regardais là ?

« Hum… Pourquoi Gunther regarde-t-il Aisha ? » avais-je demandé à Maria.

« Oh, je suis désolée. Ce regard sévère sur le visage de Gunther est normal pour lui. Il veut probablement parler à sa collègue garde du corps, mais il ne trouve pas les mots, et leurs yeux se sont rencontrés par hasard, alors je suppose… qu’il ne peut pas détourner le regard, non ? »

« Est-il timide, même s’il a l’air comme ça !? »

Lorsque nous nous étions rencontrés, je pensais qu’il ne devait pas avoir une bonne impression de moi, mais était-il en fait juste tendu ? Quand j’y avais pensé de cette façon, le vieux rude avait commencé à avoir l’air plutôt mignon.

Maria avait ri. « Tout le monde a l’air de s’amuser. »

« … Oui, ils le font. »

« Au fait, Sire Souma ? J’aimerais parler seul à seul avec vous, » dit-elle sur un ton malicieux.

Pris de court par son invitation soudaine, j’avais un peu paniqué. « Seul… ? Ce n’est pas bon. On est tous les deux des leaders, vous savez ? »

« Madame Aisha et Gunther devraient encore pouvoir nous voir sur le balcon là-bas, donc je ne pense pas que ce soit un problème, non ? » répliqua Maria.

« Alors… c’est… bien, » déclarai-je.

Nous avions dit à Aisha et Gunther que nous voulions parler seuls, donc nous aimerions qu’ils nous gardent à distance, puis nous étions allés sur le balcon. J’avais peur de me faire tirer dessus ici, mais il y avait des membres des Chats Noirs positionnés autour de la villa, donc c’était probablement bien.

Les épaules de Maria tremblèrent un peu. « Il fait un peu froid dehors, hein ? »

« Eh bien, c’est l’automne, et nous sommes dans les montagnes, après tout. »

Elle avait raison de dire qu’il faisait froid, mais je ne pouvais même pas dire combien de couches avaient cette robe, et j’étais moi-même assez lourdement vêtu, donc c’était tolérable. Finalement, nous étions restés sur le balcon.

Maria avait été la première à ouvrir la bouche. « Maintenant, en ce qui concerne l’envoi d’une flotte à l’Union de l’Archipel du Dragon à Neuf Têtes… »

« … Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, vous savez ? » déclarai-je.

« Je ne le demanderai pas. Ce que je vais dire concerne la faveur qui nous est due. Vous avez dit que vous nous rembourserez un jour, n’est-ce pas ? » dit-elle, un sourire malicieux sur son visage.

« Attendez une seconde. Hum… Si vous demandez quelque chose de trop déraisonnable, ça va être un problème, » répondis-je.

« Hee hee, l’accord que nous avons conclu était verbal, et non sur le papier. Il ne comptait que comme une faveur pour vous, car vous pensez que nous allons le respecter. Donc, j’aimerais que vous me fassiez aussi une promesse verbale, » déclara Maria.

« Renvoyer la faveur avec une promesse ? » demandai-je.

« Oui. Si, à un moment donné dans le futur…, » commença Maria.

Ce que Maria m’avait dit après cela, malgré le calme de sa voix quand elle l’avait dit, m’avait fait douter de mes propres oreilles.

« Hein !? » Je l’avais regardée, les yeux grands ouverts.

Maria avait juste… souri.

Ce devait être les véritables sentiments de Maria, que même Jeanne ne connaissait pas. Même après avoir écouté tout ce qu’elle disait, je n’avais rien pu dire pendant un certain temps.

Après un silence qui m’avait paru particulièrement long, j’avais finalement réussi à répondre. « Ne dites rien de si inquiétant… »

Maria avait ri. « C’est important d’être préparé. Alors, qu’en est-il ? C’est un accord verbal, pas un engagement sur papier, mais puis-je vous demander de le faire ? »

« Je… »

Ce n’est pas quelque chose que je pouvais approuver de la tête si facilement. Si ce dont Maria venait de parler se réalisait, je devrais réunir Hakuya et mes plus proches collaborateurs et débattre de la question pendant des jours. Mais seulement si cela se produisait vraiment. Pour l’instant, ce n’était qu’une possibilité d’avenir. Si je leur disais que je voulais débattre de la question maintenant, ils me diraient que je m’inquiète trop.

Je n’arrivais pas à croire que cela allait arriver, après tout. Oh… C’est pourquoi c’est un accord verbal. De cette façon, elle serait heureuse que je fasse ce que j’avais promis, mais on ne pouvait pas me reprocher de ne pas l’avoir fait. C’était la même chose que lorsque je lui avais demandé une faveur. Pourtant, Maria et moi pensions que si l’autre promettait quelque chose, elle le ferait. Elle avait dû en parler parce qu’elle me faisait confiance. Au cas où l’heure viendrait.

« … Je comprends. » J’avais regardé Maria dans les yeux et j’avais hoché la tête. « Si ce genre de situation se présente, le Royaume agira comme vous le souhaitez. »

Maria m’avait répondu par le plus grand sourire qu’elle ait jamais eu aujourd’hui. Son regard, lorsqu’elle soulevait doucement l’ourlet de sa jupe au clair de lune, était d’une beauté envoûtante.

Puis, d’une voix douce, elle avait dit. « Je vous crois, Sire Souma. »

 

 

◇ ◇ ◇

Le lendemain, nous allions tous rentrer dans notre pays. Gimbal, le roi de Zem, était venu nous rendre visite le matin. Ainsi, Maria, Gimbal et moi, nous nous disions adieu.

« Sire Gimbal. Je vous remercie, en ma qualité d’impératrice, de nous avoir offert un lieu de rencontre comme celui-ci, » déclara Maria.

« Je vous remercie également au nom du Royaume. Nous avons ainsi pu avoir une réunion fructueuse, » déclarai-je.

Alors que Maria et moi le remerciions tous les deux, Gimbal avait secoué la tête. « Si le Royaume et l’Empire sont en bons termes, nous ne serons pas pris au milieu de vos guerres. Enfin, en supposant que vous ne nous envahissiez pas joyeusement ensemble. »

Il avait dit cela en plaisantant, mais beaucoup de vérité était dite en plaisantant. Gimbal voulait éviter que nous soyons si hostiles les uns envers les autres que son pays devienne le champ de bataille de nos guerres, mais il ne voulait pas non plus que nous soyons si proches que nous décidions de l’envahir ensemble. C’est pourquoi il nous avait fourni un lieu de rencontre, nous rendant service à tous les deux, tout en le laissant sonder notre relation. C’était un homme très difficile à gérer.

Maria et moi avions répondu avec des sourires en plâtre.

« Comme je l’ai déjà dit, si vous restez vraiment neutre, le Royaume ne vous causera pas de problèmes. »

« Hee hee, l’Empire n’enfreindra pas la Déclaration de l’humanité alors que c’est nous qui l’avons publiée au départ. »

Gimbal avait répondu avec un sourire tout aussi faux. « Ha ha ha, c’est rassurant à entendre. Si vous souhaitez utiliser ce lieu pour des conférences à l’avenir, il suffit de le dire, et je vous le prêterai à tout moment. »

« Je vous remercie pour cela. »

« Nous vous en sommes reconnaissants, Sire Gimbal. »

Nous nous étions tous serré la main sous les yeux de nos serviteurs. C’était une façon théâtrale de montrer que nous avions une relation de confiance, mais ce genre de démonstration était également important.

Et donc, nous étions chacun rentrés dans nos pays.

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