Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 12 – Chapitre 4 – Partie 3

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Chapitre 4 : Mio

Partie 3

Si le royaume était aujourd’hui stable, c’était grâce aux contributions de Georg. Je n’avais jamais oublié cela, mais en pensant que je devrais lui donner un peu de temps, j’avais fini par repousser le problème. Le fait que je sois maintenant à la merci des caprices d’une seule femme avait été le prix de mon indolence.

Aisha m’avait jeté un regard sévère. « Chéri. Même si le souhait de Madame Mio finit par être quelque chose que tu penses pouvoir réaliser, réfléchis bien au résultat avant de prendre une décision. »

« … Tu réalises que j’essaie de faire attention à ça, n’est-ce pas ? » demandai-je.

Avec un sourire ironique, Naden avait ajouté. « Mais tu n’es pas toujours logique, n’est-ce pas ? Surtout quand il s’agit de la famille. »

« Eh bien, oui… Il y a certaines choses sur lesquelles je ne peux pas faire de compromis. » J’avais regardé ailleurs.

Naden avait laissé échapper un soupir. « Liscia a étudié avec le père de Mio, et elle le respectait, n’est-ce pas ? Parce qu’elles ont toutes les deux appris sous Georg, je veux faire quelque chose pour sa fille… C’est ce que tu penses, n’est-ce pas, Souma ? »

« … Tu me comprends bien. »

« Tu es facile à comprendre, » déclara Naden en souriant. Aisha acquiesçait aussi.

« Si elle savait qu’elle était un boulet autour de ta cheville, faisant prendre de mauvaises décisions à son mari, Liscia serait triste, n’est-ce pas ? Nous assumerons ta culpabilité avec toi. Alors, s’il te plaît, prends la bonne décision. »

« J’ai compris. » J’avais fait un petit signe de tête.

Elles avaient toutes les deux raison. Si je laissais mes émotions mettre en danger les personnes que je voulais protéger, cela irait à l’encontre du but. Je devais… aller jusqu’au bout. Si elle voulait la restauration de sa maison, très bien. Sinon, la seule autre chose à laquelle je pouvais penser était… Ça pourrait être assez difficile.

Je laissais échapper un petit soupir face à la prémonition que j’avais eue.

◇ ◇ ◇

À peu près au même moment, Colbert se rendait dans une autre pièce, seul.

C’est la chambre donnée à Mio dans le château de Zem lorsqu’elle avait été désignée pour être le guide de Souma. Mio avait été choisie parce qu’elle disait être du royaume. Mais la chambre n’était que temporaire, car elle ne servait pas Gimbal personnellement.

« Excusez-moi. Madame Mio est-elle ici ? » Colbert avait frappé et avait appelé. La porte s’était immédiatement ouverte.

« … Comment puis-je vous aider ? »

« Ah ! »

 

 

Quand il avait vu l’état dans lequel se trouvait Mio, le visage de Colbert s’était figé. Depuis qu’elle était rentrée dans sa chambre, Mio avait enlevé son armure et portait un fin débardeur. Le tissu fin ne pouvait pas cacher sa silhouette comme son armure le pouvait, et ses seins s’affirmaient.

Tout en détournant ses yeux face à cette apparence, Colbert avait dit. « Je suis désolé de vous avoir dérangé pendant que vous vous relaxiez. Je suis le ministre des Finances du royaume, Colbert. Je suis venu en espérant que nous pourrions un peu parler. »

« Pas de problème. » Sur ce, Mio avait invité Colbert dans sa chambre, apparemment sans se soucier de rien.

« Hein ? Est-ce bon ? »

« Vous êtes venu pour parler, n’est-ce pas ? » demanda Mio.

« Ah, oui… Excusez-moi, » déclara Colbert.

Même s’il se sentait un peu troublé, Colbert était allé dans la chambre de Mio. La chambre était simple, avec un lit et pas grand-chose de plus. Il n’y avait pas de vrai mobilier, juste un mannequin sur lequel Mio pouvait mettre son armure et ses deux épées étaient appuyées contre le mur.

Mio avait offert une chaise à Colbert, et elle s’était assise sur le lit en face de lui. « Sire Souma vous a-t-il demandé de venir me voir ? »

« Ah ! oui. Il y a ça, mais… » Incapable de regarder Mio dans les yeux, le regard de Colbert s’égarait pendant qu’il parlait. « Je voulais revivre de vieux souvenirs, alors j’aimerais parler, même si ce n’est que pour un court instant. »

« De vieux souvenirs ? … En y repensant, vous me semblez familier. » Mio fixa le visage de Colbert. « Vous n’êtes pas de l’armée, n’est-ce pas ? Vous ressemblez plus à un bureaucrate. »

« Oui. J’étais à l’origine impliqué dans les finances de la Principauté d’Amidonia. Lorsque le duc Carmine était encore en vie, je vous rencontrais parfois avec Julius lorsque nous faisions de la médiation, après des affrontements. Bien que je ne pense pas que nous n’ayons jamais parlé plus que quelques mots l’un à l’autre. »

« Oh ! À cette époque !? » Mio avait tapé dans ses mains.

« Vous en souvenez-vous ? » demanda-t-il.

« Oui. Père a toujours fait l’éloge de vous deux. Il disait : “Il y a aussi de bons jeunes à Amidonia”. Oh, oui… Il n’y a plus de différence entre Elfrieden et Amidonia maintenant, hein ? » demanda Mio.

Peut-être parce qu’elle avait appris qu’il était une connaissance, Mio se comportait de manière beaucoup plus décontractée maintenant.

Colbert fit un signe de tête. « Techniquement, c’est un Royaume-Uni, mais oui, nous sommes devenus un seul pays. »

« C’est donc pour cela que vous servez le roi Souma ? Et Sire Julius ? » demanda Mio.

« Il s’est passé beaucoup de choses, mais il est dans le nord maintenant, et il se porte plutôt bien. Il a épousé la princesse d’un royaume où il séjournait, et il travaille dur pour sa famille, » répondit Colbert.

« Sire Julius a-t-il vraiment fait ça ? Ce type qui avait les yeux si froids ? Je ne peux même pas l’imaginer, » déclara Mio.

La conversation avait éclaté comme si c’était un couple de vieux amis. Colbert savait que même s’il essayait de creuser le sujet, Mio ne lui dirait pas ses intentions, alors il s’efforçait de comprendre comment elle était tout en faisant des badinages oiseux.

Quand il lui parlait ainsi, il ne pouvait que la voir que comme une fille normale. Son expression changeait au moindre détail et elle gloussait lorsqu’il lui racontait une histoire drôle. Il ne ressentait aucune hostilité, aucune méfiance, et elle ne semblait s’inquiéter de rien.

En fait, elle était si naturelle qu’elle ne semblait pas gênée par la provocation de la tenue qu’elle portait en ce moment, et sa poitrine se balançait chaque fois qu’elle réagissait à quelque chose. À plusieurs reprises, Colbert avait détourné le regard, gêné.

« Vous continuez à regarder ailleurs ? Pourquoi ? » demanda Mio.

Après un certain temps d’encouragement, elle était devenue méfiante, alors Colbert avait abandonné et lui avait dit. « Pourriez-vous, euh… vous mettre quelque chose sur le dos ? »

« Hm ? Je n’en ai pas besoin. Ce n’est pas comme si j’étais nue. » Mio lui avait lancé un regard vide. Parce qu’elle avait passé beaucoup de temps à s’entraîner avec des hommes costauds, elle n’avait apparemment pas beaucoup de timidité féminine. « Je suis fière de ne pas avoir beaucoup de viande en trop sur moi. »

« Eh bien, oui… Vous n’en avez pas, mais…, » balbutia Colbert.

« C’est le corps que ma mère et mon père m’ont donné. De quoi dois-je avoir honte ? » demanda Mio.

Mio était si audacieuse que Colbert avait commencé à se sentir efféminé de s’être laissé déranger. Il avait fait de son mieux pour continuer sans regarder sa poitrine.

« En parlant de votre père, vous ne lui ressemblez pas beaucoup, hein ? Le Duc Carmine était terrifiant à voir, mais vous êtes… euh… belle, » balbutia Colbert.

« Ahaha, merci. On me dit toujours que je tiens mon apparence de ma mère. Avec la plainte : “Si tu t’étais aussi occupé qu’elle des choses de l’intérieur, tu serais devenue une vraie dame”. »

« Ce n’est pas vrai…, » déclara Colbert.

« Je peux le reconnaître moi-même. Mon père m’a donné mon entêtement. » Mio avait laissé échapper un rire effacé. « Mais même si vous avez dit qu’il était terrifiant, vous n’avez pas hésité à donner votre avis à mon père, n’est-ce pas ? J’ai été impressionnée. »

« Eh bien… Le duc Carmine ne frappait pas les gens qui exprimaient leur opinion, » déclara Colbert.

« Hein ? Est-ce que quelqu’un vous a donné un coup de pied ? » demanda Mio.

« Eh bien, oui. Le Seigneur Gaius, et assez fréquemment…, » déclara Colbert.

Lorsqu’il travaillait dans la Principauté d’Amidonia, chaque fois qu’il essayait de réprimander Gaius VIII, l’homme s’était mis en colère et lui donnait des coups de pied. S’il avait pu le faire passer pour quelqu’un qui n’écoutait pas, comme Roroa l’avait fait, il aurait été bien. Mais, parce qu’il avait le malheur d’avoir une personnalité sérieuse, il s’était heurté à tous les officiers de l’armée, sauf à Julius.

« Les militaristes me détestaient parce que je parlais trop comme une mauviette selon eux, » déclara Colbert.

« Hee hee, on dirait que vous avez aussi une personnalité difficile. » Mio avait fait un petit sourire, mais avait fini par avoir une expression sérieuse. « Hé, Sire Colbert. »

« Oui ? » demanda Colbert.

« Savez-vous quelque chose sur la série d’événements qui ont conduit mon père à se rebeller ? » demanda Mio.

« Je —, » Colbert n’avait pas pu trouver de réponse immédiate face à son regard sérieux. Il ne savait pas trop comment réagir, mais sa sincérité lui avait fait penser qu’il devait néanmoins lui donner une réponse. « … Je n’ai commencé à servir le Royaume qu’après l’annexion d’Amidonia, donc on ne m’a rien dit de la rébellion du Duc Carmine, puisque cela s’est passé avant. »

Le fait est que Colbert n’avait aucune information sur la rébellion qui n’était pas de notoriété publique. Les personnes qui connaissaient la situation étaient très faibles. Seuls Souma et ses épouses, ainsi qu’un très petit nombre de leurs proches, étaient probablement au courant.

« … Ah oui ? » Les épaules de Mio s’affaissèrent dues à la déception, n’ayant senti aucun mensonge dans ses paroles.

En la regardant, Colbert avait dit. « Madame Mio, vous… »

« S’il vous plaît, ne demandez pas, Sire Colbert. » Mais Mio le repoussa gentiment. « Je suis sûre que personne ne veut ce que je souhaite. Au fond, Mère voulait probablement m’arrêter, et Père… s’il était là, il se mettrait en colère, et me dirait de m’occuper de mes affaires. »

Mio avait regardé les longues épées contre le mur.

« Mais c’est toujours la seule voie que je peux emprunter, » déclara Mio.

« Madame Mio… »

Sentant sa détermination, Colbert ne pouvait pas en dire plus.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

Laisser un commentaire