Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 10 – Chapitre 1 – Partie 2

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Chapitre 1 : L’Oni rouge est bleu

Partie 2

Halbert pensait avoir peur de Fuuga, mais Glaive disait qu’une grande partie de ce qu’il craignait était l’incertitude de fonder une famille. Si c’était vrai, cela signifiait que l’incertitude avait pris la forme du fantôme de Fuuga.

« Parles-tu par expérience ? » demanda Halbert.

« Eh bien… oui, je suppose que oui, » répondit Glaive.

En voyant Glaive agir avec un certain malaise, Halbert fut stupéfait. Même Glaive au visage sévère avait paniqué comme lui avant de se marier.

Glaive s’éclaircit la gorge et déclara à son fils. « Ahem... Pourtant, même si ce n’est pas la racine de tes soucis, tu considères vraiment ce Fuuga comme une menace, n’est-ce pas ? Si tu es si incertain, plutôt que de suivre une formation qui ne te sera pas bénéfique ici, pourquoi ne pas te rendre dans un endroit où tu pourras te concentrer et t’entraîner sérieusement ? »

« S’entraîner sérieusement ? » demanda Halbert.

« Avant de prendre ces deux-là comme partenaire de vie, il serait bon que tu passes un peu de temps seul avec toi-même. Heureusement, avec le déploiement du réseau de transport de Sa Majesté, il est devenu beaucoup plus facile de se déplacer dans le pays. Je les installerais toutes les deux dans la maison ici, alors utilise ta permission pour aller où tu veux, entrer en contact avec une variété de personnes, et t’entraîner à ta guise, » déclara Glaive.

S’entraîner seul. C’était une proposition intéressante pour Halbert. Il n’allait certainement pas être capable de se concentrer ici. Dans ce cas, ce serait une bonne occasion de jeter un regard neuf sur lui-même.

« Mais est-ce que c’est bon ? » s’inquiéta-t-il. « Kaede et Ruby ne vont-elles pas s’énerver ? »

« Même si elles le font, tu dois leur dire toi-même. Oh, je suis sûr qu’elles ne seront pas contentes, mais elles croiront en toi et te laisseront partir, » répondit Glaive.

« Ouais… »

« Mais ne fais rien qui puisse attrister ces deux filles. Si tu veux piétiner dans les quartiers de fleurs juste parce que c’est la dernière fois que tu seras célibataire, tu mangeras ma poigne de fer et celle de ta mère pour te punir, » déclara Glaive.

Glaive semblait désespéré quand il avait fait cette dernière menace.

« Je n’avais pas l’intention de faire quelque chose comme ça…, » déclara Hal. Il avait fait une pause. « Ne me dis pas que tu l’as fait ? »

Glaive avait eu des sueurs froides en plaçant une main sur l’épaule de son fils. « Souviens-toi que certaines choses ne seront pas pardonnées comme des indiscrétions de jeunesse. Si tu mets en colère celles qui seront tes partenaires de la vie, attends-toi à ce qu’elles prennent le contrôle total de ta vie conjugale à l’avenir. »

Hal était resté silencieux.

Est-ce la raison pour laquelle, malgré la gentillesse de sa mère, la Maison de Magna était sous sa domination ?

Ayant l’impression d’avoir entrevu certaines des circonstances de sa propre famille, Halbert décida de faire attention à lui-même.

De retour à la maison, Halbert fit ce que Glaive avait dit et révéla à Kaede et Ruby qu’il voulait partir pour un voyage d’amélioration personnelle. Quand il l’avait fait, leur réponse avait été…

« Si c’est ce que tu veux, Hal, c’est comme ça que ça doit être, tu sais, » déclara Kaede.

« Quand tu seras satisfait, reviens vite, » déclara Ruby.

… de l’accepter avec des sourires ironiques.

Il semblait qu’elles s’inquiétaient toutes les deux du fait que Halbert ne se comportait pas comme lui-même ces derniers temps. Halbert était très reconnaissant pour leur gentillesse.

Empruntant un cheval de guerre à Glaive, Halbert s’embarqua donc seul pour un voyage.

Il voyagea pendant deux jours au sud de Randel à cheval.

Finalement, une forêt profonde était apparue à l’horizon. C’était le domaine autogéré des elfes sombres, la Forêt Protégée par Dieu.

C’était la troisième fois que Halbert venait dans la forêt. La première fois, c’était pour apporter de l’aide lors d’un désastre, et la seconde pour escorter Souma lorsqu’il venait présenter ses respects au père d’Aisha avant de l’épouser.

Quand Halbert avait dit aux guerriers elfes sombres qui montaient la garde à l’extérieur de la forêt qu’il voulait aller au village, on lui avait rapidement permis de passer, car il était un visage familier.

Ils avaient dit qu’ils enverraient un messager kui pour informer le chef qu’il venait, alors Halbert avait remercié les gardes et s’était rendu dans la forêt à cheval.

Pendant la promenade à cheval cahoteuse, Halbert avait pensé à des choses.

C’était vraiment mauvais à l’époque. Comme quelque chose qui sort de l’enfer…

Il avait l’impression que le sentiment d’avoir regardé Fuuga s’apparentait à une catastrophe naturelle. Comme si quelque chose au-delà de la connaissance humaine possédait un pouvoir incroyable, et qu’il n’était qu’une mouche devant sa puissance.

C’était dans cette forêt que Halbert avait ressenti pour la première fois sa propre impuissance.

C’était exactement pour cette raison qu’il l’avait choisi comme premier endroit où aller lorsqu’il avait voulu jeter un regard neuf sur lui-même.

Ai-je changé depuis ? Je commande les Dratroopers sous les ordres de Kaede maintenant, oui. Et j’ai gagné une partenaire fiable et je monte sur Ruby. J’ai aussi reçu une arme incroyable de l’artisane Taru. Mais quant à moi, moi-même…

Pendant qu’il pensait à ces choses, il était soudain arrivé dans un espace dégagé.

Dans la forêt protégée par Dieu, qui avec ses nombreux arbres était sombre même au milieu de la journée, c’était le seul endroit sans grands arbres, le ciel dégagé s’étendant au-dessus de lui.

C’était là que le glissement de terrain s’était produit. Comme le glissement de terrain avait abattu tous les grands arbres, c’était le seul endroit sans arbres.

Halbert était descendu pour voir cette scène.

À l’époque, la terre qui recouvrait le sol était brun foncé, mais maintenant elle était recouverte de vert, et il y avait de jeunes arbres aussi grands que Halbert.

Sentant quelqu’un derrière lui, Halbert se retourna pour trouver un guerrier elfe sombre souriant.

« Sire Halbert, je ne vous ai pas vu depuis la visite de Sire Souma. »

Le jeune homme était le père d’Aisha et le chef de la forêt protégée par Dieu, Wodan Udgard.

« Cela fait trop longtemps, Sire Wodan, » déclara Halbert. « Je suis désolé d’être venu si vite. »

Halbert regretta de s’imposer, mais Wodan étendit les bras pour l’accueillir.

« Ce n’est pas la peine d’y penser. Vous avez fait beaucoup pour nous, donc vous êtes toujours le bienvenu. Je suis sûr que Sur et Velza auraient été heureux de vous voir s’ils avaient été là. »

« Sont-ils partis actuellement ? » demanda Halbert.

« Oui. Il semble qu’ils aient quitté la forêt pour une affaire urgente il y a quelques jours, » déclara Wodan.

« Je vois… Je suis un peu déçu d’entendre ça, » déclara Halbert.

Velza, une jeune elfe sombre de douze ans, s’était attachée à lui après qu’il l’eut sauvée pendant le désastre. Puisqu’il était de toute façon à la forêt protégée par Dieu, ça aurait été sympa de la voir, mais si elle n’était pas là, c’était dommage.

Wodan demanda. « Alors, qu’est-ce qui vous amène dans la forêt protégée par Dieu ? »

« … Je m’entraîne en ce moment. Pour me réévaluer et m’améliorer, » répondit Halbert.

« L’entraînement… c’est ça ? Je crois me souvenir d’avoir entendu dire que vous vous marieriez bientôt, n’est-ce pas, Sire Halbert ? En même temps que ma fille va épouser Sa Majesté, » déclara Wodan.

« Eh bien… oui, mais…, » commença Halbert.

« Hm, il semble que vous ayez vos raisons. Pourriez-vous me les raconter ? » demanda Wodan.

Lorsque Wodan avait demandé cela avec sincérité, Halbert avait raconté la séquence des événements qui l’avaient mis sur ce voyage. Quand il parla de Fuuga, Wodan avait gémi avec un regard complexe.

« Il y a donc un guerrier qui peut même faire reconnaître sa supériorité à mon Aisha ? Honnêtement… Le monde est vaste, n’est-ce pas ? » déclara Wodan.

Pour Wodan, qui connaissait la force d’Aisha mieux que quiconque, il était difficile de croire qu’il y avait un être dehors que même elle craignait. Cependant, quand l’expression torturée de Halbert lui avait dit que c’était la vérité, il avait tremblé.

Halbert soupira et déclara. « J’ai… peur de cet homme. S’il devient un jour un ennemi, pourrai-je gagner contre lui ? Serai-je capable de protéger Kaede et Ruby, mes futures épouses ? J’y pense trop, et cela me fait même douter que je doive les épouser. »

« Hmm…, » Wodan semblait penser à ce qu’on lui avait dit depuis un moment. Le silence était gênant, et pendant que Halbert attendait qu’il dise quelque chose, Wodan avait soudain laisser sortir un. « C’est de la faiblesse. »

« Hein !? » Confronté directement à sa faiblesse, Halbert avait dégluti.

Voyant la réaction, Wodan avait réalisé son mauvais choix de mots et s’était corrigé. « Je ne dis pas ça pour vous critiquer. Nous portons tous en nous une faiblesse à un degré ou à un autre. Ce qui importe, c’est de savoir si nous pouvons ou non y faire face. »

« Vous voulez dire, affronter notre faiblesse ? » demanda Halbert.

« Oui. C’est ce que vous êtes en train de faire. Maintenant, il s’agit simplement de savoir si vous pouvez voir la véritable nature de cette faiblesse. “La faiblesse n’est jamais qu’une faiblesse”. Ces paroles ont été transmises parmi les guerriers de la forêt protégée par Dieu, » déclara Wodan.

Wodan s’était alors accroupi, faisant passer sa main le long de la mousse sur le sol.

« Dans ce désastre, l’herbe et les arbres ont été fauchés par la terre et la boue. On peut dire qu’ils étaient faibles par rapport à la terre. Notre pouvoir, aussi, était petit et insignifiant, » déclara Wodan.

Halbert était resté silencieux.

« Pourtant, regardez. Maintenant, l’herbe recouvre la même terre. L’herbe se renverse facilement, mais elle a une force qui fait plus que compenser cela. Elle a germé quelques jours seulement après la catastrophe et, en quelques mois seulement, la région était couverte de vert. Maintenant qu’environ un an s’est écoulé, de nouveaux arbres ont également commencé à pousser. Il y a une force dans ceux que nous pensons être faibles. Il en va de même pour les gens, » déclara Wodan.

Quand Wodan s’était levé, il s’était tourné vers Halbert.

« Le cœur qui connaît la peur est prudent et opposé à l’insouciance. Le cœur qui veut s’enfuir est minutieux lorsqu’il s’agit d’assurer sa propre sécurité. C’est pourquoi nous disons dans la forêt protégée par Dieu que vous ne devez pas rejeter votre peur, » déclara Wodan.

« Ne pas rejeter sa peur… ? » demanda Halbert.

Était-il important de craindre Fuuga ?

Il est certainement vrai que la prudence est importante. Cela dit, quand je me tiendrai devant Fuuga, serai-je capable de me battre ? Quand je combattrai Fuuga, que je crains, serai-je capable de défendre ce pays, de défendre ma famille ?

Pendant que Halbert y réfléchissait, Wodan gloussa.

« Si vous voulez en savoir plus sur le cœur qui connaît la peur, n’y a-t-il pas quelqu’un près de vous qui serez bien placé pour vous enseigner ? Pourquoi ne pas essayer de le lui demander ? » demanda Wodan.

« Hein ? De qui parlez-vous ? » demanda Halbert.

« Il y en a un, n’est-ce pas ? Celui qui porte la plus grande peur dans ce pays, et celui qui doit aussi agir le plus lâchement. Dans la capitale de Parnam, » déclara Wodan.

Quand il avait dit ça, cela avait frappé de plein fouet Halbert.

C’était vrai, ce type était dans une position où il devait toujours avoir peur de quelque chose. De craindre, de se préparer, et malgré sa faiblesse, de surmonter sa terreur.

Ils étaient censés être amis, donc ce n’était peut-être pas mal d’aller lui parler.

Tandis que Halbert pensait cela, Wodan, pour une raison quelconque, dégaina et prépara son arc.

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