Divas de la Bataille – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 4

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Chapitre 4 : Les Divas aspirantes aux fiancées

Partie 4

Il s’agissait du matin après qu’Alnoa ait vu Sharon partir au loin et qu’il ait appris la vérité sur Lilicia. Ils avaient passé toute la nuit à s’y préparer, et Alnoa avait forcé ses quelque deux mille soldats à marcher sans dormir, jusqu’à ce qu’ils atteignent une position à quelques kilomètres seulement de la ville marchande indépendante de Labona.

Labona avait été fondée par le marchand Zaham, connu sous le nom de Dieu du commerce, et ses sympathisants avec l’aide de Subdera. Elle s’était rapidement développée au cours du siècle dernier et était maintenant connue comme un endroit où l’on peut trouver n’importe quoi. Bien sûr, ils avaient aussi beaucoup investi dans leurs défenses. Un mur de pierre géant entourait la ville pour éloigner les bandits, et leur force militaire rivalisait avec celle d’Althos. Labona avait été attaquée à plusieurs reprises par les pays voisins. Pourtant, ils avaient toujours tenu bon contre leurs attaquants et les avaient punis en cessant tout commerce avec la nation agresseuse. Cette stratégie unique et puissante avait permis à Labona de rester indépendante jusqu’à présent.

Mais cette stratégie n’avait pas fonctionné quand l’Empire l’avait envahie. Ils avaient pris le pouvoir en une seule journée, laissant Labona sans aucune possibilité de représailles. Comme preuve de l’occupation de l’Empire, la porte d’acier, habituellement très fréquentée, était fermée et les murs étaient remplis de soldats impériaux.

« Mon Dieu, c’était après tout un piège, » déclara Cécilia.

Cécilia souriait aussi calmement que d’habitude. Une avant-garde d’environ cinq mille soldats et quelques dizaines d’abominations attendaient leur arrivée.

L’armée d’Alnoa n’était forte que de deux mille hommes, découragés et dubitatifs à cause des rumeurs. Ils étaient en sous-nombre et le moral était faible. Même si une bataille potentiellement désespérée pouvait éclater à tout moment, Cécilia semblait s’amuser. Elle fredonnait sans réfléchir et essayait de desserrer discrètement sa robe.

« Cécilia. Même si nous utilisions le Déferlement Céleste, tu n’as pas besoin d’enlever ta robe, » déclara Alnoa en regardant sa sœur.

« C’est vrai, tu as raison. Quelle honte ! » s’exclama-t-elle.

C’était presque admirable qu’elle ait pu plaisanter dans cette situation tendue. Malheureusement, Alnoa n’était pas d’humeur.

« Et nous n’utilisons le Déferlement Céleste que si nous n’avons pas d’autre choix. Je vais prouver que je peux gagner sans utiliser des pouvoirs bizarres ! » déclara-t-il avec force.

Bizarrement, aucune d’entre elles n’avait demandé ce qui s’était passé dans le sous-sol, et il n’avait pas l’intention d’en parler par lui-même pour le moment. Il ne voulait pas rendre la situation encore plus compliquée.

« Al…, » murmura sa sœur.

Il avait été ramené à la réalité par la voix inquiète de sa sœur.

« Cécili... Quel est le problème ? » demanda Alnoa.

Il se retourna pour voir le visage de Cécilia à quelques centimètres de lui.

« Al, » murmura Cécilia alors qu’elle caressait doucement les joues de son cher frère. « Al, détends-toi un peu. Tu es le roi et le commandant de ton armée. Si tu perds le contrôle de toi, cela affectera aussi tes hommes. »

Ses yeux bleus et froids avaient alors percé le cœur d’Alnoa.

Oui, c’est vrai. Leur nombre n’a pas de sens devant le pouvoir de Cécilia.

Alnoa s’était calmé et avait fait preuve de détermination. Il avait rencontré le regard de Cécilia avec un sourire ironique.

« Cécilia. Je veux sauver Jamka et Brusch dès que possible, » déclara-t-il.

Il avait posé une main sur sa taille alors qu’il affirmait ses objectifs.

« Al, ton amour pour tes amis est louable, mais tu es ici aujourd’hui pour mener tes soldats à la victoire. Ta hâte ne servira qu’à les faire paniquer. Lesfina et moi sommes ici avec toi. Alors, détends-toi, et tiens-toi fièrement devant tes troupes ! » lui conseilla Cécilia.

Son conseil calme résonnait dans le cœur d’Alnoa.

« Merci, Cécilia. Et désolé…, » commença Alnoa.

Elle avait rapidement interrompu Alnoa. « Al, ce n’est pas le moment de s’excuser. »

Ses joues rougissaient alors qu’elle disait ça.

« Merci, Cécilia, » répondit Alnoa.

Une forte explosion les avait interrompus juste après leur échange. Le martèlement des sabots secouait le sol alors que les rugissements des soldats résonnaient dans les airs.

« Merde ! Ça commence ! » Il tourna la tête vers la source du grand bruit.

« Ahh, on s’y mettait à peine, » déclara Cécilia, l’air déçu. Néanmoins, elle avait attrapé son khakkhara et s’était préparée pour la bataille.

« Cécilia, Feena, je compte sur vous. Faisons cela selon le plan, » déclara Alnoa.

« D’accord ! » répondit Cécilia.

« Bien sûr, » répondit Feena.

Elles avaient tourné leurs chevaux vers les abominations, les poussant en même temps à passer à l’action.

« Cécilia, Diva d’Althos, en route ! » cria Cécilia.

« Feena, Diva de Subdera... en route ! » cria Feena.

Les deux Divas avaient plongé vers les forces ennemies.

« Je dois aussi me préparer, » déclara Alnoa.

Alnoa les avait regardées partir avant de diriger avec force vers le front de son armée. Les soldats n’étaient manifestement pas d’humeur favorable pour la bataille, mais ce n’était pas le moment de se recroqueviller.

Il avait enflammé son cœur et avait crié de toutes ses forces. « Braves soldats d’Althos ! L’heure est venue ! Montrez-leur votre force ! »

Il n’y avait aucun doute dans sa voix. Il avait crié des phrases que Jamka lui avait préparées avec la pleine force de ses poumons afin d’inspirer ses soldats.

Mais leurs réactions avaient été ternes.

« L’ennemi est deux fois plus nombreux que nous ! Mais nous avons un atout ! Savez-vous ce que c’est !? » cria-t-il.

Un silence de mort. Personne n’avait dit un mot.

Merde, ils ne réagissent pas du tout.

Alnoa avait ignoré les gouttes de sueur froide qui coulaient sur son front et avait répondu à sa propre question. « Notre unité ! Notre confiance en nos camarades ! »

Même la plaidoirie passionnée d’Alnoa n’avait pas suffi à les émouvoir. Il savait que pour gagner une bataille, il fallait être l’armée la plus forte, et qu’il fallait de la nourriture, des fournitures et un avantage de terrain pour les soutenir. Mais ils n’en avaient pas. Ce qui signifiait qu’ils devaient s’appuyer sur une stratégie supérieure et l’unité entre les soldats. Il essayait d’inciter ses hommes à respecter ces conditions, mais cela ne fonctionnait pas.

« Allez ! Ce n’est pas la première fois que nous sommes confrontés à des situations impossibles ! » cria-t-il.

Puis il avait entendu un faible murmure de la foule.

« On ne peut pas gagner contre ces monstres. »

« O-Ouaiss ! Je n’affronterai pas ces abominations ! »

« Si tu veux te battre autant, fais-le toi-même ! Utilise le pouvoir du Roi-Démon ! »

L’un après l’autre, ils avaient commencé à exprimer leurs griefs. Les troupes organisées s’étaient transformées en une foule désorganisée en quelques secondes.

« Silence ! Nous pouvons briser leurs défenses et…, » commença Alnoa.

Il avait manqué de temps, car il pouvait voir une abomination s’approcher de plus en plus de lui du coin de ses yeux.

« Alnoa, je suis désolée, mais ils sont derrière nous, » déclara Feena.

La panique était évidente même dans la voix habituellement plate de Feena. Quelques abominations s’étaient éloignées du groupe et se dirigeaient maintenant vers eux. Elle s’était bien battue, mais ils étaient trop nombreux pour qu’une Diva puisse les retenir toute seule. Alnoa voulait déplacer les troupes pour la soutenir...

« Merde ! Ils viennent par ici ! » cria un soldat.

Mais leur cœur était inondé de peur.

« Restez calme ! Restez en formation ! S’ils pénètrent nos défenses…, » cria Alnoa.

Mais Alnoa avait été interrompu par d’innombrables boules de feu volant vers eux de derrière les abominations.

« C-Courez ! » cria l’un des soldats.

Dépassée par la peur, l’armée d’Althos avait commencé à briser les rangs et à s’enfuir.

« Arrêtez ! Ne leur montrez pas votre dos ! » cria Alnoa afin de reprendre le contrôle de ses troupes.

Alnoa ne pensait pas que sa magie était assez forte pour faire quoi que ce soit dans cette situation, mais, incapable de se résoudre à abandonner, il avait levé la main vers les flammes qui arrivaient. Puis, une boule sinistre de magie noire fut projetée hors de sa paume, engloutissant et avalant apparemment les boules de feu.

« Euh !? Quoi !? C’est moi qui ai fait ça !? » Il avait regardé sa main gauche avec les yeux grands ouverts.

Le pouvoir du Roi Démon a-t-il grandi en moi pendant mon séjour dans le sous-sol ?

Il ne pouvait penser à rien d’autre que ça.

Je ne devrais pas l’utiliser si je peux faire autrement.

Au milieu de la confusion d’Alnoa, il avait regardé la faux attachée à son dos. Évidemment, la faux ne lui avait pas rendu son regard, mais il s’était remémoré une fois de plus de ne pas l’utiliser.

« N’essayez pas de faire du mal à mon peuple ! » cria alors Alnoa.

Il avait dégainé son épée et l’avait balancée vers l’une des abominations. Mais à ce moment-là, elle s’était brisée en deux, comme s’il venait de frapper un rocher.

« Arg, tu es solide ! » s’écria Alnoa.

Il avait forcé un sourire quand l’abomination en face de lui avait levé un bras massif. Son épée avait déjà été rendue inutile, et il n’avait pas le temps de sortir son arme de rechange. Mais une lueur rouge foncé fut captée à travers le coin de l’œil.

« Merde, je dois déjà rompre mon vœu, » murmura-t-il.

Il avait fait face au bras épais du monstre, avait fait glisser la faux de son dos et il s’était positionné pour une attaque. La faux avait coupé ce bras comme un couteau chaud qui tranchait dans du beurre. Le sol avait grondé lorsqu’il s’était écrasé à côté de son cheval tel un arbre abattu.

« Urghhhh ! »

Au milieu des cris d’angoisse du monstre, Alnoa avait fait tourner sa faux, lui avait coupé la jambe et avait terminé son attaque par un coup de pied. L’abomination était tombée par terre.

« Bon sang, il s’avère que c’était quand même un porte-bonheur ! » murmura-t-il.

Il regardait la faux avec admiration. Son visage était couvert de sueur froide, non pas parce qu’il avait à peine réussi à tromper la mort, mais à cause de la puissance destructrice de son arme.

« Ahhhh ! D’autres sorts arrivent ! » Alors qu’il était assis là, étonné par sa force retrouvée, les soldats derrière lui avaient crié en raison de l’attaque.

Alnoa s’était débarrassé de la soif de pouvoir qu’il ressentait et s’était retourné juste à temps pour voir ses soldats s’enfuir en pleine panique alors que les flammes de l’enfer étaient sur le point de tomber sur eux. D’autres boules de feu, beaucoup trop nombreuses pour être comptées, volaient dans le ciel vers eux.

« À droite ! Courez à droite ! » cria Alnoa.

Il avait essayé de diriger ses soldats en lieu sûr, mais ils étaient trop paniqués pour écouter.

« Pff. Tout le monde à terre ! Maintenant ! » cria Alnoa.

Il avait encore une fois placé sa main gauche vers l’avant, mais il avait été interrompu dans son action par une voix familière.

« Boule de glace, » cria une voix féminine.

Une boule de glace massive était venue depuis l’extérieur de son champ de vision, effarante, et engloutissant les boules de feu sur son chemin.

« Al, allez-vous bien ? » Feena avait galopé jusqu’à Alnoa, gardant les abominations loin d’eux avec une variété de sorts. Il ne pouvait voir Cécilia nulle part, alors il semblerait qu’elle s’en était tenue au plan.

« Oui, je vais bien. Merci, Feena, » répondit Alnoa.

Alnoa était clairement soulagé, mais l’expression de Feena restait tendue.

« Ne baissez pas votre garde. Nous n’avons pas encore fini, » déclara-t-elle.

Elle tourna son cheval vers une autre abomination et jeta rapidement un autre sort. « Foudre ! »

Un éclair avait terminé depuis le ciel, frappant l’une des trois abominations qui couraient vers eux.

« Urgahhhhh ! » Il avait poussé un horrible cri.

« Ne vous inquiétez pas, il n’est pas mort... du moins, je pense, » déclara Feena.

Tout en frappant sa prochaine proie avec un autre attaque de foudre, elle avait fièrement regardé Alnoa. Pourtant, cette abomination avait refusé de rester au sol, haussant les épaules et reprenant sa charge vers eux.

« Arg, à quel point ces choses sont endurantes !? » s’écria Alnoa.

Alnoa avait fait tournoyer sa faux incroyablement tranchante et avait frappé l’abomination avec son manche. Son attaque avait arrêté le monstre dans sa charge.

« Bloc de glace ! » cria Feena.

Feena avait complété l’attaque avec un sort, gelant les pieds de l’abomination et la rendant immobile.

« Cette glace est vraiment durable. Elle ne devrait pas se briser de sitôt, » elle parlait avec fierté. Mais le simple fait d’empêcher un monstre n’avait pas arrêté la horde.

Que devrions-nous faire ?

Il essayait désespérément de trouver des moyens de neutraliser les troupes ennemies, mais tout ce qu’il pourrait faire exigerait une immense quantité de préparation.

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2 commentaires

  1. Bonsoir. Je signale un s en trop dans le second paragraphe :

    en cessant tout commerce avec la nation agresseuse''s''

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