Divas de la Bataille – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 3

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Chapitre 4 : Les Divas aspirantes aux fiancées

Partie 3

Mises à part les idées de Jamka envers les esclaves, cela expliquait pourquoi il avait essayé d’assassiner Alnoa.

« Oh mon Dieu. Il est donc possible qu’ils utilisent Brusch comme otage pour forcer Jamka à faire ce qu’il a fait, » déclara Cécilia.

Alnoa acquiesça d’un signe de tête face à l’expression soulagée de Cécilia, mais son propre visage restait raide.

Il voulait immédiatement envoyer une équipe de sauvetage.

« Je pense que c’est un piège, » Feena avait tranquillement écouté le rapport de Lilicia et en avait tiré ses propres conclusions.

« Je suis d’accord. Le fait que nous ayons pu attraper un espion si facilement, et qu’il ait été si coopératif est un cadeau bien trop évident. Ils veulent m’attirer à Labona, » Alnoa avait craché ses mots, offensé par le culot de l’Empire.

« Mais nous devons y aller, » ajouta Feena un peu plus tard.

Alnoa hocha la tête en silence. S’ils n’agissaient pas rapidement et avec toutes les précautions nécessaires, ils mettraient en danger la vie de Brusch et de Jamka.

« Lilicia, dis à Dante de rassembler immédiatement les troupes. Ne laisse que le nombre de soldats absolument nécessaire pour garder le château et qu’ils se préparent à partir pour Labona. Nous irons là-bas pour sauver Brusch, et... et peut-être aussi Jamka, » ordonna Alnoa.

Le visage d’Alnoa avait fait une grimace lorsqu’il avait prononcé le nom de son ex-vice commandant et ainsi, il avait ordonné une attaque contre Labona.

Je dois le leur donner, ils m’ont forcé la main. Nous pourrions nous occuper de Jamka et des rumeurs, mais maintenant ils paralysent notre pays et posent un piège que nous ne pouvons tout simplement pas éviter.

« Ils nous surestiment là, » déclara-t-il.

Il avait alors poussé un gémissement. Leur plan semblait beaucoup trop élaboré pour un petit pays, même avec trois Divas à l’intérieur de ses frontières.

« Quoi qu’il en soit, nous devons faire ce que nous pouvons, » annonça-t-il finalement.

Il lança un dernier regard de regret dans la direction qu’avait prise le carrosse de Sharon avant de se retourner pour faire face à Cécilia et Feena.

« Cécilia, Feena. J’ai quelque chose à vous demander, » déclara-t-il.

« Bien, bien. Tu sais que je ferais n’importe quoi pour toi ! » répondit Cécilia.

« Une bonne épouse suit son mari partout où il va, » répondit de son côté Feena.

Elles l’avaient rassuré avec leurs doux sourires (bien que celui de Feena était à peine visible).

« Euh... Roi Alnoa, » en entendant une voix inattendue, il se retourna et trouva Lilicia derrière lui.

« Lilicia, que fais-tu ici ? Je t’ai dit d’aller chercher Dante..., » commença-t-il.

Ses mots s’étaient finalement arrêtés. Il avait l’impression que quelque chose clochait chez elle, même si elle n’avait pas l’air différente de la normale. Avant de pouvoir exprimer ses préoccupations, il s’était trouvé fasciné, voire même attiré par son sourire.

« Le roi Alnoa. Que dirais-tu si je te disais qu’il y a un moyen de sortir de cette situation difficile ? » demanda Lilicia.

Son ton doux et obéissant habituel avait été remplacé par un ton plus agressif et séducteur.

« Je t’écoute, » après quelques instants de silence, il avait accepté de l’écouter.

Je ferais même un pacte avec le diable pour protéger ce pays.

« Compris. Alors..., » elle avait commencé à parler avec une expression qui lui donnait l’impression d’avoir attendu des milliers de vies pour partager ce secret.

Alnoa n’avait même pas eu le temps de se morfondre sur le départ de Sharon en écoutant l’histoire de Lilicia. Cela lui avait rappelé qu’elle lui lisait des contes de fées il y a longtemps.

 

☆☆☆

 

« C’est..., » murmura-t-il.

Alnoa fronçait les sourcils. Le chemin de pierre oublié depuis longtemps jusqu’au sous-sol était humide, sombre et couvert de moisissure. L’air humide qui les avait frappés était comme un signal d’alarme, essayant désespérément d’empêcher toute chose vivante d’entrer. Ils prirent une lanterne pour éclairer le long et étroit sentier, qui semblait s’éterniser.

Nous pourrions utiliser le pouvoir du Roi-Démon endormi.

La proposition choquante de Lilicia n’avait pas quitté l’esprit d’Alnoa. Elle le conduisit dans un passage que seules les membres de la royauté d’Althos auraient dû connaître. Cécilia et Feena auraient bien sûr voulu les rejoindre, mais Lilicia avait fermement décliné leur demande, ne laissant qu’elle et Alnoa pour marcher sur le chemin de l’enfer.

« Roi Alnoa, connais-tu la légende du Roi-Démon ? » Elle s’était soudainement tournée vers Alnoa avec une question.

« Bien sûr, bien sûr. Après sa défaite, il a été scellé ici, et notre famille royale a été chargée de le surveiller, » Alnoa avait répondu fièrement en gonflant sa poitrine.

« Hehe. Presque, mais pas exactement, » cependant, Lilicia le regardait maintenant comme s’il n’était qu’un imbécile.

« Alors, dis-moi, quelle est la vérité !? » demanda-t-il.

Il devenait de plus en plus irrité.

« Hmm... Veux-tu vraiment savoir la vérité ? » Lilicia avait souri sournoisement, ne se formalisant pas de l’irritation d’Alnoa.

« Qui es-tu !? » s’écria Alnoa alors qu’il avait dégainé son épée présente avant ça à sa taille et avait menacé Lilicia.

« Haha ! Ne fais pas cette tête effrayante ! Tu ne peux même pas m’égratigner avec ce bâton ! » répliqua Lilicia.

Son rire sournois se répercutait dans les longs couloirs. Le rire sournois qu’elle avait perfectionné pour rabaisser les autres était sur le point de rendre Alnoa enragé, mais juste avant qu’il ne perde son sang-froid...

« Nous sommes arrivés~♪ ! » déclara-t-elle.

« C’est..., » commença Alnoa.

La rage d’Alnoa avait été ébranlée par le choc de ce qui se trouvait devant lui : une porte assez grande pour un géant, faite d’un matériau qu’il n’avait jamais vu auparavant. Elle était ornée de deux faux massives, beaucoup plus grandes que celles que la Mort elle-même utiliserait, se croisant l’une sur l’autre. Ou du moins, c’était ce à quoi Alnoa supposait qu’il devait ressembler, car une seule faux était actuellement sur la porte.

Il commença à se demander où se trouvait l’autre faux, mais décida rapidement de garder cette pensée pour plus tard.

Son intuition lui criait dessus. Derrière cette porte se trouvait le Roi-Démon. Il aurait dû être scellé hermétiquement, mais Alnoa pouvait sentir une énergie magique de mauvais augure s’échapper à travers elle. Il ne pouvait pas dire s’il avait chaud ou froid, mais la sueur coulait de son front. La seule chose dont il était sûr, c’est qu’il tremblait devant cette porte imposante.

« Roi Alnoa, viens, par ici ! Viens, tu es si lent ! » déclara Lilicia.

Lilicia s’approcha nonchalamment de la porte, ne se préoccupant nullement de l’état actuel d’Alnoa. Sa voix enjouée contraste fortement avec son état d’esprit.

« Viens ici et effectue le signe du réceptacle ! » Elle l’avait invité à venir près de la porte.

« Le signe du réceptacle ? » demanda Alnoa.

Un feu rouge s’était éteint dans la tête d’Alnoa. Ce n’était pas le moment de s’inquiéter à ce sujet, ni même de penser à s’en inquiéter.

« Lilicia. Qui es-tu donc !? » demanda Alnoa.

Son rire sournois résonnait encore une fois autour d’eux.

« Je suis Lilicia, un succube et une fidèle servante du Roi-Démon. Je coopère avec les dirigeants du pays depuis des centaines d’années afin de trouver un réceptacle approprié pour le Roi-Démon, » répondit-elle.

Et c’est ainsi qu’elle avait révélé sa véritable identité.

« Euh !? Es-tu un... succube !? » s’écria-t-il.

Il avait toujours trouvé bizarre que son apparence n’eût pas changé de façon significative depuis qu’il la connaissait. Elle était la servante en chef au moins depuis le règne du Roi-Sorcier, peut-être que sa situation unique l’avait empêché de se poser trop de questions à ce sujet.

« J’ai travaillé aux côtés des dirigeants de ce pays pendant des générations pour tenter de ranimer le Roi-Démon. Mais quand le réceptacle est finalement né, votre père a arrêté le projet. » Elle avait continué sans même essayer de cacher sa colère. « Même moi, je ne pouvais pas me comparer à ses pouvoirs, alors j’ai dû travailler comme femme de ménage et m’occuper de sa famille. Mais cela se termine aujourd’hui ! »

Elle avait fait un sourire soulagé.

« Alors, Roi Alnoa. Aurais-tu la gentillesse d’emprunter le pouvoir du Roi-Démon et de chasser rapidement l’Empire ? Ainsi, tu peux lui confier ton corps et lui permettre de prendre le contrôle du continent... non, prendre le contrôle du monde entier ! » Lilicia avait révélé ses vraies intentions sans même avoir fait un battement de paupières.

Althos travaillait à faire revivre le Roi-Démon jusqu’au règne de mon père !?

Lilicia avait souri à Alnoa, qui avait les doigts pressés contre ses tempes, la confusion s’avérait trop grande pour lui.

« Pour une raison inconnue, le Roi-Démon ne peut plus utiliser que la moitié de son pouvoir. Mais c’est la moitié du pouvoir qu’il avait contre la Valkyrie. Maintenant que le pouvoir de la Valkyrie est divisé en sept parties, les Divas n’ont aucune chance contre lui, » déclara Lilicia.

Sa stratégie était de l’attirer avec un pouvoir incommensurable.

« Cela signifie aussi qu’il ne met que la moitié de la pression sur l’hôte. Je crois que tu aurais une bonne maîtrise de ses pouvoirs, » annonça-t-elle.

J’aurais le pouvoir du Roi-Démon qui coule dans mes veines...

Il avait été tenté par son sourire envoûtant et ses mots séduisants.

« Alors, viens ici et déverrouille le sceau ! » déclara-t-elle.

La force de protéger tout le monde est devant moi...

Il avait lentement avancé vers Lilicia, comme s’il était possédé.

« Viens, mon roi ! » murmura-t-elle.

L’attirant vers les profondeurs de l’enfer, elle l’exhortait à accepter le pouvoir maudit.

Mais soudain, il s’était éloigné de la porte.

« Hein ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi tu t’es arrêté ? » demanda Lilicia.

« Lilicia. Penses-tu que les filles qui ont servi le Roi-Démon étaient heureuses quand il a été vaincu ? » Ignorant l’explosion de colère de Lilicia, Alnoa posa calmement une question.

« Quoi !? Tu commences à agir sérieusement pour simplement demander quelque chose d’aussi insignifiant !?? Bien sûr qu’elles n’étaient pas heureuses ! Elles le respectaient, l’adoraient ! Quoi qu’il en soit, il n’y a pas le temps pour ça maintenant, viens ici ! » cria Lilicia.

Les années passées de Lilicia en tant que femme de chambre d’Alnoa l’obligeait à répondre à sa question. Mais elle s’était rapidement rendu compte de sa position actuelle et avait gonflé ses joues.

« Oui, exactement. C’est terrible, » déclara-t-il.

Il s’éloigna encore plus loin de la porte et se tourna vers Lilicia.

« Alors, j’ai pris ma décision. Je gagnerai contre l’Empire en utilisant mon propre pouvoir, » il l’avait déclaré sur un ton ferme et digne.

« Te rends-tu compte de ce que tu fais ? C’est impossible ! » s’exclama Lilicia.

« Tu ne sais pas jusqu’à ce que tu essaies. Je ne voudrais pas voir le désespoir dans les yeux de mes amis quand ils auront appris que j’ai laissé entrer le Roi-Démon dans mon corps, » répondit Alnoa.

La détermination d’Alnoa lui avait permis de faire un sourire calme. L’image d’une certaine personne, la personne à laquelle vous vous attendiez le plus, flottait actuellement dans son esprit.

« Merci pour ton offre généreuse, Lilicia. Cependant, je vais faire les choses par moi-même. Je n’ai pas besoin du pouvoir du Roi-Démon. Je vais te le prouver, » déclara Alnoa.

Il avait arrêté de trembler. À un moment donné, il avait cessé d’avoir peur de l’énergie magique qui s’infiltrait par la porte. Il avait cessé de transpirer et reprenait le contrôle de lui-même.

Est-ce que je me suis habitué à cette énergie inquiétante ?

Lilicia poussa un lourd soupir et haussa les épaules. « Eh bien, je suppose que c’est ainsi. En tant que serviteur loyal du Roi-Démon, je ne peux pas recourir à la violence contre celui qui serait le réceptacle. »

Lilicia, maintenant dans une humeur beaucoup plus discrète, avait facilement sorti l’énorme faux de son enclave dans la porte.

« Euh !? C’est quoi cette magie ? »

La faux avait commencé à briller devant ses yeux. Cela n’était que maintenant qu’il avait remarqué que le manche et la lame étaient noirs, rayonnants une lumière rouge foncé de mauvais augure.

« Roi Alnoa. J’aimerais au moins que tu prennes cette faux avec toi, s’il te plaît. Vois ça comme un charme, » déclara Lilicia.

« La faux qui scelle le Roi Démon ? Comment cela peut-il être un charme si c’est quelque chose qui est maudit !? » s’écria Alnoa.

Mais celle qui le lui offrait n’était autre que Lilicia, la servante qui s’occupait de lui depuis sa naissance.

« Ne t’inquiète pas. Prendre ceci ne te maudira nullement, » répondit Lilicia.

Rassuré par ses paroles, il lui avait pris la faux avec une certaine timidité. Cela ressemblait à une faux typique alors qu’elle était entre ses mains.

« Je suppose que je peux le supporter, mais je n’ai pas l’intention de l’utiliser. » Il murmura ça à lui-même et attacha la faux à son dos.

« Merci, mon roi. Je ne peux pas quitter les côtés du Roi-Démon, mais je prierai pour que tes batailles soient couronnées de succès, » Lilicia était retournée à son état habituel et s’était inclinée respectueusement devant Alnoa.

Ne prie pas le Roi-Démon pour ma sécurité.

« Merci Lilicia. Je vais maintenant y aller, » déclara-t-il avant de se précipiter dans les escaliers.

« Je suppose que c’est bien. Nous avons au moins franchi la première étape, » le sourire envoûtant étant revenu sur le visage de Lilicia alors qu’elle regardait Alnoa partir.

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