Comment NE pas invoquer un Seigneur-Démon – Tome 9 – Chapitre 1 – Partie 1

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Chapitre 1 : Invasion de l’armée du Seigneur-Démon Suprême

Partie 1

« Je m’appelle Émile Bichelberger ! Le plus grand guerrier surhumain de Faltra, avec un niveau de 99 ! » un homme s’était présenté d’une manière imposante.

Cet homme était un guerrier vêtu d’une armure dorée. Bien qu’il soit humain, sa carrure était aussi massive que celle d’un pantarien masculin, et il portait une épée cramoisie sur son dos. Il se rendait à Faltra en provenance d’une autre ville lointaine lorsqu’il était tombé sur une voiture renversée et un nain qui semblait être dans la fleur de l’âge.

« Un aventurier… ? Aidez-nous, s’il vous plaît ! »

« Si c’est de l’aide que vous cherchez…, » Émile tourna son regard vers l’ennemi devant lui.

Ce qui avait renversé la calèche et ce qui était en train de la piétiner, c’était un monstre, un oiseau massif et noir comme un corbeau géant. Il avait l’apparence d’un corbeau, sauf qu’il était assez massif pour avaler en entier un membre adulte des Races, et avait un bec pointu d’une longueur qui éclipsait même une épée longue. C’était une bête qui était issue des Déchus — une bête magique.

Les rumeurs annonçaient que le Seigneur-Démon se trouvant à l’ouest avait ressuscité, et il était de notoriété publique que le réveil d’un Seigneur-Démon signifiait que les bêtes magiques allaient augmenter en nombre. Ils étaient plus forts, plus agressifs et plus dangereux que les bêtes et les monstres normaux que l’on trouvait dans les champs ou les montagnes.

« Faites quelque chose, maître guerrier ! » s’écria le nain. « Ma fille est toujours dans la voiture ! »

« Votre fille, vous dites !? »

Les yeux d’Émile s’étaient élargis. Il dégaina l’épée de son dos, et l’énergie magique contenue dans la lame se transforma en flammes, brûlant son environnement. Il avait tenu l’épée dans une position élevée alors qu’il déclarait. « Je mets les femmes avant tout ! »

« Quoi… !? »

La réalisation soudaine de « Je viens de demander de l’aide à un idiot » avait flotté quelque part dans l’esprit du nain. Émile n’avait pas eu l’air de le remarquer.

« Je vais le dire encore une fois ! J’aime les femmes par-dessus tout ! Émile Bichelberger est le protecteur de toutes les femmes ! » déclara Émile.

Peu importait le nombre de regards exaspérés et perplexes qu’on lui adressait, c’était insignifiant face au noble objectif de cet homme de protéger les femmes.

« Aie pitié de toi, maudit oiseau ! » cria Émile en chargeant sur le corbeau géant.

… Mais le corbeau géant avait simplement déployé ses ailes et s’était hissé vers le haut, décollant de la voiture.

Il s’enfuit !?

Apparemment non, car après avoir volé vers le haut, il était redescendu vers Émile. Les Races avaient de nombreux moyens de combat, mais elles étaient basées sur la prémisse que l’adversaire était au sol. Un adversaire aéroporté était difficile à atteindre, et le corbeau géant prenait de l’élan en plongeant. Cela rendait son attaque égale en force au coup d’un marteau géant descendant d’en haut.

« Craaaaaaaaaaaaaaaaaaaw ! » Le monstre ouvrit la bouche et hurla.

« Trop lent ! » déclara Émile.

Émile avait sauté. Il était vêtu d’une armure qui pesait au moins autant que lui. Une personne normale aurait du mal à se tenir droite sous un tel poids, et un guerrier bien entraîné serait tout au plus capable de faire un bon jogging. Mais Émile avait sauté, atteignant au-dessus de la tête du corbeau géant qui s’abattait sur lui avec une agilité qui faisait honte même aux marcheurs des herbes agiles.

« Prends ça !! » Il avait abaissé son épée de flammes sur la bête magique.

Ne s’attendant apparemment jamais à être attaqué d’en haut, le corbeau géant s’était figé de surprise. Le bruit des os qui se brisaient retentit, et la tête de la bête magique fut rapidement fendue en deux. Une bête vivante versait habituellement du sang, mais les bêtes magiques se dispersaient plutôt en particules de lumière à leur mort.

Une seule frappe d’Émile avait détruit la créature. Il avait atterri sur le sol avec un bruit sourd, ses lèvres se recourbant en un sourire.

« Hehe... Est-ce qu’une autre femme est tombée amoureuse de moi en raison de ma force écrasante ? » demanda Émile.

Émile se retourna vers la calèche, où le nain et sa fille n’avaient qu’un regard de gratitude envers lui…

Mais ils étaient partis. Il n’y avait personne. Émile avait vérifié à l’intérieur de la voiture pour être sûr, mais n’avait pas pu trouver un chaton errant à l’intérieur. Les deux individus s’étaient enfuis pendant qu’il se battait.

En soupirant, Émile sentit ses lèvres se relâcher.

« Oh, mon Dieu, toi, petite fille timide. » Il avait passé ses doigts dans ses cheveux à l’avant. « Dire que tu serais trop timide pour montrer ton visage à l’homme qui t’a plu. »

Émile était extrêmement positif, comme d’habitude…

*

Quand la cloche de midi avait sonné, Émile avait franchi les portes de Faltra. L’atmosphère dans la ville était trop lourde. Il y avait habituellement des échoppes pleines de clients le long de la rue principale, mais à l’heure actuelle, il n’y avait pas un seul résident en vue. La majorité des entreprises avaient été fermées, seuls les auberges et les magasins d’armes étant toujours en activité. Au lieu de civils, il y avait beaucoup de soldats qui se déplaçaient. Beaucoup d’entre eux étaient revêtus d’armures, et lourdement équipés. Certains d’entre eux regardèrent Émile d’un air méfiant, mais il leva simplement la main vers eux d’une manière aussi facile.

« Salut, il y a des festivités aujourd’hui ? » demanda Émile.

« Émile !? Tu es vivant, espèce de chien fou ! Je ne t’ai pas vu depuis des lustres ! » Un petit groupe de soldats s’était rassemblé autour de lui.

Émile était une sorte de célébrité locale à Faltra. C’était peut-être un aventurier, mais il était bien connu des soldats comme un guerrier fiable. Il avait également beaucoup d’amis à cet égard.

« “Vivant”, dites-vous ? Bien sûr que je le suis ! C’est de l’Émile Bichelberger dont vous parlez ici ! Tant qu’il y aura des femmes à défendre dans ce monde, je ne tomberai jamais ! » déclara Émile.

« Tu ne changeras jamais… Mais je suppose que c’est à cause de cette personnalité que tu es revenu dans un moment pareil, hein ? » déclara un autre soldat.

Alors que les soldats semblaient heureux d’être réunis avec un vieil ami, leurs expressions étaient empreintes d’une tristesse tragique. Les choses étaient-elles vraiment si mauvaises ?

« Comment ça se passe à l’Ouest ? » demanda Émile.

« Nous avons décidé d’abandonner le pont Ulug. L’armée du Seigneur-Démon aurait atteint la forêt Mangeuse d’Hommes. D’après les rapports, ils sont nombreux, et il y a aussi beaucoup de bêtes magiques de grande classe. »

« Ohh… Mon bras armé palpite d’excitation, » déclara Émile.

Les paroles d’Émile incitèrent les soldats à échanger des regards.

« J’aimerais avoir un peu de ton optimisme sans fond. Faltra pourrait être détruite cette fois… »

Un autre soldat acquiesça d’un signe de tête grave. « Même avec une barrière qui repousse les Déchus… Il n’y a aucune chance qu’on puisse tenir plus de quelques mois, enfermés en ville. »

« Tout va bien se passer ! » Émile posa des mains encourageantes sur leurs épaules.

« Hein ? Quoi !? As-tu une sorte de plan secret ? Ou est-ce que des renforts de la capitale arrivent !? »

« Je n’ai pas de plan et je doute que des renforts arrivent. C’est le roi de Lyferia, il n’affaiblirait pas ses propres défenses maintenant que le Seigneur-Démon s’est réveillé, » déclara Émile.

« Alors il n’y a rien de bien là-dedans… »

« Mais tout ira bien ! Ayez foi, si ce n’est en rien d’autre que moi ! » déclara Émile.

« Hein ? »

« Je défends avant tout les femmes, mais je vous protégerai tant que j’y suis ! Alors, aussi loin que vos épées vous atteignent, assurez-vous de garder les femmes en sécurité ! » déclara Émile.

« Ahahaha, pendant que tu y es, hein…, » les soldats avaient échangé des sourires exaspérés. « Je me sens bête d’être déprimée à cause de ça quand je te regarde. »

« Être déprimé, c’est de la folie. Mais s’il y a un fait qui ne changera jamais… c’est que nous, mes amis, sommes les protecteurs de toutes les femmes ! » déclara Émile.

« Tu as raison sur ce point ! » Le soldat acquiesça de la tête.

« Bordel de merde ! » Un autre soldat semblait excité. « Faisons-le ! »

Ce zèle s’étendait apparemment à tout le monde autour d’eux.

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