Chronicle Legion – La Route de la Conquête – Tome 2 – Chapitre 4 – Partie 3

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Chapitre 4 : Les Chevaliers de la Grande-Bretagne

Partie 3

Un hélicoptère avait décollé du château de Nagoya puis il était finalement arrivé sur les lieux.

Il s’agissait d’un hélicoptère de transport spécial réservé aux VIP utilisé par le Fief de Tōkaidō et ayant une capacité de sept passagers. Les sièges étaient en cuir véritable et le décor de la cabine était très haut de gamme.

Il était environ 13 heures.

Sous le ciel ensoleillé, les rotors bruyants pouvaient être entendus tout au long du vol.

« Le fort tutélaire de Higashimikawa est en flammes..., » l’un des passagers, un Chevalier d’une quarantaine d’années, avait déclaré ça en état de choc.

« Higashimikawa » faisait référence à la partie orientale de la préfecture d’Aichi de Tōkaidō. Ce fort tutélaire était situé dans les montagnes, en plein centre entre la ville de Toyohashi et la ville de Gamagoori.

Il s’agissait d’un fort en étoile conçu avec une disposition de murs de fortification ayant la forme de cinq pointes.

Au centre, le donjon protecteur de la nation et divers bâtiments étaient tous en feu.

Il y avait plus de trois cents Croisés pourpres dans les airs au-dessus du fort tutélaire.

Ces Croisés provenaient du fort tutélaire de Hamamatsu à l’extrémité Ouest de la préfecture de Shizuoka. Utilisant leurs nombres écrasants, l’ennemi avait instantanément écrasé la garnison à Higashimikawa.

« C’est une variante spéciale qui est apparue pour la première fois au fort tutélaire de Fuji il y a trois jours. Selon le rapport de Rikka, le Chevalier ennemi est un Ressuscité qui prétend être Richard I... » Le vieil homme aux cheveux blancs fronça les sourcils avec du ressentiment dans sa voix.

Son nom et son titre étaient Akigase Shouzan, gouverneur général de Tōkaidō.

Akigase Shouzan était vêtu d’un kimono avec un manteau. Svelte et ressemblant à une grue, il était vraiment impressionnant. Cet homme de 68 ans donnait vraiment une impression saisissante.

Le Chevalier Rikka Akigase était l’enfant le plus âgé qu’il avait vu naître.

« Les chevaliers de la Restauration ont finalement empiété sur la terre de Mikawa ? »

L’Armée Impériale japonaise utilisait des bêtes de rétention de petite et moyenne taille pour la reconnaissance.

Bien sûr, Akigase Shouzan pouvait compter sur les rapports des renards ou des Yatagarasus, mais il avait quand même choisi de confirmer lui-même la situation sur place.

La raison en était — .

Au cours des deux derniers jours, trois autres forts tutélaires dans l’est d’Aichi étaient tombés.

« Hier, c’était Okumikawa, ce matin, c’était Atsumi... Et cet après-midi, c’était Higashimikawa. Ils font vraiment tout ce qu’ils veulent, » déclara-t-il.

Dans tous les cas, les attaques avaient été menées par des Croisés pourpres.

Il s’agissait de l’armée dirigée par Richard I, apparemment appelée les Escalibors.

Par la fenêtre de l’hélicoptère, Akigase Shouzan avait fixé son regard sur les silhouettes géantes des chevaliers rouges.

Sa forteresse de Nagoya était très près de Kinai. En allant vers l’ouest, puis en traversant la rivière Kiso, on atteindrait le fief du Kinai — la terre gouvernée par le chef de l’Alliance pour la Restauration.

La mobilisation imprudente des forces de Nagoya conduirait le Kinai à l’attaque.

Akigase Shouzan et l’armée provinciale Kinai se retenaient mutuellement de l’autre côté de la rivière Kiso. Entre-temps, il avait demandé des renforts de diverses régions voisines telles que Tōsandō, Hokuriku et Kantō. Alors qu’il négociait entre différentes factions, il avait cherché à se regrouper et à lancer une contre-attaque.

Cependant, les résultats n’étaient pas prometteurs.

Peut-être que leur plan était de sacrifier Tōkaidō — .

 

☆☆☆

 

« Edward. Que veux-tu dire par : arrêter pour l’instant l’attaque ? »

« Il faut bien se préparer avant que ces forts tutélaires conquis d’Okumikawa, d’Atsumi et d’Higashimikawa puissent servir de bases pour organiser une invasion contre Nagoya. Une simple demi-journée n’est pas suffisante pour accomplir toutes les tâches requises, comme faire signer par les résidents à proximité des promesses écrites d’obéir à la Charte de la Chevalerie, » répliqua Edward.

Quelques heures s’étaient écoulées après la chute de Higashimikawa.

Le ciel était sombre et Edward était dans le bureau du châtelain, recevant Richard qui était retourné triomphalement au fort tutélaire de Hamamatsu. C’est dans ce but qu’il avait spécialement fait un voyage depuis Hakone.

Tous les deux étaient assis sur des canapés séparés, l’un en face de l’autre avec une table basse entre eux.

« Une offensive éclair est une bonne chose, mais tu causes bien trop de destruction, » déclara Edward.

« Hmm..., » répliqua Richard.

« Et si on se reposait une semaine ? Viens avec moi à Hakone pendant cette période. Ce sera agréable de profiter des sources chaudes et des paysages d’automne, » déclara Edward.

« Hmph, » son ancêtre avec le titre de Coeur de Lion fronça les sourcils. « C’était la même chose il y a quelques jours. Je poursuivais l’ennemi après ma victoire à Fuji, mais tu m’as rappelé avant que je puisse conquérir Motosu... »

« C’était tout à fait normal. Après tout, il n’était pas nécessaire de traverser le mont Fuji pour entrer dans le territoire de Yamanashi, » expliqua Edward avec un haussement d’épaules, jamais fatigué par le lion en colère. « Même si tu as conquis les régions de Motosu et de Kouhujou, la région environnante est montagneuse et traître. Le mouvement des Légionnaires au-dessus des montagnes de ce genre, où résident de puissants esprits de la terre, entraînera une grave consommation de fluide ectoplasmique, et il n’y a pas de sanctuaires de l’eau à utiliser dans les montagnes. »

Daihosatsu, Yatsugatake, Okuchichibu, Okutama, Tanzawa, et autres...

Edward avait quelques vagues impressions quant à ces noms issus de la géographe. La région montagneuse entre Tōkaidō et Kantō était vaste avec de nombreux sommets. Il avait renoncé depuis longtemps à les mémoriser tous.

Plutôt que des noms géographiques, l’importance stratégique était plus grande.

« Si tu essaies d’envahir Tokyo en traversant les montagnes, épuisant ainsi ton armée... tu ne feras qu’agir dans le sens de l’ennemi qui attend patiemment dans le Fief du Kantō, » déclara Edward.

« C’est pourquoi je voulais marcher maintenant vers l’ouest, » déclara Richard.

« Oui, mon oncle. Mais si tu devais t’occuper de la capitale provinciale de Nagoya et que tu portais un coup mortel au Fief de Tōkaidō pendant que j’entreprendrais les préparatifs à Hakone pour envahir Kantō — ce serait le développement idéal selon moi, » déclara Edward.

Nagoya était à la fois la capitale provinciale et le cœur battant de Tōkaidō.

La préfecture d’Aichi, centrée autour de cette métropole, abritait une population et une capacité de production dépassant de loin Shizuoka et Yamanashi réunis.

Par conséquent, le Fief de Tōkaidō y avait maintenu un état de préparation militaire suffisant.

La préfecture d’Aichi comptait au total dix forts tutélaires, dont six étaient concentrés dans la périphérie de Nagoya.

« Il y a quinze Chevaliers stationnés dans ce secteur ainsi que le gouverneur général de Tōkaidō qui supervise tout. Bien qu’il ne soit pas Chevalier, j’ai entendu dire qu’il est plutôt malin et expérimenté, » déclara Edward.

S’il était Chevalier, ils auraient pu le recruter rapidement comme ils l’avaient fait avec le gouverneur général du Kinai.

Edward se souvient des pouvoirs magiques d’Eleanor qui était encore à Kyoto. D’autre part, Richard avait reniflé et avait de nouveau grogné en raison de son mécontentement.

Puis, il avait aussitôt souri d’une manière malicieuse.

« Sois honnête avec moi, Edward. Ce que tu veux, c’est me laisser cette proie inférieure de Nagoya pour que tu puisses avoir Kantō — ou plutôt la garnison romaine — tout à toi, n’est-ce pas ? » demanda Richard.

« C’est une façon assez méchante de présenter les choses, » Edward avait eu un sourire ironique lorsqu’il entendit ça, mais il ne confirma ni nia ce que venait de lui dire Richard. « Le Seigneur César n’est pas au Japon... Mais en fin de compte, c’est un grand héros. La rumeur dit qu’il a mis en place un certain nombre de plans pour protéger Tokyo en raison des faiblesses du Fief du Kantō et la Garde impériale. Même les Japonais sont dans l’obscurité quant à tout cela. »

« Oh ? »

« Le fait d’attaquer impulsivement comme un lion ne ferait que te faire tomber dans un piège. J’ai choisi d’attaquer Kantō uniquement parce que je crois que je suis plus adapté à la tâche. Mon oncle, s’il te plaît, comprends un peu ma position, » déclara Edward.

« Très bien, mais j’ai une condition. » Richard était allé directement à la chasse. « D’après ce que j’ai entendu, tu t’es bien amusé à Fuji. Il y a un groupe de Chevaliers intéressants à Suruga, qui résistent vaillamment à nos armées, n’est-ce pas ? »

« Oh, mon Dieu, mon oncle, c’est ce que tu veux dire par là, » déclara Edward.

Cet ancêtre féroce était vraiment un homme impulsive et une vision à court terme.

Cependant, le nez de Richard et divers instincts étaient exceptionnellement vifs. Il avait dû sentir la « délicieuse proie » cette fois sans même y réfléchir en profondeur.

De plus, c’était un dessert exquis qu’Edward le Prince Noir avait spécialement gardé pour plus tard.

« Très bien, qu’il en soit ainsi. Oncle, j’ai deux demandes, » déclara Edward.

« Dis-le-moi, on verra bien, » déclara Richard.

« Le premier est très simple. Avant de partir pour Suruga, j’aimerais d’abord que tu conquérais Nagoya, » déclara Edward.

« Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Mon sang chaud est sur le point de surgir en ce moment, » déclara Richard.

« Les risques l’emportent sur les avantages si tu fais intentionnellement un détour pour tomber dans un piège. Jusqu’à présent, l’homme qui rôde à Suruga... n’a pas encore révélé l’étendue réelle de ses pouvoirs. Ses talents de chasseur devraient être exceptionnels, » déclara Edward.

« Pour quelles raisons crois-tu cela ? » demanda Richard.

« Un homme qui excelle à s’échapper excellera aussi à piéger son ennemi. Dans le passé, j’ai fait face à une personne similaire, » déclara Edward.

Edward se souvient de son rival d’antan, un héros de France.

Il y avait quelque chose chez Masatsugu Tachibana qui sentait le même parfum que cet homme. Pendant ce temps, le Coeur de Lion l’avait rejeté avec un sourire sans peur. Bien que les pensées profondes ne soient pas son point fort, c’était un homme d’une capacité extraordinaire.

« Alors j’attaquerai d’une manière sérieuse au lieu de savourer de petites bouchées, » déclara Richard.

« En dehors de lui, Suruga a d’autres chevaliers compétents. Il vaudrait mieux être prudent, » déclara Edward.

« Et ta deuxième demande ? » demanda Richard.

« Après avoir conquis Suruga, localise une belle princesse aux cheveux platine éblouissants. Cette fille pourrait ostensiblement devenir un atout intéressant. Elle a un air assez semblable à celui d’Eleanor. Tu la reconnaîtras dès que tu l'aura vue, mon oncle, » déclara Edward.

Edward se souvenait de la noble dame que Masatsugu Tachibana servait à titre de chevalier.

Elle s’appelait Shiori Fujinomiya, la princesse évincée du Japon Impérial dans des circonstances curieuses.

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