Chronicle Legion – La Route de la Conquête – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 3

Bannière de Chronicle Legion – La Route de la Conquête ***

Chapitre 4 : Les Chevaliers et les Faits d’Armes (2)

Partie 3

« ... Sire Chevalier Noir, la bataille se déroule comme vous l’aviez prédit. » La poupée possédée par le génie Morrigan avait parlé à celui qui se trouvait en sa compagnie.

Elle était à bord d’une wyverne volant dans les cieux, regardant la Baie de Suruga en contrebas. Il y avait un autre cavalier sur la wyverne, l’aristocrate Sire Chevalier Noir qui tenait les rênes. Morrigan était assise devant lui.

S’ils volaient plus loin, cela les amènerait dans la zone de terres récupérées sur la côte.

Les Légionnaires britanniques et japonais y étaient confrontés dans une bataille mortelle et le vainqueur émergeait graduellement.

« Pourtant, je ne voulais pas avoir raison. Le fait de prédire la défaite d’un chevalier de Sa Majesté était trop peu approprié, » déclara le Chevalier Noir après avoir soupiré. Il avait partagé une prédiction inquiétante quant à la situation.

Quand les Légionnaires sous les ordres de Sire Steven avaient commencé à engager les troupes japonaises au corps à corps, le bel aristocrate avait dit : « Stevie va maintenant perdre. »

Il avait discrètement partagé cette opinion malgré la position avantageuse de l’armée britannique au moment où il l’avait dit.

Peu après, l’armée de Suruga avait effectué un retour spectaculaire. Dirigeant ses Kamuys sur le champ de bataille, la dame Chevalier de Suruga avait invoqué les armes de sa précieuse épée pour abattre personnellement les Croisés.

La dame Chevalière avait foncé directement dans les rangs ennemis afin de les tuer.

Utilisant une bête de rétention de type Loup Mibu en tant que monture, elle s’était frayé un chemin dans la formation carrée des Croisés.

Circulant entre les Légionnaires britanniques qui étaient très proches l’un de l’autre, elle avait frappé avec sa précieuse épée, coupant à travers l’armure et les points vitaux d’un Croisé à chaque frappe effectué, infligeant ainsi de lourdes pertes dans les rangs britanniques.

Cette performance d’un cavalier solitaire inarrêtable n’avait duré que deux ou trois minutes.

Cependant, une fois qu’elle avait ainsi perturbé la formation de l’armée britannique, les Kamuys avaient d’un coup lancé une contre-attaque, parfaitement synchronisés avec la situation.

Elle s’était utilisée afin d’être un appât pour détourner l’attention de l’armée britannique pendant quelques minutes, puis la Chevalière japonaise avait ordonné à ses troupes d’encercler discrètement l’armée de Steven, lançant ainsi un assaut sur le dos de la formation carrée.

Après ça, l’armée des Kamuys avait commencé un massacre unilatéral.

Les Croisés se succédèrent sur le front tandis que Sire Steven contrôlait désespérément ses troupes tout en esquivant les attaques des tireurs d’élite ennemis et essayait de réorganiser la formation de son armée.

« L’usage de cet Exploit d’Armes utilisant cette précieuse épée a-t-il décidé de la bataille ? » demanda-t-il.

Un « Exploit d’Armes » était une technique surnaturelle utilisée par les Chevaliers et les Ressuscités. Cela permettait de tuer des Légionnaires gigantesques en utilisant la main d’un humain, et c’était une incroyable prouesse d’armes.

Le Chevalier Noir avait secoua la tête et avant dit : « Si Stevie le pense vraiment, alors cela signifie que ses capacités ne vont pas aussi loin. Leurs destins avaient été scellés au moment où la chevalière avait réussi à l’attirer dans le combat en mêlée. En prétendant être submergé par les Croisés, l’ennemi se préparait en fait à une attaque en tenaille. »

« Je-je vois, » Morrigan avait repensé à la façon dont la situation de combat s’était développée.

Le Chevalier de l’armée Tōkaidō avait aligné les Kamuys dans une rangée pour tirer.

Les Croisés avaient choisi de charger dans une formation carrée dense, menant à une bataille en mêlée. Sous la pression de l’armée britannique, la formation de l’armée Tōkaidō était passée d’une ligne droite à une forme en V, mais les deux côtés du V avaient ensuite encerclé l’arrière de l’armée britannique, se transformant en unités de guérilla.

« En fin de compte, ce fut une bataille spectaculaire démontrant la destruction par l’encerclement et le mouvement en tenaille. Des tactiques victorieuses pour le commandant ennemi qui a utilisé ça. C’est assez pour aujourd’hui, Stevie sera tenu responsable de son échec une autre fois. »

« Puis-je poser une autre question ? »

Sire Chevalier Noir avait exprimé son admiration pour l’adversaire d’une manière étrange, d’où Morrigan lui demanda : « Comment saviez-vous que... le commandant ennemi voulait attirer nos forces dans le combat en mêlée ? »

« Hein ? »

Sire Chevalier Noir avait été surpris qu’elle soit étonnée. Ce genre d’expression n’avait pas sa place sur son noble et beau visage.

Subissant une perte de mots, après quelques contemplations du génie, il avait levé les yeux, puis il avait redressé sa posture et avait dit : « Il peut être difficile pour vous de comprendre en tant qu’esprit, mais les choses de ce genre peuvent être comprises instinctivement. C’est comme regarder l’armée ennemie de loin et sentir les changements dans l’air. C’est quelque chose comme ça. »

« Je-Je vois, » répondit-elle.

Même parmi les autres humains, peu seraient en mesure d’être d’accord avec l’explication du Chevalier Noir.

Morrigan en était profondément certaine, mais sa réponse de « je vois » avait un sens différent. Elle était convaincue que cet homme était un contrepoids naturel aux « stratèges » ou « officiers d’état-major ».

Le Chevalier Noir possédait une profonde maîtrise de la stratégie, de la tactique et de l’art de la guerre, mais il ne s’était pas lié rigidement à ses connaissances.

L’instinct, la sensibilité, l’inspiration soudaine, la perspicacité, le jugement et l’expérience aiguisés sur les champs de bataille s’avéreraient être les clés cruciales de la victoire dans des circonstances extrêmes.

Plutôt que d’apprendre par l’esprit, les individus comme lui étaient nés avec une compréhension innée de cette dure réalité.

La justesse théorique n’impliquait pas la victoire sur l’ennemi. Sur le champ de bataille, la justesse était déterminée par la victoire, c’est-à-dire que le vainqueur avait toujours raison.

Ceux qui avaient étudié l’art de la guerre comme champ de recherche n’avaient jamais pu atteindre ce niveau.

« Comme on s’y attendait d’un Legatus Legionis, » Morrigan avait fait un éloge du fond du cœur.

« Malgré des arguments convaincants concernant la tactique, vous n’arrivez toujours pas à cacher la sauvagerie innée dans votre âme... Supposons que vous alliez de l’avant avec des plans d’action irrationnels, moi, le génie Morrigan, je vous soutiendrai de tout cœur, » déclara-t-elle.

« Pourquoi ça ressemble à un compliment... ? » demanda le Chevalier Noir en inclinant la tête.

« Ce n’est pas grave. Bien que Stevie ait subi une défaite dans la bataille d’avant-garde, il a accompli au moins le travail le plus élémentaire. Il a réussi à user la force de combat de l’ennemi et n’a pas encore été totalement vaincu. Il est temps pour les renforts d’entrer dans la scène, » déclara Morrigan.

Immédiatement après ça, les Croisés s’étaient envolés de la mer depuis les eaux de la Baie de Suruga.

En utilisant comme référence les terres récupérées où s’était déroulée la bataille anglo-japonaise, c’était à l’est. Dirigeant quatre-vingt-dix Légionnaires, Sire Lampard s’était caché dans la mer en tant que force de réserve et prenait maintenant des mesures.

Les Croisés avaient surgi de la surface de la mer et s’étaient envolés vers le fort tutélaire de Suruga.

Au lieu de renforcer leurs alliés, cette armée avait l’intention de prendre d’assaut et de soumettre le fort tutélaire de Suruga pendant que le châtelain était occupé par Sire Steven.

Les Croisés se trouvaient à une dizaine de kilomètres du fort tutélaire en hauteur.

Ils pouvaient atteindre leur destination sans gaspiller de liquide ectoplasmique en des vols à grande vitesse. Inversement, du côté du fort tutélaire de Suruga.

« Je me souviens que c’est Seiryuu, n’est-ce pas ? » Chevalier Noir marmonnait à lui-même.

Un ifrit était apparu dans les airs au-dessus du fort tutélaire de Suruga.

Un dragon oriental géant, atteignant soixante-dix mètres de long, avec un immense cercle magique à l’arrière était présent. La translucidité de son corps, la couleur du saphir, était une indication de sa nature spirituelle. Les seuls êtres capables de matérialiser un corps gigantesque de cette taille seraient les Bêtes Sacrées divines.

Autour des murs en forme d’étoile du fort tutélaire, l’espace environnant s’était déformé.

C’était presque comme un phénomène de mirage. L’espace autour du fort tutélaire avait été déformé, ce qui avait rendu le paysage flou et tordu comme si on le voyait à travers l’air du désert sous le soleil ardent.

Morrigan pouvait sentir de puissantes ondes noétiques à l’intérieur de l’espace déformé.

« L’ifrit ennemi a déjà déployé une barrière de noesis, » déclara Morrigan.

« Selon les rapports, c’était au-delà des capacités de l’ennemi d’hier. Je me demande s’il s’est rétabli. De plus, ils ont même détecté les noesis libérées par les Légionnaires cachés dans l’eau et ont immédiatement préparé des contre-mesures, » déclara le Chevalier Noir.

Après analyse, Chevalier Noir avait déclaré haut et fort : « Lampard pourrait très bien avoir à faire face à une bataille difficile. »

« ... C’est mon opinion que vous ne devriez pas dire cela, avec un sourire ainsi affiché sur votre visage, » déclara Morrigan.

« Ne vous méprenez pas. Ce que je veux dire, c’est que la Grande-Bretagne serait peut-être prête à me laisser combattre, puisque nous sommes confrontés à un château ou deux Chevaliers de Sa Majesté n’ont pas réussi à conquérir, » déclara le Chevalier Noir.

« S’il vous plaît, soyez patient. Vos chevaliers... Gardez-les pour l’attaque sur Hakone, » en vérité, Morrigan avait reçu l’ordre d’empêcher le Chevalier Noir d’aller sur le champ de bataille.

Ces ordres venaient de Sire Grayson, le capitaine du Tintagel. Dès que le prince « participerait à la bataille, » son vrai nom serait connu du monde entier. Cela éveillerait la curiosité et la méfiance du Seigneur César.

« À l’étape actuelle, la divulgation des noms, Edward, le Prince Noir et les Chevaliers de la Jarretière... auront de graves effets sur les futures stratégies. Soyez prudent, s’il vous plaît, » déclara Morrigan.

Il s’agissait de quelqu’un qui était né dans la famille royale anglaise médiévale, un génie militaire suprême.

L’ancien prince héritier de Plantagenet avait haussé les épaules et il avait accepté les conseils de Morrigan.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire

  1. Tiens, Richard cœur de lion ? 🙂 Sa réputation militaire à été était vraiment surfaite depuis Ivanohe 😉

Laisser un commentaire