Bienvenue au Japon, Mademoiselle l’Elfe – Tome 4 – Chapitre 1 – Partie 3

Bannière de Bienvenue au Japon, Mademoiselle l’Elfe ***

Chapitre 1 : Le pays des rêves et de la magie

Partie 3

La fille et le chat savaient par expérience que les histoires venaient avec des hauts et des bas. Les hauts et les bas donnaient de la profondeur aux histoires, et la musique troublante suffisait à effrayer Marie lorsque les ennuis arrivaient.

« Qu’est-ce qu’il y a avec cet homme ? Il essaie de se mettre en travers de leur amour ! C’est pourquoi je déteste les hommes arrogants qui ne s’intéressent qu’à l’entraînement de leur corps. Il a même apporté une arme ! N’a-t-il aucune fierté ? » Ce film était une comédie musicale, et l’ambiance générale avait été joyeuse. Le changement de ton était d’autant plus évident, et l’homme qui s’approchait pour tuer le monstre semblait vraiment cruel. Marie avait l’air étonnamment effrayée, ses mains serrant sa couverture.

Pourtant, elle ne pouvait pas détourner le regard en raison de son désir de voir comment tout cela allait se terminer. Après tout ce temps passé à veiller sur eux, elle voulait qu’ils soient heureux. Tout comme elle voulait voir des contes de fées effrayants jusqu’à la fin, même tard dans la nuit, elle s’était plongée dans l’histoire. Je m’étais retrouvé absorbé par sa vue.

Dans le film, c’était une nuit avec un ciel plein d’étoiles.

Après avoir surmonté de nombreuses épreuves, le monstre qui semblait autrefois si redoutable faisait maintenant preuve de respect envers la dame, s’inclinant poliment et étendant sa main vers elle. Il semblait plus fiable que d’habitude lorsqu’il était habillé comme un gentleman, et la femme l’aimait à son tour, prenant doucement sa main tendue.

Son attitude courtoise et son expression de révérence ne convenaient pas à son apparence, mais les deux individus étaient si proches que cela semblait naturel de le faire.

Il n’y avait personne pour célébrer leur union, mais son sourire suffisait.

Ses griffes acérées pourraient blesser celle qui lui était précieuse. L’expression du monstre semblait préoccupée par cette pensée, mais elle lui rendit un sourire tendre. Ignorant son hésitation, elle s’approcha et le poussa à danser avec elle.

Et sous le ciel étoilé, ils se mirent à danser.

Ils avaient oublié de dissiper sa malédiction, et ils ne se voyaient plus que dans les yeux de l’autre. Sans même échanger un mot, les émotions s’étaient succédé avec de petits gestes. À ce moment, tous leurs ennuis et leurs conversations amusantes avaient porté leurs fruits.

Alors qu’une musique gracieuse se jouait en arrière-plan, leurs lèvres s’étaient finalement pressées les unes contre les autres.

« Ahhh ! Mon Dieu ! Je peux dire ce qu’ils se transmettent sans aucun mot ! » Nous les avions encouragés tout ce temps. Marie savait à quel point une chose peut être précieuse quand elle était obtenue après avoir travaillé dur. L’elfe et la chatte étaient ivres de la béatitude du petit miracle dans la nuit étoilée, les larmes coulant de leurs visages… C’est du moins ce que je pensais, mais au fur et à mesure que le générique jouait, elles s’étaient retournées avec apathie.

La jeune fille avait appuyé son visage contre un coussin, laissant échapper un lourd soupir.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demandai-je.

« C’est terrible. Je ne peux pas le croire. Ce gros monstre effrayant était si adorable. Je ne m’attendais pas à ce qu’un baiser dissipe sa malédiction et le transforme en un simple prince ennuyeux. Incroyable… Je ne pense pas pouvoir résister au choc…, » déclara Marie.

Qu-Quoiaa !? Mais je le trouvais beau en tant que prince. Ah, même le chat acquiesce.

J’avais bien compris là où elle voulait en venir. Le public était tombé amoureux du personnage sous sa forme monstrueuse, je ne pouvais donc pas vraiment le leur reprocher. Marie était si déçue qu’il ait changé d’apparence à la toute fin alors qu’elle changeait la forme du coussin avec son propre visage.

« Vous les avez tellement encouragées. Les filles sont très soucieuses de leur image, alors ça doit être dur pour vous, » avais-je dit en lui touchant l’épaule, et elle s’était retournée en sanglotant.

« Oui, c’est vrai. Ils ont aussi eu un merveilleux baiser. Mais j’ai aussi… » Elle s’était arrêtée au milieu de la phrase et s’était figée. Elle était restée immobile, me regardant sans rien dire. Son visage avait commencé à devenir rouge pour une raison inconnue, puis elle s’était couvert les lèvres avec ses doigts…

Je l’avais regardée, en me demandant quel était le problème, puis j’avais fait un « Ah ! »

« Ne le dis pas. Ce n’est rien ! Je vais prendre un bain ! » Elle avait repoussé mon visage avec ses mains avant que je puisse dire quoi que ce soit. Je l’avais regardée d’un air abasourdi alors qu’elle mettait ses pantoufles et faisait sa petite course.

Oui, c’était bien cela. Nous aussi, nous nous étions déjà embrassés. Cela n’était arrivé qu’une fois, au château de Hirosaki à Aomori. Il semblait que les esprits des fleurs de cerisier avaient utilisé leurs pouvoirs, mais le souvenir de cette première expérience était encore clair dans mon esprit, et je pouvais me souvenir distinctement de ses lèvres douces. Mon visage avait également commencé à devenir chaud après un certain temps.

Comme elle l’avait mentionné plus tôt, Marie était probablement allée préparer un bain. Le chauffe-eau avait joué un petit air pour indiquer qu’il était prêt, et je m’étais levé. J’avais essayé de me calmer alors que je commençais à remettre la télévision et les coussins dans leur position initiale. J’étais sûr que Marie ressentait la même chose, le dos tourné dans le vestiaire et les longues oreilles complètement rouges.

Même lorsque la baignoire avait été remplie d’eau chaude, Marie n’était pas revenue dans la chambre.

Quand j’avais ouvert la porte, la lumière de la salle de bains s’infiltrait dans le sombre dressing.

La baignoire était pleine de vapeur, et je pouvais sentir l’odeur des additifs du bain d’ici. J’avais pris une profonde inspiration, puis j’avais appelé Marie, que je croyais tremper dans la baignoire.

« Marie, crois-tu que je peux te déranger une minute ? » demandai-je.

« Bien sûr, bien sûr. Hum, désolée de m’être énervée tout à l’heure. Comprends bien que je n’essayais pas de t’éviter ou quoi que ce soit. » Elle avait répondu d’une voix calme, ce qui était un soulagement. Je m’étais assis sur le sol, la tête appuyée contre le mur. Pendant ce temps, la chatte n’était pas d’humeur à s’occuper de ça, alors elle dormait sur le lit. Ou peut-être qu’elle le faisait par courtoisie. Marie et moi n’avions pas souvent l’occasion de parler comme ça, alors j’avais apprécié le geste.

J’avais écouté le bruit des éclaboussures d’eau en posant une question très ordinaire. « As-tu apprécié le film, Marie ? »

« J’ai beaucoup apprécié, bien sûr. C’était merveilleux. Cette scène où ils ont dansé ensemble avec cette musique gracieuse restera longtemps dans ma mémoire. Je l’ai tellement aimée que je pense la regarder pendant que tu es au travail. » L’histoire était à la fois gentille et cruelle, tout comme un conte de fées se devait de l’être. J’étais content qu’elle finisse par l’aimer, et je l’imaginais en train de fermer les yeux et d’en apprécier le souvenir.

Est-ce la magie qui avait dissipé la malédiction, ou leur amour ? Personne ne le savait avec certitude. En sentant la lueur du film réconfortant, je m’étais mis à parler,

« Je suis content. Alors, peut-être qu’on pourra aller visiter un jour, » déclarai-je.

« … Visiter ? De quoi parles-tu ? Ce film était juste pour le divertissement, n’est-ce pas ? » Peut-être que mon commentaire était trop décalé. Dans mon esprit, je la voyais pencher la tête avec une petite ride mignonne entre les sourcils, attendant une explication.

« Cette histoire est vraiment populaire. À tel point que tu peux trouver la vraie chose près d’ici, » déclarai-je.

« Je ne suis pas sûre de ce que tu veux dire, mais ce merveilleux château ne peut pas être ici, n’est-ce pas ? C’est le Japon, après tout, » déclara Marie.

« Hm ? Oh, c’est vrai. Le château actuel est ici, et les personnages aussi. » Marie s’était arrêtée de parler pendant un moment, et j’avais entendu un fort clapotis alors qu’elle se tenait debout dans l’eau.

« Un château aussi splendide ne pourrait pas exister dans la vie réelle. Ne sais-tu pas que tout cela n’était que de la fiction ? » demanda Marie.

« Il est si populaire parce que tu peux voir cette fiction de tes propres yeux. Mais c’est justement pour cette raison qu’il y a toujours du monde. Pourquoi n’irions-nous pas la visiter ce week-end ? » demandai-je.

« Nnh !? »

Nous avions la rare capacité d’aller et venir entre les rêves et la réalité, mais même l’elfe était surprise d’entendre que les rêves pouvaient devenir réalité. Ses yeux violets étaient sûrement larges en raison du choc et elle devait me regarder à travers le verre fumant.

« O-Oui ! Allons-y ! Avec plaisir ! » déclara Marie.

« Miaou ! Miaou ! » Attendez, quand la chatte est-elle venue ? Elle était sur mes genoux et se frottait contre moi… Haha, les moustaches me chatouillent.

Peut-être qu’une fois que Wridra sera de retour et qu’il cessera de pleuvoir pendant le week-end, ce serait le bon moment pour y aller. Il y aurait sûrement du monde, mais même cela pourrait faire partie du plaisir pour elles.

Comme je l’avais expliqué, Marie était tellement excitée que je pouvais voir son visage contre la vitre embuée. Hum, je peux la voir… des protubérances féminines, donc elle ne devrait pas s’approcher de si près…

« Promis ! Promets-moi que tu m’emmèneras dans ce monde ! » demanda Marie.

« Bien sûr. En fait, je n’y suis jamais allé moi-même. Ne serait-ce pas excitant, Marie ? » demandai-je.

« Oui ! » répondit-elle, et je ne pouvais pas contenir ma joie pour une raison inconnue. Je pouvais l’inviter dans ce monde. C’était étrange d’y penser même maintenant, mais j’avais l’impression que ce fait m’avait apporté tant de bonheur. Eh bien, en m’imaginant me voir la conduire à un grand parc d’attractions par la main, peut-être que n’importe qui aurait attendu quelque chose comme ça avec impatience. Même s’il y avait une grande foule, l’elfe ferait sûrement un commentaire évident du genre. « Il y a tellement de monde ! » avec un sourire enjoué.

Tout dépendait du temps, mais je m’étais mis en retrait maintenant que les plans du week-end étaient fixés.

Nous étions de nouveau en bons termes, et alors que je pensais à préparer le dîner, j’avais entendu une petite voix venant de la baignoire derrière moi. Elle était si faible que je pouvais à peine entendre, à moins que je n’écoute vraiment. Peut-être qu’elle me parlait depuis tout ce temps.

« D-Dis-moi… Te souviens-tu clairement de cette fois à Aomori ? » À en juger par le grincement de sa voix, on aurait dit qu’elle ne me demandait pas simplement mon avis sur le voyage. Il était aussi probable qu’elle se souvenait du moment où nos lèvres s’étaient touchées. Sa voix semblait indiquer qu’elle ne pourrait pas dormir pendant un certain temps, et mon propre cœur battait avec force dans ma poitrine.

« Hum… Je me souviens. C’était un voyage amusant. Marie, tu, euh, nous… » Oh non. Juste au moment où j’allais lui dire mes sentiments sincères, les battements de mon cœur étaient devenus plus frénétiques. J’avais du mal à parler, et je m’étais adossé au mur, et j’avais glissé à nouveau sur le sol. À ce moment, j’étais incroyablement reconnaissant qu’elle ne puisse pas voir mon visage. J’avais souhaité pouvoir cacher ma tête sous une couverture.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire