Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 3 – Chapitre 6 – Partie 3

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Chapitre 6 : Traîner à Aomori

Partie 3

Un soleil éblouissant avait montré son visage au travers des rideaux, laissant présager que ce beau temps allait durer encore un certain temps. Marie et le chat noir étaient assis devant la télévision et regardaient le bulletin météo. Le programme indiquait que la pression atmosphérique était maximale pour la journée à Tokyo et que la température était de vingt-deux degrés et de dix-huit degrés à Aomori. Mariabelle l’elfe portait un vêtement vert, discret, à manches longues en coton, approprié pour la saison printanière. Si elle portait des chaussettes hautes avec des rayures assorties, elle aurait encore plus l’air de venir d’un monde imaginaire. Le chat noir assis à côté d’elle était aussi une résidente d’un autre monde. Ce n’était pas un chat ordinaire, mais un familier, et Wridra était sa maîtresse. On m’avait dit que son apparence était telle qu’il pouvait facilement se fondre dans notre voyage, et que Wridra pouvait partager sa conscience et ses perceptions.

Marie se tourna vers moi et me dit. « Quel sentiment étrange ! J’attendais cela depuis si longtemps, et c’est enfin arrivé. » J’avais compris ce qu’elle ressentait. L’attente était si longue que j’étais un peu déconcerté maintenant que cela avait commencé. Est-ce que ça se passait vraiment ? Je connaissais la réponse appropriée à cette question.

« Alors, mesdames, commençons notre voyage. S’il vous plaît, prenez ma main, » déclarai-je.

En réponse, le regard un peu distrait de Marie s’était transformé en sourire. Le chat noir se leva de ses genoux, et Marie mit sa fine main dans la mienne.

« Mon Dieu, comme c’est charmant. Je pense que s’occuper de moi comme ça te va bien. »

« Hm, je ne suis pas sûre de ce que je ressens à ce sujet. En fait, avoir des gens qui s’occupent de toi te convient aussi. C’est un compliment, bien sûr. » Elle avait agi avec indignation en réponse à mon commentaire, et j’avais procédé à une vérification et m’étais assuré que toutes les portes étaient verrouillées. J’avais éteint la télé, et nous avions quitté la pièce. Le chat noir était sorti par la porte d’entrée, et nous avions été accueillis par un temps ensoleillé lorsque nous l’avions suivi.

Notre voyage durait deux nuits et trois jours, et nos bagages étaient surtout constitués de nos vêtements. Les chaussures que je transportais aussi dans le sac n’étaient pas assez lourdes pour affecter mes légers pas. En sortant de la porte d’entrée et en descendant les escaliers, Marie avait commencé à fredonner une chanson populaire qui était parfaite pour partir en voyage. C’était la chanson qu’elle avait chantée avec la dragonne quand nous étions allés faire ce voyage dans la ville. Le chat marchait près de nos pieds comme pour jouer avec nous, ce que je trouvais adorable.

« On n’a pas l’impression de partir en voyage si je n’entends pas cette chanson, » déclara Marie.

« Je dois admettre qu’on a l’impression de commencer officiellement nos vacances, grâce à cette chanson. Bien qu’il semble que Wridra soit triste de ne pas pouvoir chanter aussi, » déclarai-je.

Le chat avait miaulé en signe de protestation. Son visage boudeur ressemblait beaucoup à un chat, ce qui avait fait rire la fille elfe en réaction.

La gare de Tokyo… Il était environ sept heures du matin, et il y avait beaucoup de voyageurs autour de nous. Le plan de la gare de Tokyo était assez compliqué, et le flux de circulation des piétons permettait de se perdre facilement. J’avais réussi d’une façon ou d’une autre à entrer par la porte menant sur la plate-forme pour le Shinkansen en direction du nord-est, puis je m’étais tourné vers Marie. Elle portait un panier en maille noire laquée, donc elle semblait avoir un peu de mal à passer la porte. J’avais fait un geste pour lui proposer de le prendre, mais elle avait secoué la tête, alors j’avais pensé qu’elle pouvait le supporter. Le chat noir était à l’intérieur du panier, miaulant doucement. Je lui avais tenu la main pour que nous ne soyons pas séparés et j’avais décidé de m’arrêter dans les magasins voisins pour la divertir. Nous étions arrivés à une boutique avec une enseigne plus lumineuse que les autres, et ses yeux s’étaient élargis.

« Wôw, tant de bentos ! » s’exclama Marie.

« Les paysages magnifiques et la nourriture délicieuse sont essentiels pour les longs voyages. Pourquoi ne pas choisir une boisson et un bento ? » demandai-je.

Les boîtes de repas étaient disposées en rangées serrées, chacune d’elles étant unique en son genre. L’un était rempli de fruits de mer, un autre présentait un appétissant faux-filet, tandis qu’un autre avait du poulet couvert de sauce tartare. La variété colorée des plats mijotés et marinés ne manquait pas d’attirer l’attention des voyageurs, et les récipients eux-mêmes étaient également distincts.

« Tant de variété ! Lequel devrions-nous choisir… ? Qu’est-ce que tu en penses, Wridra ? Nous devons trouver lequel est le plus délicieux, » déclara Marie.

« Pas besoin de trop réfléchir. Eh bien, allez-y et prenez votre temps. » La fille gémissait pendant qu’elle et le chat délibéraient sur ses options, ce dernier miaulant de temps en temps à l’intérieur du panier. Une petite patte noire était sortie du panier, pointant vers une des boîtes.

« Pas celui-là. J’avais entendu dire que ces types de repas n’ont pas aussi bon goût. Et celui-là ? L’œuf est jaune et joli, » déclara Marie.

Le chat miaulait comme pour soutenir que les deux autres auraient dû privilégier le goût à l’esthétique. J’avais été impressionné par la façon dont elles pouvaient communiquer même sans mots. Je n’avais pas pu m’empêcher de les observer avec beaucoup d’intérêt alors que je buvais du thé dans ma bouteille en plastique. Puis, la fille s’était retournée pour me jeter un coup d’œil.

« Pourquoi es-tu assis là à te détendre ? Tu devrais comprendre que les bons ont tendance à se vendre avant les autres. Si tu ne te dépêches pas, tu finiras avec juste du thé pour ton repas, » déclara Marie.

« Ah, alors je vais prendre ce bento shumai. On dirait que c’est le dernier qui reste. » Je l’avais ramassé, puis j’avais entendu un « Ah ! » et un « Mew ! »

« Oh, tu avais prévu de prendre celui-là ? Ça ne me dérange pas d’échanger, » déclarai-je.

« C-C’est bon ! Nous avons beaucoup d’autres candidats. C’était l’option la plus faible de toutes, de toute façon. » La fille elfe et la chatte m’avaient montré du doigt de façon dramatique.

D-D’accord. J’étais d’accord avec ça. Il semblait que le bento shumai était le plus faible des quatre d’élite. Je me sentais mal pour ça, alors j’avais décidé de le savourer plus tard.

 

 

Ainsi, après avoir passé beaucoup de temps à décider de leur boîte à lunch, elles avaient fini par choisir un bento Makunouchi. Les plats mijotés colorés, le riz takikomi et les autres plats d’accompagnement divisés en compartiments semblaient répondre aux besoins de Marie et du chat. Le regard satisfait de la jeune elfe semblait indiquer qu’elles avaient choisi la meilleure option possible. Elles regardaient dans le sac en papier de temps en temps, jetant de temps en temps un coup d’œil sur mon bento et souriant.

Huh, je suppose que j’ai perdu. Je suppose que tu n’as pas pu battre le bento Makunouchi, mon bento shumai. J’avais admis en silence ma défaite alors que nous montions lentement les escaliers.

Le quai de la gare de Tokyo était étonnamment chaud et ensoleillé pour le mois de mai, mais le bulletin météo indiquait que la température allait baisser d’environ quatre degrés d’ici à ce que nous arrivions à Aomori. Même la prestigieuse sorcière spirituelle s’émerveillait de la vue qui nous attendait. Il y avait le Shinkansen Hayabusa, montrant sa couleur bleu émeraude profond comme un océan tropical.

« W-Wooow, c’est si grand ! Est-ce un Shinkansen !? » demanda Marie.

« Oui, c’est le véhicule le plus rapide, fièrement fabriqué par le Japon. Attends ! Peut-être que ce n’est plus le plus rapide ? Quoi qu’il en soit, c’est un véhicule très avancé techniquement. » Je lui avais déjà montré une vidéo, mais voir la vraie affaire en personne était une autre histoire. Sa forme aérodynamique me rappelait les manèges d’un parc d’attractions, et le design néo-futuriste était excitant à voir. Mais vu la façon dont les deux filles étaient figées sur place, il était possible qu’elles en soient un peu intimidées. J’avais pointé le véhicule et j’avais dit. « Nous avons encore un peu de temps, alors pourquoi ne pas marcher jusqu’à l’avant ? »

« Oui, allons-y ! Wooow, c’est tellement incroyable ! J’ai le sentiment que ça va être très rapide. » Il semblait qu’elle avait hâte d’y être. Elle tenait le panier en maille du chat dans ses deux mains, regardant curieusement autour d’elle en me suivant. Le train était de toute évidence le plus beau à l’avant, et il avait un charme étrange. Ses lignes nettement modernes et ses courbes donnaient l’impression qu’une quantité incroyable de technologie avancée avait été utilisée dans sa conception. Les deux filles avaient pu voir la gloire de l’Hayabusa, la bouche grande ouverte.

« De si belles courbes ! Oh, est-ce le plus haut rang des trains ? Ils doivent éventuellement évoluer dans ce sens une fois qu’ils ont acquis suffisamment d’expérience, » déclara Marie.

« Pas exactement. Voici l’Hayabusa, un véhicule spécialement conçu pour les longs trajets qui va emmener une certaine elfe mignonne jusqu’à Aomori. » J’avais serré la main de Marie alors que je l’avais expliqué, et ses yeux s’étaient illuminés. On allait à Aomori avec ce truc. Cela semblait enfin s’enfoncer dans son esprit. Nous avions pris le temps de regarder l’extérieur brillant du véhicule pendant que nous marchions. J’avais remarqué qu’il était à la fois fonctionnel et esthétique, et que les faibles vibrations qu’il émettait pouvaient être ressenties à travers la plate-forme. La chatte avait aussi la bouche grande ouverte, submergée par la présence du train.

« C’est là que nous allons, non ? Je me demande à quoi ressemble l’intérieur, » déclara Marie.

« Tu verras quand on sera à l’intérieur. Voyons voir, d’accord ? » répondis-je.

Une annonce en anglais et en japonais avait été diffusée par les haut-parleurs lorsque nous étions entrés par une porte voisine. Les sons de la plate-forme s’étaient immédiatement calmés, et nous avions été accueillis par un intérieur élégant aux accents de bois. L’elfe et la chatte avaient jeté un coup d’œil autour, semblant remarquer l’odeur distincte dans l’air, et nous avions continué à avancer pendant que je menais Marie par la main. Là, nous avions trouvé les sièges verts de première classe, avec une lumière douce entrant par le toit de la voiture. Les autres avaient de nouveau élargi les yeux, surprises, en prenant place dans les rangées de sièges bien alignées.

« Nos sièges sont là-bas. Attention à la marche, » déclarai-je.

« Alors voilà comment c’est à l’intérieur… Les trains de haut rang sont vraiment une classe à part, » déclara Marie.

Les sièges étaient également avec une couleur claire, et j’avais évidemment laissé Marie prendre le siège côté fenêtre. Nous ne pouvions encore voir que le quai de la gare, mais Marie aurait une belle vue une fois que nous serions partis. Dès qu’elle s’était assise, elle s’était tournée vers moi et s’était exclamée. « C’est si moelleux ! »

En voyant comme elle aimait ça, j’étais content d’avoir décidé de faire une petite folie. Il y avait en fait une autre classe au-dessus de nos billets, mais c’était le mieux que je pouvais faire avec mon revenu. Je m’étais dit que je pourrais l’envisager une fois si j’avais un revenu plus stable à un moment donné. J’avais placé nos bagages sur les étagères au-dessus de nous et j’avais mis le panier du chat sur les genoux de la fille.

« Reste tranquille un moment, Wridra, » je chuchotais à travers la maille, et elle avait répondu par un miaulement. Même les yeux du chat étaient brillants d’excitation. Je m’étais dit que les Shinkansens étaient conçus pour divertir leurs passagers. Le ton des annonces était calme, et les vibrations étaient faibles, mais il y avait un sentiment d’excitation certain dans l’air. Marie semblait le ressentir aussi, ses joues légèrement enflammées par l’anticipation.

« Ce truc va très vite, n’est-ce pas ? Quelle est sa vitesse, comparée à celle d’un animal ? » demanda Marie.

« Je dirais que c’est comme un faucon. C’est probablement de là que vient le nom d’Hayabusa. » Elle avait affiché une expression de curiosité sur le visage, alors j’avais recherché un faucon pèlerin sur mon téléphone et je le lui avais montré.

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