Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 2 – Chapitre 3 – Partie 1

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Épisode 3 : Permis d’exploration

Partie 1

Le Château royal d’Arilai — .

Le royaume d’Arilai régnait sur de vastes étendues de terres désertiques, bien que son développement ait été plutôt lent, peut-être en raison de l’environnement. La religion était également un autre facteur qui avait entravé son avancement. En examinant son histoire, j’avais découvert que de nombreuses tribus s’étaient fusionnées en une seule, alors que leurs religions se combinèrent également. En conséquence, une religion aux enseignements complexes et souvent contradictoires s’était formée au fil du temps.

Cependant, ce royaume était en pleine mutation. La famille royale, les nobles, et même les roturiers l’avaient tout senti venir depuis la découverte de l’ancien donjon…

Quand nous étions arrivés dans la salle, il semblait y avoir une centaine de personnes rassemblées. Ou, plus exactement, un soldat nous avait annoncé pendant que nous errions sur le marché que tous les autres étaient déjà là, alors nous nous étions précipités jusqu’ici.

Les individus qui s’y trouvaient semblaient tous avoir une aura particulière, et chacun d’eux était vêtu d’une tenue de cérémonie. Je présume qu’ils étaient tous au service du royaume. Beaucoup d’aventuriers voyageaient librement dans ce monde, mais les aventuriers qualifiés avaient tendance à s’installer dans une région et à y servir le gouvernement. J’étais sûr qu’il y avait aussi des aventuriers de haut niveau dans la zone.

Quant à nous deux, nous nous étions blottis loin du centre près d’une fenêtre et nous avions observé notre environnement.

« Ahh, la brise est si agréable. Je suppose que ce serait très confortable dans un château royal, » déclara Marie.

« Arilai a toujours su utiliser son réservoir d’eau souterrain pour atténuer une partie de cette chaleur géothermique, » déclarai-je.

Le confort dans le château royal était assurément une heureuse découverte pour elle. Mais dès que nous étions hors de l’enceinte du château, les conditions extrêmes étaient très dures pour une elfe qui possédait une aversion pour la chaleur.

La fille en question avait dépoussiéré la poussière présente sur sa robe, puis avait passé un peu plus de temps que d’habitude à se recoiffer ses cheveux en désordre. Il y avait une pointe de nervosité dans son expression, que j’attribuais au fait qu’elle n’était pas habituée à ce genre de situation. Moi non plus, bien sûr je ne l’étais pas, mais c’était beaucoup moins intimidant que d’assister à une réunion avec des cadres supérieurs de mon entreprise. Au moins dans ce cas, tout ce que j’avais à faire, c’était d’attendre patiemment que ce soit fini.

« Comme je le pensais, il y a beaucoup de grands noms ici. Ce monsieur là-bas, c’est Aja, un magicien de renom, » déclara Marie.

« Eh bien, il a vraiment l’air d’être de haut niveau. Mais vu son âge, il pourrait avoir du mal à faire de l’exploration de donjon, » répondis-je.

L’homme à la barbe blanche était couvert de rides. Il se joindrait probablement à l’exploration une fois qu’une base serait établie dans le donjon. Lorsqu’une unité avançait lentement à travers les ruines, une ligne arrière pour les soutenir était généralement nécessaire. Pour moi, il me semblait qu’il y avait de grandes attentes dans tout ça pour ce sorcier, qui était un rang beaucoup plus élevé que les autres sorciers.

J’avais regardé Marie se trouvant à mes côtés. Ses oreilles étaient dressées et entièrement visibles, contrairement à son allure habituelle au Japon. Ses longs et beaux cheveux étaient attachés en arrière, et sa nuque exposée était pâle et presque éblouissante. Elle semblait jouir du sentiment de liberté sans avoir besoin de cacher ses oreilles, car je l’avais surprise en train de les bouger quelques fois. Alors qu’elle se tenait le dos droit, il y avait un air de maturité autour d’elle qui correspondait à son âge réel.

Cependant, il semblait que nous avions l’air assez petits du point de vue de tout le monde, à en juger par tous les regards sans réserve et franchement troublants que nous recevions. En plus, je n’aimais pas trop parler avec des étrangers.

« On dirait que vous êtes tous là. »

Un homme à l’air sévère était apparu sur scène. Les détails concernant l’exploration du donjon étaient sur le point d’être dévoilés.

Nous n’étions pas de cette région, mais on nous avait donné la permission d’y participer puisque c’était nous qui l’avions découverte. J’avais cependant soupçonné que c’était simplement pour des raisons de formalité, et il était peu probable qu’ils partagent des informations précieuses avec nous.

Marie semblait excitée par l’ambiance qui régnait dans l’air, mais nous étions essentiellement des étrangers ici. Ils ne laisseraient pas le trésor qui repose dans le donjon s’en aller si facilement du côté d’étrangers.

« Nous n’avons pas encore reçu d’informations utiles de l’équipe de recherche préliminaire. Selon les rapports, le donjon est spacieux, profond et très dangereux. Bien qu’elle fasse encore l’objet d’une enquête, on s’attend à ce que son niveau de difficulté soit de AA ou plus élevé, » déclara l’homme.

Des conversations avaient immédiatement éclaté en réponse à cette annonce. Voyant l’expression heureuse sur les visages de chacun, l’elfe regarda autour d'elle avec confusion.

« Pourquoi tout le monde a-t-il l’air si heureux de la grande difficulté ? Ça veut dire que c’est d’autant plus dangereux, n’est-ce pas ? » demanda Marie.

« C’est parce que les récompenses trouvables dans le donjon s’améliorent à mesure que la taille et de la difficulté du donjon augmentent, » répondis-je. « Tout le monde ici semble être des aventuriers de haut niveau, donc ils seraient assez déçus si nous avions affaire à un petit donjon. »

Les sorciers cherchaient à dévoiler une sagesse ancienne qui n’avait aucun rapport avec la difficulté du donjon. La raison de leur mobilisation était de savoir s’il y avait des tomes importants à récupérer.

Mais ceux qui étaient rassemblés ici voyaient probablement les donjons comme une mine d’or potentielle pour le butin. On pouvait se procurer des objets auprès d’ennemis tombés au champ d’honneur et on pouvait y trouver un trésor précieux. Parfois, ils pouvaient même acquérir des récompenses bien plus importantes que s’ils avaient gagné une guerre. Les détails dépendaient vraiment des rapports de l’équipe de recherche préliminaire, mais il était probable que le royaume allait se développer autour du donjon, tout comme les citoyens l’avaient soupçonné.

« Je commence à être un peu nerveuse, » déclara Marie. « On dirait que c’est vraiment important que nous puissions participer. Je devrais me présenter en personne à la Guilde des sorciers au lieu d’envoyer un oiseau messager. »

« Eh bien, nous devons d’abord obtenir un permis pour pouvoir l’explorer. De plus, toute information que nous pouvons obtenir ici pourrait être précieuse, alors nous devrions garder nos oreilles bien ouvertes, » répondis-je.

Marie hocha la tête. L’homme sur scène s’était alors éclairci la gorge, ouvrant à nouveau la bouche pour parler.

« Maintenant, le plus important. Un objet ressemblant à la pierre magique a été trouvé. Elle est encore en cours d’évaluation, mais les ruines seront fermées pour l’instant. Réjouissez-vous, car la prospérité d’Arilai est assurée ! » déclara l’homme.

La salle avait laissé sortir une certaine ferveur en réponse à ces mots. Mais en tant qu’un individu avec un peu de pessimisme venant d’une expérience de longue date, j’avais le sentiment que ce n’était pas seulement un butin facile qui nous attendait. Le monstre géant qui était apparu à l’oasis devait environ être au-dessus du niveau 200. Est-ce qu’ils seraient tous encore en train de célébrer si un jour nous devions faire face à un tel ennemi ?

« Ils ont déjà parlé du monstre, alors ils laissent le reste aux gens d’ici pour qu’ils s’en occupent… Il me semble qu’on nous déplace avec une carotte sur un bâton, » déclarai-je.

« Oh, tu es si déprimant, alors même que ton visage a l’air aussi somnolent que d’habitude, » répliqua Marie.

« Soyons clairs, je suis pessimiste en général. Il y a après tout autant de bonnes et de mauvaises choses dans le monde, » répliquai-je à mon tour.

« Tu as peut-être raison, » déclara l’elfe en signe d’accord. Mais à en juger par l’expression, elle n’était d’accord qu’avec ce que je disais sur ma personnalité.

Je ne l’avais pas dit à voix haute, mais comparativement, il y avait beaucoup plus de « mauvaises choses » dans le monde que de bonnes. La raison pour laquelle le château dans lequel nous nous trouvions était si agréable et confortable était qu’il était soutenu par d’innombrables personnes. Ils seraient sûrement d’accord pour dire qu’il y a plus de « mauvaises choses » dans leur vie.

Alors que j’y réfléchissais, la fille à mes côtés avait tiré sur ma manche.

« Le savais-tu ? La religion de ce royaume croit en la dualité du bien et du mal. Sous lequel penses-tu que le donjon s’insère ? » demanda Marie.

« Le bien ou le mal… Je pense que cela dépendrait de la façon dont il est bénéfique pour ce royaume. Je suppose que c’est bien dans ce sens, mais il y a une chance qu’il puisse faire un 180, » répliquai-je.

« Tu es vraiment pessimiste, » dit-elle d’un air exaspéré.

Mon rôle était de m’assurer que Marie soit en sécurité. Donc, j’étais d’accord d’errer du côté de la prudence.

Nous n’avions pas obtenu d’informations notables après ça, et on nous avait dit d’attendre d’autres rapports de l’équipe de recherche préliminaire. Ils nous avaient informés que nous devions faire tous les préparatifs nécessaires, puis la séance avait été levée. Mais les autres s’étaient encore attardés dans le couloir, alors qu’ils étaient susceptibles d’échanger des informations entre eux.

« Nous devrions aussi trouver des personnes à qui parler… Oh ? C’est quoi ce regard agacé ? N’est-ce pas toi qui voulais recueillir des informations ? » demanda Marie.

« Oui, mais je voulais plutôt dire qu’on pourrait écouter les conversations des autres…, » répondis-je.

« Ce n’est pas ce que nous faisons. Tu as tendance à éviter la civilisation parce que tu n’aimes pas tellement interagir avec les autres. C’est une bonne occasion pour moi d’entraîner ta sociabilité, » répliqua Marie.

« Tu sais, je suis un membre à part entière de la société…, » répliquai-je.

Sans surprise, elle avait ignoré mes paroles de protestation. Je n’avais aucune intention d’interagir avec les autres, mais Marie avait d’autres projets. Elle avait pris ma main et m’avait tiré dans la foule pour que nous puissions saluer le célèbre magicien. La hiérarchie de la Guilde des Sorciers avait l’air pénible à gérer, et ils donnaient l’impression d’être un groupe d’élite… mais il semblait que je n’avais pas le choix.

« Souris ! Et tiens-toi droit ! Mon Dieu, tu es si fiable quand on est dans l’autre monde…, » déclara Marie.

Elle était trop occupée à bien placer mes habits et tout arranger sur moi pour remarquer que ses paroles auraient fait bondir le cœur de n’importe quel gars. Elle s’était soudain figée, ses joues devenant rouges.

« Maintenant, dépêche-toi et viens avec moi, » elle m’avait encore pris par la main.

Normalement, certains jeunes comme nous ne recevaient pas de bonne considération des autres, mais nous avions été chaleureusement accueillis et nous avions pu parler à ce vieil homme ridé grâce à notre découverte du donjon. Il avait ouvert la bouche pour parler d’une manière somnolente, mais son discours était terriblement difficile à comprendre.

« Je m’appelle Aja. J’ai déjà pris ma retraite, mais une vie où je ne fais que manger et dormir est beaucoup trop ennuyeuse, » déclara Aja. « C’est pourquoi j’ai décidé de faire quelque chose du reste de mon temps ici. »

« Je m’appelle Kazuhiho. Je suis un épéiste qui a passé tout son temps à voyager, » répondis-je.

« Grand Aja, je suis Mariabelle, une sorcière spirituelle de la guilde des sorciers, » déclara Marie.

Chacun de nous avait serré la main tendue et s’était présenté. Dans cette région, il était d’usage de se présenter avec une poignée de main.

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