Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 2 – Chapitre 2 – Partie 2

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Épisode 2 : C’est de la cuisine française, Mademoiselle l’Elfe

Partie 2

« Tout à l’heure, elle me disait de rentrer directement à la maison sans faire d’heures supplémentaires avec une expression aussi féroce…, » déclara Toru.

« Oh, arrête, Toru ! Je voulais juste apprendre à mieux connaître nos voisins, c’est tout. Euh… Je vous conseille le foie gras ici, » Kaoru nous l’avait conseillé avec des joues légèrement rouges.

Marie me regardait avec une expression de curiosité, probablement parce que le foie gras était inconnu dans son univers.

« C’est un oiseau très délicieux. Ça te fera probablement même crier de surprise, » déclarai-je.

« Pour qui me prends-tu ? Je le fais peut-être à la maison, mais je n’oserais même pas le faire en public. En plus, c’est juste un oiseau dont on parle, » déclara Marie.

Elle avait levé son nez en faisant sa déclaration, mais je ne l’avais pas trouvée très convaincante.

J’avais gardé mes doutes pour moi, et nous avions tous les deux décidé de commander le plat recommandé. Le serveur plaça alors les fourchettes et les cuillères sur la table, et la jeune fille se tourna de nouveau vers moi avec un regard interrogateur.

« On va manger, n’est-ce pas ? Pourquoi place-t-il tant d’ustensiles ? » demanda Marie.

« Le nombre de couteaux et de fourchettes que tu as besoin de changer en fonction du plat. Tu es censé les utiliser dans cet ordre, de l’extérieur vers l’intérieur, » répondis-je.

« Je ne comprends pas. Ce n’est pas comme si quelqu’un ici était un membre de la royauté, n’est-ce pas ? » demanda Marie.

« En vérité, ce genre de nourriture provient en fait de la royauté. Mais je ne connais pas grand-chose à la cuisine française. Et pour le dire franchement, on mange la plupart des choses avec des baguettes dans ce pays, » répondis-je.

Le restaurant où nous dînions n’était pas trop formel. Ce n’était pas une mauvaise chose, car cela signifiait que Marie pouvait encore porter son bonnet de tricot pour cacher ses longues oreilles. Cela devait probablement lui réchauffer la tête, alors je voulais trouver des serre-tête ou un objet dans le genre qui pourrait les cacher facilement.

J’avais regardé autour de moi pour admirer l’intérieur, qui était aménagé avec un décor un peu fantaisiste. La jeune elfe, elle aussi, observait avec curiosité notre environnement. Les décorations étaient simples, mais c’était juste assez pour donner un soupçon de luxe.

Cependant, désigner cette esthétique comme « juste assez » aurait probablement été la chose la plus difficile à faire. Il semble que les Ichijos avaient le don de trouver ce genre de restaurants.

Bien sûr, toute la nourriture qui avait été apportée à la table était colorée et appétissante. Les yeux de la jeune elfe s’étaient écarquillés alors qu’elle apercevait les hors-d’œuvre chauds et froids qui nous étaient présentés.

« Ils ont tous de si belles couleurs. C’est presque comme des tableaux… Es-tu sûr qu’on peut les manger ? » demanda Marie.

« Bien sûr que oui. Chaque plat est peut-être petit, mais ils viendront dans un certain ordre, » déclarai-je.

Elle avait pris une bouchée de la nourriture pour constater qu’elle était assaisonnée plutôt légèrement, et son expression quelque peu nerveuse s’était adoucie. La terrine était visuellement intéressante avec une saveur agréable, mais le steak tartare et le foie gras qui étaient venus plus tard seraient l’apogée du repas.

C’était la première fois que je mangeais avec Marie assise à côté de moi, mais cela me rendait heureux de la voir me regarder et m’indiquer ses pensées sur la nourriture après chaque bouchée.

Maintenant, quel genre de visage ferait-elle quand elle goûterait au clou du spectacle ? J’avais hâte de le savoir.

« Oh mon Dieu… Ça sent tellement… M-Me voici…, » murmura Marie.

Sa fourchette récupéra avec hésitation un morceau de foie gras, puis elle l’apporta à ses lèvres colorées. Elle mâcha lentement une fois, s’arrêta, puis elle fit un doux grincement. Quelques mastications de plus avaient suivi, puis elle s’était tournée vers moi avec un regard rêveur présent dans ses yeux.

« Ehe, ehehe... »

Elle a l’air détendue. Je m’étais demandé où Marie, l’intellectuelle habituelle, était allée…

Elle avait finalement avalé sa nourriture avec un petit son, puis m’avait tiré sur le bras et m’avait murmuré à l’oreille. « Cette nourriture est ridiculement délicieuse. Tu devrais faire attention à ne pas non plus faire de bruit. »

Je me demandais pourquoi les gens souriaient souvent quand ils mangeaient quelque chose de bon. Bien que dans ce cas-ci ce soit une elfe souriante, j’aurais peut-être dû être heureux de découvrir que les humains et les elfes n’étaient pas si différents.

Je ne pouvais pas lui en vouloir. Le plat avait certainement une quantité incroyable de profondeur et de saveur.

La chair du foie gras avait la forme d’un pâté et ne pouvait même pas être comparée à quelque chose comme du foie normal. Cela fondait dès que c’était placé sur ma langue, remplissant ma bouche d’un soupçon de douceur et de saveur riche.

Pour commencer, mon corps avait réagi en raison de la surprise. Je ne savais tout simplement pas qu’il existait quelque chose d’aussi délicieux. Ma bouche avait salivé d’elle-même, me poussant à continuer à manger.

L’elfe avait pris une autre bouchée, puis expira avec une expression bienheureuse. Normalement, son niveau de surprise aurait été suffisant pour qu’elle commence à taper du pied, mais elle avait réussi à contrer son envie. Au lieu de cela, elle avait appuyé sa tête contre mon épaule et avait fait un petit mouvement de frottement avec elle.

« C’est délicieux ! Mmm ! Mon Dieu… Si tu étais le seul ici, je peux dire que j’aurais ri de façon incontrôlable, » déclara Marie.

« J’aurais aimé entendre ça. Mmph… Ouais, c’est bien, » déclarai-je.

Le foie gras moelleux s’était dissous dans ma bouche, s’associant à la viande de bœuf pour apporter encore plus de profondeur à la saveur. Les jus remplissaient ma bouche au fur et à mesure que la saveur devenait de plus en plus complexe à chaque bouchée. Au moment où j’avais avalé ce délicieux mélange, rien de moins que le bonheur n’était présent en moi. N’importe qui réagirait avec plaisir après avoir goûté quelque chose comme ça, donc je ne lui en avais certainement pas voulu de le faire.

« Quelle horreur... Les Japonais sont vraiment effrayants. Pourquoi vont-ils si loin dans la recherche de la saveur ? » demanda Marie.

« En fait, ceci a été fait à l’origine par des gens en dehors du Japon. Les pays occidentaux ont une tradition royale bien plus riche que la nôtre, » expliquai-je à Marie. Mais mes paroles n’atteignirent pas ses longues oreilles avec sa tête si haute dans les nuages.

Elle respirait profondément en s’appuyant sur mon épaule et son corps était plus chaud que d’habitude. J’avais jeté un coup d’œil pour constater que ses joues étaient rouges et qu’elle avait l’air satisfaite.

Mais il est vrai que les Japonais avaient tendance à être très exigeants lorsqu’il s’agissait de nourriture, même si elle venait de l’étranger. Il y avait des endroits comme celui-ci pour manger dans toute la ville, et la plupart d’entre eux donnaient l’impression qu’ils valaient bien plus que leur prix. On disait que les visiteurs venus d’autres pays avaient souvent été particulièrement surpris par ça.

« Je ne sais pas si c’est vrai, mais j’ai déjà entendu cette histoire. Le Japon était considéré comme un pays lâche à cause de tout ce que nous avons gardé pour nous, mais il fut un temps où nous étions très colériques, » déclarai-je.

« Oh, je me souviens que tu m’as dit qu’ils avaient été battus par un pays plus grand dans le passé. Je ne peux pas imaginer qu’ils voudraient avoir des ennuis… Mais pourquoi se sont-ils fâchés ? » demanda Marie.

« C’est parce que ce pays exporte des aliments qui sont nocifs pour l’ingestion au Japon, » répondis-je.

Les yeux de la jeune fille s’étaient écarquillés, puis elle avait ri en disant que c’était une histoire probable. C’était plus une blague qu’une anecdote, mais cela l’avait quand même fait rire, donc c’était une bonne chose selon moi.

« Cela se marie bien avec le vin, mais tu as l’air trop jeune pour commander de l’alcool. J’espère que ça ne te dérange pas, » déclarai-je.

« Oh, arrête ça. Je craquerais vraiment si j’avais du vin maintenant. Alors, c’est la fin de cette “cuisine française”, n’est-ce pas ? » demanda Marie.

Marie me regarda comme si elle ne pouvait plus rien supporter. Ses yeux pleuraient alors qu’elle s’appuyait sur moi en suppliant. Elle semblait atteindre ses limites.

Je savais que je ne devrais pas, mais son expression avait pris le dessus sur moi, et je n’avais pas pu m’empêcher de chuchoter. « Presque, juste deux plats de plus. »

« Oof ! Uuuu… Comment est-ce possible ? Si… Si ça continue, je ne pourrai plus jamais rien manger dans l’autre monde ! » s’exclama-t-elle avec une expression douloureuse, bien que je l’aie trouvée un peu amusante. J’avais eu l’impression d’être témoin de quelque chose de spécial.

 

 

Soudain, j’avais réalisé que le mari et la femme devant nous nous regardaient avec des yeux écarquillés. Leurs joues étaient légèrement rouges et ils semblaient étourdis, regardant la fille qui s’accrochait à mon bras avec un sourire heureux.

« Vous avez dit que vous étiez… parents, exact ? Vous semblez si proche…, » déclara Kaoruko.

« Vous sortez ensemble, n’est-ce pas ? Oh, ne répondez pas, je travaille dans un établissement gouvernemental, » déclara son mari.

J’avais failli laisser sortir de l’eau de ma bouche. J’étais tellement préoccupé par Marie que j’avais complètement baissé ma garde. Marie était complètement inconsciente du danger de la situation, alors j’avais essayé de trouver une excuse dans l’agitation.

« N-Non, nous ne le sommes pas. Elle n’a pas l’habitude de manger de la nourriture délicieuse comme ça, alors elle réagit un peu trop, » répondis-je.

Ils m’avaient regardé d’un air empli de doute… mais en y repensant, je n’avais pas menti à part le fait d’être parent, et nous n’étions jamais allés plus loin que de nous tenir la main. Pourtant, mon cœur battait la chamade et j’avais du mal à me calmer.

Le dessert et le thé avaient été servis alors que je prenais une grande respiration pour me calmer. J’avais menacé Marie en plaisantant plus tôt au sujet des plats restants, mais ceux-ci servaient à rafraîchir le palais plutôt qu’à lui donner un coup puissant comme les précédents. Heureusement, cela nous avait permis à tous les deux de reprendre notre souffle et de nous détendre.

Il semblait que Kaoruko voulait toujours mieux connaître Marie, alors elle avait rapproché son visage de celui de l’elfe qui n’était pas très douée. Se remettant de ses crises antérieures, Marie s’efforçait maintenant de garder son calme.

J’avais été soulagé de voir cette nouvelle amitié commencer à fleurir, mais un peu triste en même temps…

« Vous vous êtes entraînée au japonais, n’est-ce pas ? J’ai été surprise par votre prononciation étonnante quand vous nous avez salués tout à l’heure, » déclara Kaoruko.

« M-Merci. Hum… Japonais, c’est très dur. Mais, j’apprends en regardant des animes, » déclara Marie.

« Anime ? » Kaoruko semblait demander ça avec une expression perplexe.

C’était trop dur à expliquer pour Marie, alors j’avais décidé d’intervenir.

« Oui, elle a appris le japonais en regardant des choses comme des animes pendant mes départs au travail. Dernièrement, elle a regardé…, » je lui avais dit le titre de l’émission qu’on avait regardé l’autre jour, et le visage de Kaoruko s’était illuminé.

« Oh, c’est un bon choix ! Je pense que c’est un anime parfait à regarder pour les débutants, » déclara Kaoruko.

« Elle a dit qu’elle voulait voir des régions du Japon pleines de verdure, alors j’ai l’intention de l’emmener à Aomori, où vit mon grand-père. J’aimerais qu’elle s’habitue à voyager d’ici là, alors j’ai cherché un endroit où nous pourrions faire une excursion d’une journée, » déclarai-je.

Il y avait une certaine distance jusqu’à Aomori, donc je voulais l’emmener quelque part plus près avant de faire ce plus long voyage. J’avais promis il y a quelques jours de l’emmener, mais je n’avais pas l’habitude de partir en voyage, alors je ne savais pas non plus à quoi m’attendre.

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