Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 2 – Chapitre 1 – Partie 2

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Épisode 1 : La conquête de l’Ancien Donjon

Partie 2

Soudain, mes yeux s’étaient ouverts. J’étais enveloppé dans des couvertures douces et chaudes, et la lumière d’un matin du printemps passait à travers les rideaux et illuminait en ce moment ma chambre.

J’étais là, dans le décor familier de mon appartement. L’air dans ma chambre était encore frais, et j’avais alors regardé la fenêtre sans rien voir de particulier tout en regrettant le monde dans mes rêves.

« Oh… c’est déjà le matin. J’aimerais pouvoir continuer à jouer au lieu d’aller travailler, » murmurai-je.

Oups, ce n’était probablement pas quelque chose qu’un adulte devrait dire à haute voix…

Pour le dire franchement, l’hiver était déjà passé, mais les couvertures étaient dangereusement confortables. En plus, j’avais trouvé que mon lit était encore plus chaud que d’habitude, mais c’est alors que j’avais remarqué qu’une jeune fille s’accrochait à ma poitrine.

« Oof, je dois me dépêcher et m’y habituer. Si je l’écrase par accident, je ne m’en tirerai pas facilement…, » murmurai-je.

Je n’étais qu’un employé moyen dans une entreprise, mais apparemment, j’étais aussi un peu particulier. Je ne m’en étais rendu compte que quand cette fille et moi avions été vaincus par l’attaque de souffle d’une Magi-Drake.

Cette histoire bien particulière avait commencé lorsque je m’étais réveillé avec elle dans mon appartement dans le quartier de Koto. Maintenant que je savais que mes rêves n’étaient pas que des rêves, nous vivions ensemble alors que nous voyagions entre le Japon et le monde réel. Mais nous ne faisions pas vraiment d’activités grandioses, nous vivions ensemble tout simplement. Nous avions surtout passé notre temps à étudier le japonais, à nous faire des amis, à combattre des monstres et à célébrer notre découverte d’un ancien donjon, alors nous avions pris les choses relativement facilement.

Quant à moi, je me sentais plutôt chanceux de pouvoir regarder ses cheveux d’un blanc fantastique et ses longs cils tous les matins. Je n’aurais jamais pensé que je pourrais passer du temps avec une elfe, et je me demandais souvent si je n’étais pas encore dans un rêve.

Alors que je la regardais avec ces pensées en tête, Marie avait commencé à remuer dans son sommeil. Elle respira plus intensément, puis elle ouvrit doucement les yeux. La vue d’elle se réveillant de son sommeil m’avait toujours fait penser à une fleur en pleine fleuraison. Ses yeux d’une couleur améthyste étaient si beaux que cela m’avait coupé le souffle à chaque fois.

Certains disaient que si jamais vous pouviez voir une demi-elfe, demi-fée, vous ne l’oublieriez jamais, et j’étais d’accord avec eux. En fait, je pense qu’il y avait quelque chose en elle qui surpassait même le reste de la race elfique…

Elle bâilla comme pour se débarrasser de sa somnolence avant de parler. « Bonjour, Kazuhiho. »

« Bonjour, Marie. N’est-ce pas une belle matinée ? » lui répondis-je.

La jambe de Marie, qui se trouvait encore sous les couvertures, s’était éloignée de moi. J’étais légèrement déçu, car j’appréciais la sensation de chaleur et de douceur que je ressentais avant ça.

Cependant, j’avais levé les yeux vers l’horloge pour constater qu’il était déjà plus de sept heures du matin. La chaleur de son corps me manquait déjà, mais nous avions commencé à nous réveiller lentement tous les deux.

Un peu plus tard, j’étais en train de souffler sur la tasse de thé fumante devant moi. Juste à côté, il y avait un toast avec un œuf au plat et du bacon, mais je voulais le garder pour un peu plus tard. C’était pour cette raison que j’avais d’abord porté la tasse de thé à ma bouche.

« Hm ? » J’avais plissé mon front après en avoir bu un peu.

J’avais utilisé la même quantité de sucre et de lait que d’habitude, mais le goût était plus terne cette fois. Le sachet de thé que j’avais utilisé était assez bon marché, mais je ne m’attendais pas à ce que la saveur soit si réduite.

Alors que j’avais regardé de l’autre côté de la table, j’avais découvert que Marie faisait la même tête. Puis, ses yeux s’étaient écarquillés comme si elle avait compris quelque chose.

« Ah, j’ai compris. C’est peut-être parce qu’on vient d’apprécier le thé d’Arilai que nous ressentons ça. Nous avons dû nous habituer à leurs feuilles de thé bien plus parfumé, » déclara Marie.

« Ça doit être ça. Je suis surpris que nos palais aient changé si vite. Peut-être qu’on pourrait penser aux feuilles de thé de ce monde ensemble un jour ou l’autre, » répondis-je.

Elle hocha la tête joyeusement.

Marie portait un joli pyjama bleu ciel, sa peau et ses cheveux semblaient briller sous les rayons de soleil du matin. Ses yeux colorés semblaient attirer naturellement mon regard. Elle avait pris une autre gorgée de son thé avant de diriger ses yeux vers moi.

« Dans quels magasins peut-on se procurer des feuilles de thé au Japon ? Seule la classe supérieure y a accès dans l’autre monde, » déclara Marie.

« Tu peux les trouver dans les magasins spécialisés ainsi que les grands magasins. C’est beaucoup plus facile à obtenir ici que dans l’autre monde. Mais si tu recherches de la qualité, alors ils ont tendance à devenir assez chers, » répondis-je.

Cela ne me dérangeait pas de faire des folies lors d’événements majeurs comme le Nouvel An ou les vacances, mais je voulais essayer d’être frugal pour mes dépenses quotidiennes.

« Je vois. » Marie acquiesça d’un signe de tête, alors qu’elle était sans aucun doute d’accord avec cette pensée. « Eh bien, je ne cherche rien de cher. En fait, je pense qu’être capable de manger du pain et de la viande le matin est un luxe en soi, mais je devrais le garder pour moi. » Elle avait souri en buvant après ça.

En y repensant, le petit-déjeuner n’était pas une chose courante dans l’autre monde. Le bacon était recouvert d’huile, et il avait l’air et sentait délicieux. La jeune elfe renifla l’arôme provenant de la graisse légèrement brûlée.

Nous avions mis nos mains ensemble et nous avions dit. « Itadakimasu ! » ce qui était l’un des rares mots qu’elle pouvait dire avec une prononciation parfaite. Il n’y avait pas longtemps qu’elle avait commencé à apprendre le japonais, mais elle n’avait pas tardé à apprendre tout ce qui avait trait à l’alimentation.

De ce que j’avais constaté, un toast carré était un peu difficile à manger pour sa petite bouche. Elle avait alors mis ses cheveux de côté et avait pris une petite bouchée. Le bacon pendait de sa bouche parce qu’elle ne l’avait pas mordu complètement, et le jaune de l’œuf suintait un peu. En voyant ça, elle avait poussé un cri réduit pendant que le jaune d’œuf s’égoutterait dans son assiette. J’avais vu ses yeux s’écarquiller comme ça plusieurs fois, mais ça n’avait jamais manqué de me rendre heureux.

« Il n’y a que nous deux qui mangeons ici, donc ce n’est pas grave si tes manières à table ne sont pas parfaites, » déclarai-je. « Pourquoi ne trempes-tu pas ton pain dans le jaune d’œuf qui a coulé dans ton assiette ? »

En entendant ça, la jeune fille hocha la tête en mâchant, savourant le morceau de pain trempé dans le jaune d’œuf. Il y avait même du jaune collé sur le côté de sa bouche, qu’elle avait léché avec sa petite langue rose.

« Hmm, le pain est parfumé et croustillant, et il va si bien avec ces œufs liquides, » déclara Marie.

« Est-ce que ceux de l’autre monde ne mangent pas souvent des œufs ? » demandai-je. « Je suppose que c’est parce qu’ils se gâtent facilement, surtout dans la région désertique où nous nous sommes arrêtés la dernière fois. »

C’était vrai, nous devions nous pencher sur ces sujets plutôt que sur les feuilles de thé et la nourriture. J’avais pensé à la terre cuite au soleil d’Arilai et j’avais parlé à Marie, qui prenait une autre gorgée de son thé.

« À propos de ce dont nous parlions tout à l’heure… Je suis sûr que tu pourrais participer à l’exploration du donjon. Je serai avec toi aussi. En plus, on a un gros avantage, » déclarai-je.

« Avantage ? Parce qu’on s’en sortira si on meurt ? » demanda Marie.

« Hmm, je ne pense pas qu’on devrait se fier à ça. Ce n’est donc pas tout à fait. Réfléchis-y, c’est tout : Tout le monde doit s’inquiéter de choses comme faire des tours de garde pendant le sommeil et préparer des repas pendant l’exploration du donjon. Quant à nous…, » déclarai-je.

Voyant où je voulais en venir, elle avait crié. « Ah ! »

C’était tout ce dont j’avais à dire. Normalement, nous aurions besoin d’environ une semaine de nourriture, mais nous pourrions y aller les mains vides. Il n’y avait pas besoin de faire le guet, donc nous pouvions participer avec un groupe beaucoup plus petit. Et comme Marie l’avait mentionné, nous nous réveillerions ici si nous étions défaits, puis nous repartirions du même endroit.

« C’est incroyable ! Tu as eu un avantage déloyal depuis très longtemps, en étant dans une telle situation tout ce temps. Ce n’est pas étonnant que ton niveau soit si élevé, » déclara Marie.

« Peut-être que oui. J’ai été droit dans des situations dangereuses sans jamais m’inquiéter pour ma vie. Mais c’est facile de se séparer dans un donjon, alors on va devoir faire un groupe. Je ne pense pas qu’on puisse tricher comme avant, » déclarai-je.

Par « tricher », je parlais de la fois où je l’avais aidée à monter de niveau. Cette fois-là, nous étions sortis sans former un groupe et j’avais affaibli les ennemis jusqu’à ce qu’ils soient au bord de la mort, puis je m’étais retiré du combat juste avant que Marie ne porte le coup fatal. Cela lui avait permis d’acquérir toute l’expérience de la bataille pour elle-même, en augmentant son niveau de cinq en peu de temps. C’était une méthode très efficace, mais elle m’avait fait signe de la main avec mépris.

« Non seulement cette méthode m’ennuyait, mais il me faisait mal à la conscience, » déclara Marie. « Je suis sûre qu’il sera beaucoup plus amusant de communiquer avec toi via le Lien Télépathique. Je commence à l’attendre avec impatience, hehe. »

« Alors, faisons ça. Tu as une capacité qui augmente ton gain d’expérience maintenant, il devrait donc être beaucoup plus facile d’augmenter ton niveau à partir de maintenant, » déclarai-je.

Elle avait placé le dernier morceau de pain grillé dans sa bouche, s’était essuyé les doigts avec un mouchoir en papier, puis avait parlé. « Maintenant que je sais que nous avons un avantage, je dois travailler dur pour qu’ils ne nomment personne pour explorer le donjon à ma place. »

C’était le plus gros problème pour nous à l’heure actuelle. Selon elle, il fallait généralement être au rang de « Sorcier Avancé » pour explorer un donjon de haut niveau. Il semblerait que la guilde se préoccupait de la sécurité de ses membres. Je n’avais pas à m’inquiéter à ce sujet puisque je n’appartenais à aucune de ces associations, mais ils ne pouvaient se permettre de mettre en danger leur rare et précieuse sorcière spirituelle.

« Tu as dit “d’habitude”, alors y a-t-il des exceptions ? » demandai-je.

« Bien sûr que oui. L’exploration des ruines d’un autre pays est une opportunité incroyablement rare, » répondit Marie. « Comme je l’ai déjà dit, les plus hauts gradés veulent avant tout obtenir des connaissances anciennes, mais c’est à celui qui les a découvertes qu’il appartient de décider autant que possible. Il y a eu un cas particulier où la personne qui a découvert les ruines a eu le droit d’enquêter. »

L’un des critères d’une telle exception dépendait de la fiabilité de la personne en question. Sinon, il y avait eu des cas où un remplaçant avait été choisi à leur place, comme Marie l’avait mentionné dans le monde onirique.

« Il n’y a qu’un seul moyen pour nous d’empêcher ça. Nous devons leur faire comprendre à quel point nous sommes capables, » elle l’avait dit en levant le petit doigt.

L’équipe de conquête ne tardera pas à partir. Ils étaient partis pour le donjon dès que l’équipe de reconnaissance avait découvert la Pierre magique. Marie n’avait pas le temps ou le niveau nécessaire pour se qualifier comme Sorcière Avancée, donc elle avait raison de dire que nous devions trouver un autre moyen d’obtenir une approbation.

« D’accord, c’est bon. Je vais bientôt partir au travail, mais on verra ça ensemble plus tard, » déclarai-je.

« Je ne serais pas une sorcière si j’abandonnais maintenant. Trouvons un moyen pour qu’ils ne nous prennent pas à la légère, » déclara Marie.

Elle avait levé son petit poing et j’avais fait de même avant que les deux poings ne se frappent légèrement. C’était excitant de pouvoir continuer à penser à notre aventure, même si j’étais retourné au Japon et que je ne rêvais plus. Marie semblait ressentir la même chose alors qu’elle me souriait chaleureusement.

« Il y a encore une chose importante dont je dois m’occuper avant de partir. Je vais t’apprendre à préparer le repas du midi. Alors, suis-moi, » déclarai-je.

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