Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 5

***

Épisode 2 : Bienvenue au Japon, Mademoiselle l’Elfe

Partie 5

J’avais fini le plat en le garnissant avec les légumes que j’avais, et j’avais apporté le bol à la fille qui attendait.

« Voilà pour toi. Allons manger, » déclarai-je.

« D’accord ! » répondit Marie.

Elle répondait toujours avec un sourire si joyeux dans des moments comme celui-ci. J’admirais ce sourire lorsque nous nous étions déplacés vers nos chaises, puis nous avions ramassé des baguettes et une fourchette. J’avais mis du thé vert sur la table, et notre petit dîner avait commencé.

« Itadakimasu. »

« E-Eatadakimaws..., » elle avait répété maladroitement l’expression habituelle avant le repas après moi, puis avait rapidement commencé à placer de la nourriture dans sa bouche.

Le katsudon était un plat simple, mais c’était aussi une des raisons de sa popularité. La côtelette trempée dans les œufs suintants et la sauce épicée et sucrée faisait jaillir de la saveur dès qu’elle l’avait mordue. Sa saveur remplissait la bouche de l’elfe, et elle plissa son front de surprise en mastiquant un peu. Plus de saveur éclata à chaque bouchée, et le mélange avec du riz avait vraiment amélioré sa saveur sucrée avec sa haute teneur calorique. Marie mangeait comme une petite fille en pleine croissance, et elle n’avait pas pu s’empêcher de sourire joyeusement.

« Mmm ! Tellement boooooonnnn ! » déclara Marie.

« Je suis content que ça te plaise. La nourriture n’est pas aussi bonne dans ton monde, vu qu’il n’y a pas beaucoup d’assaisonnements disponibles, » répondis-je.

« C’est tellement délicieux ! C’est vraiment la meilleure chose que j’ai mangée de toute la journée. Non, ça fond dans ma bouche ! » déclara Marie.

Ohh, j’avais obtenu le premier rang pour la journée. C’était tout un honneur. C’était le cas de la plupart des cuisiniers, mais rien ne vaut la combinaison de bons ingrédients et de fraîcheur. Je pensais que c’était particulièrement vrai dans des cas comme le gyoza. Plus le plat est simple, plus ces deux éléments étaient devenus importants. La côtelette d’aujourd’hui était plutôt bon marché, donc je ne pouvais pas vraiment parler de ça.

« Tu es facile à satisfaire, Marie. Je peux faire quelque chose comme ça quand tu veux. La raison pour laquelle j’ai tendance à apporter du bento dans ton monde, c’est parce que même les ingrédients y sont un peu incertains, » déclarai-je.

« C’est pour ça que tu les portais toujours dans ton sac... Je comprends maintenant. Si tu as l’habitude d’une telle nourriture, n’importe quel autre type de plat aurait un goût plutôt fade. Cela me fait me souvenir d’une chose, en supposant que nous allons tester si je peux retourner dans mon monde plus tard, nous devrions essayer de comprendre pourquoi tu es en mesure d’apporter de la nourriture et des boissons, » déclara Marie.

Je lui avais répondu avec un petit grognement. En y repensant, nos mondes n’étaient pas complètement séparés, vu que j’avais pu y amener du bento comme elle l’avait mentionné. Elle avait elle-même pu traverser de ce côté, donc il devait y avoir une raison.

« Y a-t-il quelque chose que tu n’as pas été en mesure d’apporter avant ? » demanda-t-elle.

« Hmm... Je n’ai pas pu apporter ma montre ou une lampe de poche quand j’ai essayé. Oh, c’est ce truc qui s’allume, » déclarai-je.

Elle semblait habituée à la civilisation japonaise après s’être promenée en ville, alors une simple lampe de poche ne suffisait plus à la surprendre. Elle avait réfléchi à ce que je lui avais dit en mangeant sa nourriture. L’un de ses doigts tapait sur la table, ce qui signifiait probablement que les engrenages tournaient dans sa tête.

« Peut-être que les choses liées à ta civilisation ou à ta technologie sont interdites. Le bento et le jus de fruits sont probablement assez simples pour qu’ils puissent passer, » déclara Marie.

« C’est possible, mais je ne pouvais pas non plus apporter un stylo ou un carnet comme ceux-ci. Ils ne sont certainement pas aussi high-tech, mais ils n’ont pas encore été transférés, » répondis-je.

Apporter des objets n’impliquait pas une sorte de rituel avancé. Je n’avais qu’à les laisser à côté de mon oreiller, je l’avais déjà essayé plusieurs fois. Voici quelques-unes des choses que j’avais pu apporter...

« Nourriture et boissons. Intéressant..., » déclara Marie.

« C’est ce que tu crois ? Je ne peux rien apporter d’autre, donc je ne pense pas que ce soit très utile, » répliquai-je.

« Mais réfléchis-y : Si seules la nourriture et les boissons sont permises, il doit y avoir quelqu’un qui gère ces choses. Cela signifie probablement qu’il y a une raison pour laquelle tu as pu m’amener ici, et c’est probablement qu’on t’ait donné un rôle ou une signification. Peut-être t’a-t-on accordé une sorte de mission ? » demanda Marie.

« Hein... ? » Ma bouche était restée grande ouverte pendant que je me figeais au milieu d’une bouchée de ma côtelette. « Euh, je ne comprends pas... Comme, une mission de bento ? Mais tu l’as déjà mangé hier. »

« Et c’était très délicieux... Ah ! Non, oublie le bento pour l’instant. Quelqu’un t’a-t-il déjà demandé de faire quelque chose ? » demanda Marie.

J’avais compris ce qu’elle voulait dire. Je n’y avais jamais pensé, mais j’avais apprécié mes aventures avec des règles établies par quelqu’un, disant que j’étais capable d’aller dans un monde de rêve et d’apporter seulement de la nourriture et des boissons. Mais bien sûr, je n’avais jamais entendu parler d’une telle mission. Je l’avais dit à Marie, et elle avait semblé l’accepter tout de suite.

« Je ne suis pas surprise. Si tu te souvenais d’avoir été chargé de quelque chose comme ça, je suis sûre que tu remarquerais que ce n’étaient pas des rêves ordinaires. Permets-moi donc de changer la question : Y a-t-il eu un événement qui t’a permis d’entrer dans tes rêves ? » demanda Marie.

« J’y joue depuis que je suis jeune, alors je ne m’en souviens plus. En fait, je pensais que c’était normal jusqu’à aujourd’hui, » répondis-je.

Nous avions tous les deux penché la tête. Notre investigation s’était rapidement enlisée dans une impasse, et toutes nos discussions avaient abouti à une réponse « Je ne me souviens pas. » Cela ressemblait à la réponse d’un politicien, mais je n’avais rien pu faire pour changer cela.

« Tiens-moi au courant si tu te souviens de quelque chose. Je suis sûre que c’est quelque chose d’important, » déclara Marie.

« Compris. Je te le dirai si je le fais, » répondis-je.

Je lui avais dit ça, mais je n’étais pas sûr de le faire. Je n’aurais jamais été capable d’identifier un tel souvenir en 25 ans de vie.

Passant à autre chose, j’avais commencé à ranger la vaisselle maintenant vide. Je m’étais penché vers l’avant sur mes coudes, et les yeux violets de Marie devinrent un peu plus larges quand elle remarqua le changement de mon comportement. Peut-être qu’elle avait vu quelque chose dans mes yeux endormis, parce qu’elle avait rapproché son visage, m’imitant.

« Quoi qu’il en soit, nous devons d’abord régler le problème dont nous sommes saisis. Si nous sommes capables de te transférer, qu’allons-nous faire après ? As-tu pensé à ce qui va se passer quand on se réveillera ? » demandai-je.

« Qu’est-ce que tu veux dire... ? Tu dis ça comme s’il y avait un gros problème à régler, » déclara Marie.

Elle avait pris une gorgée de son thé, puis éloigna lentement ses lèvres de sa tasse. Quand elle me regardait à nouveau, il y avait un regard qui indiquait qu’elle l’avait enfin compris.

« Je n’arrive pas à croire que je me sois laissée emporter et que j’ai oublié quelque chose de si important ! » s’écria Marie.

« C’est vrai. Quand nous nous réveillerons dans le rêve, nous serons à l’endroit où nous étions avant. Juste à l’intérieur de la tanière de l’arkdragon, » déclarai-je.

C’était le point le plus important. Comment exactement nous échapperions-nous vivants de la tanière du dragon ? Si on n’arrivait pas à comprendre ça, je ne pourrais pas dire que je l’avais ramenée chez elle sain et sauf.

J’avais mis sur la table le carnet de notes de tout à l’heure, et notre réunion secrète avait commencé.

***

Heureusement, nous avions eu de multiples occasions de le découvrir. Tant que nous nous réveillerions de ce côté même si nous mourions, nous pourrions essayer différentes approches sur plusieurs tentatives. Mais j’étais sûr que le dragon comprendrait nos méthodes et essaierait de nous capturer.

Le cahier était rempli de différentes possibilités, et chacune d’elles était marquée d’un « X » au bout de son chemin. Peu importe l’option choisie, il s’agissait d’un dragon légendaire. Si on devait survivre, se battre n’était pas une option.

« Donc, je vais aussi devoir refuser l’idée de prendre un œuf de dragon en otage. Même si nous parvenons à nous échapper temporairement, il ne laissera pas vivre un couple d’humains qui connaissent son lieu de repos, » déclara Marie.

« Je suis d’accord. Si nous ne faisons pas attention, nous devrons toujours surveiller nos arrières et je n’arriverai probablement jamais à dormir. Plus important encore, j’espérais que tu pourrais me dire ce que tu as lu sur l’arkdragon, » déclarai-je.

Après avoir discuté pendant près d’une heure, nous étions arrivés à la conclusion qu’il serait après tout extrêmement difficile de s’échapper. Donc, pour faire ça, je devais découvrir ce que je pouvais sur l’ennemi.

La jeune fille avait tapé un doigt sur la table en bois, puis avait dirigé son regard vers moi.

« À propos de cela... Je crois que j’ai déjà lu quelque chose comme ça. Pour commencer, il a une intelligence supérieure à celle des humains. Il peut générer une source inépuisable de magie simplement en respirant. Cette créature a détruit des îles et des volcans en éruption dans le passé, le tout à la suite d’innombrables batailles avec des démons et des humains, et..., » expliqua Marie.

J’avais agité la main pour indiquer que ce n’était pas le genre d’information que je cherchais. Je savais de quoi j’étais capable, et affronter le dragon de front avec des prouesses au combat n’en faisait pas partie.

« Connais-tu quelque chose de plus comme des anecdotes ou des histoires qui peuvent m’en dire plus sur son caractère ? » demandai-je.

« Quoi ? Caractère ? Qu’est-ce que tu racontes ? Tu t’attends à ce qu’un dragon ait de la personnalité ? » demanda Marie.

Les sourcils de l’elfe se hérissèrent de confusion face à mes mots. Mais elle avait continué à écrire avec son stylo, peut-être pour rassembler toutes nos pensées ou simplement parce qu’elle aimait ce qu’elle ressentait entre ses doigts.

« Je ne sais pas quel type d’information tu recherches, mais j’ai entendu dire que ses écailles peuvent être vendues à un prix étonnant, » déclara Marie.

Elle avait incliné la tête comme pour demander si cela suffirait, et j’avais fait signe pour qu’elle continue. Nous avions juste besoin de commencer petits, et nous pourrions finir par découvrir un élément d’information clé.

« Il a aussi la capacité de générer de la magie. C’est si puissant que n’importe quel médium magique qui l’utilise devient célèbre et leurs exploits sont enregistrés dans de nombreuses œuvres littéraires. Quiconque parviendrait à en obtenir un serait également extrêmement riche. Et... J’ai lu qu’il a déjà pris la forme d’un humain pour entrer dans la ville, mais ce n’est probablement pas vrai. Impossible qu’un roturier puisse reconnaître un arkdragon, » déclara Marie.

« Attends, je veux en savoir plus. Si c’est vrai, il devait y avoir une raison pour que l’arkdragon y soit resté, non ? » demandai-je.

Il n’irait pas dans une ville sans raison. Il devait y avoir un objet ou une information ou même une fortune qu’on ne pouvait pas obtenir sans y aller.

Mais l’elfe poussa un soupir. « En fait, ils disent que ça n’a rien fait. J’ai lu qu’il y a passé quelques jours, puis a disparu. Je crois que c’était à Ozloi, la ville portuaire. »

« Ozloi, hein... C’est une bonne chose que j’ai voyagé dans ce monde. J’y suis déjà allé une fois. Je n’oublierai jamais le goût délicieux de la liqueur de malt d’orge là-bas. Le propriétaire de la taverne était très gentil, et m’a même laissé boire malgré le fait que je sois mineur, » répondis-je.

Je repensai affectueusement à ce souvenir, mais l’elfe assise devant moi semblait malheureuse. OK, peut-être que dans une situation de vie ou de mort — ou plutôt, je suppose que dans ce cas c’était juste mon insomnie qui était le problème — je ne devrais pas fantasmer sur l’alcool au beau milieu d’une réunion importante.

Attends un peu...

Il n’y avait pas d’élément distinctif à cet endroit, si ce n’est son commerce et sa bonne boisson alcoolisée. Si l’arkdragon visitait et partait sans rien faire...

« Serait-ce la raison de la visite... ? » demandai-je.

J’avais posé ma question à voix haute et j’avais regardé vers le réfrigérateur à côté de ma cuisine. Les sourcils de l’elfe étaient plissés dans une forme étrange en regardant mes actions.

Quoi qu’il en soit, il se faisait tard, et j’avais décidé d’aller me coucher et de faire une première tentative.

***

Ahh, j’ai complètement oublié...

L’idée me trottait dans la tête alors que je restais là, immobile. Nous étions là, regardant le lit sous l’éclairage indirect de mes lampes.

On allait dormir ensemble.

Je n’avais pas l’intention d’essayer quoi que ce soit d’étrange avec elle, mais, en tant qu’homme, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à de telles choses.

« Wôw, ça a l’air si confortable ! » déclara Marie.

Pendant ce temps, Marie était pleine d’excitation innocente alors qu’elle faisait beaucoup bouger le lit avec son derrière tourné vers moi. Elle avait mis les couvertures de côté pour se placer après ça sous les couvertures, puis elle avait sorti un « Mmmm ! » de délices. Puis elle tourna ses yeux pourpres vers moi et dit : « Viens, Kazuhiho, » alors qu’elle me faisait signe.

Je n’aurais jamais pensé voir une belle elfe tendre sa main vers moi comme ça...

Elle m’avait pressé de me dépêcher à nouveau, ce qui m’avait fait céder et j’avais pris sa main. Nos doigts s’étaient serrés les uns contre les autres, et au fur et à mesure que je me rapprochais, j’avais senti un parfum féminin distinct.

Est-ce que c’est bon ? C’est vrai, n’est-ce pas ? Ne me laisse pas tomber.

J’avais maudit mon sentiment pathétique de maîtrise de soi en me cachant sous les couvertures. Mon visage devait être rouge. Marie m’avait regardé avec une expression curieuse, mais je ne pouvais pas lui dire que c’était parce qu’elle avait son joli visage à côté du mien.

« Maintenant, il est temps de commencer notre expérience. Hmm, devrais-je m’accrocher à toi ? » demanda Marie.

« Oui, probablement. Nous nous serrions fort l’un contre l’autre quand nous avons été frappés par l’attaque du dragon, » répondis-je.

J’avais senti mon cerveau rationnel reprendre le contrôle quand elle avait mentionné le mot « expérience ». Oui, c’était juste une expérience. Rien de plus.

« Essayons de recréer nos positions à ce moment-là. Viens ici, Marie, » déclarai-je.

Peut-être avais-je un peu agi un peu trop à l’aise, il me semblait que c’était la mauvaise chose à dire.

Marie regarda mon bras qui attendait comme si elle réalisait quelque chose, et son visage devint de plus en plus rouge. Son expression était tout simplement captivante, et nous nous étions trouvés en train de nous regarder dans les yeux.

« ... D’accord, » la seule réponse de l’elfe était aussi mignonne qu’une fleur en fleuraison.

Elle s’était lentement avancée vers moi, puis avait placé sa tête à côté de la mienne. Nous nous étions enlacés sous les couvertures et, à mesure que nos corps se rapprochaient, je pouvais sentir sa silhouette élancée et ses petites protubérances sur son corps.

« Si... chaud..., » murmura-t-elle.

Sa voix semblait indiquer qu’elle avait déjà sommeil. Son cœur qui battait doucement ressemblait à celui d’un petit oiseau. La couverture s’était rapidement réchauffée à mesure que nos corps échangeaient de la chaleur, et même notre respiration semblait être synchronisée.

Finalement, mes paupières s’étaient fermées. Le fait de m’endormir beaucoup plus tôt que d’habitude était probablement dû au fait que sa somnolence m’avait aussi infecté.

Nous étions assez près pour que nos fronts se touchent pendant que nous nous endormions tranquillement. Mais je ne lui avais jamais posé la question la plus importante de savoir si elle allait continuer à me voir. Alors que j’y pensais avec un léger regret, l’appartement s’était vite rempli du son de notre sommeil...

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre, un mot oublié :

    « C’est tellement délicieux ! C’est vraiment la meilleure chose que j’ai mangée - de - toute la journée. Non, ça fond dans ma bouche ! »

Laisser un commentaire