Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 4

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Épisode 2 : Bienvenue au Japon, Mademoiselle l’Elfe

Partie 4

C’était le milieu d’un jour de semaine, et j’étais arrivé au parc d’Ueno avec une elfe qui s’intéressait beaucoup aux cerisiers en fleurs. Un lit de rivière à proximité aurait pu fonctionner aussi, mais nous pourrions aussi bien aller quelque part où nous pourrions profiter d’une vue complète d’eux.

Nous étions sortis du parking et nous nous étions retrouvés entourés de cerisiers en fleurs, et Marie s’était mise à tituber en sortant du siège du passager. J’avais fermé la porte-passager et je l’avais suivie.

Les rangées de cerisiers en fleurs étaient aussi impressionnantes que leur réputation, et en voir autant qui pouvaient remplir toute votre vision était rare même pour les Japonais. Il semblait qu’ils essayaient de remplir le ciel bleu et clair. Il y avait aussi beaucoup d’enfants qui couraient joyeusement dans la lumière chaude du soleil.

« Ah, le temps est parfait. Nous sommes peut-être arrivés au meilleur moment possible, » déclarai-je.

J’avais appelé Marie quand elle m’avait rattrapé, mais elle avait l’air un peu à côté de la plaque. Je me demandais pourquoi elle ne répondait pas pendant que nous continuions à marcher. Puis, elle m’avait soudain attrapé le coude. J’avais caché ma petite surprise et j’avais attendu qu’elle commence à parler.

« Ce sont donc des cerisiers en fleurs ? Ils sont étonnants... Il y a tant d’esprits que je n’ai jamais vus auparavant, ça me rend tout étourdie, » déclara Marie.

J’avais presque oublié qu’elle était utilisatrice d’esprits. J’avais aussi entendu dire qu’il y avait des esprits pour les cerisiers en fleurs, et je me demandais si elle avait agi ainsi parce qu’elle avait vu quelque chose de différent des humains. J’avais suivi son regard vers un pétale de fleur qui dérivait dans la lumière du soleil filtré à travers le feuillage, et mes pensées se tournèrent vers une légère odeur sucrée.

« Les fleurs de cerisier sont spéciales au Japon, et tout le monde apprécie cette période de l’année. Tu es sortie de mes rêves par pur hasard, mais j’espère que tu profiteras au maximum de notre meilleure saison. Et aussi, bienvenue au Japon, Mademoiselle l’Elfe, » déclarai-je.

J’essayais d’obtenir une réaction de sa part, mais elle m’avait simplement regardé fixement avant de me faire un sourire. Nos pas semblaient un peu plus légers, et nous avions commencé à marcher lentement le long des rangées de cerisiers en fleurs. Ils étaient vraiment beaux.

Les troncs étaient noirs, ce qui donnait un bon contraste pour rendre le rose encore plus éclatant. La présence des lanternes décoratives était aussi excitante à voir (ou peut-être que toute l’excitation venait de la personne avec qui je marchais). Si j’avais été seul, ça aurait été une image très différente.

« Je n’ai jamais vu de si belles fleurs. C’est toujours un peu effrayant, comme si j’étais en train de rêver, » déclara-t-elle en chuchotant, c’est pourquoi elle voulait s’accrocher à moi telle qu’elle était, et je n’avais certainement aucune raison de la refuser.

Il faisait assez chaud à cette époque de l’année, et il semblait que tout était en pleine floraison. C’était probablement grâce à elle que nous avons eu la chance d’être ici.

« Tu sais, je n’aurais pas pu voir tout ça si je n’avais pas pris ma journée de congé. Il est difficile de dire si le Japon est un pays ordonnée ou non, mais c’est un endroit magnifique, » déclarai-je.

Elle hocha la tête. Elle n’en savait pas encore grand-chose, mais elle partageait mon appréciation pour sa beauté. Mais je me doutais que même moi, je ne connaissais pas grand-chose du Japon. Tout comme j’avais été surpris par ce paysage, je ne l’avais vraiment vu qu’à la télévision et dans les magazines et j’en avais donc ma propre version. Après m’être promené avec elle aujourd’hui, j’avais eu l’impression d’avoir enfin pu le voir.

Elle semblait l’apprécier autant que moi, et en complimentait sans cesse la beauté. Elle s’était réjouie de voir le bâtiment oriental connu sous le nom de la pagode à cinq étages, avec son décor complexe et en bois orné de cerisiers en fleurs. Nous nous étions promenés jusqu’au soir, et quand l’odeur des étals de nourriture avait réveillé notre faim, elle avait pleinement profité de la chaleur du printemps.

« Tu dois être fatigué de marcher. Pourquoi ne pas s’asseoir sur ce banc ? » demandai-je.

Nous avions acheté un repas léger à un stand de nourriture et nous nous étions assis sur un banc qui venait de se libérer, savourant la vue des cerisiers en fleurs qui tombaient. Les pétales dérivant doucement dans les airs étaient d’une certaine façon rêveurs, et les bouchées de maïs rôti à la sauce soja nous rendaient somnolents.

Finalement, Marie était devenue beaucoup plus calme et j’avais regardé vers elle pour la trouver endormie paisiblement. Elle avait été très excitée toute la journée et devait être épuisée par toute cette excitation. Son corps s’était incliné sur le côté, et elle s’était appuyée sur mon épaule. Elle respirait doucement et semblait plus à l’aise que lorsque je l’avais trouvée dans ma chambre. Honnêtement, cela me rendait heureux de pouvoir la voir se reposer, et je ne pouvais m’empêcher de marmonner : « Repose-toi bien. Si chaque jour était comme aujourd’hui, j’aimerais sortir plus souvent. »

C’était peut-être à cause de mon côté lâche que je n’aimais pas sortir. Ce n’était pas tant la ville, mais je n’aimais pas que des étrangers me regardent. Ça me mettait mal à l’aise. Je devais faire un effort conscient pour agir normalement quand j’étais en public. Je préférais de loin le monde onirique où je n’avais aucun regard critique. Mais pour une raison ou une autre, je ne ressentais plus qu’un sentiment de paix.

Avec sa chaleur à côté de moi, je regardais distraitement les cerisiers en fleurs dans le silence.

 

***

 

Le soleil s’était couché il y a un bon moment avant qu’elle ne se réveille. Entre temps, je l’avais recouverte de ma veste, mais elle avait peut-être senti un frisson maintenant que la lumière chaude du soleil avait disparu.

L’elfe penchée avait lentement ouvert ses yeux pourpres mystiques, puis regarda avec fascination la vue nocturne des cerisiers en fleurs.

« Wôw..., » s’exclama Marie.

C’est à ce moment-là que les lanternes brillaient vraiment. Elles illuminaient les allées d’un air presque magique, remplissant la zone d’une lumière couleur pêche.

Je me demandais comment elle ressentait en voyant ces pétales tombés devant elle. Elle était fascinée par une lueur et elle avait la bouche légèrement ouverte. Il semblait qu’elle ne pouvait pas détourner le regard de cette vue fantasmatique alors qu’elle poussait un soupir, la tête reposant toujours sur mon épaule.

« Je pourrais y jeter un coup d’œil pour toujours... Mon monde aurait-il pu être aussi beau s’il n’y avait pas eu de monstres ? » demanda Marie.

« Qui sait ? Le paysage est différent dans chaque pays. De plus, s’il n’y avait pas de monstres, tu aurais pu avoir des conflits avec d’autres personnes. Même ce pays a déjà été vaincu par un plus grand, » déclarai-je.

La conquête était comme une drogue : Une fois qu’on avait eu le goût de piller les richesses des autres pays, c’était finalement devenu la norme. En ce sens, le monde de Marie se trouvait dans un équilibre précaire.

Tandis que je réfléchissais à ces pensées qui ne convenaient pas à notre lieu actuel, elle m’avait murmuré une question à l’oreille.

« Kazuhiho, que va-t-il se passer si je ne peux pas rentrer chez moi ? » demanda Marie.

« J’y pensais pendant que tu te reposais. Si tu ne peux pas y retourner, tu pourrais peut-être vivre avec moi et visiter toutes sortes d’endroits. Ce pays est plein de nourriture et de culture, comme les sources chaudes et les châteaux. Qu’en penses-tu ? » demandai-je.

Je l’avais dit sans trop y réfléchir, mais elle semblait le prendre différemment. Ses joues devenaient de plus en plus rouges, et je n’avais pas remarqué tout de suite qu’elle avait tiré son bonnet plus bas sur son visage.

« Ça a l’air amusant, » déclara-t-elle en m’appuyant encore sur l’épaule. « Ça ne me dérangerait pas. »

Je me sentais étrangement soulevé, et j’admirais les cerisiers en fleurs tandis que l’elfe et moi partagions la chaleur de nos corps l’un avec l’autre.

Pour une raison inconnue, la vue était différente quand j’étais avec elle. Peut-être que je l’imaginais, mais ça avait l’air tellement plus paisible et relaxant.

 

 

La nuit était tombée, alors nous étions rentrés chez nous pour la journée. Marie avait enlevé son bonnet dès que nous étions rentrés dans ma chambre et avait secoué ses longues oreilles. Elle avait une expression joyeuse et libérée alors qu’elle étirait ses membres. Puis elle avait commencé à marcher pieds nus.

Elle comprenait que ses oreilles attireraient beaucoup d’attention, alors j’étais reconnaissant qu’elle soit prête à coopérer sur ce point. Mais comme elle ne semblait pas du tout japonaise, elle attirait l’attention, même avec ses oreilles cachées.

« Maintenant, nous avons juste besoin de savoir si tu peux retourner dans ton monde. Mais veux-tu prendre un bain d’abord ? Je suis sûr que toute cette marche a été quelque chose pour toi, donc ça devrait être plutôt rafraîchissant, » déclarai-je.

« Oh ? Tu as même un bain dans ta chambre ? » demanda Marie.

Elle m’avait suivi dans la salle de bains avec des yeux larges et curieux. J’avais allumé l’interrupteur, et elle avait regardé avec stupéfaction quand la baignoire avait commencé à se remplir d’eau.

Mais moi, par contre, je me sentais un peu triste. Si elle pouvait y retourner, nous n’aurions probablement pas l’occasion de passer du temps ensemble comme ça à nouveau.

« Marie, si tu y retournes, tu crois que ce sera pour de bon ? » lui demandai-je.

« Hein... ? Oh, pourquoi y a-t-il de l’eau chaude qui sort de là ? Et, attends, j’ai cru te voir appuyer sur ce bouton... Ne me dis pas... que tu as enfin appris à jeter des sorts sans incantations ? » demanda Marie.

« Non, pas exactement. De l’eau chaude sort lorsque tu appuies sur ce bouton. Lave-toi les cheveux et ton corps ici, puis plonge-toi dans la baignoire aussi longtemps que tu le veux. Mais, pour en revenir à ce que je disais, quand tu y retourneras..., » déclarai-je.

« Oh, mon Dieu, c’est trop de luxe ! Je ne suis même pas une noble et je peux me baigner quand je veux ? Es-tu sûr que c’est bon ? J’espère que cela ne fait pas de moi une elfe dépravée pour s’être livrée à un tel luxe..., » déclara Marie.

Oh, elle n’écoute pas...

Il me semblait que j’avais sous-estimé sa réaction à la baignoire et que le moment était mal choisi pour parler de son départ. Elle regardait la baignoire avec la joie d’une écolière, je ne pourrais pas lui parler comme ça. C’est exactement pour cela que j’étais « Kazuhiho. »

Pour l’instant, je la laissais choisir un additif parfumé pour l’eau du bain et la laissais se laver. Il n’y avait pas d’éléments pour le fan service, bien sûr, mais j’étais libre de fantasmer sur ce que je voulais.

Peu de temps après, j’avais commencé à entendre un chantonnement joyeux venant de la salle de bains. C’était un sentiment étrange, puisque je ne laisserais jamais d’autre individu utiliser mon bain avant. En fait, le fait qu’il y ait eu quelqu’un ici était rare.

Mais je m’écarte du sujet.

Je ne pouvais pas lui poser les questions importantes, bien qu’il soit tout aussi important de lui donner l’hospitalité nécessaire. Je lui avais déjà acheté un pyjama et des sous-vêtements de rechange, alors il était temps pour moi de préparer un simple dîner.

Un repas facile et délicieux que j’avais toujours recommandé était le katsudon.

Cela n’était pas beaucoup plus difficile que d’acheter du porc, des œufs, des oignons et des assaisonnements, puis de les mélanger tous ensemble. Tout ce dont il fallait vraiment faire attention, c’était d’éviter de trop mélanger les œufs et le fait de trop les faire cuire. Mais même si c’était simple et agréable, j’avais du temps à perdre en attendant que le riz soit cuit.

J’avais placé des œufs dans la poêle à frire alors que la porte de la salle de bain s’était ouverte et qu’une Marie au visage embué sortait. J’avais jeté un coup d’œil à l’horloge, indiquant qu’elle avait apprécié le bain pendant environ trente minutes. Sa peau était si pâle, et voir ses joues rougir comme celles d’un enfant était un spectacle adorable. Elle semblait aimer la texture de la serviette de bain, et nos yeux s’étaient croisés juste au moment où elle prenait une bouffée d’air.

« J’en ai fini ! Ce bain était merveilleux. Tu vois, ma peau est si jolie maintenant ! » déclara Marie.

« Hmm... Mais Marie, tu es toujours jolie. Je ne peux pas vraiment faire la différence pour être honnête, » déclarai-je.

« Voilà que tu dis ces choses avec la même expression somnolent, » déclara Marie.

Elle s’était cachée avec la serviette et m’avait regardé fixement. Il devait faire chaud, parce que Marie se grattait les joues en s’approchant de moi.

« Qu’est-ce qui sent si bon ? Ne me dis pas que tu cuisines quelque chose, Kazuhiho ? » demanda Marie.

« Ouaip. C’est presque fini, alors assois-toi. Puisque la sauce soja semble te convenir, je pense que tu aimerais beaucoup la cuisine d’ici, » déclarai-je.

Marie avait jeté un coup d’œil pour voir ce que je cuisinais pendant que je parlais, et son visage s’était plissé en un sourire. Sa garde semblait baissée après avoir pris un bain parce qu’elle n’avait pas remarqué que l’un de ses boutons de pyjama était défait, et je pouvais voir son décolleté rose d’elfe... Je ne devrais pas regarder là...

J’avais réussi à me maîtriser, puis j’avais versé du riz dans un bol, suivi d’une escalope avec des œufs suintants. Tout au long de ce processus, l’elfe avait regardé avec des sourcils plissés par la concentration.

« Ça va être délicieux. Je peux déjà le dire, » marmonna Marie.

« Pourquoi marmonnes-tu comme ça... ? » demandai-je.

C’était mignon comme elle se plissait le nez à chaque reniflement. J’aimais le fait d’avoir pu voir ses côtés de jeune fille et d’enfant depuis qu’elle était venue au monde. Je ne l’aurais jamais vue comme ça dans des ruines ou un donjon dans son monde.

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